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dimanche 1 septembre 2013

Municipales : le PCF conforte sa stratégie

Municipales : le PCF conforte sa stratégie

LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par 
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Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, à Saint-Martin-d'Hères (Isère) le 25 août.
Aux Karellis, les communistes ont pris de la hauteur. Le Parti communiste français (PCF) avait choisi cette station de Savoie, perchée au milieu des montagnes et des sapins, pour tenir ses universités d'été de vendredi à dimanche. Trois jours où il aura été beaucoup question des municipales."Nouvelles lois de décentralisation""Les enjeux des prochaines élections municipales""Quelle politique de transport ?" : de nombreux ateliers y étaient consacrés où se pressaient des militants curieux.
Il était donc logique que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, y consacre une bonne part de son discours de clôture. D'autant que le sujet a provoqué la semaine dernière une passe d'armes avec Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG). Même si le numéro un communiste a affirmé être "passé à autre chose", la tension reste vive entre les deux hommes qui n'ont échangé que quelques SMS dans la semaine, selon M. Laurent.
"OBJECTIFS CLAIRS"
Les communistes doivent déterminer en octobre les stratégies qu'ils souhaitent mettre en place localement – autonomie vis-à-vis du PS, comme le réclame le PG, ou union avec les socialistes. Après avoir plaidé pour un vote du Parlement sur une éventuelle intervention en Syrie et dénoncé une réforme "injuste" des retraites, M. Laurent a rappelé à ses troupes les"objectifs clairs" à avoir en tête au moment de leurs votes : "Battre la droite partout, barrer la route aux appétits de l'extrême droite, réélire des majorités de gauche." "Qu'on en finisse avec la fable des élus que nous irions quémander, a-t-il ajouté. Les communistes ne sont aux ordres de personne !"
Une ligne qui ne semble pas vraiment faire débat chez les militants communistes. Selon les configurations, certains partiront avec le PS, d'autres en autonomie. "L'objectif est que la droite ne reprenne pas les territoires, explique Christine, 58 ans. A Mont-Saint-Aignan [Seine-Maritime], on a gagné la ville ensemble avec le PS en 2008 et on l'a dirigée ensemble depuis. Nos électeurs ne comprendraient pas que l'on parte séparément." Cela ne pose aucune difficulté à cette élue municipale de s'opposer au niveau national aux socialistes et de s'allier avec eux localement. "Ça ne veut pas dire qu'on adopte les positions du PS, assure-t-elle. On se met d'accord sur un programme municipal."
 "À CÔTÉ DE LEURS POMPES"
Florian, 28 ans, s'interroge tout de même sur cette cohérence, d'autant plus facilement qu'il vient de Montreuil, où le Front de gauche partira uni face au PS. "Comment dire aux socialistes qu'ils sont à côté de leurs pompes et dire au niveau local qu'on va travailler avec eux ?". Son regard sur la stratégie du PG n'en est pas moins tendre. "Le PG n'a pas d'élus donc ils s'en foutent de les perdre", juge-t-il.
Laurence Rossignol, secrétaire nationale du PS à l'écologie, aura cependant pu mesurer que le rassemblement que le PS appelle de ses vœux ne se fera pas à n'importe prix. Invitée à débattre par le PCF avec l'un de ses dirigeants, Olivier Dartigolles, et Jérôme Gleizes, de la direction d'EELV, la sénatrice de l'Oise n'a pas été ménagée par des militants communistes remontés contre la politique du gouvernement. "Nous avons à travailler à un rassemblement non pas fictif mais à un rassemblement qui prolonge celui à l'œuvre dans les territoires", a-t-elle expliqué avant d'ajouter, sous les regards perplexes de la salle : "Il y a un message de rassemblement d'autant plus intéressant qu'il est le complément de nos discussions, de nos désaccords au niveau national." Désaccords dont la sénatrice de l'Oise a pu mesurer l'étendue : éventuelle intervention militaire en Syrie que le PCF dénonce, réforme des retraites qu'il rejette ou encore droit de vote des étrangers aux élections locales qu'il réclame.
Dans la salle, un participant a d'ailleurs fait remarquer à Mme Rossignol que"le PS peut faire preuve d'un sentiment unitaire à deux vitesses". La preuve selon lui ? A Saint-Denis, où un député PS, Mathieu Hanotin, vient défier le maire PCF Didier Paillard. "Quand on envoie des élus socialistes, comme Mathieu Hanotin, faire la guerre à des maires communistes, nous aussi on peut montrer les dents", a poursuivi ce militant.
Mme Rossignol a soigneusement éviter de répondre à la question. Le sujet est en effet sensible. Samedi, M. Laurent avait expliqué avoir peu goûté cette candidature. "C'est en totale contradiction avec les déclarations des dirigeants socialistes, avait-il fait remarquer. Le PS doit faire revenir M. Hanotin sur sa décision et choisir entre le rassemblement et la division."

