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dimanche 21 octobre 2018

Pour une enquête environnementale sur la pollution au plomb dans l’agglo de Villefranche sur Saône

 
Madame, Monsieur,

Alors que les prémices d’un nouveau scandale sanitaire sont en train d’émerger dans les médias, avec ces enfants nés sans mains ou sans bras dans une petite ville de l’Ain, les autorités sont déjà en train de noyer le poisson et rassurer la population, avant même d’avoir conduit les analyses qui pourtant semblent s’imposer, comme si elles avaient davantage à cœur de protéger les intérêts des industries potentiellement responsables que notre santé.

Si cette attitude vous choque, je pense que vous serez intéressé par le combat d’Alain, ci-dessous, qui se bat depuis des années pour obtenir des études complémentaires – systématiquement refusées – suite à une importante pollution au plomb dans sa région qui met en danger la santé de tous les habitants, en particulier les enfants.

Je vous laisse découvrir son message.

Bien cordialement,

Marine, de l’équipe de Citizaction
 
Pour une enquête environnementale sur la pollution au plomb dans l’agglo
de Villefranche sur Saône
 
De 1974 à 1999, l’usine Metaleurop, aujourd’hui Recylex*, a rejeté dans l’atmosphère des quantités considérables de poussières toxiques, notamment de plomb. Suite à l’intervention du lanceur d’alerte Jean-Pierre Andry, relayée par la presse, la Préfecture du Rhône a ordonné l’arrêt de l’activité de fusion de l’usine. Une enquête environnementale « relativement légère » a été menée par la DDASS** en mars-avril 1999. Le rapport qui en découle évoque des « émissions de nature exceptionnelle » et insiste sur le danger que constituent les poussières, considérées comme « le meilleur indicateur du risque pour la santé ».
 
De mai à octobre 1999, une enquête épidémiologique, réalisée avec le concours de l’hôpital de Gleizé, a montré que la quasi-totalité des enfants observés présentaient une plombémie supérieure à 20µg par litre de sang (lire ici). Or l’INSERM*** nous alerte sur le fait que « chez le jeune enfant, l’effet le plus préoccupant d’une intoxication au plomb est la diminution des performances cognitives et sensorimotrices. Une plombémie de 12μg/L est associée à la perte d’un point de QI ».
 
Malheureusement, le suivi de cette pollution n’a pas respecté les préconisations initiales de la DDASS. Seules des analyses de sol ou de végétaux ont été effectuées, en contradiction avec le protocole établi par l’INERIS****. Or la communauté scientifique, comme le Conseil supérieur des installations classées, attestent que le danger principal est représenté par les poussières déposées sur les bâtis, intérieurs et extérieurs. Le rapport de la DDASS évoque un dépôt de 102 tonnes (sic !) sur un rayon de 1,8 km autour du site industriel. Et précise que ces poussières de plomb « sont en général fines et difficilement éliminables ».
 
Autrement dit, ces poussières sont toujours présentes, et constituent encore aujourd’hui un risque très important pour la santé des habitants de l’agglomération.
Alertés à plusieurs reprises, les pouvoirs publics locaux minimisent la situation. Rien de sérieux n’a été entrepris pour traiter le problème et éviter de nouvelles contaminations. Cette « politique de l’autruche » n’est pas acceptable. C’est pourquoi, M. le Préfet, nous vous demandons, en tant que Président de la Commission de suivi du site concerné, d’ordonner une enquête environnementale approfondie pour évaluer la présence de poussières de plomb, intérieures et extérieures, sur l’ensemble des bâtiments publics de l’agglomération, et plus particulièrement ceux recevant des enfants.
 
* Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) SEVESO 2 seuil haut
 
** Direction départementale de l’action sanitaire et sociale, aujourd’hui ARS (Agence régionale de santé)
 
*** Institut national de la santé et de la recherche médicale**** Institut national de l’environnement industriel et des risques
 
 
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Une vie : Charles Aznavour


Une vie : Charles Aznavour

"Ce n'est pas important que l'on se rappelle de moi, ce qui est important c'est de se rappeler de mon œuvre."


                                                        

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VIDÉO – Le libéralisme et l’écologie sont incompatibles

https://melenchon.fr


                               Jean-Luc Mélenchon

VIDÉO – Le libéralisme et l’écologie sont incompatibles

Dimanche 2 septembre 2018
          

Le dimanche 2 septembre 2018, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Bruce Toussaint sur BFMTV. Il a dénoncé le projet de prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu et a détaillé les raisons de son opposition sur le sujet. Il a ensuite longuement parlé des questions écologiques, notamment concernant le glyphosate et le JEFTA (accord de libre-échange entre l’UE et le Japon). Il a expliqué qu’il ne croyait pas au capitalisme vert. Enfin, il a répondu aux accusations de «nationalisme» lancées par les macronistes et notamment Benjamin Griveaux.

samedi 20 octobre 2018

C’est la grève !

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http://actuendessins.fr




C’est la grève !


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Grève générale et nationale ce mardi 9 octobre 2018 pour dénoncer la politique sociale du gouvernement !
Une journée de grève interprofessionnelle (générale) et nationale le mardi 9 octobre 2018 est lancée par plusieurs syndicats pour dénoncer une politique visant à la destruction de notre modèle social, favorisant notamment l’explosion des inégalités et la casse des droits collectifs

