Translate

jeudi 1 février 2018

à lire sur Libération - jeudi 1 er février 2018



                                                           Logo Libération
jeudi 01 février 2018


ANALYSE Davantage que la métamorphose d’un veuf éploré en accusé, les aveux de Jonathann Daval frappent par leur officialisation médiatique, quasiment en direct. Avant même la fin de la garde à vue de son client, son avocat s’est adressé aux télévisions.
Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval, s'adresse à la presse mardi.
RÉPARATION La compagnie ferroviaire a été condamnée en appel pour «discrimination» salariale et professionnelle à l'encontre des cheminots marocains qu'elle avait venir dans les années 70. Plus de 800 plaignants, qui réclamaient 628 millions d'euros de dommages et intérêts, vont obtenir réparation.
L'avocate Clélie de Lesquen-Jonas et des «chibanis» de la SNCF célébrant leur victoire contre la compagnie ferroviaire, mercredi à la cour d'appel de Paris.
SANTÉ Le groupe français Lactalis «ne peut pas exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé» entre 2005 et 2017, puisque la salmonelle découverte récemment est «la même que celle de 2005», déclare son Pdg Emmanuel Besnier dans une interview au journal Les Echos daté de jeudi.
Au siège de Lactalis à Laval le 17 janvier 2018
RÉCIT Jawad Bendaoud, Abdelkader Merah ou Georges Tron… Lors de ces récentes audiences, les avocats ont dénoncé l’immixtion de «l’air du temps» dans les débats.
Devant la salle d’audience du procès de Jawad Bendaoud au tribunal de Paris, le 24 janvier.
DÉCRYPTAGE Les tentatives de justification de l’avocat du mari d’Alexia Daval ont fait bondir les féministes sur Twitter.
L'avocat de Jonathann Daval, Randall Schwerdorffer, le 30 janvier.
edition abonnés
EDITORIAL OFFERT
Laurent Joffrin
Méfions-nous de la justice Twitter. Depuis toujours soumis à la pression de l’opinion, en tout cas dans les grandes affaires, les magistrats doivent désormais...
Abonnez-vous à Libération
A partir d'un 1€ le premier mois
S'ABONNER
Libération
1 février 2018
REPORTAGE Chaque mercredi au centre Cyceron, quatre enfants passent une IRM et jouent les cobayes afin de comprendre comment leur cerveau s’active pendant qu’ils apprennent. «Libération» a passé la journée avec eux.
Ethan, 10 ans, au centre Cyceron de Caen.
POLITIQUE Burn-out reconnu comme maladie professionnelle, suicide assisté… Les députés LFI vont profiter d’une journée où ils auront l’initiative pour avancer leurs propositions.
François Ruffin avec d’autres députés insoumis, lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée, mardi.
RÉCIT L’autorité a choisi de retirer mercredi son mandat au président de Radio France, condamné pour favoritisme. Il laisse le groupe sans tête à l’approche d’une refonte de l’audiovisuel public.
Mathieu Gallet, à la Maison de la radio, le 15 novembre à Paris.
REPORTAGE La bourgade de Nipton, non loin de Las Vegas, n’est pour l’heure qu’une poignée de bâtiments et de mobile-homes au milieu des cactus. Mais quelques investisseurs y voient le futur eldorado de touristes voulant profiter de la légalisation du cannabis dans l’Etat.
Le Nipton Trading Post, en août. La localité ne compte pas d’autre commerce que ce petit établissement de proximité.
videos

DÉSINTOX TV

DÉSINTOX TV

DÉSINTOX

" Les dirigeants actuels de la Tunisie manquent de vision "


1er février 2018

" Les dirigeants actuels de la Tunisie manquent de vision "

L'ex-premier ministre Mehdi Jomaa déplore l'érosion de la classe moyenne

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
LE CONTEXTE
macron à tunis
Le président de la République se rend en Tunisie le 31 janvier pour deux jours. Après les tensions sociales qui ont éclos au début du mois, Emmanuel Macron compte délivrer un message de " soutien à la transition démocratique " du pays, selon l'Elysée. Il devrait faire une série d'annonces en matière économique et est accompagné par plusieurs patrons français.
Mehdi Jomaa, 55 ans, est l'ancien chef du gouvernement " technocrate " qui a gouverné la Tunisie de janvier  2014 à février  2015, après la crise de 2013 où le pays frôla la guerre civile. Fondateur du parti Al-Badil Ettounsi (Alternative tunisienne), Mehdi Jomaa cherche, avec d'autres petites formations, une alternative à la coalition gouvernementale formée par Nidaa Tounès (" moderniste ") et Ennahda (" islamiste ").