Paris dans l'embarras après le revirement d'Obama

Paris dans l'embarras après le revirement d'Obama





par Sophie Louet
PARIS (Reuters) - La France est dans une position délicate après le choix de Barack Obama de consulter le Congrès sur une intervention armée en Syrie, une décision surprise qui isole François Hollande et l'expose à la pression de l'opposition pour un vote au Parlement.
Le débat en France sur la Syrie a pris un tour polémique, le premier secrétaire du Parti socialiste accusant la droite d'"esprit munichois".
L'exécutif met en avant "l'esprit et la lettre" de la Constitution pour écarter l'option d'un vote sur d'éventuelles frappes contre le régime syrien -en toute hypothèse sans l'aval de l'Onu- pour l'attaque chimique du 21 août à Damas.
On souligne dans l'entourage de François Hollande que ce dernier "a affirmé un principe" mais qu'"il ne s'est jamais engagé sur un calendrier ou une date".
"Maintenant qu'Obama a décidé de consulter le Congrès, le processus suit son cours, sauf s'il y avait des nouveautés sur le terrain, de nouvelles violences", déclare-t-on.
Face à la nouvelle donne créée par le vote négatif de la Chambre des communes britannique jeudi et la consultation du Congrès américain dans la semaine du 9 septembre, Jean-Marc Ayrault a décidé de réunir lundi les présidents de l'Assemblée et du Sénat, ceux des commissions des Affaires étrangères et de la Défense des deux chambres, ainsi que les présidents des groupes de la majorité et de l'opposition des deux chambres.
Le Parlement est convoqué mercredi pour un débat sans vote.
La réunion de lundi, prévue à 17h00, sera l'occasion de "préparer" cette session extraordinaire, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, dans le cadre du "Grand Rendez-Vous" Europe 1-Le Monde-i>TELE.
"ON NE CHANGE PAS LA CONSTITUTION"
De François Fillon à Jean-Louis Borloo, les responsables de l'opposition jugent que la procédure n'est pas à la hauteur des événements et exigent depuis le revirement américain que le président sollicite l'aval des parlementaires avant toute frappe. Des voix s'élèvent aussi dans la majorité en ce sens.
"Les socialistes n'ont eu de cesse à chaque intervention militaire que de réclamer ce vote. Cette hypocrisie est insupportable", déclare François Fillon au Journal du Dimanche.
Dans une lettre ouverte publiée dans le JDD, le dirigeant centriste François Bayrou met en garde le président contre "une décision périlleuse" sans "consultation du Parlement".
"Un tel pouvoir de décision sans consultation se justifie quand il y a urgence. Il est impensable quand le Parlement n'est pas consulté", écrit-il, en différenciant le Mali de la Syrie.
Aux termes de l'article 35 de la Constitution, maintes fois rappelé durant le week-end par les membres de l'exécutif français, le gouvernement "informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention".
"Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote", est-il précisé. Lorsque la durée d'une intervention armée excède quatre mois, sa prolongation est alors soumise à l'approbation du Parlement.
"On ne change pas la Constitution en fonction des événements", a plaidé Manuel Valls. "La Constitution britannique, la Constitution américaine, n'ont rien à voir avec notre Constitution".
Des responsables de l'opposition rappellent notamment que François Hollande, alors député et premier secrétaire du PS, avait réclamé le 26 février 2003 à la tribune de l'Assemblée un débat avec vote sur le conflit irakien. D'autres expliquent que le gouvernement peut engager sa responsabilité sur une déclaration de politique générale soumise au vote.
"LA FRANCE NE PEUT PAS Y ALLER SEULE"
Le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé sur Radio J l'"esprit munichois" de la droite, qui a aussitôt réclamé que François Hollande désavoue des propos "ignobles".
"On voit bien le risque aujourd'hui, c'est que la France devienne la marionnette des Etats-Unis", a déclaré l'ancien ministre UMP Bruno Le Maire sur BFMTV.
L'exécutif dément tout isolement et souligne que la résolution de François Hollande à agir reste intacte, à l'instar de la détermination américaine.
"Nous sommes amenés forcément, par rapport à la capacité d'intervention, à attendre la décision des Etats-Unis", a concédé Manuel Valls. "La France ne peut pas y aller seule".
"Ne partez pas sur le principe qu'il n'y aura pas d'intervention. Il faut aujourd'hui attendre la fin de cette nouvelle étape", a-t-il ajouté, citant le vote du Congrès à majorité républicaine, qui n'est pas acquis pour Barack Obama, ainsi que le futur rapport des experts de l'Onu.
L'analyse des échantillons prélevés par les inspecteurs à Damas pourrait prendre jusqu'à trois semaines.
"Nous avons désormais un temps, et ce temps, il faut le mettre à profit pour que les choses bougent, parce que le pire encore une fois serait de ne rien faire", a dit Manuel Valls.
Selon un document des services de renseignement français dont Le Journal du Dimanche a eu connaissance, le régime syrien détiendrait "avec plus de mille tonnes d'agents chimiques de guerre et de précurseurs" l'un "des stocks opérationnels les plus importants du monde, sans perspective de destruction programmée".
Avec Elizabeth Pineau, édité par Guy Kerivel


