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lundi 26 novembre 2018

Mélenchon dénonce la « judiciarisation », « stratégie de l’empire dans tous les pays »

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Mélenchon dénonce la « judiciarisation », « stratégie de l’empire dans tous les pays »
En meeting, mardi, le chef de file de LFI s’est posé en victime d’Emmanuel Macron
LILLE- envoyé spécial
Souvent, la meilleure défense reste l’attaque. L’objectif du meeting de Jean-Luc Mélenchon, mardi 30 octobre à Lille, était simple : tourner la page de deux semaines de polémiques après les perquisitions mouvementées, notamment au siège de La France insoumise (LFI) et au domicile de l’ancien candidat à l’élection présidentielle. Mais difficile, pour les « insoumis », de faire fi de leurs problèmes.
Quelques heures avant la réunion, Le Canard enchaînéépinglait les travaux effectués par Alexis Corbière à son domicile, pour lesquels il aurait bénéficié d’une aide de l’Agence nationale de l’habitat, « au titre de l’aide aux ménages “très modestes” ». Le matin, Radio France et Mediapart se faisaient l’écho d’une plainte contre X pour vol déposée par Le Média, la webtélé proche de LFI, après le départ de son ancienne dirigeante Sophia Chikirou, l’ancienne conseillère en communication de Jean-Luc Mélenchon. Il y a une semaine, Mme Chikirou a également été entendue dans l’enquête sur les comptes de la campagne présidentielle de LFI.
Mais justement, en période de turbulences, il est bon de retrouver sa zone de confort. Et celle de Jean-Luc Mélenchon est de porter le fer contre ses adversaires : le « parti médiatique », Emmanuel Macron, l’extrême droite européenne, la finance… « J’ai incarné notre cause commune, j’ai défendu ce que nous sommes », a lancé M. Mélenchon, devant 1 350 personnes réunies au Théâtre Sébastopol, évoquant son attitude lors des perquisitions et dénonçant une « persécution politique »« Nous ne baisserons pas les yeux ! », a-t-il poursuivi.
« Quoi qu’il en soit, dans les luttes sociales, écologiques mais avec des bulletins de vote, nous allons vaille que vaille régler nos comptes. Ce ne sont pas ceux d’un parti, d’un mouvement mais d’un peuple maltraité, humilié. Nous allons au mois de mai prochain, lors des élections européennes, avec nos bulletins de vote, clamer “stop Macronstop à la finance contre l’intérêt général des peuples enrayer la catastrophe écologique qui menace la planète tout entière », a continué le député des Bouches-du-Rhône.
Il n’a été, finalement, que peu question d’évasion fiscale, le thème prévu initialement. M. Mélenchon a préféré notamment parler de la situation internationale. Une manière pour le tribun de dresser un parallèle − sans le dire − entre les cas sud-américains, notamment la victoire de l’extrême droite au Brésil, et la situation en France.
« Comment cela a-t-il été possible ? Lula était favori. Alors, l’ennemi a frappé, les Etats-Unis d’Amérique, a expliqué M. Mélenchon. Dans tous les pays, c’est la méthode qu’ils utilisent. La judiciarisation de la vie politique est la stratégie de l’empire dans tous les pays du monde. » Puis l’ancien sénateur a dénoncé une « jonction entre le parti médiatique, le pouvoir judiciaire et policier ».

« Peste brune italienne »

Le président du groupe LFI de l’Assemblée nationale a aussi parlé de l’Italie. « Le gouvernement d’extrême droite italien nous dégoûte. Mais quand il prétend appliquer son propre plan que les Italiens ont voulu, en matière budgétaire, alors c’est lui qui a raison contre la Commission européenne. Et même si nous avons à nous prononcer entre la peste brune italienne et le choléra de la Commission européenne. En toutes circonstances, la souveraineté du peuple est la règle majeure », a-t-il ainsi martelé.
Jean-Luc Mélenchon a ensuite déroulé les classiques de ses discours : la condamnation des traités européens (des « carcans », selon lui), de la politique d’Emmanuel Macron, d’Angela Merkel… Sans se priver de distiller des flèches empoisonnées à l’égard du chef de l’Etat, « homme de la finance » : « Quand Merkel fait les gros yeux, il n’a pas le courage que j’ai devant certaines portes. »
M. Mélenchon a aussi tenu un long développement sur le combat écologique. C’est d’ailleurs à cette aune que la position du chef de file des « insoumis » à propos de la manifestation du 17 novembre contre la hausse des carburants peut étonner. « On dit aux gens d’utiliser moins de carburant. D’accord, mais est-ce que vous allez aussi rapprocher les écoles de chez nous ? », s’est-il interrogé. Et même s’il a précisé que LFI n’appellerait pas à défiler, cette mobilisation est, selon lui, la conséquence d’une « colère juste et digne ».


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