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"Barre-toi" : les temps forts du huis-clos de l'UMP qui a conduit Copé à la démission
Dans un sous-sol de l'Assemblée nationale s'est tenu mardi pendant plus de deux heures un des plus suffocants et violents bureau politique de l'UMP.
Le président démissionnaire de l'UMP, Jean-François Copé, quitte son domicile à Paris pour se rendre au bureau de politique de l'UMP, le 27 mai 2014. (FRED DUFOUR / AFP)
De mémoire de membre de l'UMP, un bureau politique aura rarement été aussi violent. Dans un sous-sol de l'Assemblée nationale, s'est tenu mardi 27 mai l'un des plus suffocants huis clos que les dirigeants du parti aient eu à connaître depuis la naissance du mouvement en 2002. Il s'est conclu, après plus de deux heures, par la démission aux forceps de Jean-François Copé, en pleine tourmente après de nouvelles révélations dans "l'affaire Bygmalion". Récit des temps forts de la réunion.
"On se croirait au tribunal" : Copé s'asseoit seul derrière une table
Il est 8h45 quand Jean-François Copé s'asseoit seul derrière une table. Face à lui, les 30 membres du bureau politique de l'UMP attendent ses explications. "On se serait cru au tribunal", raconte un participant.
Le président du parti fait un bref exposé sur les procédures comptables. Selon Le Nouvel Observateur, il assure "qu'il ne savait rien" au sujet des soupçons de surfacturations de la société Bygmalion, qui aurait permis de financer une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy aux frais de l'UMP.
"Tu as servi tes amis, ça se retourne contre toi!" : NKM lance la première charge
Toujours selon Le Nouvel Observateur, l'ancienne candidate à la mairie de Paris tire la première salve : "Je ne peux pas te croire", réplique Nathalie Kosciusko-Morizet, dénonçant le "comportement clanique" du président de l'UMP. "Tu as servi tes amis, ça se retourne contre toi !", martèle-t-elle, demandant à Jean-François Copé de partir.
François Baroin n'est pas plus sympathique : "Nos relations sont exécrables, nous ne nous serrons plus la main".
"Ta gestion du parti n'est pas acceptable" : Copé accepte le principe d'un congrès mais refuse la démission
Jean-François Copé donne la parole à son ancien rival pour la présidence de l'UMP, François Fillon. L'ex-Premier ministre a écrit sa déclaration. "Il faut que tu partes", tonne-t-il. "Ta gestion du parti n'est pas acceptable." "Pars", enchaîne Xavier Bertrand.
Le (toujours) patron de l'UMP accepte le principe d'un congrès en octobre mais refuse toujours de démissionner. Seule concession à ses adversaires : il ne sera pas candidat. Pas question pour Alain Juppé : "Il faut que tu partes maintenant."
"Jusqu'au 4/5e de la réunion, Jean-François Copé ne voulait pas" abdiquer, raconte un autre participant au Nouvel Obs.
"Barre-toi" : l'intervention de Bord fait basculer la réunion
Au bout d'une heure et demie de réunion, toujours pas de fumée blanche. La tension monte. "Barre-toi", lui lance Dominique Dord. L'ex-trésorier de l'UMP est convoqué à la police financière dans l'enquête préliminaire sur les finances du parti : "Pour ma famille, ma mère, c'est terrible." Silence. "Ça a été un point de bascule", raconte en sortant un participant.
"J'ai compris. Je démissionne", finit par admettre Jean-François Copé. Dans la foulée, l'ensemble de la direction démissionne. Ce sera effectif le 15 juin, le temps de "régler les affaires courantes". Il est plus de 11 heures, le huis-clos se termine."De toute ma carrière politique, j'ai rarement vu une tension aussi terrible. C'était plein de haines cuites et recuites", lâche un ex-ministre, visiblement éprouvé.
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