Translate

vendredi 2 mars 2018

Législative partielle en Guyane : le député sortant LRM menacé


2 mars 2018

Législative partielle en Guyane : le député sortant LRM menacé

Lénaïck Adam devra défendre son bilan pour remporter le scrutin de dimanche contre son adversaire soutenu par Jean-Luc Mélenchon

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
Le 23 février, devant plus de deux cents militants à Kourou, Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) et du parti Guyane Rassemblement, entame son discours, l'index levé vers le ciel : " La machine va repartir aujourd'hui, la machine de Guyane Rassemblement, de tous les Guyanais attachés aux valeurs de la République (…) pour couvrir tout le littoral jusqu'à la vallée du Maroni, et faire gagner Lénaïck Adam. " Homme fort du territoire, soutien du candidat Macron à la présidentielle, Rodolphe Alexandre lance " sa " campagne, devant Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche (LRM), venu épauler Lénaïck Adam. Le jeune député – alors 25  ans – l'avait emporté de 56  voix (50,21 %), face au syndicaliste Davy Rimane, porte-parole du mouvement social de 2017. Le 8 décembre, le Conseil constitutionnel a annulé le second tour en raison de l'absence d'assesseur dans deux bureaux de vote. Le scrutin, qui verra s'affronter neuf candidats, doit avoir lieu les 4 et 11 mars.
Enquête préliminaireMembre du groupe majoritaire à la CTG, Lénaïck Adam joue la carte du lien avec Paris :" En six mois, il y a eu de grandes victoires par rapport aux attentes des Guyanais, grâce à l'écoute favorable dont je bénéficie auprès du gouvernement et du président de la République ", énonce-t-il devant les militants. Premier bushi-nengue – descendants des esclaves échappés des plantations du Surinam – élu député de Guyane, diplômé de Sciences Po Paris, Lénaïck Adam est épinglé par ses adversaires sur son bilan à l'Assemblée : en six mois, quatre interventions en commission, aucune dans l'hémicycle, pas d'amendement présenté en son nom. Contesté dans son propre camp, le candidat LRM devra même affronter son ancien directeur de campagne, Jean-Philippe Dolor, qui se présente sans étiquette au scrutin de dimanche.
M.  Adam fait par ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire pour " harcèlement moral au travail " ouverte par le parquet de Paris fin 2017 suite au dépôt d'une main courante par une ex-assistante parlementaire du député, lequel dément tout harcèlement. Dans ce contexte, Christophe Castaner martèle : " J'ai vu Lénaïck Adam travailler, ouvrir les portes des ministères pour que les engagements de l'Etat soient tenus, je l'ai vu au côté du président de la République et je pense qu'il incarne cette promesse que nous devons tenir en Guyane. "
La principale promesse, c'est le respect de l'accord signé le 21 avril 2017 après cinq semaines de mouvement social. Si le plan d'urgence – plus de 1  milliard d'euros – fait l'objet d'un suivi à Paris, le sort des " mesures supplémentaires " – 2,1 milliards d'euros – est toujours incertain. " Tout a été listé dans le plan additionnel que le président Macron a jeté aux orties, et donc le gouvernement doit entendre raison ", explique auMonde Davy Rimane, le candidat LFI, ancien porte-parole du mouvement social. " On ne va pas continuer à sacrifier des générations pour des jeux politiciens ", argumente le syndicaliste. Pour le soutenir, Jean-Luc Mélenchon a fait le déplacement avec la députée de Paris Danièle Obono et l'eurodéputé Younous Omarjee. " Je viens expliquer les raisons pour lesquelles il faut élire un député “insoumis” plutôt qu'un énième troupier de l'équipe de M.  Macron ", indique l'ex-candidat à la présidentielle. Le 22 avril, M.  Mélenchon était arrivé en tête en Guyane.
David Riché est le troisième homme de la campagne. Maire de Roura et président de l'Association des maires de Guyane, il est " parachuté " sur la deuxième circonscription, avec le soutien du PS guyanais. " J'ai eu affaire à un député fantôme, je ne l'ai vu qu'une fois en quelques mois ", déplore-t-il. " J'ai décidé d'y aller, car le député est la courroie de transmission avec Paris, donc je vais montrer ce que je sais faire ", argumente David Riché. Le défi sera surtout de mobiliser l'électorat : le 11 juin 2017, 74 % des électeurs s'étaient abstenus.
Laurent Marot
© Le Monde

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire