Il flotte, en cette douce fin d'après-midi de juin sous les ors du palais Buquoy, qui abrite l'ambassade de France à Prague, comme un petit air de récompense discrète, mais bien méritée. Anna Sabatova a mis une jolie robe à fleurs noire et blanche, sur laquelle se détache le ruban rouge de la médaille de la Légion d'honneur, tout juste accrochée. Le texte de son discours, bref et sobre, est à l'abri dans une chemise de plastique transparente qu'elle ne lâche pas. Cette jeune grand-mère de 67 ans, dont les -petits-enfants courent partout, est une -héroïne. Aujourd'hui Défenseuse des droits de la République tchèque, elle fait partie des combattants de la liberté regroupés au sein de la Charte 77, pétition contre la répression communiste lancée en 1977 par Vaclav Havel.
Pour eux, avant d'être de velours, la révolution contre le régime a été de fer. Ils sont -encore quelques-uns, parmi les amis venus l'embrasser ce soir. Comme elle, ils ont connu les années de prison, le bannissement des études ou des emplois intellectuels, la surveillance des micros et des caméras. Il y a bien sûr son mari, le journaliste et ex-député Petr Uhl, et aussi le prêtre Vaclav Maly, interdit autrefois de sacerdoce, aujourd'hui évêque auxiliaire de Prague. Pavel Rychetsky, président de la Cour constitutionnelle. Havel et son fidèle compagnon, Jiri Dienstbier, dont il fit son ministre des affaires étrangères une fois devenu président, sont morts, mais le fils de Dienstbier, sénateur social-démocrate, est là. Depuis la chute du communisme, qui a brisé l'empire soviétique et libéré l'Europe centrale en 1989, une génération est passée.
Après les discours, Anna Sabatova et Petr Uhl tiennent à montrer à leurs enfants une photo accrochée dans la salle à manger de l'ambassade. C'est un cliché amateur aux couleurs -fanées, très vintage, dans son petit cadre. Bien avant l'époque des smartphones, quelqu'un, il y a presque trente ans, le 9 décembre 1988, a eu l'heureuse idée de fixer le moment historique d'un petit-déjeuner, dans cette même salle, autour du président François Mitterrand. En -visite officielle à Prague, celui-ci avait voulu rencontrer, à l'écart de ses hôtes du Parti communiste tchécoslovaque, quelques militants de la Charte 77. Un geste de défiance pour les serviteurs du totalitarisme, un geste de solidarité pour leurs opposants démocrates. Un geste considéré, avec le recul, comme important.
Vaclav Havel arriva ce jour-là avec un minisac dans lequel il avait glissé sa brosse à dents : il était persuadé qu'il allait être arrêté, comme d'habitude, à l'aller ou au retour. Sur la photo, on les reconnaît à table, autour de Mitterrand et de son interprète : Petr Uhl, -Vaclav Havel, Jiri Dienstbier. Encore jeunes, et tout contents de leur coup.
" Contre-révolution culturelle "Une génération plus tard, la fille de Petr et Anna, Sasa Uhlova, prend ses parents en photo devant la photo. Sasa, 41 ans, est journaliste, comme son père. Aussi rebelle que lui, elle est connue pour ses reportages dans lesquels elle se fond parmi les oubliés du capitalisme tchèque pour décrire leur quotidien, autre variante du
" pouvoir des sans-pouvoir " cher à Havel. A sa manière, c'est également une dissidente, comme son grand-père, Jaroslav Sabata, qui fut l'une des figures du Printemps de Prague, en 1968. Une famille, trois générations dévouées à la démocratie.
Mais quelle démocratie ? Qu'avaient en tête Vaclav Havel et ses amis à Prague et à Bratislava, Adam Michnik en Pologne ou Viktor Orban en Hongrie lorsque, en 1989, ils firent tomber le système communiste ? A quoi rêvaient les intellectuels d'Europe de l'Ouest qui les soutenaient ? Comment Mitterrand et le chancelier allemand, Helmut Kohl, imaginaient-ils l'avenir politique de ces pays, dont ils encourageaient les opposants ? La Tchèque Anna Sabatova reconnaît qu'elle n'avait pas d'
" idée très concrète " du modèle politique qu'elle voulait pour son pays en 1989.