La Tunisie a été récemment en proie à une poussée de fièvre sociale à cause de hausses de prix. Comment l'interprétez-vous ?

Cette tension sociale m'inquiète. Malheureusement, elle était prévisible. Sur le plan politique, la Tunisie a progressé. Mais on devait travailler sur la robustesse de ce processus par l'économique et le social. Car la révolution de 2011, ce n'est pas seulement la liberté, c'est aussi la quête de la dignité, en particulier de la jeunesse, qui veut avoir des perspectives sociales et économiques. Il existe un énorme potentiel dans notre pays. Et pourtant cela bloque.


Où le problème se situe-t-il ?

Le leadership actuel ne dispose pas d'une vision claire de l'avenir du pays. Or, pour réussir une transformation, il faut savoir quelle Tunisie nous souhaitons avoir dans vingt ou trente ans. On l'a bien vu quand la loi de finances a été discutée en fin d'année. Il ne s'agit pas à mes yeux d'une loi équitable. On ne relance pas l'économie par plus de taxes et de pressions sur le pouvoir d'achat du citoyen qui est déjà fatigué, par plus de ponction fiscale sur l'entreprise et plus particulièrement le secteur formel. Cette loi de finances a des bénéficiaires : le secteur informel, car plus de taxes fait forcément le jeu de ce secteur. Et des perdants : la classe moyenne et les entreprises, qui sont le cœur de la création de richesses.


Pourquoi êtes-vous si sévère à l'égard des dirigeants actuels ?

Ils sont des experts de la promesse plutôt que des visionnaires. Pourquoi avait-on réussi en Tunisie après l'indépendance ? Parce qu'il y avait des visionnaires qui ont investi dans l'éducation, la santé, la femme. Il y avait un vrai leadership porté par des valeurs. Depuis trois ans, nous avons un gouvernement de coalition - entre Nidaa Tounès et Ennahda - . Or cette alliance ne s'est pas faite autour d'un programme mais d'un partage du pouvoir entre partis.


Certains ont assuré que les manifestations ont été manipulées. Y croyez-vous ?

Certains casseurs ont pu venir se greffer sur ces manifestations, comme partout ailleurs dans le monde. Nous soutenons les protestations dans la mesure où elles restent pacifiques. Mais au-delà des incidents, le problème de fond, c'est l'érosion du pouvoir d'achat. Depuis trois ans, le gouvernement a privilégié les augmentations salariales au pouvoir d'achat. Il y a un vrai malaise. Les gens souffrent. La Tunisie avait un énorme atout, son tissu social était centré autour de sa classe moyenne. Or, on assiste aujourd'hui à une érosion de cette classe moyenne.
Je ne suis ni de droite ni de gauche. Personnellement, je suis issu de la classe moyenne. Ce qui m'a fabriqué, c'est l'ascenseur social. La dimension sociale fait partie de l'histoire de notre chère Tunisie. Je me définis donc comme social mais aussi comme quelqu'un qui veut encourager l'initiative privée. Il faut un Etat stratège qui ait une vision, il faut un Etat incitateur qui fournisse la stabilité et l'environnement nécessaires à la création de richesses.


Quels sont les enjeux des premières élections municipales depuis la révolution, qui devraient avoir lieu en mai ?

Ce scrutin est important, il va rapprocher la démocratie du citoyen. Quand vous voyez l'état de nos villes et de nos villages, il faut absolument agir. Un autre enjeu est de faire émerger à partir de ce niveau local un nouveau leadership. Mais il faudra que, durant la campagne électorale, l'Etat conserve sa neutralité. Or, on voit déjà le gouvernement se mettre au service d'un parti - Nidaa Tounès - .
Propos recueillis par, Frédéric Bobin
© Le Monde

