L'actualité du mardi 14/01/2014
La UNE
 
Frontière
Les
Français élisent un chef de l’Etat. Un homme jusqu’à aujourd’hui, une
femme, espérons-le, demain. Et qu’importe sa situation matrimoniale, la
compagne ou le compagnon, l’épouse ou le mari n’a aucun statut juridique,
aucune réalité politique. Tranchant avec le mélange des genres de
son prédécesseur, François Hollande avait raison d’affirmer lors de la
dernière campagne que, dans notre démocratie, le pouvoir est confié à un
président et pas à sa famille. C’est pourtant une affaire de couple qui
vient percuter son agenda faisant exploser la frontière qu’il croyait établie
entre l’espace public et sa vie privée.
Mais si la responsabilité de cette violation de l’intimité incombe
à une certaine presse, François Hollande et Valérie Trierweiler avaient depuis
longtemps rendu floue cette frontière. En prenant publiquement position contre
Ségolène Royal lors de l’élection législative à La Rochelle ou en
s’exprimant sur la situation de Léonarda, la jeune Rom expulsée par Manuel
Valls, Valérie Trierweiler s’était au fil des mois attribué, outre son bureau à
l’Elysée, un rôle public allant jusqu’à interférer sur celui du chef de l’Etat.
Ce sont ces intrusions de la «première dame» dans le débat politique qui
altèrent aujourd’hui la thèse de la séparation des deux corps
du Président, avancée par l’Elysée. S’il appartient à François
Hollande de clore au plus vite cet épisode, la classe politique
n’échappera pas au débat sur le statut du conjoint du Président. Mais au-delà
d’une improbable solution juridique, la première protection de la vie privée
des futurs chefs de l’Etat réside dans la séparation stricte des rôles et des
fonctions dans le couple.
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