Translate

lundi 3 décembre 2012

Après les élections : Obama renforce les tendances guerrières au Moyen-Orient


Un article du WSWS

http://www.wsws.org/fr


Après les élections : Obama renforce les tendances guerrières au Moyen-Orient

Par Bill Van Auken 
3 décembre 2012
La guerre en Syrie, décrite par une large couche de gens soi-disant politiquement libéraux et « de gauche » comme une crise qui exigerait une intervention « humanitaire », a émergé de manière de plus en plus claire comme un exercice de conquête sans merci et brutale. Washington et toutes les grandes puissances se sont liguées pour fomenter une guerre civile sectaire et sanglante, et pour préparer une intervention militaire toujours plus directe visant à faire tomber le régime de Bashar el-Assad et à préparer une guerre bien plus importante contre l'Iran.
Le gouvernement d'Obama prépare une « intervention plus profonde » en Syrie pour « contribuer à retirer le président Bashar el-Assad du pouvoir », a rapporté jeudi dernier le New York Times.
La une du Times s'appuyait sur les déclarations d'un « stratège » et de « hauts responsables de l'administration » anonymes. Invariablement, ce genre de fuites adressées aux médias visent à préparer l'opinion publique à ce qui est à venir, ou, plus probablement, à ce que Washington a déjà commencé à faire en secret.
L'article note que le gouvernement Obama et l'OTAN devraient approuver la demande turque de déployer des batteries de missiles Patriot à la frontière de ce pays et de la Syrie la semaine prochaine. Si le prétexte pour un tel déploiement est de protéger la Turquie d'une menace inexistante d'attaques de missiles syriens, son objectif réel, suggère le Times, est « d'intimider » les forces aériennes syriennes et de les empêcher de bombarder la zone de la frontière Nord de la Syrie dont les "rebelles" soutenus par l'occident se sont emparés.
Cela ouvrirait en retour la voie à la déclaration d'une zone d'interdiction aérienne et à l'imposition d'un régime fantoche sur le territoire dit « libéré », une étape cruciale dans la préparation d'une intervention plus directe des États-Unis et de l'OTAN.
De plus, toujours d'après le Times, les éventualités envisagées par le gouvernement d'Obama comprennent celle « de fournir directement des armes aux combattants de l'opposition plutôt que de continuer à ne passer que par d'autres pays, notamment le Qatar, pour le faire, » et d'agir pour « insérer des officiers de la CIA ou de services de renseignements alliés sur le terrain en Syrie, pour œuvrer plus étroitement avec les combattants de l'opposition dans les zones qu'ils contrôlent maintenant largement. »
L'article affirme que toutes ces options ont été discutées « avant les élections présidentielles, » mais que la réélection d'Obama « a rendu la Maison Blanche plus encline à prendre des risques. »
Les implications politiques sont claires. Pendant qu'Obama et ses aides discutaient d'une agression militaire américaine plus directe en Syrie avant le 6 novembre, ils voulaient reporter l'application de ces plans jusqu'après la fin de l'élection, s'assurant ainsi que l'intensification du militarisme ne serait pas une question évoquée lors des débats politiques plus larges. Tout comme son prédécesseur à la Maison Blanche, l'objectif d'Obama est d'entraîner le peuple américain dans une guerre sans les avoir prévenus, et encore moins avoir demandé leur consentement.
Le soutien bipartisan à ces plans de guerre au sein de l'élite dirigeante américaine a été énoncé clairement dans une chronique de Condoleeza Rice, ministre des affaires étrangères et conseillère à la sécurité nationale de George W. Bush, publiée dans le Washington Post la semaine dernière.
Rice termine son article par une admission que la course à la présidence exigeait une courte pause dans l'escalade de l'intervention militaire en Syrie. « La guerre ne se calme pas au Moyen-Orient, » écrivait-elle. « Elle se lance dans un crescendo. Nos élections sont finies. Maintenant, l'Amérique doit agir. »