Catalogne : l'investiture de Puigdemont en suspens

1er février 2018

Catalogne : l'investiture de Puigdemont en suspens

L'ajournement décidé par le président du Parlement divise les séparatistes

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
Ni oui ni non : Roger Torrent a dit " pouce ". Mardi 30  janvier, le président indépendantiste du Parlement catalan a ajourné sine die le débat d'investiture de Carles Puigdemont à la tête de l'exécutif régional. M.  Torrent ne veut pas braver le Tribunal constitutionnel, qui a interdit cette investiture et l'a averti des conséquences pénales qu'aurait une désobéissance. Mais il ne souhaite pas non plus donner l'impression de céder devant Madrid et de laisser tomber le " président légitime " de la Catalogne, destitué le 27  octobre 2017 après la tentative de sécession de la région, et  exilé à Bruxelles pour fuir la justice espagnole.
Sa décision a provoqué les premières fissures entre son parti, la Gauche républicaine catalane (ERC), et les deux autres formations indépendantistes, la liste de M.  Puigdemont, Ensemble pour la Catalogne (JxC), et la formation d'extrême gauche séparatiste Candidature d'unité populaire (CUP), qui n'ont pas apprécié de ne pas avoir été informées en amont de sa décision. Et encore moins sa soumission au Tribunal constitutionnel.
M.  Torrent a insisté, mardi, sur sa fidélité " à la volonté majoritaire de la chambre "d'investir M. Puigdemont. " Ce n'est ni Soraya Saenz de Santamaria - la numéro deux du gouvernement espagnol qui assure la présidence de la région depuis la mise sous tutelle, fin octobre - , ni le Tribunal constitutionnel qui vont décider qui sera le président de la Généralité, a-t-il déclaré. Tant que la position majoritaire - à la chambre - se maintiendra, je ne proposerai pas d'autres candidats à l'investiture - que M. Puigdemont - . "
Mais avant de convoquer de nouveau le débat d'investiture, il entend s'assurer qu'il sera " effectif " et qu'il offrira " toutes les garanties " légales, a-t-il précisé, en référence au risque qu'il soit immédiatement annulé par Madrid. Pour cela, il a demandé aux services juridiques du Parlement leur avis sur l'arrêt rendu par le Tribunal constitutionnel espagnol samedi 27  janvier.
" Agonie "Cet arrêt pose les conditions à l'investiture de M. Puigdemont. Non seulement celui-ci doit être présent au Parlement, et ne peut en aucun cas déléguer à un député la lecture de son discours ou le donner par voie électronique. Mais s'il décide de venir à la chambre régionale, l'ancien président de Catalogne doit impérativement obtenir l'accord du juge chargé de l'enquête pour " rébellion, sédition et malversation de fonds publics " ouverte contre lui et d'autres dirigeants indépendantistes. Le haut tribunal invite les indépendantistes, en somme, à proposer un autre candidat…
Mais Carles Puigdemont ne cédera pas. L'ancien président catalan exige d'être rétabli dans ses fonctions. Il l'a répété, mardi 30  janvier dans la soirée, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux : " Il n'y a pas d'autre candidat que moi, ni de majorité alternative - à celle des indépendantistes - ", a-t-il tranché. En filigrane, il lance aussi un avertissement à ses anciens partenaires d'ERC qui pourraient être tentés de chercher un remplaçant : ce sera lui ou de nouvelles élections.
" Il n'est pas question de renoncer, de plier devant Madrid et de trahir le mandat populaire, assure un proche de Carles Puigdemont à Barcelone. Si ERC ne veut pas le comprendre, nous sommes prêts pour de nouvelles élections. Non seulement nous n'avons pas peur des urnes, mais nous sommes convaincus que nous renforcerions notre résultat. "
Si le Parti populaire (droite, au pouvoir en Espagne) et les socialistes se sont félicités de la décision de M. Torrent, Inès Arrimadas, du parti unioniste Ciudadanos, a regretté qu'elle " prolonge l'agonie du processus sécessionniste ".
A l'extérieur du Parlement, les manifestants, munis de masque à l'effigie de M.  Puigdemont, n'en démordaient pas. Convoqués par l'Assemblée nationale catalane (ANC) et des comités de défense de la République (CDR), ils ont brisé les cordons policiers pour crier devant le Parlement leurs slogans : " Ni un pas enrere " (" pas un pas en arrière ") ou " Puigdemont, président ".
" Nous ne nous rendrons jamais, assurait Josep Joan Perez, docker de 43 ans, bière à la main. Madrid ne nous a pas laissés faire un référendum. La seule chose qui nous reste, c'est la confrontation. " Sur un bout de trottoir, une petite dizaine de manifestants unionistes arborant le drapeau fictif de Tabarnia – nom inventé pour qualifier les deux provinces de Catalogne à majorité non indépendantiste, Barcelone et Tarragone – résumaient quant à eux d'un mot leur colère face au blocage annoncé : " Au travail ! "
Sandrine Morel
© Le Monde

A Sotchi, le sommet sur la Syrie tourne au fiasco

1er février 2018

A Sotchi, le sommet sur la Syrie tourne au fiasco

Les pourparlers en Russie, boycottés par l'opposition syrienne, les Kurdes et les Occidentaux, ont été émaillés de nombreux incidents