HISTOIRE - 40 cartes pour expliquer le Moyen-Orient


https://www.les-crises.fr


                                              Les Crises



9.octobre.2018 // Les Crises



40 cartes pour expliquer le Moyen-Orient


Source : Vox, Max Fisher, 26-03-2015
Les cartes peuvent être un outil puissant pour comprendre le monde, particulièrement le Moyen-Orient, une région modelée à bien des égards par le déplacement des frontières politiques et les mutations démographiques. Voici 40 cartes essentielles pour comprendre le Moyen-Orient – son histoire, sa situation actuelle et certains des enjeux les plus importants dans la région aujourd’hui.
Histoire du Moyen-Orient
1- Le croissant fertile, creuset de la civilisation
L’histoire du monde : schémas d’interactions
Si cette région n’est pas l’unique berceau de la civilisation humaine, c’est l’un d’entre eux. Appelé « croissant fertile » en raison de la richesse de ses sols, le « croissant » comprend principalement l’Irak moderne, la Syrie, la Jordanie et Israël-Palestine. Certaines définitions incluent également la vallée du Nil en Égypte. C’est là que les gens ont commencé l’agriculture en 9000 avant J.C. Vers 2500 avant J.C, les Sumériens formaient la première société complexe qui ressemblait à ce qu’on appelle maintenant un pays et un système politique. En d’autres termes, plus de temps s’est écoulé entre les Sumériens et les Romains qu’il ne s’en est écoulé entre la Rome antique et nous.
2- Comment les phéniciens, à partir du Liban, ont progressé en Méditerranée
L’Atlas Philip de l’histoire du monde
Les Phéniciens, qui vivaient au Liban et sur la côte syrienne d’aujourd’hui, étaient vraiment stupéfiants. De 1500 à 300 av. J.-C., ils ont exploité certains des premiers grands réseaux commerciaux de la Méditerranée, représentés en rouge, et ont dominé la mer avec les Grecs, qui sont représentés en marron. Certains ont navigué jusqu’aux îles britanniques et beaucoup d’entre eux ont établi des colonies en Afrique du Nord, en Espagne, en Sicile et en Sardaigne. Il s’agit d’un des premiers liens culturels étroits entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et c’est pourquoi la capitale libyenne, Tripoli, porte toujours le nom de l’ancienne colonie phénicienne qui en est à l’origine.
3- Comment, à trois reprises, le Moyen-Orient a apporté des religions à l’Europe
Le petit atlas de l’histoire du monde
En réalité, le Moyen-Orient a donné à l’Europe quatre religions, dont l’islam, mais cette carte montre les trois premières. D’abord, le judaïsme, qui s’est diffusé par le biais de l’immigration naturelle et lorsque les Romains ont déporté des Israélites rebelles au premier et au deuxième siècle de notre ère. Entre le premier et le troisième siècle après J.C, une religion appelée parfois « religion des mystères » pour ses rites secrets et ses cultes clandestins se répandit depuis la Turquie ou l’Arménie actuelle dans tout l’empire romain (à l’époque, la plupart des fidèles pensaient que l’origine venait des Persans – dans l’Iran actuel – mais c’est probablement faux). Le mithraïsme [culte du dieu Mithra, NdT] a été complètement remplacé par le christianisme, qui est devenu la religion officielle de l’Empire romain quelques siècles plus tard. Il est facile d’oublier que, pendant des siècles, le christianisme était principalement une religion de Moyen-Orientaux, qui ont converti les Européens à leur tour.
4- Quand le califat de Mahomet conquiert le Moyen-Orient

Mohammed Adil
Au début du 7ème siècle après JC, dans ce qui est l’actuelle Arabie saoudite, le prophète Mahomet fonda l’islam, considéré par ses adeptes à la fois comme une communauté et comme une religion. Après s’être diffusés à travers la péninsule arabique, ils devinrent un empire qui se développa au moment même où les empires perse et byzantin, voisins, étaient prêts à s’effondrer. Dans un temps étonnamment court – de la mort de Mahomet en 632 à 652 après J.C – ils firent la conquête de tout le Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de la Perse et certaines parties du sud de l’Europe. Ils diffusèrent l’islam, la langue arabe et l’idée d’une identité commune du Moyen-Orient, trois éléments qui définissent encore aujourd’hui la région. Comme si tout le monde en Europe parlait encore le latin et se considérait comme ethniquement romain.
5- Une carte du monde à l’apogée du califat
Mohammad adil-Rashidun
Il s’agit d’une carte politique approximative du monde en 750 ap. J.-C., à l’apogée du califat omeyyade (le terme « calife » désigne le souverain de la communauté islamique mondiale). Cela vous donne une idée de l’étendue et de la puissance de l’empire musulman, un siècle à peine après la naissance de cette religion qui a propulsé son expansion. Le califat était un lieu de richesse, d’art et d’apprentissage à une époque où seule la Chine était aussi riche et aussi puissante. La puissance arabe était alors à son zénith.
6- L’ascension et la chute de l’Empire ottoman au cours des six derniers siècles

Esemono
L’Empire ottoman tire son nom d’Osman, son premier souverain, qui, au début des années 1300, l’a fait s’étendre d’une petite partie du nord-ouest de la Turquie à une partie un peu plus importante. Son expansion a continué durant environ 500 ans – plus longtemps que toute l’histoire de l’Empire romain – régnant pendant des siècles sur la majeure partie du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du sud-est de l’Europe. L’empire, officiellement un État islamique, répandit la religion dans le sud-est de l’Europe mais était généralement tolérant envers les autres groupes religieux. C’était probablement le dernier grand empire non européen jusqu’à ce qu’il commence à décliner au milieu des années 1800, qu’il s’effondre après la Première Guerre mondiale, et que son ancien territoire au Moyen-Orient soit divisé par l’Europe occidentale.
7- À quoi ressemblait le Moyen-Orient en 1914

Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique
C’est une année charnière, au cours de la transition progressive de 500 ans de domination ottomane du Moyen-Orient à 50 à 100 ans de domination européenne. L’Europe de l’Ouest devenait de plus en plus riche en découpant l’Afrique, y compris les États arabes d’Afrique du Nord, en possessions coloniales. Pratiquement toute la région a été gouvernée par des Européens ou des Ottomans, à l’exception de certaines parties de l’Iran et de la péninsule arabique divisées en « zones d’influence » européennes. Quelques années plus tard, à la fin de la Première Guerre mondiale, le reste de l’Empire ottoman vaincu serait partagé entre les Européens. Les frontières entre les pouvoirs français, italien, espagnol et britannique sont cruciales pour comprendre la région aujourd’hui, non seulement parce qu’elles ont gouverné différemment et imposé des politiques différentes, mais que les frontières entre empires européens sont devenues les frontières officielles de l’indépendance, qu’elles soient logique ou pas.
8- L’Accord Sykes-Picot qui a divisé le Moyen-Orient