Rice défend à peu près les mêmes propositions que celles qui sont citées par le Times, y compris l'imposition d'une zone d'interdiction de vol et l'envoi direct d'armes américaines aux prétendus rebelles.
Elle affirme que « la grande erreur de l'année passée a été de définir le conflit avec le régime de Bashar el-Assad comme un conflit humanitaire. » Oui, admet-elle, « de nombreux innocents ont été massacrés, » mais « il y a bien plus en jeu. »
Ce qui est en jeu en Syrie, suggère Rice, ce n'est pas simplement l'imposition d'un régime fantoche soutenu par les États-Unis dans ce pays en particulier. Mais plutôt la réorganisation néo-coloniale de toute la région. « Elle affirme qu'à l'exception de l'Égypte, de la Turquie et de l'Iran, « tous les autres pays importants sont des créations modernes, créées par les Britanniques et les Français qui ont tracé des frontières sur un coin de table. » L'implication évidente est que l'on peut se passer de ces « Etats artificiels », redessiner les frontières et refaire la région stratégiquement vitale et riche en pétrole suivant les intérêts de l'impérialisme américain.
C'est un projet dans lequel Rice elle-même a été intimement impliquée, avec le lancement des guerres américaines en Afghanistan et en Irak. Il a été poursuivi l'an dernier dans la foulée des soulèvements de masses en Tunisie et en Égypte par les guerres en Libye et en Syrie.
Les instruments utilisés pour atteindre des objectifs aussi démesurés sont à la fois l'intervention américaine directe et l'agitation de conflits sectaires dans toute la région, avec l'alignement de Washington sur les régimes sunnites de Turquie, d'Arabie saoudite, du Qatar et des autres monarchies du Golfe – sans parler de la faction de l'islamisme sunnite qui a produit les attaques terroristes du 11 septembre et qui est maintenant la colonne vertébrale de la « révolution » syrienne – contre l'Iran et ses alliés. C'est le sanglant « crescendo » dont elle parle, un crescendo qui pourrait très bien entraîner d'autres puissances extérieures, dont la Russie et la Chine, et potentiellement coûter la vie à des millions de gens.
Ce qui se prépare est une redivision impérialiste de la région, tout à fait dans l'esprit du partage de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient auquel se sont livrées les grandes puissances avant la Première guerre mondiale.
Les régimes établis par les bourgeoisies nationales de ces pays sont organiquement incapables de s'opposer à cette reconquête. De plus, dans les pays qui sont visés, de la Libye à L'Iran, une base sociale substantielle a émergé parmi les classes les plus privilégiées et qui est prête à être re-colonisée et a bien plus d'affinités avec l'impérialisme qu'elle n'en a avec les travailleurs de son propre pays.
On peut en dire autant de toute une série d'organisations de pseudo-gauche aux États-Unis et en Europe, dont les positions politiques reflètent les intérêts des couches les plus privilégiées de la classe moyenne. Leur rôle dans ces développements est maintenant tout à fait clair pour tous. Elles ont toutes fait le sale boulot politique consistant à légitimer une campagne de conquêtes impérialistes comme étant une intervention « humanitaire », tout en décrivant la guerre sectaire sanglante qui est menée par les milices islamistes et les attentats suicides de terroristes comme une « révolution sociale. »
Cela va du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et du parti allemand La gauche, jusqu'aux capitalistes d'Etat du Socialist Workers Party britannique et de l'International Socialist Organisation américaine [une tendance anti-marxiste qui définissait l'Union soviétique comme un Etat capitaliste et refusait de la défendre contre l'impérialisme.]
Ces organisations, en dépit de leur nom, n'ont rien à voir avec le socialisme ou l'opposition au capitalisme. Dans leur alignement sur la guerre pour un changement de régime en Syrie, elles ont toutes fonctionné comme des auxiliaires de la CIA et sont profondément impliquées dans le crime aux proportions monstrueuses et historiques qui est en train de se déployer.
(Article original paru le 30 novembre 2012)