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
Organisé par le Kremlin et ses alliés turc et iranien à Sotchi, la station balnéaire du sud de la Russie, le Congrès national du dialogue syrien s'est achevé, mardi 30  janvier, sans avancée significative, mise à part la création d'un comité chargé de réformer la Constitution syrienne. " Les discussions ont été intenses, c'est normal en démocratie, tout à fait normal ", a déclaré l'émissaire de l'ONU, Staffan de Mistura, en allusion aux nombreux couacs qui ont émaillé la journée. " C'est un travail délicat, mais c'est notre travail ", a-t-il ajouté, sans doute soulagé de prendre le relais et d'annoncer que le travail se poursuivrait sous l'égide de l'ONU, " dans le respect de la résolution 2254 ".
A ce stade, cependant, tout reste à faire, à commencer par établir la composition du comité qui devra inclure, selon M. de Mistura, " les représentants du gouvernement, l'opposition la plus large, la société civile et les femmes ".
Le projet de Constitution avait déjà été discuté lors des derniers pourparlers sous l'égide de l'ONU, à Vienne le 26  janvier, sans aboutir du fait de l'intransigeance des représentants du régime Assad. L'étape de Sotchi, un processus parallèle à celui des Nations unies, constitue un tout petit pas supplémentaire. " Nous n'avions pas l'intention de voler l'initiative à Genève (…). Notre objectif était de faire tout notre possible pour réanimer le processus, en lui donnant une impulsion qui permettrait de sortir du point mort ", a assuré Alexandre Lavrentiev, représentant spécial de Vladimir Poutine sur la Syrie.
Préparé depuis des mois par le Kremlin dans l'espoir de transformer les succès militaires russes en Syrie en amorce de solution politique, le sommet de Sotchi, plusieurs fois repoussé et finalement réduit à une journée, n'a cessé de revoir ses ambitions à la baisse. La présence du régime, volontairement limitée à celle du parti Baas et à quelques députés, n'a pas suffi à désamorcer la défiance de l'opposition. Après l'échec de Vienne, le Comité des négociations syriennes (CNS), qui regroupe la quasi-totalité des factions anti-Assad, avait annoncé sa décision de boycotter Sotchi, tout comme les Kurdes syriens visés depuis deux semaines par une offensive de l'armée turque dans l'enclave d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.
" Agresseurs ! "Mardi, les discussions se sont donc déroulées essentiellement avec des opposants proches de Moscou et d'anciens dignitaires syriens, assez peu représentatifs. " Ni régime ni opposition. Toute solution entre les deux est impossible car la confrontation leur rapporte plus, et ce qui nous importe à nous, c'est la société syrienne ", insistait Sami Khiyami, ex-ambassadeur syrien à Londres. Aujourd'hui résident à Beyrouth, il se dit prêt à toutes les discussions, du moment qu'elles excluent " les Frères musulmans ".
Imperturbable, Alexandre Lavrentiev a évoqué une " atmosphère constructive " malgré les tensions qui ont ponctué toute la journée. Il y eut tout d'abord l'épisode des quelque 70  opposants syriens venus par avion d'Ankara et repartis sans même avoir quitté l'aéroport de Sotchi. En cause : le drapeau national syrien, qu'ils réfutent, placardé partout dans la ville sur d'immenses panneaux.
La tension est encore montée d'un cran tandis que la conférence commençait enfin, avec deux heures de retard. Alors que le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, achevait de donner lecture d'une lettre de bienvenue de Vladimir Poutine aux participants, des cris ont éclaté dans la salle. " Agresseurs ! ", a soudain crié un homme." Gloire à la Russie ", a aussitôt riposté un autre.
Le point culminant était atteint en fin de journée, quand le ministère turc des affaires étrangères a réclamé à son allié russe des explications sur la présence, dans cette même salle, de Mihraç Ural. Considéré comme le chef d'un groupe alaouite turc d'obédience marxiste baptisé Acilciler, ce dernier, qui a fait allégeance au régime de Bachar Al-Assad, est accusé par les autorités d'Ankara d'être le responsable d'un attentat meurtrier commis en mai  2013 à Reyhanli, près de la frontière syrienne.
A Sotchi, les partenaires iranien et turc sont restés inaudibles. Tant bien que mal, la prochaine réunion a été fixée fin février à Astana, au Kazakhstan, théâtre des accords de cessez-le-feu et de désescalade noués par la Russie et ses alliés l'année dernière.
Isabelle Mandraud
© Le Monde

Donald Trump s'essaie à l'unité et à la modération


1er février 2018.