Syrie: Mélenchon veut un vote et dénonce l'atlantisme de Hollande

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Les dernières publications de eit (l'Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples )

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23/08/2013

RUSSIE : “POUR L’AUGMENTATION DES SALAIRES!”

C’est la campagne qu’engage, à la veille du sommet du G 20 de Saint-Pétersbourg, la Confédération du travail de Russie (KTR) 
Lundi 19 août, le comité exécutif de la Confédération du travail de Russie (KTR) a décidé de soutenir l'initiative « Pour l’augmentation des salaires ! », lancée par les organisations affiliées à la KTR : MRPA (syndicat interrégional de l’industrie automobile), Novoprof et Défense du travail. 
13:20 Publié dans Russie | Envoyer cette note | 
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ALGÉRIE : Déclaration de la direction nationale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) à propos des événements tunisiens

Les événements qui marquent la scène politique en Tunisie deviennent de plus en plus préoccupants.
Face à cette situation critique que vivent nos frères et nos soeurs en Tunisie, l’Union générale des travailleurs algériens exprime son soutien et sa solidarité à tous les travailleurs et au peuple tunisien.
L’Union générale des travailleurs algériens condamne avec la plus forte véhémence l’assassinat du dirigeant politique tunisien, membre de l’Assemblée constituante, et les attentats terroristes commis contre l’armée tunisienne au mont Châambi. L’Union générale des travailleurs algériens apporte son soutien et sa solidarité à l’UGTT [Union générale tunisienne du travail, NDLR], dans ses actions pour la défense et la sauvegarde des valeurs démocratiques et républicaines de la Tunisie.
Le secrétariat général, Alger, le 11 août 2013
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MEXIQUE : Front unique pour la défense de PEMEX !

