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vendredi 30 janvier 2026

Le Monde Moderne - La Quotidienne - Les tensions se renforcent entre Washington et Téhéran - Vendredi 30 janvier 2026

 

Les tensions se renforcent entre Washington et Téhéran

Enquêtes entravées sur les morts de Renée Good et Alex Pretti, le contenu du budget 2026, nouvelle loi pétrolière au Venezuela, ArcelorMittal continue de délocaliser.

 
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Les tensions se renforcent entre Washington et Téhéran

Donald Trump a déclaré qu'il “espère ne pas devoir” frapper l'Iran, pays sur lequel les Etats-Unis font peser la menace d'une intervention militaire. “Nous sommes forts. Nous sommes puissants financièrement. Nous sommes puissants militairement. Et désormais nous avons un groupe aéronaval qui se dirige vers un pays appelé Iran. Et j'espère ne pas devoir utiliser cette force”, a dit le président américain devant la presse à Washington.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln et son escorte se sont positionnés près de l'Iran. Mesurant plus de 300 mètres de long, pesant près de 100 000 tonnes et pouvant accueillir jusqu'à 80 appareils, c'est l'un des navires de guerre les plus puissants au monde. L’ensemble vient s’ajouter aux 50 000 soldats américains déjà stationnés dans les bases de la région.

Côté iranien, “une réponse décisive interviendra instantanément”, a promis le brigadier général Mohammad Akraminia, évoquant les “sérieuses vulnérabilités” des porte-avions américains. La riposte sera “écrasante”, a également promis le chef de l'armée Amir Hatami, annonçant avoir doté les régiments de combat de 1 000 drones.

“Terroriste, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang”, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Dans les faits, classer les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste a une forte portée symbolique mais les ses conséquences concrètes devraient être plus limitées.

L’administration Trump accusée d’entraver les enquêtes sur les morts de Renée Good et Alex Pretti

Plusieurs élus républicains se sont joints aux appels à l’ouverture d’une enquête approfondie sur les circonstances de la mort d’Alex Pretti. Cet infirmier a été abattu par la police aux frontières alors qu’il s’opposait aux opérations anti-immigration à Minneapolis. Il est le deuxième protestataire tué par les forces fédérales dans cette ville en moins de trois semaines, après la mort de Renee Nicole Good, victime d’un agent de la police de l’immigration, l’ICE. Mais les enquêtes sur ces deux affaires, qui ont ébranlé les Etats-Unis, sont pointées du doigt pour leur manque de transparence voire leur inexistence.

Le ministère de la Justice a ainsi confirmé que les autorités fédérales “n’enquêtaient pas” sur la mort de Renee Good. Les autorités fédérales “n'enquêtent pas à chaque fois qu'un policier est forcé de se défendre face à quelqu'un qui met sa vie en danger”, a déclaré le ministre adjoint à la Justice, Todd Blanche. “Nous investiguons lorsque c'est approprié, et ce n'est pas le cas ici”, a-t-il jugé.

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Ne se contentant pas de renoncer à une investigation sur les circonstances de la mort de Renee Good, le gouvernement de Donald Trump semble même avoir entravé toute tentative d’en ouvrir une. Selon le New York Times, une agente du FBI a démissionné face aux pressions de ses supérieurs pour qu’elle renonce à enquêter sur l’auteur des tirs. Le ministère de la Justice a, au contraire, pressé les procureurs du Minnesota de se concentrer sur les possibles liens de Renee Good et de son épouse, Becca, avec des groupes anti-ICE. En protestation, six responsables du parquet ont démissionné.

Les autorités fédérales ont également refusé toute coopération avec la police de Minneapolis et celle de l’Etat du Minnesota. Les enquêteurs du comté de Hennepin, désormais les seuls à travailler sur cette affaire, font face au refus du FBI de leur remettre les preuves essentielles dont il dispose. Sans ces éléments, les autorités locales pourraient ne jamais avoir un dossier assez solide pour entamer des poursuites judiciaires.

L'enquête sur la mort d'Alex Pretti se heurte à des difficultés similaires. Très vite, l’administration Trump a accablé Alex Pretti, affirmant qu’il avait violemment résisté aux agents fédéraux qui tentaient de le désarmer.

Le premier rapport sur les faits n’évoque toutefois aucun geste menaçant de la part d’Alex Pretti. Plusieurs vidéos filmées par les témoins, et analysées notamment par le Washington Post, contredisent également la version du gouvernement.

Aux divergences sur le récit de la mort d'Alex Pretti s'ajoutent des inquiétudes sur le déroulement de l'enquête. La mauvaise gestion des pièces à conviction pourrait servir d’excuse à l’abandon des poursuites pour vice de procédure.

Par ailleurs, les armes des policiers présents au moment de la mort d’Alex Pretti n’ont pas été remises au FBI et les autorités locales sont, cette fois encore, tenues à l’écart des investigations alors qu’elles bénéficient d’une commission rogatoire.

Face à ces “sérieuses irrégularités dans la procédure”, le ministère de la Justice de l’Etat a déposé un recours devant les tribunaux, pour empêcher les autorités fédérales de détruire ou de modifier les preuves. Même parmi les élus républicains habituellement peu enclins à critiquer l'administration Trump, certains osent désormais appeler l'exécutif à plus de transparence.

Ce que contient le budget 2026 de Sébastien Lecornu

Face à l’impossibilité de trouver un compromis au Parlement, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est résolu à utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter son budget sans vote.