Donald Trump s'essaie à l'unité et à la modération

Dans son premier discours sur l'état de l'Union, le président américain s'est félicité de ses résultats économiques

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
VERBATIM

Les terroristes qui placent des bombes dans les hôpitaux civils sont le diable. Quand c'est possible, nous les anéantissons. Quand cela est nécessaire, nous devons être en mesure de les arrêter et de les interroger. Mais nous devons être clairs : les terroristes ne sont pas simplement des criminels. Ce sont des combattants ennemis illégaux. Capturés, ils devraient être traités comme des terroristes. Dans le passé, nous avons bêtement libéré des centaines de terroristes dangereux, avant de les retrouver sur le champ de bataille – y compris le chef de l'Etat islamique, Al-Baghdadi. Donc aujourd'hui, j'honore une autre promesse. Je viens de signer un décret(…) demandant de maintenir ouvert le centre de détention de Guantanamo. "
Donald Trump, lors de son discours sur l'état de l'Union, à Washington, le 30 janvier.
WASHINGTON PROMET DES SANCTIONS CONTRE LA RUSSIE " DANS UN FUTUR PROCHE "
Après la publication par Washington, mardi 30 janvier, d'une liste de personnalités influentes et d'oligarques russes potentiellement menacés de sanctions, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a affirmé que celles-ci seraient décidées " dans un futur proche ". Cette liste de 210 noms a été élaborée dans le cadre d'une loi adoptée pour punir la Russie après les accusations d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine. Vladimir Poutine a dénoncé " un acte inamical " qui " complique les relations russo-américaines ". Il a ironisé sur le caractère fourre-tout de cette liste, dont il apparaît comme le grand absent. " C'est vexant ", a-t-il lancé.
Le président-prompteur a éclipsé une nouvelle fois le président-Twitter, mardi 30  janvier, à l'occasion de son premier discours sur l'état de l'Union. En s'en tenant fidèlement à son texte, quitte à se montrer économe en passion, mais en évitant les provocations, Donald Trump a en effet renoué avec le ton posé adopté le 28  février 2017 devant les deux Chambres du Congrès. Après des débuts tumultueux à la Maison Blanche, cette intervention avait fait brièvement espérer la normalisation d'un outsider arrivé en politique comme par effraction.
Mardi, le rituel a été respecté à la lettre, les standing ovations multipliées par le parti de l'orateur comprises. M.  Trump a joint ses applaudissements aux leurs. En février  2017, le président s'était déjà appuyé sur ses invités présents en tribune pour donner de la chair à un discours volontariste rompant avec la description apocalyptique d'une Amérique au bord du gouffre développée durant la campagne présidentielle.
M.  Trump a renoué avec talent et empathie avec cette source d'inspiration en s'attardant systématiquement, pour chaque partie de son intervention, sur des vies de héros ordinaires ou d'exception, celles d'un soudeur, d'une secouriste, d'un pompier, d'un soldat ou d'un dissident nord-coréen, pour nourrir une vision optimiste des Etats-Unis.
Donald Trump a pu mettre en avant la santé éclatante de l'économie américaine dont il a revendiqué l'entière et unique paternité, sans un mot envers son prédécesseur qui pourrait trouver légitimement à y redire. Sans craindre l'exagération, lorsqu'il a qualifié par exemple sa réforme fiscale de plus importante de l'histoire du pays, le président a assuré qu'elle constituait le socle d'un meilleur avenir à portée de main, un " nouveau moment américain ", une formule déjà utilisée en  2010 par la démocrate Hillary Clinton.
" L'ère de la capitulation économique  est terminée ", a-t-il ajouté, renouant avec le thème de " l'Amérique d'abord " défendu vendredi 26  janvier à Davos (Suisse), au cours d'une intervention également jugée mesurée au Forum économique mondial. " Pendant des années, les entreprises et les emplois nous quittaient. Aujourd'hui, ils reviennent ", a-t-il poursuivi avant de célébrer la construction d'usines automobiles et le " magnifique charbon propre ".