Financial Times

Aujourd’hui, vous entendez beaucoup parler de ce traité, dans lequel les empires britannique et français (et russe) ont secrètement convenu de diviser entre eux les dernières régions du Moyen-Orient ayant fait partie de l’Empire ottoman. Point crucial, les frontières entre les « zones » françaises et britanniques devinrent plus tard les frontières entre l’Irak, la Syrie et la Jordanie. Sykes-Picot est souvent citée comme une cause de guerre, de violence et d’extrémisme au centre-ouest de l’Asie, parce que ces États indépendants ultérieurs avaient des frontières largement arbitraires qui regroupaient par la contrainte des groupes ethniques et religieux disparates. Mais les érudits débattent encore de cette théorie, qui est peut-être trop simple pour être vraie.
9- Une histoire animée des grands empires du Moyen-Orient

Vous avez peut-être remarqué un thème présent sur les huit dernières cartes : des empires, la plupart du temps extérieurs au Moyen-Orient, mais parfois en faisant partie, conquérant la région d’une manière qui l’a radicalement modifiée. Cette animation présente tous les principaux empires du Moyen-Orient au cours des 5 000 dernières années. Pour être clair, ce n’est pas exhaustif, et au cas où ce ne serait pas évident, les animations de cercles en expansion ne reflètent pas réellement la vitesse ou la progression des expansions impériales. Mais c’est une bonne introduction.
10- L’histoire complète des États islamiques
Michael Izady / Columbia University
Cette carte en accéléré de Michael Izady – un merveilleux historien et cartographe de l’Université Columbia, dont la collection complète se trouve ici – montre les frontières politiques du grand Moyen-Orient de 1450 à nos jours. Vous remarquerez que pendant la plus grande partie des 500 dernières années, la plupart ou la totalité de la région a été soumise à une combinaison de contrôles turcs, persans et européens. Pour une grande partie du Moyen-Orient arabe, l’autonomie est relativement nouvelle. Les deux grandes exceptions que vous pouvez voir sur cette carte sont le Maroc et l’Égypte, qui ont passé plus de 500 ans en tant qu’empires autonomes par rapport à d’autres États arabes. C’est en partie la raison pour laquelle ces deux pays se sont parfois considérés dans une certaine mesure comme différents du reste du monde arabe.
11- Le printemps arabe de 2011
The Economist
Si l’on se retourne sur la période du début au milieu de 2011, il est toujours stupéfiant de constater comment les soulèvements du Printemps arabe ont soudainement et radicalement défié, et ont souvent renversé, les vieilles dictatures fragiles du Moyen-Orient. Ce qui est déprimant, c’est que les mouvements ont peu avancé au-delà de ces premiers mois. La guerre civile en Syrie se poursuit. La démocratie égyptienne semblait s’achever avec un coup d’État militaire à la mi-2013. Le Yémen est toujours plongé dans la violence et l’instabilité politique. La guerre en Libye a renversé Mouammar Kadhafi, avec le soutien des États-Unis et de l’Europe, mais a laissé le pays sans sécurité de base ou sans gouvernement fonctionnel. Seule la Tunisie semble être sortie, même de manière ténue, dans le sens de la démocratie.
Le Moyen-Orient aujourd’hui
12- Les dialectes arabes d’aujourd’hui
Arab Hafez
Cette carte montre l’étendue du monde arabophone et sa diversité linguistique. Tous deux remontent aux califats des VIe et VIIe siècles, qui ont propagé l’arabe de son lieu de naissance dans la péninsule arabique en Afrique et au Moyen-Orient. Au cours des 1 300 dernières années, de nombreux locuteurs se sont divisés en dialectes distincts, parfois très différents. Quelque chose à noter ici : les dialectes s’alignent ou ne s’alignent pas avec les frontières politiques actuelles. Aux endroits où ils ne s’alignent pas, l’on voit des frontières nationales qui sont moins susceptibles de s’aligner avec les communautés réelles et, dans certains cas, qui sont plus susceptibles de créer des problèmes.
13- La division sunnite-chiite
Le renouveau chiite de Vali Nasr
L’histoire de la division de l’islam entre sunnites et chiites a commencé avec la mort du prophète Mahomet en 632. Il y avait une lutte de pouvoir pour savoir qui lui succéderait pour gouverner le califat islamique, la plupart des musulmans voulant élire le prochain chef, mais certains arguant que le pouvoir devrait revenir par droit de naissance divin au gendre de Mahomet, Ali. Cette faction pro-Ali était connue sous le nom de « Partisans d’Ali » ou de « Shi’atu Ali » en arabe, d’où « Shia ». L’ascension éventuelle d’Ali sur le trône déclencha une guerre civile que ses partisans et lui-même perdirent. Les chiites ont maintenu l’idée qu’Ali était le successeur légitime et sont devenus une branche de l’islam entièrement distincte. Aujourd’hui, environ 10 à 15% des musulmans dans le monde sont chiites – ils sont le groupe majoritaire en Iran et en Irak seulement – alors que la plupart des musulmans sont sunnites. « Sunni » signifie à peu près « tradition ». Aujourd’hui, cette division religieuse est à nouveau politique : c’est une lutte pour l’influence régionale entre les pouvoirs politiques chiites, menés par l’Iran, contre les puissances politiques sunnites, dirigées par l’Arabie saoudite. Cette lutte ressemble beaucoup à une guerre froide régionale, avec des combats par procuration en Syrie et ailleurs.
14- Les groupes ethniques du Moyen-Orient
Michael Izady / Columbia University