" Je pensais très profondément qu'un fort potentiel de notre société était bloqué par l'absence de -liberté du système dans lequel nous vivions, dit-elle
. Qu'une fois libre, notre société pourrait se développer pleinement. " L'Europe occidentale était un modèle, oui, mais
" en général ".
Au cours de ces mois fiévreux de 1989-1990, ce n'était pas le sujet. On ne débattait pas, à l'époque, de " démocratie libérale ", encore moins de " démocratie illibérale ". L'alternative au système communiste du parti unique, se souvient aujourd'hui le Hongrois Viktor Orban dans son bureau de premier ministre qui surplombe le Danube à Budapest,
" c'était le multipartisme ". Point. Pourtant, trente ans plus tard, ce même Viktor Orban et son émule polonais, Jaroslaw Kaczynski, issu, lui, du mouvement anticommuniste Solidarnosc, défient l'Union européenne, dont ils font partie, avec un genre inédit de -régime démocratique dans lequel la justice et les médias publics sont étroitement contrôlés et prônent une
" contre-révolution culturelle " pour le reste de l'Europe.
Que s'est-il passé ? Pourquoi et quand ces nouvelles démocraties se sont-elles écartées de la trajectoire linéaire qui devait faire de nous tous, à l'Est comme à l'Ouest, des
" sociaux-démocrates suédois ", prospères, unis et ouverts, comme aime à ironiser l'ancien ministre des affaires étrangères de Mitterrand, -Hubert Védrine ? Cette expérience, sans précédent, du passage du communisme à la démocratie, de l'économie centralisée à l'économie de marché, de l'intégration d'un bloc dans un autre, tout cela en l'espace de quinze ans, aurait-elle pu, ou dû, se dérouler autrement ?
" C'est une question complexe, qui m'intrigue quotidiennement ", répond, avec un brin de malice, le Hongrois Peter Akos Bod, qui enseigne à l'université Corvinus de Budapest, autrefois université Karl-Marx, un cours d'économie intitulé " Défis de la transition et de la post-transition en Hongrie ". Il est bien placé pour en parler : ministre de l'industrie au début des années 1990 puis gouverneur de la banque centrale, il a été l'un des acteurs de la transition de la Hongrie vers l'économie de marché.
Il n'y a pas, bien sûr, de réponse simple à ces questions. A Budapest, comme à Prague, à Bratislava et à Varsovie,
nos conversations
ont fait ressortir des fondements locaux ou historiques, des raisons économiques, des facteurs sociaux ou politiques, des malentendus culturels. Et un constat : dans trois domaines principaux – la pratique de la démocratie, la relation avec l'Europe et la question migratoire –, la courbe de convergence a clairement dévié. Avec, au cours des deux dernières années, une dimension nouvelle : ce qui, au début de la -décennie 2010, apparaissait comme une division entre Europe de l'Ouest et Europe de l'Est est en train de s'estomper, avec l'accession au pouvoir de partis d'extrême droite dans plusieurs pays d'Europe de l'Ouest. La fracture ne disparaît pas : elle s'étend vers l'Ouest.
Pays le plus libéral du bloc soviétique, la Hongrie, amenée pacifiquement à un changement de régime négocié par l'aile réformatrice de son parti communiste, est l'épicentre de ce retournement démocratique qu'on baptise très vite, à l'Ouest, " le populisme ". Les dirigeants hongrois et polonais récusent ce terme. Mais, à 55 ans, le Viktor Orban actuel n'est incontestablement pas le même que le démocrate en herbe de 1989, qui alla faire ses classes à Oxford grâce à une bourse de la -fondation du milliardaire George Soros, aujourd'hui la cible de sa haine.
