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dimanche 1 septembre 2013

Syrie : c’est reparti comme en 14 ?

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La Sociale

Analyses et débats pour le renouveau d'une pensée de l'émancipation

Syrie : c’est reparti comme en 14 ?

Par Denis Collin • Internationale • Jeudi 29/08/2013 •
Ainsi les USA s’apprêtent-ils à « punir » Bachar el Assad et son régime ; l’information selon laquelle les populations civiles auraient été victimes d’armes chimiques aurait vaincu les dernières réticences qui empêchaient les Occidentaux d’intervenir contre le régime de Damas. Comme d’habitude, le gouvernement « socialiste », petit doigt sur la couture du pantalon, emboîte le pas. Et d’ores et déjà toute l’opinion « humanitaire » semble s’apprêter à soutenir les « bombardements à visage humain » que l’on nous annonce. Ainsi le site Media Part d’Edwy Plenel a fait campagne pour une intervention occidentale, même s’il est beaucoup plus réticent face à l’option d’une intervention militaire imminente.
L’histoire se répète toujours deux fois … Le scénario 2003 en Irak semble se rejouer ici. Avec quelques différences dont celle-ci : ce n’est plus Chirac qui dirige la France mais Hollande et donc les USA n’ont aucune raison de craindre l’opposition française à leur nouvelle entreprise de gendarmes du monde.
Essayons d’y voir plus clair. Le plus simple est évidemment de rappeler que le régime d’El Assad est haïssable et que, si la commission d’enquête de l’ONU confirme les informations sur l’utilisation des gaz, nous serions face à un crime d’État et d’un crime de guerre des plus horribles. Que le peuple syrien révolté renverse ce régime et juge ses dirigeants, on ne peut que le souhaiter. Mais une fois ces constats établis qui relèvent seulement de la morale la plus élémentaire, faut-il en déduire que l’armée des USA et les armées de leurs alliés soient habilitées pour intervenir ? Évidemment non ! Pour qu’un État ait le droit d’intervenir dans les affaires d’un autre État, il faut pour cela qu’il y ait justement un droit. Le seul droit international existant en la matière est celui de l’ONU. Il faudrait donc à tout le moins que les armées qui se proposent de « punir » El Assad aient reçu mandat du conseil de sécurité de l’ONU. Comme le Conseil de sécurité ne donne pas ce mandat, ce sont les USA et leurs alliés qui s’érigent en juges internationaux et en bras armés de cette bizarre justice que chacun se croit autorisé à rendre. Du point de vue même dont se placent les dirigeants américains et français – celui de la « communauté internationale » – leur action n’aura donc aucune légitimité. Mais, comme toujours, les pires forfaits se drapent dans le manteau de la vertu.
Dans une conférence faite lors d’une université d’été du GIPRI (Genève), j’avais l’occasion de préciser les raisons qui interdisent de confondre droit et indignation morale :
 « Le cas plus complexe est celui d’un régime qui viole de manière manifeste les droits de l’homme les plus élémentaires. Un tel régime est évidemment condamnable moralement et politiquement (on peut faire des discours contre lui, prendre des mesures de rétorsion diplomatiques ou commerciales). Mais on ne trouvera aucun principe juridique auquel tous les États pourraient souscrire qui autorise par exemple une intervention armée pour renverser un régime que l’on estime tyrannique. Kant répond ainsi à cette question : la conduite scandaleuse d’un particulier n’autorise pas la police à se saisir de lui dès lors qu’il a causé de tort à personne. Il en va de même en ce qui concerne les peuples, qui sont les citoyens de la société internationale.
À ma connaissance, personne n’avait proposé une intervention militaire sous couvert de l’ONU pour renverser le régime de l’apartheid. La position de respect du principe de non-intervention peut sembler moralement difficile à tenir. Un individu qui en regarde en autre se faire tuer ou martyriser se place dans la position du délinquant qui n’a pas portée assistance à une personne en danger. Mais cette position qui consiste à transposer ce qui vaut sur le plus individuel au plan des rapports entre nations est sans fondement. Le droit international ne dispose pas d’une force propre pour être mis en œuvre, précisément parce qu’il n’y a pas d’État mondial et s’il y avait un État mondial, ce ne serait plus une question de droit international.