" Force et confiance "Recevant à déjeuner mardi des présentateurs vedettes du pays comme le veut la coutume, Donald Trump avait promis de " faire en sorte que notre pays dépasse les profondes divisions qui le minent depuis de très nombreuses années ". Devant les élus, il a lancé un appel à l'unité, rompant avec des dizaines de messages insultants à l'égard de ses adversaires démocrates publiés sur son compte Twitter depuis plus d'un an. " Ensemble, nous construisons une Amérique sûre, forte et fière ", a-t-il assuré.
Cette soudaine volonté fédératrice tient autant au rituel de ce discours qu'à des considérations politiques. Après avoir pu se passer des votes démocrates pour sa réforme fiscale, Donald Trump sait qu'il ne peut en faire désormais l'économie pour voter le budget, refondre l'immigration ou lancer un programme de modernisation d'infrastructures vieillissantes évoqué brièvement mardi, compte tenu d'une trop faible majorité au Sénat.
Alors que les tensions sont à leur comble au Congrès entre les deux grands partis à propos de l'éventuelle publication d'un rapport à charge contre le FBI dans le cadre de l'enquête sur les interférences russes pendant la présidentielle, les ouvertures du président, cependant, ont été mesurées. Donald Trump a dit vouloir tendre la main " aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion ". Sa proposition de régulariser 1,8  million de sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis en échange d'un durcissement sans précédent depuis près d'un siècle de la politique migratoire a laissé les démocrates de marbre.
En rendant hommage aux parents présents en tribune de deux victimes présumées d'un gang d'origine salvadorienne, M.  Trump a renoué avec les accents de sa campagne assimilant l'immigration irrégulière à la criminalité. Les frontières " laissées ouvertes ", a-t-il dit, " ont coûté la perte de nombreuses vies innocentes ".
A l'opposé, la perspective d'une régularisation risque d'autant moins de séduire les républicains que la saison des primaires va bientôt débuter pour les élections de mi-mandat prévues en novembre qui s'annoncent délicates pour le Grand Old Party. L'aile droite républicaine n'a cessé de dénoncer d'éventuelles régularisations comme autant d'" amnisties ".
Evoquant " la force et la confiance " ranimées à l'intérieur des frontières américaines, M.  Trump a ajouté qu'il allait restaurer dans le même temps " la force et la position "des Etats-Unis à l'étranger. Le président a passé sous silence l'isolement provoqué par de nombreuses initiatives comme le lancement d'un projet de traité de libre-échange, celui de l'accord de Paris contre le réchauffement climatique (non mentionné dans son discours) ou bien les menaces agitées contre l'accord sur le nucléaire iranien.
Face aux " rivaux " chinois et russe évoqués dans sa vision stratégique publiée en décembre  2017 et qui menacent " nos intérêts, notre économie et nos valeurs ", le président a plaidé pour une surpuissance militaire dissuasive " incomparable ". Il n'a pas eu un mot pour les agissements prêtés à la Russie par le renseignement américain pendant la campagne présidentielle de 2016 après avoir refusé, lundi 29  janvier, d'adopter à ce sujet les sanctions souhaitées par le Congrès.
Donald Trump a tempéré l'enthousiasme né des victoires enchaînées contre l'organisation Etat islamique en Irak et en Syrie, là aussi dans la continuité de son prédécesseur, Barack Obama, en assurant que " beaucoup reste à faire ". Seule annonce de la soirée, le président a d'ailleurs symboliquement déclaré qu'avant de se rendre au Congrès il avait signé un décret annulant celui de M. Obama, à son arrivée à la Maison Blanche, en faveur de la fermeture de la prison de Guantanamo, sur une base militaire américaine installée à Cuba. Les républicains du Congrès, qui avaient empêché le président démocrate de tenir sa promesse, l'ont vigoureusement applaudi. Ces mêmes républicains ont été les seuls à saluer la fin de l'intervention de -Donald Trump, classée parmi les plus longues de ces dernières décennies.
En  2017, quatre jours avaient passé avant que le président-Twitter reprenne le dessus en accusant sans la moindre preuve son prédécesseur de l'avoir mis sur écoute. Le décompte pour 2018 est désormais enclenché.
Gilles Paris

