Chère lectrice, cher lecteur
Attraper Sylvain Tesson au vol est un privilège. C’était l’autre jour à Paris. L’écrivain sortait de la Maison de la radio où il venait de passer une heure chez Nagui, dans l’émission La bande originale. Il respirait l’aventure, sec comme Corto Maltese, prêt à enfourcher sa moto pour filer. Il était sur le point de refaire la croisière d’Ulysse en Méditerranée et il était inquiet: des avaries sur le bateau.
C’était à propos d’Ulysse justement qu’on voulait le voir. Pour qu’il parle de son nouveau livre, Un été avec Homère, équipée butineuse dans le sillage d’Achille le furieux, de la magicienne Circé, du vaillant Hector.
Surtout, on voulait l’entendre sur l’héroïsme contemporain; sur ses ambivalences à lui, aventurier en rupture de ban, ultra-présent pourtant sur les plateaux de télévision; sur son rapport à la politique, à Mai 68 dont on célèbre le cinquantenaire. Et qu’il nous parle du métier d’écrire, du style et des paysages qui infusent dans ses carnets.
Il se confesse en blaireau, son animal fétiche, parce que telle est la signification en vieux français de «tesson». «Je suis comme le blaireau, je furète, je vis la nuit et je ne fais de mal à personne.»
– Alexandre Demidoff, journaliste culturel
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