lu dans le DL du 26/06/2018
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
Ultradroite
et mini-tolérance
L’époque se durcit, le vocabulaire aussi. S’agissant de politique,
l’adjectif « extrême » se trouve banalisé.
On pointe désormais « l’ultradroite
», à l’évocation du groupuscule AFO (Action des forces opérationnelles).
Dix de ses militants, dirigés par un policier retraité, viennent d’être
interpellés par la DGSI.
La bande s’organisait de manière quasi militaire,
en vue d’assassiner des musulmans en France.
Leurs cibles présumées ?
Des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison et des
femmes voilées dans la rue.
Ils projetaient, au fond, d’agir comme les
« fous d’Allah » qui tuent des gens au hasard… ou presque. Œil pour œil,
dent pour dent, et feu sur tout ce qui bouge !
De quoi déclencher une
guerre civile sur le sol national, soit exactement ce dont rêve Daech : que
la barbarie contamine enfin les démocraties occidentales.
L’arrestation des suspects « facho-miliciens » soulage donc la République.
Jusqu’à Marine Le Pen, qui s’empresse de les condamner et toute
forme de terrorisme avec.
N’a-t-elle pas subi, enfant, le traumatisme
d’une bombe explosant au domicile de ses parents ?
Mais rien ne dit que
les « identitaires » qui rejoignent le Rassemblement national, ex-FN,
partagent la vision pacifiste de la patronne.
En attendant, sur fond de crise migratoire et d’intolérance généralisée,
l’inquiétude grandit.
On ne discute plus, on cogne.
Partout, à la moindre
contrariété, la violence devient mode d’expression.
Bouchers et charcutiers
réclament ainsi la protection de l’État contre les attaques répétées
des commandos anti-viande.
Les végétariens fanatiques semblent prêts
à faire couler le sang. L’herbe, dans ces conditions, mieux vaut encore la
fumer.
Histoire d’oublier un peu les gaietés du XXIe
siècle
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