Pédophilie : le pape contraint à la riposte

1er février 2018

Pédophilie : le pape contraint à la riposte

Le souverain pontife a choqué en défendant un évêque chilien accusé d'avoir protégé un prêtre pédophile

agrandir la taille du texte
diminuer la taille du texte
imprimer cet article
La tension était trop forte pour espérer qu'elle retombe d'elle-même. Le service de presse du Vatican a annoncé, mardi 30  janvier, que le pape François avait décidé d'envoyer un représentant à Santiago du Chili " pour écouter ceux qui ont manifesté la volonté de faire connaître des éléments qu'ils possèdent ". Cette périphrase -désigne les victimes du prêtre chilien Fernando Karadima, reconnu coupable d'agressions sexuelles sur mineurs par l'Eglise catholique en  2011.
Ces victimes dénoncent la nomination par François d'un des anciens protégés de Fernando Karadima, Mgr  Juan Barros, comme évêque d'Osorno, un diocèse du sud du pays, en janvier  2015. Plusieurs accusent ce prélat d'avoir été présent, à l'époque, pendant qu'ils étaient agressés, et d'avoir couvert par la suite les agissements de son ancien mentor.
Lors de sa récente visite au Chili (du 15 au 18  janvier), le pontife s'était dit " convaincu que - Mgr  Barros - est innocent " et avait affirmé qu'il n'y " a pas une seule preuve contre lui " mais bien des " calomnies ". Voici désormais Mgr  Barros, dont le pape a refusé par deux fois la démission, visé par une enquête du Vatican.
Signaux de mauvais augureLa bronca contre l'attitude et les propos du pape, à l'occasion de ce voyage, a été telle qu'elle a éclipsé les autres aspects de sa visite. Elle lui a valu une cuisante – et courageuse – remontrance de l'archevêque de Boston, Mgr  Sean O'Malley, qui a jugé " compréhensible que la déclaration du pape François à Santiago du Chili ait été une source de grande douleur pour les survivants d'agressions sexuelles par des membres du clergé ".
Le cardinal O'Malley est l'une des figures de la lutte contre la pédophilie dans le clergé américain. Proche du pape François, qui l'a inclus dans son conseil des neuf cardinaux, il préside la commission d'experts chargés par le pape de proposer des réformes pour mieux protéger les mineurs contre la pédophilie. Jusqu'à ce voyage, le retard pris par les réformes destinées à mieux lutter contre ce fléau dans l'Eglise catholique était mis en bonne partie sur le compte des résistances dans la curie romaine, l'administration du Vatican.
Cela avait été mis en avant par Marie Collins pour démissionner de la commission pontificale de protection des mineurs. Cette -Irlandaise, agressée par un prêtre à l'âge de 13  ans, avait claqué la porte, en mars  2017, en invoquant des " revers constants "dus " à la résistance de certains membres de la curie du Vatican aux travaux de la commission " et à un " manque de coopération honteux ".
Elle accusait notamment – sans la nommer – la Congrégation pour la doctrine de la foi, chargée de juger les prêtres accusés d'agressions sexuelles, de s'être opposée à la création d'un tribunal destiné à juger les évêques -négligents dans la gestion de cas d'agressions sexuelles, que -François avait pourtant annoncé.
Mais les propos tenus par François au Chili, le fait qu'il ait évité de rencontrer les victimes de -Fernando Karadima, qui contestent la nomination de Mgr  Barros, et la présence de ce dernier aux côtés du pape à chacune de ses messes, ont cette fois jeté un doute sur la détermination du souverain pontife à sanctionner véritablement les évêques qui auraient couvert de tels faits.
Ce doute vient s'ajouter à d'autres signaux, plus anciens, déjà jugés de mauvais augure par les associations de victimes. Elles reprochent ainsi au pape son soutien au cardinal George Pell, numéro trois du Vatican, inculpé d'agressions sexuelles par la justice australienne, qui a  quitté Rome fin juin  2017 et s'est mis en congé de ses fonctions dans le but d'assurer sa défense. Alors que François ne manque pas une occasion de s'en prendre au " cléricalisme ", certains sont aujourd'hui tentés de croire qu'il ne va pas jusqu'au bout de son engagement lorsqu'il s'agit des évêques.
" Nouvelles décourageantes "Par ailleurs, les membres de la commission pour la protection des mineurs, présidée par le cardinal O'Malley, sont plongés dans l'incertitude. Depuis le 17  décembre 2017, troisième anniversaire de leur nomination, ils ignorent si l'instance sera prolongée et s'ils en feront encore partie. Et ils sont sans nouvelle des propositions qu'ils ont remises au pape en septembre.
Elles comportaient un modèle de recommandations contre la pédophilie pour les diocèses qui n'en sont pas encore dotés, demandaient un réexamen du secret pontifical lorsqu'il s'applique aux cas d'agression sexuelle pour permettre aux victimes d'être informées des procès canoniques, préconisaient la création d'un conseil international de " survivants " et plaidaient pour la suppression du délai de prescription de vingt ans. L'épisode chilien ne les a pas précisément rassurés.
Sur le site du Centre pour la protection de l'enfance, qui fait partie de l'Université grégorienne, à Rome, le post d'une chercheuse, daté du 26  janvier, évoque " les mots malheureux " du pape, les " nouvelles décourageantes " et interroge : " Y a-t-il l'espoir d'un réel changement dans l'Eglise ? " Ce centre est présidé par l'un des membres de la commission pontificale, le jésuite allemand Hans Zollner.
Depuis deux semaines, l'incompréhension a largement débordé le cercle des victimes et de ceux qui les épaulent. Ce ne sont pas les habituels opposants du pape qui se sont manifestés. Le trouble a gagné bien au-delà. " La défense de Barros par François a été excessive ", a écrit le jésuite Thomas Reese dans un article sévère publié par le National Catholic Reporter.
La contre-offensive du pape a en réalité commencé quelques jours après son retour du Chili et du Pérou. Le Vatican a alors annoncé qu'un séminaire sur la protection des enfants, présidé par le cardinal O'Malley, serait organisé dans le cadre des Journées mondiales de la famille, qui auront lieu du 21 au 26  août en Irlande. Un pays touché par de multiples scandales mis au jour par les enquêtes publiques menées dans les années 2000. Des victimes y participeront ; François devrait y intervenir.
C'est sur la foi " d'éléments récemment parvenus ", a affirmé, mardi, le service de presse du Vatican, que le pape a décidé d'envoyer au Chili l'archevêque de Malte Charles Scicluna. Le choix de cet enquêteur ne doit rien au hasard. Aujourd'hui président au Vatican d'une cour d'appel pour les agressions sexuelles, Mgr  Scicluna s'est illustré dans le passé pour avoir enquêté, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi, sur les crimes commis par le Mexicain Marcial Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ, qui avait ses entrées auprès de Jean Paul  II.