La couleur la plus importante sur cette carte des groupes ethniques du Moyen-Orient est le jaune : les Arabes, qui constituent le groupe majoritaire dans presque tous les pays du Moyen-Orient, y compris les pays d’Afrique du Nord qui ne sont pas représentés ici. Les exceptions sont principalement : juifs d’Israël en rose, turcs de Turquie en vert, Iran principalement perse en orange et Afghanistan très diversifié. (Plus d’informations sur la riche diversité de l’Iran et de l’Afghanistan ci-dessous.) Cette touche de rouge au centre est vraiment importante : les Kurdes de souche, qui n’ont pas de pays, mais de grandes communautés en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie. Mais la grande leçon à tirer de cette carte est qu’il existe une ceinture de diversité ethnique remarquable de la Turquie à l’Afghanistan, mais que le reste de la région est dominé par les Arabes.
15- Des populations musulmanes équilibrées à travers le monde
Pew Forum
Cette carte montre ce que le Moyen-Orient n’est pas : il n’est pas synonyme du monde islamique. Cette carte de la population pondérée montre tous les pays du monde d’après la taille de leur population musulmane. Les pays avec plus de citoyens musulmans sont plus grands ; les pays avec moins de citoyens musulmans sont plus petits. Vous remarquerez tout de suite que le Moyen-Orient ne représente qu’une fraction de la population musulmane totale du monde. En fait, il y a beaucoup plus de musulmans dans les pays d’Asie du Sud, à savoir l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh. La plus importante population musulmane est de loin celle d’Indonésie, en Asie du Sud-Est. Et il y en a aussi des millions en Afrique subsaharienne. Le monde islamique a peut-être commencé au Moyen-Orient, mais il est maintenant beaucoup plus vaste que cela.
Israël-Palestine
16- La fondation d’Israël en 1947 et la guerre israélo-arabe de 1948
Carte de gauche : Passia [Société académique palestinienne pour l’étude des affaires internationales, NdT] ; carte du centre et de droite: Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique
Ces trois cartes montrent comment Israël est passé de la non existence jusqu’à, en 1947 et 1948, la création de ses frontières nationales. Il est difficile d’identifier un seul point de départ plus clair du conflit israélo-palestinien, mais la carte de gauche pourrait bien le montrer : ce sont les frontières que l’ONU a définies en 1947 pour un État juif et un État arabe. Territoire sous contrôle britannique. Les Palestiniens ont combattu l’accord et, en 1948, les États arabes d’Égypte, de Jordanie, d’Irak et de Syrie ont envahi le pays. La carte du milieu montre, en vert, dans quelle mesure ils ont repoussé les armées juives. La carte de droite montre comment la guerre a pris fin avec une contre-attaque israélienne qui a poussé à l’intérieur du territoire orange et Israël a prétendu que c’était sa nouvelle frontière nationale. Le vert est ce qui restait aux Palestiniens.
17- La guerre israélo-arabe de 1967 qui définit les frontières d’aujourd’hui
BBC
Ces trois cartes montrent comment ces frontières de 1948 sont devenues ce qu’elles sont aujourd’hui. La carte de gauche montre les territoires palestiniens de Gaza, sous contrôle égyptien, et la Cisjordanie, sous contrôle jordanien. En 1967, Israël a mené une guerrecontre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. La guerre s’est terminée avec l’occupation par Israël des deux territoires palestiniens, plus les hauteurs du Golan en Syrie et la péninsule égyptienne du Sinaï : cela est indiqué sur la carte de droite. Israël a rendu le Sinaï dans le cadre d’un accord de paix en1979, mais il occupe toujours ces autres territoires. Gaza est aujourd’hui sous blocus israélien, tandis que la Cisjordanie se remplit de plus en plus de colons israéliens. La troisième carte montre comment la Cisjordanie a été divisée en zones sous contrôle palestinien complet (vert), sous contrôle conjoint israélo-palestinien (vert clair) et sous contrôle israélien complet (vert foncé).
18- Les colonies israéliennes en Cisjordanie palestinienne
Jan De Jong / Foundation for Middle East Peace
Depuis 1967, les Israéliens s’installent dans des colonies en Cisjordanie. Certains le font pour des raisons religieuses, d’autres pour revendiquer des terres palestiniennes au nom d’Israël, et d’autres simplement parce qu’ils obtiennent des logements bon marché grâce aux subventions. Il y a environ 500 000 colons dans 130 communautés, comme vous pouvez le voir sur cette carte. Les colonies rendent la paix plus difficile, ce qui est souvent le problème : pour que les Palestiniens aient un État, soit les colons devront être chassés en masse, soit les Palestiniens devront abandonner une partie de leurs terres. Aujourd’hui, les colonies rendent également la vie plus difficile aux Palestiniens, en divisant les communautés et en imposant une sécurité israélienne pénible. C’est pourquoi les États-Unis et le reste du monde s’opposent aux colonies israéliennes. Mais Israël continue quand même de les étendre.
19- Frappes israéliennes et du Hezbollah pendant la guerre du Liban en 2006
BBC
Cette carte montre un moment de la guerre de 2006 entre Israël et le Liban. Elle montre également la manière dont la guerre entre Israël et ses ennemis a changé : Israël a désormais la supériorité militaire, mais les combats sont asymétriques. Israël ne combattait pas un État, mais le groupe militant libanais Hezbollah. Il a lancé de nombreuses frappes aériennes et d’artillerie au Liban (en bleu) pour affaiblir le Hezbollah, détruisant ainsi une grande partie des infrastructures du pays. Israël a également établi un blocus des eaux libanaises. Le Hezbollah a mené une campagne de guérilla contre la force d’invasion israélienne et a lancé de nombreux missiles sur les communautés israéliennes. Les personnes les plus touchées ont été les Libanais et les Israéliens ordinaires, dont des centaines de milliers ont été déplacés par les combats.
20- Quels pays reconnaissent Israël, la Palestine ou les deux ?
Saint Tepes
