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vendredi 30 novembre 2018

Il faut défendre le peuple krenak au Brésil - lundi 5 novembre 2018


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Il faut défendre le peuple krenak au Brésil
Un collectif d’artistes et de réalisateurs, avec la fondation France Libertés, appelle la communauté internationale à aider les Krenak, un peuple amazonien victime depuis trois ans d’une pollution massive due aux « choix irresponsables de la multinationale Samarco »
France Libertés et le peuple autochtone krenak du Brésil lancent une campagne internationale, « Justice for Krenak », pour dénoncer la violation des droits de ce peuple et la destruction de son mode de vie par la multinationale Samarco, en 2015. Si nous avons accepté de parrainer cette campagne, c’est que nos deux séjours en Amazonie pour le tournage de la série Guyane nous ont appris beaucoup sur les conséquences des activités minières, légales ou illégales.
Contrairement à ce qu’affirment certaines entreprises, il n’existe pas de procédé d’extraction qui préserve l’écosystème et maintienne des conditions d’existence acceptables pour les populations voisines. Le lien particulièrement étroit que les peuples autochtones entretiennent avec leur territoire en fait des populations particulièrement vulnérables.
Il en va ainsi des Krenak. Leur vie était organisée autour du Rio Doce depuis des siècles. Ils pêchaient dans le fleuve, en buvaient l’eau, l’utilisaient pour l’agriculture, et y accomplissaient les rites qui fondent leur identité.Le 5 novembre 2015, le barrage de déchets miniers de Mariana, propriété de l’entreprise Samarco, s’est rompu, et des quantités gigantesques de produits toxiques ont dévasté la vallée du fleuve. La pollution massive de leurs terres a anéanti la vie quotidienne des Krenak en les privant de leurs moyens de subsistance traditionnels.
Du jour au lendemain, leur habitat est devenu un cimetière. Ils sont aujourd’hui dépendants d’aides extérieures. La destruction de leur fleuve sacré est aussi une blessure spirituelle profonde pour ce peuple. Cette pollution, la plus grave qu’ait connue le Brésil, n’est pas le fruit d’un accident, mais le résultat des choix irresponsables opérés par la multinationale Samarco, pourtant parfaitement consciente et avertie des dangers que sa négligence faisait courir aux populations concernées.
Le bilan de ce qu’il faut appeler le crime de Mariana, c’est 19 morts, des dizaines de villages impactés, parmi lesquels la totalité des villages krenak, des centaines de milliers de personnes privées d’eau et exposées à d’importants risques sanitaires, 4 millions de personnes affectées directement ou indirectement, des préjudices majeurs causés à l’environnement.

Aucune condamnation

Trois ans plus tard, les droits des Krenak sont toujours violés et aucun responsable n’a été condamné. Pour avoir vu en Guyane l’altération de nombreuses eaux fluviales, l’état dans lequel certains opérateurs pourtant légaux abandonnent impunément leurs anciens sites d’exploitation, le désespoir et la dégradation de l’état de santé des populations vivant en aval des sites d’orpaillage illégal, l’inquiétude grandissante des Guyanais face au gigantesque projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », qui n’est que le prélude d’une exploitation plus intensive encore de la forêt par d’autres gros opérateurs, nous nous sentons profondément solidaires du peuple krenak, comme de toutes les populations exposées aux conséquences de la folie extractiviste.
La destruction des forêts, l’empoisonnement des eaux, les pollutions produites par les machines et infrastructures participent très activement au dérèglement climatique dont nous commençons à peine à ressentir les effets.
Défendre le peuple krenak, c’est nous défendre nous-mêmes. Il y a urgence à stopper les criminels qui fondent leurs profits sur la destruction des conditions de vie de centaines d’espèces, dont la nôtre. Le crime de Mariana ne doit pas rester impuni, la multinationale Samarco doit répondre de ses actes. Nous appelons à la solidarité internationale pour que justice soit enfin faite ; d’autant qu’avec l’élection de Jair Bolsonaro au poste de président du Brésil, nos craintes pour l’avenir du peuple krenak redoublent.
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Gilbert Mitterrand, président de la fondation France Libertés ; Olivier Rabourdin, acteur ; Anne Suarez, actrice.
Cosignataires : Antarès Bassis, scénariste ; Julien Bayou, porte-parole Europe Ecologie-Les Verts ; Nadège Beausson-Diagne, actrice ; Xavier Beauvois, acteur, réalisateur ; Julie Bertuccelli, réalisatrice ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, réalisatrice ; Marine Calmet, juriste de l’association Nature Rights, porte parole en métropole du collectif Or de question ;Kim Chapiron, réalisateur, créateur de la série « Guyane » ;Yannick Choirat, acteur ; Christine Citti, actrice, réalisatrice, écrivaine ; Jérôme Cornuau, réalisateur, a participé à la série « Guyane » ; Clotilde Courau, actrice ; Olivier Dahan, réalisateur, musicien ; Slimane Dazi, acteur, écrivain ;Marianne Denicourt, actrice, a participé à la série « Guyane » ; Julien Despaux, réalisateur, a participé à la série « Guyane » ; Virginie Efira, actrice ; Sophie Fillieres, réalisatrice ; Stéphane Foenkinos, réalisateur ; Julie Gavras, réalisatrice ; Guillaume Gouix, acteur, réalisateur ; Yann Gozlan, réalisateur ; Serge Hazanavicius, acteur, réalisateur ;Eva Ionesco, actrice, réalisatrice ; Clotilde Hesme, actrice ;Gérald Hustache-Mathieu, réalisateur ; Yannick Jadot, député européen, candidat EELV à la présidentielle de 2017 ;Tchéky Karyo, acteur ; Reda Kateb, acteur ; Rachel Khan,actrice, écrivaine ; Philippe Laudenbach, acteur ; Vianney Lebasque, réalisateur ; Marie-Julie Maille, monteuse, scénariste ; Xavier Mathieu, acteur, a participé à la série « Guyane » ; Tania de Montaigne, écrivaine et journaliste ;Thibault de Montalembert, acteur ; Edouard Montoute,acteur ; Sabrina Ouazani, actrice, réalisatrice ; Olivier Panchot, réalisateur, a participé à la série « Guyane » ;Alysson Paradis, actrice ; Hervé Pierre, acteur, sociétaire de la Comédie-Française ; Stéphanie Pillonca, réalisatrice ;Charlotte Rampling, actrice ; Natacha Régnier, actrice ;Isabelle Renauld, actrice ; Sokem « Kemso » Ringuet, acteur, a participé à la série « Guyane » ; Guillaume Senez, réalisateur ; Léonie Simaga, actrice ; Laura Smet, actrice ;Mathieu Spinosi, acteur, a participé à la série « Guyane » ;Dimitri Storoge, acteur ; Christophe Yanuwana Tapoka,réalisateur, porte-parole des jeunesses autochtones de Guyane ; Alexis Tiouka, écrivain, juriste, expert en droits des peuples autochtones ; Bruno Todeschini, acteur ; Philippe Triboit, réalisateur, a participé à la série « Guyane » ; Marion Vernoux, réalisatrice ; Sigolène Vinson, écrivaine ; Lambert Wilson, acteur, metteur en scène ; Roschdy Zem, acteur, réalisateur

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