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vendredi 2 mars 2018

Les comptes de l'assurance- chômage sortent de la zone rouge


2 mars 2018

Les comptes de l'assurance- chômage sortent de la zone rouge

Les prévisions financières de l'Unédic prévoient un retour progressif à l'équilibre dès 2019, même si la dette de l'organisme reste abyssale

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La perception diffère parfois grandement de la réalité des choses. En France, le moral des ménages a, par exemple, fait une chute libre en février, atteignant son niveau de janvier  2015, d'après l'Insee. La raison de cette débâcle : une inquiétude croissante des Français quant à leur avenir financier. Pourtant, dans les faits, ce même institut ne cesse d'annoncer de bonnes nouvelles économiques à l'Hexagone : le chômage est descendu de façon inattendue sous la barre des 9  % et la croissance, elle, a été révisée à 2  % pour 2017. Une belle performance pour un pays jusqu'à présent à la traîne par rapport à ses partenaires européens. La dernière bonne nouvelle vient de l'assurance-chômage. En déficit chronique, le régime pourrait renouer avec l'équilibre dès 2019.
" Seulement " 600  millionsPubliées mardi 28  février, les prévisions financières de l'Unédic, l'institut chargé de la gestion du régime, indiquent que celui-ci pourrait afficher un déficit de " seulement " 600  millions d'euros dès l'an prochain. D'après l'organisme, l'embellie a commencé en  2017 : l'assurance-chômage, qui était dans le rouge de 4,3  milliards d'euros en  2016, a amélioré son solde de 700  millions d'euros l'an dernier, le faisant passer à 3,6  milliards. En  2018, l'amélioration est encore plus nette avec un déficit qui descendrait à 2  milliards d'euros. Toujours abyssale, la dette elle, atteindrait 35,6  milliards d'euros en  2018, avant de grimper à 36,2  milliards l'an prochain.
Très sensibles à la conjoncture, les comptes de l'assurance-chômage ont bénéficié de la nette amélioration de la situation économique française. Un nombre moins élevé de demandeurs d'emploi implique, en effet, moins d'indemnités à verser, donc moins de dépenses. Dans le même temps, plus de travailleurs assurent au régime plus de cotisations, et donc plus de recettes.
Or, en  2017, avec une croissance finalement estimée à 2  %, l'économie tricolore a créé 256 000 nouveaux emplois, faisant baisser le chômage à 8,9  %, son plus bas niveau en huit ans. Et, bien que de façon moins spectaculaire, la tendance devrait se poursuivre dans les années à venir : selon l'Unédic, 166 000 nouveaux postes devraient être créés en  2018, et 197 000 en  2019. L'organisme, qui anticipe une moindre augmentation de la population active cette année, prévoit un taux de chômage à 8,4  % dès 2019.
" Depuis 2009, l'économie française se trouve dans la partie négative de son cycle,écrit l'Unédic. A partir de 2019, elle pourrait retrouver un niveau légèrement supérieur à sa croissance potentielle selon les prévisions de la Commission européenne. Le solde financier de l'assurance-chômage suit la même évolution : déficitaire de 2009 à 2019, elle pourrait ensuite renouer avec les excédents si les tendances économiques observées se poursuivent. " Ce serait une première depuis dix ans, soit depuis le déclenchement de la crise.
Moins de contrats très courtsMais la bonne conjoncture n'est pas la seule explication de cette embellie. D'après l'Unédic, la convention d'assurance-chômage signée entre les partenaires sociaux en avril  2017 aurait aussi joué un rôle dans l'amélioration des comptes. Les règles d'indemnisation moins favorables pour ceux qui enchaînent les contrats de plusieurs jours chez le même employeur ainsi que les modifications apportées à la filière seniors (passage de l'âge de 50 ans à celui de 53 ans pour en faire partie) auraient évité le dérapage financier.
Ces bons chiffres interviennent au moment où le gouvernement envisage de modifier le régime de façon inédite. Emmanuel Macron, qui en avait fait une promesse phare de sa campagne, souhaite en effet que les partenaires sociaux planchent sur une indemnisation des démissionnaires et des indépendants par le régime. Il a aussi demandé au patronat et aux syndicats de travailler sur une manière de réduire le recours aux contrats très courts. Réunis depuis décembre pour négocier un accord sur ces questions, les partenaires sociaux ont rendu leur copie vendredi 23  février. Reste à savoir si le gouvernement, qui doit dévoiler ses orientations vendredi 2  mars, la reprendra telle quelle.
Sarah Belouezzane
© Le Monde

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