Le conflit israélo-palestinien est un problème mondial qui, comme le montre cette carte, présente un clivage à l’échelle mondiale. De nombreux pays, représentés en vert, ne reconnaissent toujours pas Israël comme un État légitime. Ces pays sont généralement à majorité musulmane (ce qui inclut la Malaisie et l’Indonésie, à l’extrémité de l’Asie du Sud-Est). Dans le même temps, les pays bleus de l’Occident (plus quelques autres) ne reconnaissent pas la Palestine comme un pays. Ils entretiennent toujours des relations diplomatiques avec la Palestine, mais, de leur point de vue, elle n’obtiendra pas le statut de pays tant que le conflit ne sera pas officiellement résolu. Le fait qu’il y ait historiquement eu des conflits entre les pays bleus et verts n’est pas une coïncidence.
Syrie
21- La diversité religieuse et ethnique de la Syrie
Michael Izady / Université Colombia
Chaque couleur ici montre un groupe religieux différent dans la partie orientale de la Méditerranée appelée le Levant. Il n’est sans doute pas surprenant que le lieu de naissance du judaïsme et du christianisme soit religieusement diversifié, mais cette carte montre à quel point la diversité est grande. Israël se distingue par sa majorité juive, bien sûr, mais c’est aussi un rappel de ses minorités musulmanes et autres, ainsi que des communautés chrétiennes en Israël et en Cisjordanie. Le Liban est divisé entre de grandes communautés de sunnites, de chiites, de chrétiens et une foi connue sous le nom de druzisme – ils sont en paix maintenant, mais l’horrible guerre civile de 1975 à 1990 les a divisés. Il se peut qu’un effet similaire se produise en Syrie, qui est majoritairement musulmane sunnite, mais qui compte une importante minorité de chrétiens, de druzes, de chiites et une secte chiite connue sous le nom d’alaouites, dont le chef syrien Bachar al-Assad et une grande partie de son gouvernement sont membres.
22- Les zones de contrôle actuelles dans la guerre civile syrienne
BBC, SNAP
Cette carte montre l’état des lieux de la guerre civile en Syrie qui, après trois ans de combats, s’est divisée entre les forces gouvernementales, les rebelles antigouvernementaux qui ont commencé comme manifestants pro-démocratiques, et les combattants islamistes extrémistes qui sont arrivés ces deux dernières années. Vous remarquerez peut-être un certain chevauchement entre cette carte et la précédente : les zones sous contrôle gouvernemental (en rouge) ont tendance à se chevaucher avec les zones où vivent les minorités. Les minorités tendent à être liées au régime, alors que les rebelles sont pour la plupart issus de la majorité musulmane sunnite. Mais les rebelles syriens antigouvernementaux (en vert) ont pris beaucoup de territoire. La minorité ethnique kurde de Syrie compte également des milices qui ont pris le contrôle du territoire où vivent les Kurdes. Au cours de la dernière année, cependant, il y a eu une quatrième faction montante : L’État islamique en Irak et au Levant (parfois appelé EI, en bleu), un groupe extrémiste basé en Irak qui jure allégeance à Al-Qaïda. Ils combattent à la fois les rebelles et le gouvernement. C’est donc une guerre à trois maintenant, comme si elle n’était pas déjà assez insoluble.
23- La crise des réfugiés syriens
UNHCR
La guerre civile syrienne n’a pas seulement été une catastrophe nationale pour la Syrie, mais aussi pour les pays voisins. La guerre a déplacé des millions de Syriens vers le reste du Moyen-Orient et vers certaines parties de l’Europe, où ils vivent dans de vastes camps de réfugiés qui drainent des ressources nationales déjà rares. Cette carte montre les réfugiés ; elle ne montre pas les 6,5 millions de Syriens supplémentaires déplacés en Syrie. Leur impact se fait particulièrement sentir en Jordanie et au Liban, qui comptent déjà d’importantes populations de réfugiés palestiniens ; jusqu’à une personne sur cinq dans ces pays est un réfugié. Alors que les États-Unis et d’autres pays se sont engagés à fournir une certaine aide aux réfugiés, les Nations unies disent que ce n’est pas suffisant pour leur fournir les produits de première nécessité.
Iran
24- Comment les frontières de l’Iran ont changé au début des années 1900
Wikimedia
L’Iran est le seul pays du Moyen-Orient à n’avoir jamais été conquis par une puissance européenne, mais il s’en est bien approché dans les années 1900. Il a perdu beaucoup de territoire au profit de la Russie (la partie à bandes rouges). Après cela, l’Empire russe et l’Empire britannique (le Raj britannique [régime colonial britannique que connaît le sous-continent indien de 1858 à 1947, NdT] était juste à côté) ont divisé le nord et le sud de l’Iran en « zones d’influence ». Elles n’étaient pas sous contrôle direct, mais le gouvernement iranien a été persécuté et son économie et ses ressources ont été exploitées. Cela reste aujourd’hui encore un point de ressentiment national majeur en Iran.
25- La diversité religieuse et ethnique de l’Iran
Cartothèque Perry-Castañeda, Université du Texas
L’Iran est surtout associé aux Perses – le groupe ethnique le plus important et les fondateurs des anciens empires perses – mais il est beaucoup plus diversifié que cela. Cette carte montre les minorités les plus importantes, dont les Arabes au sud, les Kurdes à l’ouest et les Azéris au nord (l’Iran contrôlait autrefois tout le territoire azéri, mais une grande partie appartient maintenant à l’Azerbaïdjan, pays à majorité azérie). Les Baloutches, dans le sud-est, constituent également un groupe minoritaire important au Pakistan. La région du « Baloutchistan » des deux pays est le théâtre de troubles et d’oppression gouvernementale importants.
26- Les sites nucléaires de l’Iran et les plans de frappe israéliens possibles
BBC