Cette situation est évidemment très problématique. Un peuple peut s’autoriser à intervenir dans les affaires intérieures d’un autre et en assumer tous les risques, et peut-être même aura-t-il politiquement raison, mais je ne crois pas que cela puisse être garanti par un droit. Pour faire une analogie, Kant a sans doute raison quand il dit qu’aucune loi ne peut garantir le droit de désobéir à la loi, mais il reste qu’il faut parfois savoir désobéir à la loi et assumer ses responsabilités politiques. L’idée des partisans du droit d’ingérence (qui serait fondé sur un devoir d’ingérence), c’est au fond l’idée de résoudre toute la politique internationale à une série de mécanismes procéduraux. C’est une idée du droit international proprement délirante et dont l’application supprimerait purement et simplement l’idée même de liberté.
Un droit international raisonnable est nécessairement limité. Il ne peut réellement être efficace que dans un domaine : garantir la libre possibilité pour chaque peuple de se gouverner comme il l’entend, bref d’être « maître chez soi ». Exiger plus, c’est autoriser n’importe quel État assez fort, ou n’importe quelle coalition temporaire d’États à imposer sa loi, c’est-à-dire la primauté de ses intérêts.
La « politique morale » n’est ainsi qu’une opération de brouillage idéologique qui légitime le droit du plus fort. » (D. Collin, Entre morale, droit et politique, une justice internationale est-elle possible ?)
Les questions de principe étant rappelées, il faut tenant entrer dans le détail. Voyons les accusateurs principaux qui veulent monter une expédition punitive contre le régime de Bachar El Assad.
Au premier chef nous trouvons les USA, particulièrement mal placés pour donner des leçons de morale démocratique. Nous allons commémorer dans quelques jours le triste quarantième anniversaire du sanglant coup d’État militaire de Pinochet fomenté par le département d’État américain avec à sa tête un futur prix Nobel de la paix, Henry Kissinger. Dans le sang, la démocratie chilienne et son président légal Allende étaient piétinés par les « juges » et les shérifs qui se prétendent les garants de la moralité et de la démocratie. Au Vietnam, les mêmes USA se sont rendus tristement célèbres par l’utilisation d’une arme chimique terrible, « l’agent orange », produit par la firme Monsanto. Aujourd’hui encore, près de quarante ans après la fin de la guerre, « l’agent orange » continue de tuer, ainsi que le Monde, encore récemment, s’en faisait l’écho. Après le renversement du régime du shah et la révolution iranienne, les USA ont soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre le régime de Khomeiny. Une guerre particulièrement atroce où le « boucher de Bagdad » a employé tous les moyens, notamment les gaz, contre les Iraniens et contre les Kurdes irakiens. Ces gaz lui avaient déjà été aimablement fournis par les Allemands (le gaz, depuis la première guerre mondiale, en passant par Auschwitz, est une spécialité d’outre-Rhin …) Quelques années plus tard, le grand ami de l’Occident devenait l’homme à abattre. Et deux guerres (1991 et 2003) furent déclenchées au nom du droit et de la morale, en vue de remodeler le Moyen-Orient selon les vues américaines.
Outre les USA et leurs vassaux de la « vieille Europe », il faut compter aussi, au rang des professeurs de morale, les monarchies pétrolières qui soutiennent financièrement les groupements islamistes et tout ce qui permettra d’augmenter l’influence sunnite dans la région. L’Arabie Saoudite, le Qatar et quelques autres États aussi sympathiques font partie de la ligue de ceux qui réclament des bombardements humanitaires.