Le jeune Viktor, se souvient Zsuzsanna -Szelenyi, qui, dès 1988, l'avait rejoint dans le mouvement d'étudiants Fidesz (Alliance des jeunes démocrates), partageait le même idéal de démocratie occidentale.
" Il y avait un large consensus là-dessus, assure-t-elle
. C'était très clair pour tout le monde. " En 1992, Orban prend la tête de ce qui était jusque-là un parti à présidence collégiale et, deux ans plus tard, en fait un parti conservateur. C'est son premier grand tournant politique ; les centristes libéraux, comme Zsuzsanna Szelenyi, quittent alors le Fidesz. Jozsef Antall, le premier ministre chrétien-démocrate, venait de mourir d'un cancer et son jeune parti ne devait pas lui -survivre.
" Il y avait un vide à droite, dit-elle,
et Viktor a décidé de l'occuper. " C'est l'une des spécificités de ces transitions postcommu-nistes européennes : tout allait si vite, au -début, que les partis politiques n'avaient pas le temps de se structurer.
Une autre spécificité est celle de la gauche comme repoussoir. Après quatre décennies de dictature soviétique, s'afficher comme -socialiste en politique demande une certaine audace, sauf si l'on est un communiste reconverti. Les ex-communistes hongrois mettent en avant leur aura de réformateurs pour se -refaire une virginité et se font élire à la suite du gouvernement Antall, exsangue après la tâche titanesque des premières années de la transition. Mais une fois revêtus les habits de la démocratie, les responsables de cette gauche-là se préoccupent plus de leur enrichissement personnel que du bien-être des électeurs, soumis à la " thérapie de choc " du passage à l'économie de marché. En Hongrie -notamment, ils président à une corruption à grande échelle. L'Ouest, fasciné par ces laboratoires économiques, ferme les yeux. Peter Akos Bod, ministre dans le gouvernement -Antall, regrette la complaisance des Occidentaux de l'époque pour ces communistes recyclés,
" qui avaient l'air professionnels et -connaissaient les codes, alors que nous, équipe de centre droit, on apparaissait comme des -nationalistes magyars qui n'avaient pas digéré le traité de Trianon - qui, en 1920, consacra le démembrement de l'empire austro-hongrois -
. Ça attristait beaucoup Antall ".
" Les héros sont fatigués "Aurait-il fallu se montrer plus sévère avec les communistes, au lieu de les absoudre ? Avec le recul, certains le pensent. Artisan de la politique du " trait épais " qu'il fallait tirer sur le -régime précédent, sans règlements de comptes –
" Nous ne sommes pas comme eux ", proclamait Havel –, le Polonais Adam Michnik ne regrette pas cette politique sur laquelle -revient aujourd'hui le parti conservateur -nationaliste Droit et justice (PiS).
" C'était la seule attitude raisonnable, dit l'ancien stratège de Solidarnosc.
Organiser une chasse aux -sorcières ? Comment aurait-on fait ? "
A Prague, Anna Sabatova fait partie des -opposants au communisme qui avaient une sensibilité sociale-démocrate mais elle s'est sentie
" désarmée ", après la chute du régime, par le lien établi entre la gauche et le système précédent. Rétrospectivement, ce qu'elle -regrette, c'est
" le peu de respect manifesté pour les gens les plus pauvres ". Les années 1990, celles des privatisations,
" ont été excellentes pour les personnes sans scrupule ", -observe-t-elle.
" Je peux m'identifier à ce qui a été fait en matière de droits de l'homme et de -libertés publiques. Mais très vite, il est apparu qu'une partie de la société était perdante. L'ordre civique se construisait, mais pas son corollaire social. Les gens n'ont pas été protégés. Cela a été profondément ressenti. "
Ainsi donc, le ver était dans le fruit. En -République tchèque, en Slovaquie, en -Hongrie et en Pologne, ce sentiment d'inégalité dans l'héritage du communisme a ouvert un fossé, comme dit Viktor Orban,
" entre le peuple et les élites ", qui a fait le lit des partis populistes à partir de 2010. Sous des formes diverses, de droite ou de gauche, idéologiques ou " pragmatiques ", plus ou moins prêts à enfreindre l'Etat de droit et à mani-puler l'Histoire, mais tous eurosceptiques et hostiles à l'immigration, ils se sont installés dans chacun de ces quatre pays.
