| | DÉCHÉANCE • Elle «ne sait pas ce que l'enquête donnera» et reconnaît qu'il «n'est accusé de rien», mais cela ne l'empêche pas de demander l'exclusion de Raphaël Arnault de l'Assemblée. Ce matin sur TF1, Yaël Braun-Pivet a indiqué qu'elle souhaitait que le député insoumis, cofondateur de la Jeune Garde, ne siège plus sur les bancs du la chambre basse qu'elle préside. «Le problème est que juridiquement, je ne peux pas démettre un député de ses fonctions, seul le Conseil constitutionnel peut le faire», a-t-elle néanmoins reconnu. L'assistant parlementaire d'Arnault, Jacques-Elie Favrot, a été interpellé, sans que l'on sache encore s'il a joué un rôle dans le meurtre de Quentin Deranque. Mais pour Braun-Pivet, «on entend la façon dont [Arnault] fait de la politique, on entend les idées qu'il porte», ce qui devrait suffire à la déchéance de son mandat. «Il existe autour de lui toute une mouvance susceptible d'être liée, de près ou de loin, à des actes violents», a-t-elle encore avancé, dans des termes tout aussi flous. Au nom du gouvernement - et au mépris de la séparation des pouvoirs - la porte-parole Maud Bregeon a demandé à Mathilde Panot d'exclure son député, même «temporairement», du groupe parlementaire insoumis. Elle est aussi allée jusqu'à appeler à ce qu'il n'y ait «plus jamais un député LFI au sein de l'Assemblée» et estimé que les Français ont «toutes et tous une responsabilité» quand ils votent pour la formation de gauche radicale. Et pourquoi pas interdire tout simplement LFI ? | | Yaël Braun-Pivet. Capture d'écran TF1 | À LA REMORQUE • Il n'y a pas que le gouvernement qui souhaite que l'interpellation de l'assistant parlementaire d'Arnault ait des répercussions sur le député LFI. François Hollande aussi. L'ancien Président estime ainsi, sur BFMTV, que «s'il est établi qu'un ou plusieurs de ses collaborateurs sont mis en cause, il devrait en tirer toutes les conséquences». Est-ce à dire que le député de Corrèze, élu avec l'étiquette NFP, voudrait le voir démissionner ou simplement exclu du groupe LFI ? «C'est l'affaire de ses dirigeants», dit tout d'abord Hollande avant de poursuivre : «Je crois suffisamment grave, sur le plan institutionnel, quand un député a un collaborateur qui est partie prenante - nous verrons à quel niveau - du lynchage, qu'il en tire les conséquences sur le plan personnel. Son parti politique peut aussi l'y inciter mais il y a une responsabilité personnelle.» | PETIT NAZ-LYON • Sébastien Lecornu invite LFI à faire le ménage dans ses rangs. On ne l'a en revanche pas entendu dire la même chose au RN mais c'est sûrement un oubli. Car ce grand fan de poireaux n'oserait pas prendre les Français pour des navets. Hier, à l'Assemblée, après la minute de silence observée pour Deranque, la première question au gouvernement a été posée par la députée RN Tiffany Joncour. Une élue parfaitement introduite chez les identitaires lyonnais et pour cause : son mari est Maxime Gaucher, militant d'extrême droite, condamné à plusieurs reprises pour des faits de violences. «Entre 2008 et 2016, il a été impliqué dans une dizaine d’affaires, alternant entre violences en réunion, menaces de mort, destructions de biens publics ou d’autrui, ou encore violences sur personne dépositaire de l’autorité publique», écrivait Street Press en 2024. Il est membre de la Mezza, un groupe de hooligans lyonnais qui multiplie depuis des années les agressions et les messages racistes. Quant à Gaucher, il s'est fait connaître dans la région en 2012 en allant voler du matériel chez les ennemis stéphanois des Magic Fans. Gaucher et ses compères avaient taggué une croix gammée dans le local et s'étaient pris en photo en faisant un salut nazi. | | Tiffany Joncour. Capture d'écran LCP | UN DÉPART STUPÉFIANT • On vous en parlait hier : une annonce du Journal Officiel confirmait le départ de Michel Stoumboff, le conseiller agriculture de Lecornu. Un timing pour le moins étonnant, en pleine crise agricole et à quelques jours du Salon de l’agriculture. Ce matin, le Canard Enchaîné nous en dit plus sur les raisons de ce départ précipité, qui est en fait lié à une affaire de stupéfiants. Le conseiller a vu sa consommation de drogue révélée, après avoir fait une overdose lors d’une fête. Matignon a immédiatement mis discrètement fin à son contrat, nous apprend le palmipède, alors que le gouvernement a fait le choix de stigmatiser les consommateurs de stupéfiants face à l’augmentation des crimes liés au narcotrafic. En conseil des ministres le 19 novembre, après une nouvelle fusillade à Marseille, Emmanuel Macron avait tenu pour responsables de ces règlements de comptes «les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafics». | COMME UN GRAND • Est-ce que ce sont les images générées par IA ou la tenue jaune de Sarah Knafo qui ont achevé de le convaincre ? Le responsable des Jeunes Républicains dans le XVIe à Paris rejoint la candidate d'extrême droite pour les municipales. Dans un communiqué de presse, le dénommé Gabriel Negretto - qui ne cite pas nommément Rachida Dati - accuse les macronistes «d’être les fossoyeurs de la France» et estime que «s’allier aux uns pour combattre les autres est une stratégie qui ne peut se conclure que par l’indignité et la défaite». Mais surtout, ce membre de l’UNI s’enthousiasme pour Knafo, «capable de parler Beau, de l’IA»... Comme quoi, les prompts de la candidate d’extrême droite pour générer des images d’un Paris tout droit sorti d’une dystopie franchouillo-illibérale ont bien trouvé client. Les jeunes Rep’, lâchés par Negretto, se font fâchés tout rouge sur X : «Étonnante leçon de sincérité politique. Le courage justifie toujours les carriéristes.» Le 7 février, une autre élue LR avait suivi le même chemin, Aurélie Assouline, adjointe à la mairie du XVIIe, qui se présente contre son ancien chef, le maire sortant Geoffrey Boulard. Encore du menu fretin. | ET SINON ••• Vous pensiez que le Budget c'était finito ? Et bah, pas tout à fait. Saisi par 4 recours (de Lecornu, du groupe PS, du groupe RN et des députés LFI, écolo et communistes), le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur le Budget 2026 demain, toute dernière étape avant sa promulgation. | |
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