Les bénéfices du pétrole appartiennent à la nation !Non à leur privatisation !Pour la renationalisation de toutes les ressources énergétiques !Front unique pour la défense de PEMEX !
Le président Pena Nieto a décidé de remettre les bénéfices du pétrole aux grandes entreprises pétrolières étrangères. C’est l’un des principaux objectifs du dit Pacte « pour » le Mexique sur lequel se sont engagés les partis institutionnels PRI-PAN et PRD. Et derrière eux les partis minoritaires institutionnels.
13:10 Publié dans Mexique | Envoyer cette note |  |  Facebook |  Imprimer

BRÉSIL : Article paru dans "O Trabalho" à propos d’Haïti” au forum de Sao Paulo

Au forum de Sao Paulo : l’exigence du “retrait de la Minustah d’Haïti” n’était pas bienvenue
Le journal O Trabalho rend compte de l'intervention de plusieurs membres de la délégation brésilienne.Article paru dans O Trabalho n° 735 – 16 août 2013
Dans le cadre de la Journée continentale pour le retrait des troupes de l’ONU d’Haïti décidée lors de la conférence qui s’est tenue le 1er juin dernier à Port-au-Prince sur le mot d’ordre « Défendre Haïti, c’est nous défendre nous-mêmes », plusieurs membres de la délégation brésilienne parmi lesquels le député Adriano Diogo, du Mouvement noir unifié,


13:05 Publié dans Brésil | Envoyer cette note |  |  Facebook |  Imprimer

HAÏTI : Pour le retrait d’Haïti des troupes de la Minustah et en France, lettre à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

Depuis maintenant neuf ans, Haïti est occupé par la Minustah, les troupes de l’ONU. Les 31 mai et 1er juin 2013, une conférence internationale pour le retrait des troupes d’occupation a eu lieu à Port-au-Prince. Cent quarante délégués, venant d’Haïti, de Martinique, de Guadeloupe, d’Argentine, du Brésil, du Mexique, du Salvador, d’Algérie, des Etats-Unis, de France, se sont réunis pour exiger la fin de l’occupation.
13:00 Publié dans Haïti | Envoyer cette note |  |  Facebook |  Imprimer

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à lire sur le Nouvel Obs ,dimanche 1er septembre 2013

                                     Le Nouvel Observateur
  Dimanche 01 septembre 2013

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Réforme pénale : Taubira veut un examen "dès que possible"

Christiane Taubira Attendre les municipales pour voter la réforme pénale "serait non seulement de l'irrespect envers nos concitoyens, mais une faute éthique et une erreur politique", juge la Garde des Sceaux.

Sur RTL à voir et écouter le GRAND JURY du 01 SEPTEMBRE 2013 : JEAN-LUC MÉLENCHON

  http://www.rtl.fr
                                                              RTL.fr
DERNIÈRE ÉMISSION DU 01 SEPT. 2013
LE GRAND JURY DU 01 SEPTEMBRE 2013 : JEAN-LUC MÉLENCHON

écouter
 Pour réécouter l'émission ,cliquer sur le lien ci-dessous (aller à la page émission)

LE DÉBRIEF DU GRAND JURY RTL DU 1ER SEPTEMBRE> Aller à la page émission


323vuesLe Grand Jury Information
Ajoutée le 01 septembre 20130 commentaireRéagirPartager
Les journalistes Jérôme Chapuis, Alexis Brézet et Éric Revel ont débriefé le passage au "Grand Jury" RTL / LCI / Le Figaro de Jean-Luc Mélenchon.
"Mélenchon est devenu est devenu l'adversaire de Hollande", estime Alexis Brézet

Syrie : c’est reparti comme en 14 ?

http://la-sociale.viabloga.com

La Sociale

Analyses et débats pour le renouveau d'une pensée de l'émancipation

Syrie : c’est reparti comme en 14 ?