En ce qui concerne les accusés, on rappellera qu’ils figuraient jusqu’à peu encore parmi les amis des USA. Pendant la seconde guerre d’Irak, en 2003, la Syrie (tout comme l’Iran) ont tout fait pour laisser les Américains installer à Bagdad un régime chiite. La Syrie a même été assez complaisante pour permettre à la CIA d’installer des prisons clandestines permettant le stockage des membres présumés d’Al Qaïda en partance pour Guantanamo. Ce rappel devrait suffire pour déciller les groupes « marxistes » ou « anti-impérialistes » qui voient en Bachar un héros de la résistance à l’impérialisme. Le régime syrien bénéficie du soutien diplomatique et économique de la Chine et de la Russie, deux pays assez mal placés pour donner des leçons de défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et qui, dans cette affaire, défendent leurs intérêts diplomatiques et quelques moyens de pression dans leurs rapports avec les USA.
On pourrait renvoyer dos-à-dos tous ces coquins. Mais cela ne suffit pas. Il faut essayer de comprendre la situation actuelle dans toute sa complexité. Commençons par nous demander pourquoi Bachar El Assad n’a pas connu le sort de Ben Ali et de Moubarak. À cela il y a une explication qu’il faut bien redonner : les Syriens ne forment pas un peuple uni contre son dictateur. Les Alaouites, les chiites, les Kurdes ou les chrétiens, quels que soient leurs sentiment envers les tyrans de Damas, n’ont le plus souvent aucune envie de voir arriver au pouvoir une coalition dominées par les sunnites et où les salafistes et autres amis d’Al Qaïda joueraient un rôle très actif. Les « démocrates » syriens risqueraient fort, dans ce cas, de jouer simplement les idiots utiles. C’est là le point de départ. L’évolution de la situation en Égypte et en Tunisie a également brisé le mythe des « printemps arabes » : loin de l’unanimisme des débuts, les mouvements à la pointe de ces « printemps » se sont violemment divisé jusqu’à l’affrontement extraordinaire de la deuxième révolution égyptienne, celle de juin 2013, qui a chassé les « Frères musulmans » (grands alliés des USA et de l’Arabie Saoudite) et contraint l’armée à reprendre directement les affaires en main, non pour défendre la révolution mais pour la bloquer et empêcher que la liquidation des islamistes ne soit le prélude à la liquidation de tout le système politico-économique de l’Égypte, fondement  des privilèges d’une armée qui contrôle directement entre 15 et 20% de l’économie.
La question sous-jacente à tout cela est finalement assez simple. Sous couvert d’anti-occidentalisme, l’Islam – et principalement l’Islam sunnite – agit comme un excellent agent d’influence du capital mondial. L’AKP en Turquie est le parti des patrons et des investisseurs et toute la classe dominante a fait bloc derrière Erdogan au moment des affrontements de la place Taksim à Istanbul. Les Frères musulmans en Égypte étaient la carte de rechange des USA face à un Moubarak discrédité et impuissant. En Lybie, c’est l’intervention militaire directe des Occidentaux qui a chassé Kadhafi et tenté de mettre sur pied un pouvoir islamiste moins fantasque que celui de l’homme qui avait planté sa tente à Paris à l’invitation de Sarkozy.  En Syrie, les USA (et leurs alliés) ont d’abord misé sur un scénario à l’égyptienne et ils misent plutôt maintenant sur un scénario à la libyenne. Mais il s’agit surtout de réaffirmer le pouvoir de l’impérialisme US et de ses filiales dans cette région, notamment  face à la Russie de Poutine qui craint comme la peste les mouvements islamistes qui pourraient prendre le contrôle des ex-républiques soviétiques de sa frontière sud.
Donc, si on doit souhaiter que Bachar El Assad et sa clique soient un jour jugés et punis, ce ne pourra être que par le peuple syrien et non par les dirigeants impérialistes qui sont les principaux fauteurs de trouble et les soutiens fermes de tous les régimes tyranniques et corrompus de cette région. C’est pourquoi on doit s’opposer à toute intervention militaire et au premier chef, pour nous, à toute intervention militaire française et à tout soutien français à l’intervention américaine.
 