Jean-Luc Mélenchon est l'invité de « BFM Politique » sur BFMTV

Invité de « BFM Politique » sur BFMTV  <----Cliquer sur ce lien pour accéder à la vidéo
http://www.jean-luc-melenchon.fr <-----Cliquer sur ce lien pour accéder au blog de Jean-Luc Mélenchon


déc 1203

Invité de « BFM Politique » sur BFMTV

Ce billet a été lu 730 fois.
Dimanche 2 décembre 2012, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de "BFM Politique" sur BFMTV, interrogé notamment par Olivier Mazerolle.

12

Israël : Mélenchon pour des sanctions - Vidéo Dailymotion

Israël : Mélenchon pour des sanctions - Vidéo Dailymotion  <---  (cliquer sur le lien pour accéder à la vidéo)

  Israël : Mélenchon pour des sanctions

Le troisième projet de loi de finances rectificatif confirme l’offre de 20 milliards aux entreprises


Le troisième projet de loi de finances rectificatif confirme l’offre de 20 milliards aux entreprises

s'informerExaminé de nouveau, à partir d’aujourd’hui, par l’Assemblée nationale, le troisième projet de loi de finances rectificatif, pour l’année 2012, prévoit un déficit de 4,5 % en convergence vers les objectifs européens. Il offre, au nom du « pacte de compétitivité », 20 milliards de crédit d’impôts aux entreprises, équivalent à une baisse de 6 % des cotisations sociales sur les salaires de 1 à 2,5 SMIC.
Représentatif de la droite, Gilles Carrez, rapporteur UMP de la commission des Finances, se félicite de la « simplicité » et de l’ « automaticité » du dispositif.
Un malaise se fait jour parmi les députés socialistes : certains parlent  d’ « un chèque-cadeau ». Bruno Le Roux, président du groupe socialiste,  avertit qu’ « il n’est pas question d’introduire des conditions à l’attribution » du crédit d’impôts. Les députés socialistes ont, néanmoins, été autorisés à déposer des amendements explicitant que ce dispositif ne doit pas servir à augmenter les dividendes des actionnaires ou la rémunération des patrons.
Pour leur part, le Font de Gauche et les écologistes regrettent que les PME ne reçoivent pas assez, et ils regrettent qu’il ne soit pas prévu de sanctionner un dévoiement du crédit d’impôt.
En 2013, une loi est prévue pour fixer des « contreparties » en fonction des résultats de la négociation patronat-syndicats sur la flexibilité-compétitivité.
Ces 20 milliards doivent être financés par l’augmentation, sauf pour le taux minimum, de la TVA, l’impôt sur les marchandises qui pèse sur tous les salariés consommateurs.

dimanche 2 décembre 2012

Flexibilité du travail : un important rejet syndical compromet le « compromis historique » voulu par Hollande



Parti Ouvrier Indépendant
http://parti-ouvrier-independant.fr


Flexibilité du travail : un important rejet syndical compromet le « compromis historique » voulu par Hollande

s'informerVendredi, les négociations entre syndicats et patronat sur les propositions du MEDEF ont vu les syndicats divisés face à la flexibilité du travail, fragilisant l’avenir du « compromis historique » recherché par François Hollande.
Patrick Bernasconi (patronat) veut « avancer sur la sécurisation des parcours professionnels avec pas moins de 10 propositions de droits nouveaux » et exige « toute sa place » à la « flexibilité », notamment, en ramenant le délais de saisine des prud’hommes, en cas de licenciement, de cinq ans à un an, en créant le « CDI intermittent » et le « contrat de projet à durée indéterminée ».
La CFTC, la CGC et la CFDT limitent leurs critiques à certaines propositions : ce « vrai document de travail » est un « pas positif ».
FO et CGT rejettent le texte en bloc. Pour Agnès Le Bot (CGT), « ce n’est pas une négociation » , les propositions ne visent qu’ « à favoriser les licenciements ». Stéphane Lardy (FO), lui, déplore les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt accordés par le gouvernement aux entreprises pour améliorer leur compétitivité : « ça ne nous aide pas dans la négociation ».
C’est aussi la compétitivité qui est avancée par le gouvernement pour rejeter la nationalisation d’Arcelor-Mittal. Jean-Marc Ayrault, vendredi, dans sa déclaration (point 4), a rappelé que, selon lui, « c’est par le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi que nous allons reconquérir la compétitivité ». Il a précisé que cela se ferait « par la mobilisation de tous les acteurs, sur l’impulsion de l’État ».

samedi 1 décembre 2012

Florange : une nationalisation est toujours possible, avertit Montebourg

 à voir sur http://lci.tf1.fr


Florange : une nationalisation est toujours possible, avertit Montebourg






http://lci.tf1.fr/economie/entreprise/florange-une-nationalisation-est-toujours-possible-avertit-7704394.html



Florange : une nationalisation est toujours possible, avertit Montebourg

Mis en ligne le 01 décembre 2012 à 20h55, mis à jour le 01 décembre 2012 à 22h24
Partager
À lire aussi
Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a affirmé samedi sur TF1 que la nationalisation de Florange, écartée par le gouvernement dans son bras de fer avec ArcelorMittal, était toujours possible si Lakshmi Mittal ne tenait pas ses engagements.
Le président François Hollande, qui a reçu "longuement" Arnaud Montebourg  samedi matin, lui "a déclaré que la question de la nationalisation temporaire restait sur la table car c'est une arme dissuasive. Si M. Mittal ne tient pas ses engagements, l'Etat prendra ses responsabilités", a déclaré le ministre sur TF1.
Arnaud Montebourg, dont c'était la première intervention médiatique depuis  l'annonce du compromis passé entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le  géant mondial de l'acier, a déclaré ne pas se sentir désavoué par le fait que sa proposition de nationalisation n'a pas été retenue.

"Si j'avais dû me sentir désavoué je n'aurais pas été seul car plus de 63 % des Français soutenaient cette proposition qui est une forme d'arme pour la  puissance publique pour se faire respecter", a-t-il déclaré.
M. Montebourg s'était beaucoup engagé dans le bras de fer entre le  gouvernement et ArcelorMittal, plaidant pour une nationalisation temporaire du  site avant sa revente à un investisseur privé.