C’est un aperçu de deux des grandes questions géopolitiques qui se chevauchent et dans lesquelles l’Iran est actuellement engagé. Le premier est le programme nucléaire iranien : les dirigeants du pays disent que le programme est pacifique, mais personne ne les croit, et le monde sanctionne sévèrement l’économie iranienne pour tenter de la convaincre d’arrêter le développement nucléaire qui semble se diriger vers un programme d’armes illégales. Vous pouvez voir les sites de développement nucléaire ici : certains sont profondément enfouis, tandis que d’autres ont été gardés secrets pendant des années. Cela nous ramène à l’autre élément de cette carte, qui a été dressée à l’origine pour montrer comment Israël pouvait hypothétiquement lancer des frappes contre le programme nucléaire de l’Iran. Les tensions israélo-iraniennes, qui ont frôlé la guerre ces dernières années, sont l’une des choses les plus graves et les plus potentiellement dangereuses qui se produisent actuellement dans une partie du monde qui est déjà source de grave dangers. Israël craint que l’Iran ne construise des armes nucléaires contre lui ; l’Iran craint peut-être d’être toujours sous la menace d’une frappe israélienne jusqu’à ce qu’il ait une force de dissuasion nucléaire. C’est ce qu’on appelle un dilemme de sécurité et ça peut mal tourner.
Afghanistan
27- Comment la « Durand Line » coloniale a déclenché le conflit en Afghanistan
Cecile Marin
Donc, tout d’abord, ignorez tout sur cette carte à l’exception de la zone de recouvrement orange clair. Cela montre la région où vit un groupe ethnique appelé les Pachtounes. Imaginez maintenant que vous êtes un officier colonial britannique du nom de Mortimer Durand dans les années 1800 et que vous êtes chargé de négocier la frontière entre le Raj indien britannique et la nation quasi-indépendante de l’Afghanistan. Tracez-vous la frontière en plein milieu des zones pachtounes, garantissant ainsi des décennies de conflit en forçant les Pachtounes à devenir des minorités dans les deux États ? Si vous aviez répondu « oui », vous auriez fait un grand officier colonial britannique, parce que c’est ce qui s’est passé. La « ligne Durand », marquée en rouge, est devenue la plus grande partie de la frontière entre l’Afghanistan moderne et le Pakistan. De nombreux Pachtounes appartiennent maintenant à un groupe extrémiste majoritairement pachtoune, appelé talibans, qui fait des ravages dans les deux pays et dont les principales bases d’opérations (représentées en orange foncé) sont situées du côté pakistanais de la frontière. Merci, Mortimer !
28- La guerre de 1989 qui a déchiré l’Afghanistan
Révolution sans fin : Afghanistan, 1979 à aujourd’hui / Columbia University Press
En 1979, l’Union soviétique a envahi l’Afghanistan pour défendre le gouvernement communiste pro-Moscou contre les rébellions croissantes. Les États-Unis (ainsi que l’Arabie saoudite et le Pakistan) ont financé et armé les rebelles. La CIA a délibérément choisi de financer les extrémistes, les considérant comme de meilleurs combattants. Lorsque les Soviétiques se sont retirés en 1989, ces groupes rebelles se sont retournés les uns contre les autres, menant une horrible guerre civile que vous pouvez voir sur cette carte : les zones rouges étaient, dès 1989, sous contrôle gouvernemental. Chacune des autres couleurs montre la zone de contrôle d’un groupe rebelle. Certains de ces rebelles, comme le Hezb-e Islami Gulbuddin, se battent toujours, bien que la plupart d’entre eux aient été vaincus lorsque les talibans se sont soulevés et ont conquis le pays dans les années 1990.
29- Comment les talibans coïncident avec l’ethnicité
Fonds de dotation Carnegie pour la paix internationale
Il s’agit de souligner à quel point la guerre actuelle en Afghanistan (la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et leurs alliés ont envahi le pays en 2001, et non la guerre de 1979 à 1989 contre les Soviétiques ou les guerres civiles de 1989 à 2001) est, tout en ne l’étant pas, une guerre d’appartenance ethnique. Les talibans se confondent très largement, mais pas exclusivement, avec les Pachtounes dans le sud et l’est. C’est d’autant plus important qu’il y a tant de Pachtounes de l’autre côté de la frontière au Pakistan, où les talibans ont d’importantes bases d’opérations. Mais il y a d’autres groupes rebelles que les talibans, qui ne sont pas tous pachtounes. En général, cependant, le nord du pays est plus stable et moins violent que le sud ou l’est.
30- Les éléments les plus importants de la guerre d’Afghanistan, sur une seule carte
Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique
La guerre en Afghanistan est extrêmement compliquée, mais cette carte fait un travail remarquable en ce qui concerne les éléments les plus importants : 1) les zones talibanes, en incrustation orange ; 2) les zones contrôlées par les États-Unis et leurs alliés, en minuscules taches vertes déprimantes ; 3) les principales bases militaires occidentales, marquées par des points bleus ; 4) les zones de production d’opium, qui sont une source importante de financement des talibans, en cercles marrons, avec de plus grands cercles signifiant plus d’opium ; 5) les voies d’approvisionnement traversant le Pakistan en rouge, que celui-ci a parfois fermées et qui sont souvent la cible des talibans ; 6) la voie d’approvisionnement traversant la Russie, qui nécessite une approbation russe. Si cette carte ne vous déprime pas sur les perspectives de la guerre en Afghanistan, pas grand-chose ne le fera.
Arabie saoudite et Pétrole
31- Ce à quoi l’Arabie Saoudite et ses voisins ressemblaient il y a 100 ans
Joaquín de Salas Vara de Rey
La péninsule arabique a une très, très longue histoire, et la famille saoudienne en a contrôlé une grande partie depuis les années 1700. Mais pour comprendre comment la péninsule est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, il faut remonter environ un siècle en arrière, jusqu’en 1905. Les Saoudiens à ce moment-là avaient très peu de contrôle, ayant perdu leur territoire au cours d’une série de guerres. La péninsule était divisée en beaucoup de petits royaumes et d’émirats. L’Empire ottoman contrôlait la plupart d’entre eux, tandis que l’Empire britannique contrôlait le tiers le plus méridional de la péninsule – cette ligne au milieu montre comment elle était divisée. Après l’effondrement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, les Saoudiens se sont étendus à toute la région violette marquée ici, comme les Britanniques l’avaient promis pour aider à combattre les Ottomans. (Cet accord est mis en scène dans le film Lawrence d’Arabie). Au début des années 1920, les Britanniques contrôlaient de fait presque toute la péninsule, qui était divisée en plusieurs dépendances, protectorats et mandats. Mais les Saoudiens ont perduré.