Le POI s’adresse aux organisations ouvrières et démocratiques contre une intervention militaire en Syrie

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Le POI s’adresse aux organisations ouvrières et démocratiques contre une intervention militaire en Syrie

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s'informerLe secrétariat permanent du POI a décidé d’adresser une lettre aux autres partis qui déclarent se prononcer contre l’intervention militaire.
Dimanche 1er septembre 2013
Aux organisations ouvrières et démocratiques qui se sont prononcées contre l’intervention militaire en Syrie.
Chers camarades,
Mercredi 4 septembre, Hollande convoque le Parlement pour « un débat sans vote » sur l’intervention militaire en Syrie. Mais déjà, le 29 août, François Hollande à l’occasion d’une longue discussion téléphonique avec Barack Obama a réaffirmé sa détermination à engager les troupes françaises derrière la flotte, les drones, les avions de combat des Etats-Unis, dans l’agression militaire contre le peuple syrien.
En quelques jours pourtant, on a vu le Parlement britannique voter contre l’intervention et à sa suite le Canada et d’autres pays refuser l’intervention. Et maintenant, Obama diffère sa décision au 9 septembre.
En France, imperturbablement, Hollande réaffirme sa détermination à participer à l’agression militaire américaine contre la Syrie, bien que les voix se multiplient, de tous bords, pour refuser cette agression.
Tout l’indique : dans notre pays, comme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, etc., la population dans sa grande majorité rejette la marche à la guerre. Rien ne saurait légitimer cette agression contre le peuple syrien, ni les décisions de Hollande, ni la discussion au Parlement, ni les décisions de l’ONU.
Dans une telle situation, confronté à l’incroyable prétention de Hollande, usant des pouvoirs exorbitants que lui accordent les institutions de la Ve République, d’engager la France dans cette agression contre le peuple syrien, comment le mouvement ouvrier et démocratique pourrait-il ne pas prendre ses responsabilités ? Ne revient-il pas d’urgence de prendre toutes les initiatives permettant aux travailleurs, militants et jeunes de se rassembler pour faire entendre d’une voix puissante, massive et unie l’exigence : « Non à la guerre ! Non à l’intervention militaire en Syrie ! Ni Hollande, ni ce Parlement, ni l’ONU ne peuvent prétendre engager notre pays dans la guerre ! ».
Nous vous proposons une rencontre d’urgence entre nos organisations dans la journée de lundi afin de nous accorder sur les conditions d’une telle initiative.
Pour le secrétariat permanent du POI, Daniel GLUCKSTEIN, Secrétaire national
Catégories: .

Ce matin en bref ,dimanche 1er septembre 2013

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                                                          ce matin en bref
Dimanche 1er septembre 2013
♦ Syrie : Obama repousse les frappes et s'en remet au Congrès, c'est à dire à la Chambre des représentants qui se réunit le 9 septembre puis au Sénat dont la réunion n'est pas encore fixée. "Je vais demander l'autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force" a-t-il déclaré hier soir vers 20h, contre toute attente.
♦ Poutine a demandé hier aux Etats-Unis de fournir des preuves de l'emploi d'armes chimiques par la Syrie.
♦ "Il est très regrettable que la Russie et la Chine", membres du Conseil de sécurité de l'ONU, "refusent depuis un certain temps une position commune sur le conflit syrien" a déclaré hier A.Merkel.
♦ "L'année dernière, nous avons officiellement informé les Etats-Unis que, selon nos informations, les groupes terroristes [en Syrie], possédaient des armes chimiques, mais malheureusement les Etats-Unis n'ont pas tenu compte de cet avertissement"  a déclaré le responsable de la commission des affaires étrangères iranien.


                                               

L’intervention militaire en Syrie est repoussée

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L’intervention militaire en Syrie est repoussée

Syrie Obama repousse
s'informerObama repousse les frappes en Syrie  et s’en remet au Congrès, c’est à dire à la Chambre des représentants qui se réunit le 9 septembre puis au Sénat dont la réunion n’est pas encore fixée. "Je vais demander l’autorisation des représentants des Américains au Congrès pour un usage de la force" a-t-il déclaré hier soir vers 20h, contre toute attente.
Cinq destroyers américains équipés de missiles de croisière capable d’attaques ciblées stationnent au large des côtes syriennes et Barack Obama venait tout juste de rendre public vendredi 30 août le rapport de renseignements américains ayant « la forte certitude » que le régime de Bachar El Assad a utilisé des armes chimiques dans l’attaque du 21 août contre un quartier de Damas. Il évoquait « unefenêtre d’opportunité », c’est-à-dire une « action limitée » lorsque les représentants de l’Onu auront quitté la Syrie aujourd’hui. Face à la population américaine dont 5O% rejettent une intervention militaire, le président américain précisait qu’il n’y aura pas de soldats au sol ni de guerre longue. 
François Hollande, dans une intervention au Monde publié hier après-midi venait de réaffirmer que la France participera à une opération militaire contre le régime de Bachar El Assad et, comme Obama, que la mise en minorité de Cameron par la chambre britannique n’y change rien. Il n’excluait pas que l’intervention débute avant la réunion extraordinaire du Parlement, le 4 septembre. Comme aux Etats Unis, la majorité de la population (deux Français sur trois) y est hostile.
Les seuls Etats favorables à une intervention militaire en Syrie en sus des USA et de la France sont le Danemark, la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweit et Israël.
Catégories: Etats-UnisGUERRESyrie

"La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"Jean-Pierre Chevènement au Parisien dimanche, 1er septembre 2013

"La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"

Entretien de Jean-Pierre Chevènement au Parisien dimanche, 1er septembre 2013, propos recueillis par Philippe Martinat.