L'historien François Furet a mis en lumière une particularité des révolutions de 1989 : celle de n'être porteuses d'aucun projet de société. C'était une
" révolution-restauration ". Les deux décennies de transformations qui ont suivi ont été, aux yeux de l'intellectuel franco-polonais Aleksandr Smolar, un
" développement imitatif ", à l'image du modèle occidental. Sauf que… contrairement à l'Europe de l'Ouest, les habitants de ces pays postcommunistes ne disposaient d'aucun matelas de sécurité, ni patrimoine familial sur lequel compter en période de vaches maigres, ni Etat-providence pour faire tampon. Les derniers de cordée se sont mis à regretter la " prévisibilité d'avant ".
Après la Hongrie, c'est la Pologne, plus grand pays d'Europe centrale avec ses 38 millions d'habitants, qui prend le virage nationaliste en votant, en 2015, pour le PiS de Jaroslaw -Kaczynski. Détrôné, le parti de centre droite pro-européen Plate-forme civique (PO), héritier des premiers démocrates de 1989, au pouvoir depuis 2007, n'a rien vu venir et ne s'est toujours pas remis de cette défaite.
" On était devenus arrogants, complaisants, admet un député qui a survécu.
Huit ans au pouvoir dans cette région, c'est rare. Ça use. " En campagne pour la mairie de Varsovie, le député PO Rafal Trzaskowski, 46 ans, reconnaît que l'équipe de Kaczynski a su toucher les laissés-pour-compte de la croissance, pourtant constante.
" Quand le PiS disait qu'on laissait une Pologne en ruines, ça nous faisait marrer. Mais à la campagne, les gens mécontents disaient que le changement, ce n'était pas pour eux. Il y avait ce sentiment que la transition était finie, qu'ils s'étaient assez serré la ceinture et qu'il fallait toucher les dividendes. Nous, on avait des hommes politiques qui nous disaient d'équilibrer le budget. On a joué en première division européenne, mais la propagande du PiS nous a fait passer pour des laquais de l'Allemagne. "
L'une des grandes sources de la popularité du gouvernement polonais actuel est la distribution d'une prime mensuelle de 500 zlotys (115 euros) par enfant pour les familles de plus de deux enfants.
" C'est la redistribution de la dignité, analyse Jarek Kurski, rédacteur en chef du quotidien d'opposition
Gazeta Wyborcza, citant l'économiste et sociologue allemand Max Weber.
C'est important. " Le premier -ministre, Mateusz Morawiecki, a expliqué, il y a quelques mois, à l'hebdomadaire allemand
Der Spiegel, que son parti
" corrigeait les injustices des transformations de 1989 ". " Nous -canalisons le mécontentement, précisait-il.
Les gens en Europe devraient reconnaître ça. "
Au siège du journal
Gazeta Wyborcza, qu'il a fondé il y a vingt-neuf ans et qui est aujourd'hui en guerre ouverte contre le pouvoir, Adam Michnik, 71 ans, avoue en souriant que
" les héros sont fatigués ", mais nie tout aveuglement :
" S'il y a quelqu'un en Pologne qui, dès le premier jour de liberté, a écrit que le vrai danger ce n'était pas les communistes, mais le nationalisme ethnique et l'isolationnisme, c'est moi, s'écrie-t-il.
Je ne me suis pas trompé dans ce diagnostic ! " Ainsi, ces deux visages de la Pologne, que Michnik a toujours perçus, étaient déjà en germe dans Solidarnosc ; ils cohabitaient en silence au sein de la puissante Eglise catholique, alliée sous Jean Paul II, aujourd'hui à front renversé avec le pape François ; ils se sont même parfois -affrontés dans la tête de Lech Walesa, le leader historique du syndicat.