Par Denis Collin • Internationale • Jeudi 29/08/2013 •
Ainsi les USA s’apprêtent-ils à « punir » Bachar el Assad et son régime ; l’information selon laquelle les populations civiles auraient été victimes d’armes chimiques aurait vaincu les dernières réticences qui empêchaient les Occidentaux d’intervenir contre le régime de Damas. Comme d’habitude, le gouvernement « socialiste », petit doigt sur la couture du pantalon, emboîte le pas. Et d’ores et déjà toute l’opinion « humanitaire » semble s’apprêter à soutenir les « bombardements à visage humain » que l’on nous annonce. Ainsi le site Media Part d’Edwy Plenel a fait campagne pour une intervention occidentale, même s’il est beaucoup plus réticent face à l’option d’une intervention militaire imminente.
L’histoire se répète toujours deux fois … Le scénario 2003 en Irak semble se rejouer ici. Avec quelques différences dont celle-ci : ce n’est plus Chirac qui dirige la France mais Hollande et donc les USA n’ont aucune raison de craindre l’opposition française à leur nouvelle entreprise de gendarmes du monde.
Essayons d’y voir plus clair. Le plus simple est évidemment de rappeler que le régime d’El Assad est haïssable et que, si la commission d’enquête de l’ONU confirme les informations sur l’utilisation des gaz, nous serions face à un crime d’État et d’un crime de guerre des plus horribles. Que le peuple syrien révolté renverse ce régime et juge ses dirigeants, on ne peut que le souhaiter. Mais une fois ces constats établis qui relèvent seulement de la morale la plus élémentaire, faut-il en déduire que l’armée des USA et les armées de leurs alliés soient habilitées pour intervenir ? Évidemment non ! Pour qu’un État ait le droit d’intervenir dans les affaires d’un autre État, il faut pour cela qu’il y ait justement un droit. Le seul droit international existant en la matière est celui de l’ONU. Il faudrait donc à tout le moins que les armées qui se proposent de « punir » El Assad aient reçu mandat du conseil de sécurité de l’ONU. Comme le Conseil de sécurité ne donne pas ce mandat, ce sont les USA et leurs alliés qui s’érigent en juges internationaux et en bras armés de cette bizarre justice que chacun se croit autorisé à rendre. Du point de vue même dont se placent les dirigeants américains et français – celui de la « communauté internationale » – leur action n’aura donc aucune légitimité. Mais, comme toujours, les pires forfaits se drapent dans le manteau de la vertu.
Dans une conférence faite lors d’une université d’été du GIPRI (Genève), j’avais l’occasion de préciser les raisons qui interdisent de confondre droit et indignation morale :
 « Le cas plus complexe est celui d’un régime qui viole de manière manifeste les droits de l’homme les plus élémentaires. Un tel régime est évidemment condamnable moralement et politiquement (on peut faire des discours contre lui, prendre des mesures de rétorsion diplomatiques ou commerciales). Mais on ne trouvera aucun principe juridique auquel tous les États pourraient souscrire qui autorise par exemple une intervention armée pour renverser un régime que l’on estime tyrannique. Kant répond ainsi à cette question : la conduite scandaleuse d’un particulier n’autorise pas la police à se saisir de lui dès lors qu’il a causé de tort à personne. Il en va de même en ce qui concerne les peuples, qui sont les citoyens de la société internationale.
À ma connaissance, personne n’avait proposé une intervention militaire sous couvert de l’ONU pour renverser le régime de l’apartheid. La position de respect du principe de non-intervention peut sembler moralement difficile à tenir. Un individu qui en regarde en autre se faire tuer ou martyriser se place dans la position du délinquant qui n’a pas portée assistance à une personne en danger. Mais cette position qui consiste à transposer ce qui vaut sur le plus individuel au plan des rapports entre nations est sans fondement. Le droit international ne dispose pas d’une force propre pour être mis en œuvre, précisément parce qu’il n’y a pas d’État mondial et s’il y avait un État mondial, ce ne serait plus une question de droit international.