"La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion"
Le Parisien: Vous attendiez-vous à une telle escalade de la tension internationale sur la Syrie? 
Jean-Pierre Chevènement:
 J’ai toujours été inquiet au sujet de la Syrie. J’avais d’ailleurs exprimé ma préoccupation à François Hollande et à Laurent Fabius dès le mois de juin 2012 quant à la définition de notre politique. Selon moi, il eût mieux valu privilégier une posture de négociation et faire de la France un intermédiaire entre les camps qui s’opposent dans ce qui est une véritable guerre civile intercommunautaire avec, à l’arrière-plan, une rivalité entre sunnites et chiites. Je ne pense pas que la France ait intérêt à entrer dans une guerre de religion. 

Vous jugez notre diplomatie imprudente? 
Je m’étais inquiété de la formulation « Bachar doit partir », calquée sur celle employée naguère par Alain Juppé : « Kadhafi doit partir. » Je me suis entretenu à plusieurs reprises avec le président de la République et avec le ministre des Affaires étrangères. Je pense qu’il n’y a pas de solution militaire, il ne peut y avoir qu’une solution politique. Celle-ci doit intervenir avec l’ensemble des parties prenantes du conflit, ce qui suppose le respect de la légalité internationale, car c’est dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU que ces négociations peuvent être menées. En tout cas, j’ai clairement privilégié cette ligne de la négociation et j’ai beaucoup regretté qu’Alain Juppé ait fermé l’ambassade de France à Damas en mars 2012 : il y a une continuité, si je puis dire…

Bachar al-Assad n’a-t-il pas néanmoins franchi la ligne rouge en employant des armes chimiques? 
C’est possible, mais ce n’est pas sûr. Etait-ce vraiment son intérêt? Je pense qu’une erreur a été commise par le président Obama quand il a déclaré, en août 2012, que l’emploi de l’arme chimique serait la ligne rouge conditionnant une intervention occidentale. Il s’est piégé lui-même. Reste maintenant à savoir ce qui s’est passé réellement. On nous parle de preuves, mais je me rappelle de Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l’ONU brandissant ses fioles : « We’ve got the evidence! » (NDLR : « Nous avons les preuves ! ») Le secrétaire d’Etat, qui était peut-être de bonne foi, avait été intoxiqué par la CIA. Dans le cas présent, nous n’avons pas de preuves irréfutables. 

Il y a tout de même environ un millier de morts dans ce massacre… 
Au Caire aussi, il y a un millier de personnes qui ont été tuées, certes par balles, mais on n’a guère entendu les professeurs de morale. Autrefois, il y avait le droit. Aujourd’hui, on a remplacé le droit par la morale. Et de la morale on passe à la punition. C’est plus facile, mais c’est très dangereux, car le fameux « droit d’ingérence », c’est toujours le droit du plus fort : on n’a jamais vu les faibles intervenir dans les affaires des forts. Je n’ai pas besoin de vous rappeler tous les exemples de manipulation de l’opinion publique dans l’histoire. Je me méfie donc beaucoup des manipulations de l’opinion publique et de la dictature de l’émotion à partir de laquelle on prend des décisions apparemment dictées par la morale mais qui ont en fait un sens politique. Le droit-de-l’hommisme ignore ou, de manière plus perverse, occulte les choix politiques. 

La France prend-elle un risque en restant en première ligne à côté des Etats-Unis? 
Je constate que la France sera, si cette frappe intervient, le seul allié européen de M. Obama, d’ailleurs soutenu par l’ancien président Bush. C’est la situation inverse de celle de 2003, où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient le concours de l’Italie, de l’Espagne, de la Pologne et d’autres pays européens. Là, nous sommes totalement isolés. J’ajoute que l’opinion publique est divisée. Ce n’est pas servir la défense du pays que d’engager nos forces dans un pareil contexte. Le président Hollande parle à juste titre du maintien de la souveraineté de la France. Mais l’indépendance de la France suppose que nous ne soyons pas ralliés à la ligne « occidentaliste », celle qu’on appelait autrefois néoconservatrice : c’est-à-dire l’Occident contre les autres. 