Le projet de loi de finances pour 2026 ressemble fortement au texte initial même si certaines mesures ont été ajoutées par le gouvernement pour convaincre le Parti socialiste et Les Républicains de le défendre.

Le budget ne contient finalement aucune augmentation d’impôt pour les ménages : le gel du barème de l’impôt sur le revenu et les modifications de l’abattement forfaitaire pour les retraités ont été abandonnés.

En revanche, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait avoir un rendement de 4 milliards d’euros dans la version initiale, rapportera finalement près de 8 milliards, comme en 2025. Les entreprises de taille intermédiaire seront en revanche exemptées du dispositif. Par ailleurs, la contribution différentielle sur les hauts revenus, instaurée en 2025, est prolongée d’un an.

Le texte prévoit également l’instauration d’une taxe sur les holdings patrimoniales mais le dispositif a été allégé et ne devrait rapporter que 100 millions d’euros, contre un milliard initialement. Plusieurs niches fiscales sur les 474 existantes sont aussi supprimées.

Une taxe de 2 euros ciblant les petits colis d'une valeur inférieure à 150 euros en provenance de pays extérieurs à l'UE doit rapporter 400 millions d'euros. Le texte prévoit aussi de prolonger l'exonération fiscale sur les pourboires jusqu'à fin 2028 et de maintenir l'exemption d'impôts sur les indemnités journalières pour affection longue durée. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, que le gouvernement promettait d'alléger de 1,3 milliard d'euros en 2026, est maintenue telle quelle.

Sébastien Lecornu a annoncé que le budget de l’Etat contiendrait une augmentation de 50 euros par mois en moyenne de la prime d’activité, un complément versé aux travailleurs à revenus modestes, pour plus de trois millions de ménages.

Le Premier ministre a aussi renoncé à l’année blanche sur l’aide personnalisée au logement, généralisé le repas universitaire à un euro, tout en maintenant les bourses étudiantes à leur niveau actuel. Plusieurs investissements ont aussi été annoncés, dont une augmentation de 400 millions d’euros pour les bailleurs sociaux ou la création de 2 000 postes d’accompagnement des enfants en situation de handicap.

En revanche, le gouvernement compte freiner la dépense de l’Etat. Le poids des dépenses publiques dans le PIB va diminuer. Les crédits alloués à la plupart des ministères sont ainsi en baisse dans le projet gouvernemental, à l’exception de celui des Armées, qui bénéficie d’une augmentation de 6,7 milliards d’euros, de l’Intérieur, de la Justice, de l’Education et de l’Agriculture.

Un effort de l’ordre de 2 à 2,5 milliards d’euros sera en outre demandé aux collectivités locales, tandis que la réduction de 1,1 milliard d’euros des fonds alloués à France 2030, un programme d’investissement en faveur des entreprises, a été actée.

Une loi pétrolière favorable au secteur privé au Venezuela

L’Assemblée nationale du Venezuela a approuvé une réforme de sa loi sur les hydrocarbures qui doit ouvrir le secteur au privé et réduire les impôts. Cette réforme doit permettre la signature de contrats plus avantageux pour les entreprises, sous pression des Etats-Unis. Elle est votée moins d’un mois après la spectaculaire intervention militaire américaine qui a conduit à la capture de Nicolas Maduro.

La réforme bouleverse complètement le modèle pétrolier hérité de feu le président Hugo Chavez, d’inspiration socialiste. L’exploitation pétrolière était jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’Etat détenait la majorité.

La nouvelle version de la loi autorise la signature de contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’Etat. Elle doit aussi dynamiser l’exploration qui était jusqu’à maintenant réservée à ce dernier. Les différents impôts vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15% ainsi que des redevances maximales de 30% des revenus bruts.

Le gouvernement américain a ensuite annoncé qu’il suspendait des sanctions pour faciliter le commerce du pétrole vénézuélien. Les transactions opérées par le géant pétrolier public Petroleos de Venezuela, ainsi que celles des sociétés dont il détient au moins 50% des parts, sont désormais autorisées. Des conditions sont fixées pour éviter notamment que le pétrole n’aille en Russie, en Iran, en Corée du Nord, à Cuba ou encore en Chine.

Le groupe ArcelorMittal envisage une nouvelle délocalisation

Le sidérurgiste envisage une nouvelle délocalisation de ses fonctions support d’Europe vers l’Inde, a annoncé son comité d’entreprise européen. Le groupe avait déjà annoncé au printemps dernier une première vague de délocalisations, mais il étudie désormais la possibilité d’étendre son projet de transformation des fonctions support afin d’optimiser et de standardiser les activités actuellement dispersées sur de nombreux sites en Europe.

La suite du processus “va impacter potentiellement 20 pays européens et plus de 5 600 salariés, dont 1 650 pour la France”, a expliqué Jean-Luc Ruffin, secrétaire du comité d’entreprise européen.

ArcelorMittal comptait encore 28 000 salariés en France il y a vingt ans, mais il n'en compte plus aujourd'hui que 14 000. Le groupe luxembourgeois, détenu par l'homme d'affaires indien Lakshmi Mittal, est accusé d'abandonner ses sites en France, jugés moins rentables que d'autres sites dans le monde, notamment en Inde et au Brésil. Pour justifier ses choix, ArcelorMittal évoque la concurrence chinoise, l'augmentation des prix de l'énergie depuis la guerre en Ukraine et les droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium.


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