Cette situation est évidemment très problématique. Un peuple peut s’autoriser à intervenir dans les affaires intérieures d’un autre et en assumer tous les risques, et peut-être même aura-t-il politiquement raison, mais je ne crois pas que cela puisse être garanti par un droit. Pour faire une analogie, Kant a sans doute raison quand il dit qu’aucune loi ne peut garantir le droit de désobéir à la loi, mais il reste qu’il faut parfois savoir désobéir à la loi et assumer ses responsabilités politiques. L’idée des partisans du droit d’ingérence (qui serait fondé sur un devoir d’ingérence), c’est au fond l’idée de résoudre toute la politique internationale à une série de mécanismes procéduraux. C’est une idée du droit international proprement délirante et dont l’application supprimerait purement et simplement l’idée même de liberté.
Un droit international raisonnable est nécessairement limité. Il ne peut réellement être efficace que dans un domaine : garantir la libre possibilité pour chaque peuple de se gouverner comme il l’entend, bref d’être « maître chez soi ». Exiger plus, c’est autoriser n’importe quel État assez fort, ou n’importe quelle coalition temporaire d’États à imposer sa loi, c’est-à-dire la primauté de ses intérêts.
La « politique morale » n’est ainsi qu’une opération de brouillage idéologique qui légitime le droit du plus fort. » (D. Collin, Entre morale, droit et politique, une justice internationale est-elle possible ?)
Les questions de principe étant rappelées, il faut tenant entrer dans le détail. Voyons les accusateurs principaux qui veulent monter une expédition punitive contre le régime de Bachar El Assad.
Au premier chef nous trouvons les USA, particulièrement mal placés pour donner des leçons de morale démocratique. Nous allons commémorer dans quelques jours le triste quarantième anniversaire du sanglant coup d’État militaire de Pinochet fomenté par le département d’État américain avec à sa tête un futur prix Nobel de la paix, Henry Kissinger. Dans le sang, la démocratie chilienne et son président légal Allende étaient piétinés par les « juges » et les shérifs qui se prétendent les garants de la moralité et de la démocratie. Au Vietnam, les mêmes USA se sont rendus tristement célèbres par l’utilisation d’une arme chimique terrible, « l’agent orange », produit par la firme Monsanto. Aujourd’hui encore, près de quarante ans après la fin de la guerre, « l’agent orange » continue de tuer, ainsi que le Monde, encore récemment, s’en faisait l’écho. Après le renversement du régime du shah et la révolution iranienne, les USA ont soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre le régime de Khomeiny. Une guerre particulièrement atroce où le « boucher de Bagdad » a employé tous les moyens, notamment les gaz, contre les Iraniens et contre les Kurdes irakiens. Ces gaz lui avaient déjà été aimablement fournis par les Allemands (le gaz, depuis la première guerre mondiale, en passant par Auschwitz, est une spécialité d’outre-Rhin …) Quelques années plus tard, le grand ami de l’Occident devenait l’homme à abattre. Et deux guerres (1991 et 2003) furent déclenchées au nom du droit et de la morale, en vue de remodeler le Moyen-Orient selon les vues américaines.
Outre les USA et leurs vassaux de la « vieille Europe », il faut compter aussi, au rang des professeurs de morale, les monarchies pétrolières qui soutiennent financièrement les groupements islamistes et tout ce qui permettra d’augmenter l’influence sunnite dans la région. L’Arabie Saoudite, le Qatar et quelques autres États aussi sympathiques font partie de la ligue de ceux qui réclament des bombardements humanitaires.