Vous êtes donc résolument hostile à des frappes? 
Je n’ai pas un esprit systématique : je m’étais abstenu sur la Libye, j’ai été tout à fait en pointe sur le Mali. Quand on fait le bilan de toutes les ingérences, ce n’est pas très brillant : au Kosovo, nous avons récolté un Etat mafieux ; en Irak, où il n’y a plus d’Etat, il y a eu 1 000 morts en juillet dans des attentats ; en Libye, les milices islamistes sont maîtresses du terrain… Que se passera-t-il demain après Bachar al-Assad? Nous savons très bien qu’il y a des groupes jihadistes importants, armés de l’extérieur. Moi, je serais prudent. Il faut absolument privilégier les voies de la paix. 

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Source: Le Parisien


Mots-clés : ingérencelybiesyrie
Rédigé par Chevenement.fr le Dimanche 1 Septembre 2013 à 08:36 | Lu 234 fois

VIDEO. "Il n'y aura pas d'intervention en Syrie ce week-end"

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VIDEO. "Il n'y aura pas d'intervention en Syrie ce week-end"

La correspondante de France 2 à Washington, Maryse Burgot, analyse l'intervention de Barack Obama, samedi.

(FRANCE 2)

Syrie : Barack Obama va demander au Congrès américain d'utiliser la force militaire contre Damas

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Syrie : Barack Obama va demander au Congrès américain d'utiliser la force militaire contre Damas

Le président américain s'est exprimé samedi à la maison Blanche, annonçant qu'il avait retenu l'option de frapper la Syrie à distance. Une décision qui n'interviendra donc pas avant le 9 septembre, date de reprise des travaux du Congrès américain.

                           Barack Obama, le président américain, entouré de Joe Biden, le vice-président, et de John Kerry, secrétaire d'Etat, le 30 août 2013 à la Maison Blanche, à Washington.
Barack Obama, le président américain, entouré de Joe Biden, le vice-président, et de John Kerry, secrétaire d'Etat, le 30 août 2013 à la Maison Blanche, à Washington. (PETE SOUZA / THE WHITE HOUSE / AFP)

à lire sur le Monde.fr, dimanche 1er septembre 2013

                                       
DIMANCHE 1 SEPTEMBRE 2013 
 
 Barack Obama à la Maison Blanche, le 31 août 2013. 
Syrie : Obama gagne du temps mais le pari est risqué
 
Le président américain a pris le monde par surprise samedi 31 août en décidant d'attendre un feu vert du Congrès avant une opération militaire contre le régime de Bachar Al-Assad.
 
 
 
 Teddy Riner, la classe six étoiles. 
Teddy Riner, la classe six étoiles
 
Le champion olympique des lourds (+ 100kg) s'est adjugé, à 24 ans, un titre mondial supplémentaire samedi à Rio de Janeiro.
 
 
 
 Sur la place de la Concorde, le 31 août. 
Mariage homosexuel : quelques centaines d'opposants à la Concorde
 
Les "veilleurs" ont marché par petits groupes vers la place de la Concorde, à Paris, malgré l'interdiction de la préfecture de police.
 
 
 
 Jean-Marc Ayrault a présenté mardi sa nouvelle réforme des retraites. Quel impact va-t-elle avoir sur chaque citoyen ? L'exemple en patates avec la famille Kartoffeln. 
La réforme des retraites expliquée en patates
 
Quel impact vont avoir les mesures sur chaque citoyen : étudiant, actif ou retraité ? Nos explications en patates, avec la famille Kartoffeln.
 
 
 
 Des taux de radioactivité élevés ont été mesurés près de six réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima. 
Radioactivité élevée près de quatre réservoirs de la centrale de Fukushima
 
Dimanche en début de matinée, les travailleurs de Tepco poursuivaient les recherches mais ignoraient toujours la cause de cette radioactivité.
 
 
 
 Photographie aérienne non-datée du quartier général de la National Security Agency (NSA) à Fort Meade, dans le Maryland. 
Les renseignements américains auraient lancé 231 cyberattaques en 2011
 
Sur la base de documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden, le "Washington Post" évoque une campagne d'intrusion informatique massive.
 
 

Et aussi 
 
 Le défenseur ivoirien d'Evian Brice Dja Dje Dje (à gauche), à l'accroche avec le milieu de terrain lyonnais Rachid Ghezzal, le 31 août, à Annecy. 
Championnat de France : Lyon coule, Lorient bat Valenciennes
 
Lyon s'est écroulé sur la pelouse d'Evian (2-1), avec une quatrième défaite consécutive toutes compétitions confondues. Le PSG a évité sur le fil l'écueil contre Guingamp (2-0).
 