32- Pétrole et gaz au Moyen-Orient
Agence américaine d’information sur l’énergie
Le Moyen-Orient produit environ un tiers du pétrole et un dixième du gaz naturel de la planète. (Il possède un tiers de toutes les réserves de gaz naturel, mais elles sont plus difficiles à transporter.) Une grande partie de cette production est exportée. Cela rend l’économie mondiale entière assez dépendante du flux continu de ce gaz et de ce pétrole, qui passent par une région qui a connu beaucoup de conflits au cours des dernières décennies. Cette carte montre où se trouvent les réserves et comment elles sont transportées par voie terrestre ; une grande partie passe également par la mer à travers le golfe Persique, un secteur marin où se trouvent également certaines des plus grandes réserves de la région et du monde. Les ressources énergétiques sont fortement concentrées dans trois pays voisins qui se détestent depuis toujours : l’Iran, l’Irak et l’Arabie saoudite. Les États-Unis, en tant que très gros importateur d’énergie, s’intéressent vivement à la tension entre ces trois pays depuis des années : ils se sont rangés du côté de l’Iran pendant la guerre Iran-Irak des années 1980, contre l’Irak lorsqu’il a envahi le Koweït et menacé l’Arabie saoudite dans les années 1990, puis contre l’Irak en 2003, et appuient maintenant l’Arabie saoudite dans sa guerre par procuration contre l’Iran, qui s’envenime rapidement.
33- Pétrole, commerce et activités militaires dans le détroit d’Ormuz
Financial Times
L’économie mondiale dépend de cette étroite voie navigable entre l’Iran et la péninsule Arabique. Depuis que le président Jimmy Carter a publié la « doctrine Carter » de 1980, qui déclarait que les États-Unis utiliseraient la force militaire pour défendre leur accès au pétrole du golfe Persique, le petit détroit d’Ormuz à la sortie du golfe a été l’une des eaux les plus militarisées du monde. Les États-Unis ont installé une force navale importante, d’abord pour protéger les exportations de pétrole de la brutale guerre Iran-Irak des années 1980, puis pour les protéger de Saddam Hussein pendant les guerres du Golfe des années 1990, et maintenant pour les protéger à nouveau de l’Iran, qui a fait un pas vers la rupture des approvisionnements en pétrole si la guerre éclate contre Israël ou les États-Unis. Tant que le monde fonctionnera aux combustibles fossiles et qu’il y aura des tensions au Moyen-Orient, il y aura des forces militaires dans le détroit d’Ormuz.
34- Pourquoi le canal de Suez en Égypte est si important pour l’économie mondiale
Nicolas Rapp / Fortune
Le canal de Suez a tout changé. Lorsque l’Égypte l’a ouvert en 1868, après dix ans de travaux, la voie navigable artificielle de 170 km a rapproché l’Europe et l’Asie de façon spectaculaire et permanente. L’importance du canal pour l’ordre mondial était si évidente que, peu après la conquête de l’Égypte par les Britanniques dans les années 1880, les grandes puissances mondiales ont signé un traité, qui est toujours en vigueur, déclarant que le canal serait toujours ouvert au commerce et aux navires de guerre de chaque nation, quoi qu’il arrive. Aujourd’hui, environ huit pour cent de tout le commerce mondial et trois pour cent de l’approvisionnement énergétique mondial passent par le canal.
Irak et Libye
35- Le nettoyage ethnique de Bagdad pendant la guerre en Irak
BBC
Il y a peu de symboles plus sinistres des ravages de la guerre en Irak que ce qu’elle a causé dans les quartiers autrefois diversifiés de Bagdad. La carte de gauche montre la composition religieuse de la ville en 2005. Les quartiers mixtes, alors la norme, sont en jaune. La carte de droite montre à quoi cela ressemblait en 2007, après deux terribles années de tueries sunnites : bombardements (points rouges), escadrons de la mort, et milices. Les expulsions forcées et des milliers de morts ont effectivement nettoyé les quartiers, pour qu’ils deviennent majoritairement chiites (en bleu) ou sunnites (en rouge). Depuis fin 2012, la guerre civile religieuse a repris de plus belle, à Bagdad et dans tout le pays.
36- Où sont les Kurdes et à quoi pourrait ressembler le Kurdistan ?
Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique
Le groupe ethnique connu sous le nom de Kurdes, qui a longtemps vécu en tant que minorité défavorisée dans plusieurs pays du Moyen-Orient, se bat depuis longtemps pour une nation qui leur est propre. Cette carte montre où ils vivent dans une superposition en vert, et les frontières nationales qu’ils ont proposées à trois reprises, et qui ont toutes échoué. Les Kurdes ont combattu dans de nombreuses rébellions armées, y compris les campagnes en cours en Syrie et en Turquie, et ont subi de nombreuses exactions, allant des tentatives de génocide jusqu’aux interdictions officielles portant sur leur langue et leur culture. Leur seule grande victoire du siècle dernier a été en Irak : à la suite de l’invasion américaine qui a renversé Saddam Hussein, les Kurdes irakiens sont autonomes dans le nord de l’Irak.
37- Un remaniement hypothétique de la Syrie et de l’Irak
Radio Free Europe / Radio Liberty
