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vendredi 30 janvier 2026

Mon info insoumise du Vendredi 30 janvier 2026

 

                     
Manuel de la démocratie israélienne : édition prisons
Rassurez-vous : Israël n’emprisonne pas des êtres humains. Non, non. Il emprisonne des Palestiniens. Une distinction subtile mais essentielle. Les conventions internationales parlent bien de droits humains… mais pas pour eux.
Les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards arrêtés ne sont pas punis pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils pourraient penser ou devenir, ou simplement pour exister sous occupation. Résister ? Interdit.
Se taire ? Suspect.
Un comble d’efficacité préventive.
Plus de la moitié des Palestiniens vivant sous occupation ont connu la prison israélienne. Cela ne relève évidemment pas d’une politique de répression de masse : c’est juste une passion locale pour l’incarcération.
Un tiers d’entre eux est détenu sans accusation ni procès, grâce à la fameuse « détention administrative » — héritée du mandat britannique. Une merveille de rationalité juridique : enfermez quelqu’un indéfiniment sans preuve, ça simplifie la vie.
Les autres bénéficient d’un « procès » devant un tribunal militaire de l’occupant, où le taux de condamnation frôle les 99 %. Verdict connu avant l’audience, gain de temps assuré. Les peines ? Sept, neuf perpétuités, parfois complétées de dizaines d’années supplémentaires. De quoi éduquer toute une population.
Tout cela viole évidemment les Conventions de Genève, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et le Statut de Rome. Mais rassurez-vous : le droit international n’a jamais été obligatoire pour les puissants.
Dans les prisons israéliennes, tout va pour le mieux. Isolement prolongé, passages à tabac, privation de soins, humiliation, torture méthodique, violences sexuelles… Rien de tel qu’un peu de discipline pour faire passer le temps.
Et selon Israël, l’ONU, les ONG et d’anciens prisonniers inventent tout ça, sûrement pour ternir l’image d’une « démocratie exemplaire ».
À Gaza, des milliers de Palestiniens ont disparu.
Sont-ils morts sous les bombes ?
Ensevelis sous les décombres ?
Détenus dans des centres secrets ?
Mystère.
Leurs familles ne savent pas. Israël ne dit rien. Les observateurs indépendants sont exclus. En droit international, ce sont des disparitions forcées. Mais diplomatiquement, on appelle ça « situation complexe ».
Le monde civilisé sait, bien sûr. Les gouvernements savent. Les diplomates savent. Les services de renseignement savent. Ils savent que ces pratiques constituent des crimes de guerre et, pour certaines, des crimes contre l’humanité.
Mais ils préfèrent répéter que les prisonniers sont des « terroristes ». Un mot magique qui efface toute responsabilité et toute conscience.
Le droit international impose pourtant aux États tiers de ne pas aider, financer ou collaborer avec un État commettant des crimes internationaux. En pratique, cela signifie exactement l’inverse : commerce, coopération militaire, accueil sur tapis rouge, discours moralisateurs. Très pratique.
Israël reste ainsi une « démocratie ». Une démocratie qui emprisonne massivement une population occupée, juge des civils devant des tribunaux militaires, torture systématiquement ses détenus et fait disparaître des milliers de personnes.
Mais, rassurez-vous :
le mot démocratie reste applicable, pour peu qu’on répète assez fort et assez longtemps.
Les Palestiniens, eux, restent sans défense, livrés à leurs geôliers, pieds et poings liés, avec pour seule arme leur dignité et l’espoir fragile que les consciences — quelque part — finiront par s’éveiller.
Le scandale n’est plus seulement ce qu’Israël fait.
Le scandale, c’est que tout le monde sache, que tout soit documenté… et que rien ne se passe.
Là-bas, on démonte la propagande et on redonne des mots à ceux qu’on réduit au silence.

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