Est-ce ce double visage qui fait dire aujourd'hui à un ministre du gouvernement polonais, qui préfère garder l'anonymat, qu'
" il n'y a pas une école de démocratie, mais plusieurs " ?
" Nous avons la légitimité pour pratiquer une forme différente de démocratie libérale, qui peut être qualifiée d'illibérale. Prenez la démocratie d'Adenauer - premier chancelier de la République fédérale d'Allemagne après-guerre -
: elle ne serait pas appréciée dans l'Allemagne d'aujourd'hui ", assure-t-il. Accusé de violer les règles de l'Etat de droit, en particulier dans le domaine de l'indépendance de la justice, le pouvoir à Varsovie ne lâche rien. L'Union européenne avait si peu anticipé cette évolution du modèle démocratique à l'Est qu'elle n'a prévu, dans ses règles de fonctionnement, aucun instrument pour la contrer.
" Nous en avons vu d'autres "Oui, les héros sont fatigués. On le serait à moins ! Ils ont réussi non pas un, mais deux, voire trois exploits spectaculaires : abattre le système communiste, le remplacer par des régimes ouverts et des économies qui fonctionnent, intégrer les institutions occidentales. Chez les capitalistes, cela s'appelle une
" success story ". Pourtant, près de trente ans après leur victoire, les héritiers de 1989 ont le moral en berne. Ils sont à court d'idées. Le
" développement imitatif " d'un Occident idéalisé ne suffit plus. Leurs compatriotes cherchent autre chose, une identité à eux, un tissu social à créer, des racines à retrouver. Un modèle, peut-être, que les libéraux n'ont pas su définir, occupés qu'ils étaient à rattraper le temps perdu. Alors, leurs compatriotes tâtonnent. Et s'égarent, parfois gravement, ce qui révolte nos héros.
Anna Sabatova n'est pas révoltée. Elle n'avait rien idéalisé ; ses enfants assurent la relève ; -elle-même continue à se battre, librement à présent, avec ses armes de Défenseuse des droits, élue par le Parlement. Elle sait aussi que son homologue polonais a la tâche plus difficile qu'elle, dans un environnement politique plus hostile.
Ancien porte-parole de Vaclav Havel, -Michael Zantovsky veille aujourd'hui sur son héritage, mais constate que le modèle qui l'a inspiré est en train d'exploser à l'Ouest :
" Tant que nous n'affronterons pas la crise du concept de démocratie libérale, dit-il,
nous ne pourrons pas résoudre cette crise ici. Election après -élection, en Europe, la marée monte. "
Ses voisins slovaques sont plus optimistes, après les événements de ce printemps : indignée par le meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa compagne, la population est descendue massivement dans la rue et a obtenu la démission du premier ministre, Robert Fico. La mobilisation de la société -civile, en Slovaquie comme en Pologne, est un fait politique majeur. Adam Michnik reste confiant dans la possibilité d'une alternance démocratique en Pologne.
" Ce n'est pas perdu, nous en avons vu d'autres, se rassure Martin Butora, conseiller du président slovaque, -Andrej Kiska.
On a eu des populistes avant,et on les a sortis. Il y a une nouvelle génération de jeunes, prête à se battre pour la démocratie. Ce qui nous manque encore, ce sont des institutions publiques efficaces. "
L'histoire n'est pas finie. Partout dans les démocraties postcommunistes, on manque d'
" institutions efficaces ", de partis d'opposition solides, de personnel politique de qualité, d'offres alternatives sérieuses.
" Et pourtant, la demande populaire existe, constate l'ex-députée hongroise Zsuzsanna Szelenyi, dont le prochain projet est de créer une école politique pour l'Europe centrale.
Il faut -recommencer à zéro. " Pour que, la prochaine fois que les Slovaques aient à " sortir " un -leader populiste, ils puissent le faire proprement, institutionnellement, sans avoir à -passer des nuits dans la rue.
Sylvie Kauffmann
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