 
 
 Les Auvergnats ont marqué quatre essais, contre un seul pour les Toulousains. 
Top 14 : victoire de Clermont face à Toulouse (38-19)
 
Les Auvergnats ont vaincu le Stade Toulousain lors de la troisième journée du Top 14, en marquant quatre essais.
 
 
 
 Des Femen manifestent devant l'ambassade d'Ukraine à Berlin, le 29 août 2013. 
Des fondatrices de Femen "fuient" l'Ukraine
 
Ces militantes craignent des poursuites après la découverte d'armes dans leur bureau de Kiev.
 
 
  
 | LE JOURNAL DATÉ DU 1 SEPTEMBRE
 
 
Charlotte Rampling : "pour "Dexter", les producteurs avaient besoin de sang frais"
 
L'actrice britannique incarne le docteur Evelyn Vogel dans la huitième et dernière saison de la série américaine.
 Lire le journal
 
 La police accompagne l'adolescent condamné à trois ans d'emprisonnement pour le viol d'une étudiante survenu à New Delhi en décembre 2012. 
L'un des auteurs d'un viol collectif en Inde condamné à trois ans de prison
 
Il a été condamné à trois ans de prison pour sa participation au viol collectif d'une étudiante en décembre 2012. Une affaire qui avait provoqué une vive émotion dans le pays.
 
 
 
 Réunion de célibataires organisée par la municipalité de Séoul. 
Speed dating d'Etat en Corée du Sud
 
Après 40 ans de politique de dénatalisation, le taux de fécondité à Séoul est ridicule. L'Etat tente de renverser la tendance en parrainant des réunions pour célibataires.
 
 
 
 Anne Hidalgo arriverait en tête du second tour des municipales de Paris, selon un sondage Ifop pour le JDD. 
Municipales de Paris : Anne Hidalgo l'emporterait au second tour
 
Selon un sondage Ifop pour le "Journal du Dimanche", la socialiste Anne Hidalgo l'emporterait par 52,5 % des voix contre 47,5 % à son adversaire de l'UMP.

 
"François Hollande se recentre en cette rentrée"
Thomas Wieder, journaliste au service politique chargé du suivi de l'Elysée et de Matignon, revient sur l'entretien que le président de la République a accordé au Monde.
 
Au "Boucher végétarien", de la viande sans viande
 
Lâcher de taureaux à l'américaine
 
Continental : 680 licenciements invalidés
 
"Rayman Legends" : l'épisode de la "maturité"
 
 

IDÉES DE LECTURES POUR L’ÉTÉ - 6 sur 6 ,Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

IDÉES DE LECTURES POUR L’ÉTÉ - 6 sur 6 

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 31 août 2013. 

Comme ces quatre dernières années, le M’PEP propose des idées de livres à lire cet été dans différents domaines. Ces livres sont choisis parce que des militants du M’PEP les ont trouvé utiles, nécessaires, indispensables, ou tout simplement parce qu’ils les ont aimé. Ils ont tous un lien, évidemment, avec le combat que nous menons : lutte contre le capitalisme ; construction d’un socialisme du XXIe siècle ; ré-identification de la gauche ; combat pour la République, la souveraineté nationale et populaire, internationaliste, politique, social, culturel et idéologique… Cette année, six listes vous ont été proposées, voici la dernière qui comporte des ouvrages signalés par nos lecteurs.
 
  • Pour retrouver la liste n° 1 diffusée le 12 juillet, consacrée à la Seconde Guerre mondiale, la Résistance et le Conseil national de la Résistance, cliquez ci-dessous :
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3395

Sommaire de la liste 6

Pour retrouver les livres de la catégorie qui vous intéresse, cliquez sur le titre ci-dessous :

Seconde Guerre mondiale, résistance, Conseil national de la Résistance
 
1.- Comprendre les crises, l’économie, la finance, le capitalisme, le socialisme
2 - L’Europe, l’Union européenne, l’euro et sa crise, l’eurolibéralisme
3.- État, nation, République, souveraineté, peuple, démocratie, laïcité, sciences, culture, enseignement
4.- Politique
5 - Histoire
6.- Social
7.- Idées
8.- Monde
9.- Romans, littérature du monde


Pour accéder à la totalité de la LISTE N° 6, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/spip.php?article3409


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