Il s’agit d’une vieille idée qui refait surface tous les deux ou trois ans, lorsque la violence entre sunnites et chiites reprend : les frontières arbitraires imposées par les puissances européennes devraient-elles être remplacées par de nouvelles frontières respectant la division religieuse toujours conflictuelle de la région ? L’idée est inapplicable dans la réalité et ne ferait probablement que créer de nouveaux problèmes. Mais, dans un sens, c’est déjà à cela que ressemble la région. Le gouvernement irakien contrôle la majorité chiite à l’est du pays, mais les extrémistes islamistes sunnites se sont emparés d’une grande partie de l’Irak occidental et de la Syrie orientale. Le gouvernement syrien, dominé par les chiites, ne contrôle pour la plupart que l’ouest du pays, où les chiites et les chrétiens sont majoritaires. Les Kurdes, quant à eux, sont juridiquement autonomes en Irak et d’un point de vue fonctionnel en Syrie. Cette carte n’est donc plus seulement de la spéculation oiseuse ; c’est quelque chose que les Irakiens et les Syriens sont en train de créer eux-mêmes.
38- Comment la guerre de Libye de 2011 a changé l’Afrique
Philippe Rekacewicz /Le Monde Diplomatique
Aussi noble que fût la cause, la destruction de la dictature de Mouammar Kadhafi par un soulèvement spontané et une intervention occidentale a juste semé le chaos dans la moitié nord de l’Afrique. Cette carte tente de montrer tout ce qui s’est passé après la chute de Kadhafi ; ce qui importe, c’est qu’elle soit d’une complexité si stupéfiante. L’endroit où centrer votre regard est la superposition orange à rayures à travers la Libye, l’Algérie, le Mali et le Niger : cela montre où vivent les Touaregs, un groupe ethnique minoritaire semi-nomade. Kadhafi a utilisé la richesse pétrolière de la Libye pour former, armer et financer un grand nombre de Touaregs pour combattre le soulèvement armé en 2011. Lorsqu’il est tombé, les Touaregs ont ramené les canons avec eux en Algérie et au Mali, où ils ont pris le contrôle du territoire. Au Mali, ils ont mené une véritable rébellion qui, pendant un temps, s’est emparée de la moitié nord du pays. Al-Qaïda s’est installé dans le vide qu’ils ont laissé, conquérant des villes entières au Mali et s’emparant des installations de combustibles fossiles en Algérie. Des entreprises criminelles ont prospéré dans cette zone semi-aride connue sous le nom de Sahel. Il en va de même des vastes routes migratoires, pour les Africains à la recherche de travail et d’une vie meilleure en Europe. Dans le même temps, le conflit armé s’aggrave au Nigeria et au Soudan, deux grands producteurs de pétrole. La chute de Kadhafi n’a pas été pas la seule cause de tout cela, mais elle a apporté la bonne combinaison de désordre, d’armes et de milices pour empirer les choses.
Des points de lumière
39- Cartographie d’après les connexions Internet (en haut) et d’après tweets (en bas)
Carte du haut : Gregor Aisch ; photo du bas : Eric Fischer
Ces cartes sont deux façons de voir quelque chose de similaire : la numérisation du Moyen-Orient. La carte du haut est en fait une carte de population : les points représentent des groupes de personnes, mais les points sont colorés pour montrer combien d’adresses IP il y a, ce qui signifie essentiellement combien de connexions Internet. Les zones bleues ont beaucoup de monde mais peu de connexions : ce sont les zones les plus pauvres, comme le Yémen, le Pakistan et la Syrie. Le blanc et le rouge montrent où il y a beaucoup de connexions : des pays riches comme Israël et les Émirats arabes unis, mais aussi des parties de l’Égypte, de l’Iran et de la Turquie, dont les populations sont de plus en plus connectées, avec des conséquences politiques énormes. La carte du dessous montre les tweets : beaucoup de points signifient beaucoup de tweets venant de cette région. Ils sont colorés selon la langue. Remarquez où ces deux cartes sont différentes : l’Iran a beaucoup de connexions Internet mais presque pas de tweets ; comme Facebook, Twitter a été interdit depuis les manifestations anti-gouvernementales de 2009. L’Arabie saoudite, quant à elle, s’illumine : sa population, de taille modeste, est remarquablement connectée. L’importance de cela est devenue évidente, par exemple, avec les campagnes menées par les médias sociaux en 2012 et 2013 par les femmes saoudiennes pour conduire en masse, en protestation contre l’interdiction des femmes au volant dans ce pays. Les conséquences de l’accès et du manque d’accès à Internet continueront certainement d’être importantes, et peut-être difficiles à prévoir, pour la région.
40- Le Moyen-Orient la nuit depuis l’espace
Observatoire de la terre de la NASA
Je conclurai avec cette carte pour regarder la région sans frontières politiques, sans démarcations démographiques de religion ou d’ethnicité, sans marqueurs de conflit ou de pétrole. Regarder la région la nuit, de l’espace, laisse ces distinctions s’effacer, pour la voir purement par sa géographie et illuminée par les gens qui l’habitent. Les lumières retracent les fleuves qui ont été si importants pour l’histoire du Moyen-Orient et du monde : le Nil en Égypte, le Tigre et l’Euphrate qui traversent l’Irak et la Syrie, l’Indus au Pakistan. Ils montrent également les communautés importantes, et dans de nombreux cas en croissance, le long des rives du golfe Persique, de la Méditerranée orientale et de l’extrémité méridionale de la Caspienne. C’est une belle image d’une très belle région du monde.
Source : Vox, Max Fisher, 26-03-2015
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.
Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]
John V. Doe // 09.10.2018 à 09h46
J’adore l’americano-centrisme même pas déguisé de l’auteur. Par exemple l”Iran : “le programme nucléaire iranien : les dirigeants du pays disent que le programme est pacifique, mais personne ne les croit, et le monde sanctionne sévèrement l’économie iranienne”. “Personne” sauf tout le monde à l’exception des USA et “le monde” c’est à dire personne sauf les USA 😀
Je fais peut-être erreur et cartes & commentaires datent d’avant l’accord international à ce sujet.