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mercredi 27 juin 2018

Ultradroite et mini-tolérance

lu dans le DL du 26/06/2018

LE BILLET PAR GILLES DEBERNARDI

 Ultradroite et mini-tolérance

L’époque se durcit, le vocabulaire aussi. S’agissant de politique, l’adjectif « extrême » se trouve banalisé. 
On pointe désormais « l’ultradroite », à l’évocation du groupuscule AFO (Action des forces opérationnelles).
 Dix de ses militants, dirigés par un policier retraité, viennent d’être interpellés par la DGSI. 
La bande s’organisait de manière quasi militaire, en vue d’assassiner des musulmans en France.
 Leurs cibles présumées ? Des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison et des femmes voilées dans la rue.
 Ils projetaient, au fond, d’agir comme les « fous d’Allah » qui tuent des gens au hasard… ou presque. Œil pour œil, dent pour dent, et feu sur tout ce qui bouge !
 De quoi déclencher une guerre civile sur le sol national, soit exactement ce dont rêve Daech : que la barbarie contamine enfin les démocraties occidentales.
 L’arrestation des suspects « facho-miliciens » soulage donc la République. 
Jusqu’à Marine Le Pen, qui s’empresse de les condamner et toute forme de terrorisme avec.
 N’a-t-elle pas subi, enfant, le traumatisme d’une bombe explosant au domicile de ses parents ? 
Mais rien ne dit que les « identitaires » qui rejoignent le Rassemblement national, ex-FN, partagent la vision pacifiste de la patronne. 
En attendant, sur fond de crise migratoire et d’intolérance généralisée, l’inquiétude grandit.
 On ne discute plus, on cogne.
 Partout, à la moindre contrariété, la violence devient mode d’expression. 
Bouchers et charcutiers réclament ainsi la protection de l’État contre les attaques répétées des commandos anti-viande. 
Les végétariens fanatiques semblent prêts à faire couler le sang. L’herbe, dans ces conditions, mieux vaut encore la fumer.
 Histoire d’oublier un peu les gaietés du XXIe siècle

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