LE DESSIN DU JOUR DE PLANTU - Jeudi 1 er février 2018

     LE DESSIN DU JOUR DE PLANTU

                                Jeudi 1 er février 2018





TOUT LE SPORT avec FranceTVsport - JEUDI 1 FÉVRIER 2018


TOUT LE SPORT


       JEUDI 1 FÉVRIER 2018

JEUDI 1 FÉVRIER 2018
A LA UNEVos actualités et vidéos du matin
Coutinho à Barcelone, Aubameyang à Arsenal, Giroud à Chelsea, Saint-Etienne hyper actif, retour sur les faits marquants du mercato hivernal
Pourtant réputé calme, et essentiellement dédié à faire des ajustements au sein des différents effectifs, ce mercato d'hiver 2018 de football qui se termine ce soir à minuit, aura été particulièrement agité. Aussi bien en ce qui concerne les sommes dépensées, qu'en terme qualité des joueurs recrutés...
Coupe de la Ligue: Monaco élimine Montpellier sans trembler
La logique a été respectée mercredi en demi-finale de la coupe de la Ligue, avec la victoire de Monaco face à Montpellier (2-0), au terme d’un match par séquences. Les Monégasques ont surtout bien négocié leurs temps forts pour aller chercher une place en finale où ils retrouveront le PSG le 31 mars...
Premier League - Manchester City s'envole, Tottenham s'offre Manchester United à Wembley
Premier League - Chelsea explose à domicile contre Bournemouth, Walcott auteur d'un doublé avec Everton
La déclaration d'amour de Neymar à Lucas
NBA : Boston étrille New York, les Cavs au forceps
NBA : Enfin l’année de James Harden ?
Groupama-FDJ: asseoir pour aller plus haut
Thibaut Pinot participera cette saison au Giro et au Tour de France
Une nouvelle chance pour Maxime Machenaud
Ecosse: Hogg de retour contre les Gallois
LES DIRECTSVos directs vidéos à venir
Tout Le Sport - 01/02/2018 - 1 févr. 2018 à 20:00
Pour suivre toute l'actualité sportive nationale et internationale, retrouvez tous les jours peu après 20 heures Tout Le Sport sur France 3 mais aussi en direct sur sport.francetvinfo.fr et sur les applications mobiles et tablettes de francetvsport. Tout Le Sport, présenté par Thomas Thouroude du lu...
Tout Le Sport Week-End - 02/02/2018 - 2 févr. 2018 à 20:00
Six nations U20 : France - Irlande - 2 févr. 2018 à 20:50
Coupe Davis : 1er Tour France - Pays Bas, le double - 3 févr. 2018 à 13:51
Six nations : Pays de Galles - Écosse - 3 févr. 2018 à 15:05
NOUS SUIVRE
RETROUVEZ FRANCETV SPORT
SUR IOS
ET ANDROID