En ce qui concerne les accusés, on rappellera qu’ils figuraient jusqu’à peu encore parmi les amis des USA. Pendant la seconde guerre d’Irak, en 2003, la Syrie (tout comme l’Iran) ont tout fait pour laisser les Américains installer à Bagdad un régime chiite. La Syrie a même été assez complaisante pour permettre à la CIA d’installer des prisons clandestines permettant le stockage des membres présumés d’Al Qaïda en partance pour Guantanamo. Ce rappel devrait suffire pour déciller les groupes « marxistes » ou « anti-impérialistes » qui voient en Bachar un héros de la résistance à l’impérialisme. Le régime syrien bénéficie du soutien diplomatique et économique de la Chine et de la Russie, deux pays assez mal placés pour donner des leçons de défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et qui, dans cette affaire, défendent leurs intérêts diplomatiques et quelques moyens de pression dans leurs rapports avec les USA.
On pourrait renvoyer dos-à-dos tous ces coquins. Mais cela ne suffit pas. Il faut essayer de comprendre la situation actuelle dans toute sa complexité. Commençons par nous demander pourquoi Bachar El Assad n’a pas connu le sort de Ben Ali et de Moubarak. À cela il y a une explication qu’il faut bien redonner : les Syriens ne forment pas un peuple uni contre son dictateur. Les Alaouites, les chiites, les Kurdes ou les chrétiens, quels que soient leurs sentiment envers les tyrans de Damas, n’ont le plus souvent aucune envie de voir arriver au pouvoir une coalition dominées par les sunnites et où les salafistes et autres amis d’Al Qaïda joueraient un rôle très actif. Les « démocrates » syriens risqueraient fort, dans ce cas, de jouer simplement les idiots utiles. C’est là le point de départ. L’évolution de la situation en Égypte et en Tunisie a également brisé le mythe des « printemps arabes » : loin de l’unanimisme des débuts, les mouvements à la pointe de ces « printemps » se sont violemment divisé jusqu’à l’affrontement extraordinaire de la deuxième révolution égyptienne, celle de juin 2013, qui a chassé les « Frères musulmans » (grands alliés des USA et de l’Arabie Saoudite) et contraint l’armée à reprendre directement les affaires en main, non pour défendre la révolution mais pour la bloquer et empêcher que la liquidation des islamistes ne soit le prélude à la liquidation de tout le système politico-économique de l’Égypte, fondement  des privilèges d’une armée qui contrôle directement entre 15 et 20% de l’économie.
La question sous-jacente à tout cela est finalement assez simple. Sous couvert d’anti-occidentalisme, l’Islam – et principalement l’Islam sunnite – agit comme un excellent agent d’influence du capital mondial. L’AKP en Turquie est le parti des patrons et des investisseurs et toute la classe dominante a fait bloc derrière Erdogan au moment des affrontements de la place Taksim à Istanbul. Les Frères musulmans en Égypte étaient la carte de rechange des USA face à un Moubarak discrédité et impuissant. En Lybie, c’est l’intervention militaire directe des Occidentaux qui a chassé Kadhafi et tenté de mettre sur pied un pouvoir islamiste moins fantasque que celui de l’homme qui avait planté sa tente à Paris à l’invitation de Sarkozy.  En Syrie, les USA (et leurs alliés) ont d’abord misé sur un scénario à l’égyptienne et ils misent plutôt maintenant sur un scénario à la libyenne. Mais il s’agit surtout de réaffirmer le pouvoir de l’impérialisme US et de ses filiales dans cette région, notamment  face à la Russie de Poutine qui craint comme la peste les mouvements islamistes qui pourraient prendre le contrôle des ex-républiques soviétiques de sa frontière sud.
Donc, si on doit souhaiter que Bachar El Assad et sa clique soient un jour jugés et punis, ce ne pourra être que par le peuple syrien et non par les dirigeants impérialistes qui sont les principaux fauteurs de trouble et les soutiens fermes de tous les régimes tyranniques et corrompus de cette région. C’est pourquoi on doit s’opposer à toute intervention militaire et au premier chef, pour nous, à toute intervention militaire française et à tout soutien français à l’intervention américaine.