L'actualité du lundi 13/01/2014
La UNE


Transparence
Et si demain, pour tenter de clore le sujet Closer,et parce que la politique
c’est du sérieux, François Hollande s’affichait enfin pour ce qu’il est :
social-démocrate et fier de l’être. Soit le contraire du social-libéral honteux
que d’aucuns, amis ou ennemis, voudraient voir en lui. Sa conférence de presse
serait à coup sûr un événement, rompant avec une longue histoire entamée
alors que la vieille SFIO était salement empêtrée dans la guerre d’Algérie,
pendant que la gauche allemande jetait, à Bad Godesberg, les bases de la
social-démocratie moderne, celle qui, sous différentes variantes, allait
imposer à travers le Vieux Continent l’économie sociale de marché.
Vingt ans plus tard, à Metz - au grand dam d’un Michel Foucault
qui observait la chose de près -, le PS ratait l’occasion historique
de faire évoluer sa doctrine en préférant François Mitterrand à Michel
Rocard. C’est pourtant cette politique sociale-démocrate, mais honteuse,
cachée, qui triomphera aussitôt ou presque la gauche parvenue au pouvoir.
Depuis, nous vivons dans un dangereux théâtre d’ombre, un monde de
faux-semblants où le PS n’assume pas dans ses discours la réalité des
politiques qu’il mène en actes, certains leaders les plus cyniques de la gauche
de gouvernement allant même jusqu’à défendre le non lors du référendum de
2005 quand ils savaient qu’une fois revenus au pouvoir, ils mettraient
en œuvre la politique du oui. C’est encore ce mauvais calcul du
manque de transparence que fit Hollande lorsqu’à la relecture avant publication
d’un entretien croisé que nous avions organisé en mars 2012 entre lui et Sigmar
Gabriel, leader du SPD devenu, depuis, vice-chancelier allemand, il avait biffé
une phrase qu’il avait pourtant prononcée : «Je suis
social-démocrate.»
Par Sylvain Bourmeau
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