La Santé
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Chers amis, C’était tout début août, l’an dernier. Nous étions, ma compagne et moi, en voiture sur le Haut-plateau du Vercors, très précisément non loin de Vassieux-en-Vercors, l’une des communes « Compagnon de la Libération » (ô symbole !). A la radio, un peu grésillante dans ce périmètre, un invité au micro de France Info : le sénateur Laurent Duplomb. Il réagissait à la décision du Conseil constitutionnel de censurer les dispositions autorisant la réintroduction de l’acétamipride, ce pesticide contenant des néonicotinoïdes aux effets dévastateurs sur la santé[1]. Cette décision avait provoqué un « ouf » de soulagement dans la France entière, après le succès historique d’une pétition déposée sur le site de l’Assemblée nationale demandant son retrait. Au micro de France Info, Laurent Duplomb, lui, ne lâchait rien ; c’est-à-dire qu’il continuait à nier la dangerosité de l’acétamipride… et, surtout, promettait de faire réautoriser cet insecticide coûte que coûte. Je vous avais d’ailleurs, le 13 août, envoyé une lettre prenant très au sérieux cet effet d’annonce du sénateur Duplomp, et intitulée « Loi Duplomb : victoire ou sursis ?[2] » |
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Eh bien, mes amis, nous y sommes. Six mois après cette interview un peu crépitante que j’écoutais sur les hauteurs du Vercors, le sénateur Laurent Duplomb est revenu à la charge. Et cette fois, il ne s’agit plus d’une déclaration isolée au micro de France Info, mais bien d’un texte déposé, assumé, revendiqué, avec un aplomb (…) hallucinant. Enfin un politique qui tient ses promesses, me direz-vous ! Ce sont, vous vous en rendez compte, des promesses qui servent des intérêts agro-industriels privés, au détriment de votre santé et de celle de vos enfants et petits-enfants. Laurent Duplomb veut à tout prix vous faire bouffer des pommes, des cerises et des noisettes à l’acétamiprideLa nouvelle proposition du sénateur Duplomb vise à contourner les effets de la décision du Conseil constitutionnel, en trouvant une autre voie législative pour permettre, à nouveau, l’usage de l’acétamipride. L’argument avancé reste le même : compétitivité des filières agricoles françaises face à leurs concurrents européens qui, eux, l’utilisent encore. Le problème, c’est que le débat n’a jamais été purement économique. Il est sanitaire : la proposition de Duplomb consiste à vous faire bouffer des betteraves, des pommes, des cerises et des noisettes arrosées de pesticides aux effets neurotoxiques dévastateurs !!! Même la presse « scientifique » grand public, d’habitude complaisante avec les intérêts industriels, rappelle le « coût énorme » sur la santé publique de l’usage de ces insecticides[3]. La mobilisation citoyenne de l’été dernier n’était pas un simple frémissement militant. Elle avait rassemblé des centaines de milliers de signatures, signe d’un malaise profond. On voit aussi la gêne d’une partie de la majorité, qui se retrouve prise entre deux feux : d’un côté, la pression des filières industrielles betteravières et fruitières ; de l’autre, une opinion publique de plus en plus attentive aux enjeux sanitaires et écologiques. La séquence rappelle à quel point le sujet dépasse la seule question d’un produit phytosanitaire. Il touche à notre modèle agricole, à notre rapport au risque, à notre confiance dans l’expertise scientifique. Avez-vous fait votre déclaration de conflits d’intérêt, monsieur Duplomb ?Six mois, donc, après le « ouf » collectif suscité par la censure constitutionnelle, le sentiment dominant n’est plus seulement la vigilance. C’est la fatigue. Celle de voir revenir, presque mécaniquement, des dispositions que l’on croyait écartées. Celle de constater que, face aux alertes répétées des chercheurs et aux engagements environnementaux affichés, la tentation de l’empoisonnement par choix du court-termisme demeure. Franchement, je me demande quels intérêts poussent Laurent Duplomb à mépriser ainsi des millions de ses concitoyens, et à nous faire avaler de force ses produits neurotoxiques. Avez-vous fait votre déclaration de conflits d’intérêt, monsieur Duplomb ? Je sais que l’industrie ne lésine pas sur les « cadeaux » quand il s’agit de faire passer des intérêts privés avant la santé publique, même quand la population s’est clairement exprimée contre. En août dernier, je vous avais déjà parlé de cette tendance assumée de la classe politique française à ignorer l’avis exprimé démocratiquement, depuis le passage en force de Nicolas Sarkozy, qui avait piétiné de ses talonnettes le « non » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Le n’importe-quoi-isme au nom de la compétitivité ne peut pas être le seul horizon d’une politique agricole digne de ce nom. Je vous invite à protester contre cette politique méprisante, dangereuse et décomplexée en signant et partageant la pétition ci-dessous. |
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Portez-vous bien, Sources : [2] https://alternatif-bien- [3] https://www. |
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