Cette option n'a pas été retenue et les services du Premier ministre ont eu des mots peu amènes pour le travail d'Arnaud Montebourg, affirmant que ce n'était  "pas solide" et "pas bordé". Le Premier ministre s'est fendu samedi d'un  communiqué d'hommage à M. Montebourg, mais il avait auparavant estimé que le  repreneur présenté par le bouillant ministre n'était pas "crédible".

"C'est un patriote qui s'est engagé avec ses fonds personnels, son expérience, le sérieux qui est attaché à tout cela et le gouvernement lui doit le respect et lui rend un hommage", a répliqué le ministre, ajoutant que "le président de la République le recevra pour le remercier de ce qu'il s'est préparé à faire".
Interrogé par l'AFP, le ministère du Redressement productif a déclaré que le repreneur potentiel avait demandé à ce que son anonymat soit préservé.

La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

Un article du WSWS   http://www.wsws.org/fr


La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

Par Chris Marsden 
1 décembre 2012
Jeudi 29 novembre, l’Assemblée constituante égyptienne a commencé à voter sur la nouvelle constitution dans une initiative agressive des Frères musulmans et du président Mohamed Morsi.
Alors qu’elle a pour dessein de contrer un éventuel défi juridique, son objectif plus important est de rassembler la base sociale des Frères contre les protestations de masse qui sont survenues après que Morsi s'est lui-même octroyé, jeudi dernier, des pouvoirs dictatoriaux. Elle vise aussi à préparer une contre-offensive de l’armée.
La décision cherche à anticiper un arrêt pris dimanche par la Cour constitutionnelle suprême qui aurait pu dissoudre l’assemblée et statuer sur la légitimité de la chambre haute du parlement égyptien, le Conseil de la Shura dominé par les Islamistes. La cour avait dissout en juin la chambre basse du parlement, l’Assemblée du peuple.
Les Frères demandent un vote sur la constitution qui conférerait une façade pseudo-démocratique aux efforts entrepris pour consolider leur pouvoir et celui de l’armée égyptienne – représentant collectivement les forces dominantes au sein de la bourgeoisie. Une fois adoptée, Morsi est obligé de soumettre la constitution à un référendum dans les quinze jours qui suivent. Des élections auraient lieu début 2013.
Dans une interview accordée jeudi soir à la télévision publique égyptienne, Morsi a dit que si une nouvelle constitution était adoptée, le décret de la semaine passée « ne serait plus valide. » L’implication est que si la constitution n’est pas approuvée, Morsi continuera d’exercer des pouvoirs exécutifs illimités.
Alors que peu d’attention a été accordée jusqu'ici à la nouvelle constitution, l’élément de loin le plus important en est l’effort qui est poursuivi pour sauvegarder les privilèges et le pouvoir de l’armée. Ceci a pour but un réaménagement de l’alliance entre les Frères musulmans et l’armée de laquelle dépend le sort de la bourgeoisie si elle veut affronter l’opposition populaire grandissante.
L’Assemblée constituante a approuvé des articles stipulant que le budget de l’armée ne sera toujours pas soumis au contrôle du parlement. Ceci est crucial pour, en premier lieu, dissimuler l’implication massive de l’armée dans l’économie qui contrôle environ 40 pour cent du PIB. Il s’agit aussi de cacher à la classe ouvrière l’ampleur de l’appareil répressif militaire.
La constitution comporte aussi un article autorisant le procureur militaire à juger des civils pour des délits « causant un préjudice aux forces armées, » comme l’a proposé le dirigeant du parti des Frères, le Parti de la justice et de la liberté, Mohamed al-Beltagy.
Elle met en place un Conseil de défense national dirigé par Morsi et qui comprend le premier ministre; les ministres de la Défense, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Intérieur ; le chef du renseignement ; le chef d’état-major des forces armées ; les commandants de la marine, des forces aériennes et de la défense aérienne ; le commandant des opérations de l’armée et le chef du renseignement militaire. Selon un article s’y rapportant, le ministre de la Défense, doit être un officier de l’armée et assurer la fonction de commandant en chef des forces armées.
Ce conseil décidera des questions de sécurité nationale, du budget militaire et il sera consulté sur toutes les lois futures liées à l’armée. L’article permet que d’autres pouvoirs non définis soient octroyés au conseil.
On ne pourrait trouver avant-projet plus évident en vue d'une dictature militaire à venir.
Morsi a, de plus, tenté de lier les efforts entrepris pour recourir aux préjugés religieux dans le but de rassembler les couches les plus arriérées des travailleurs et des paysans, au rejet des exigences les plus extrêmes formulées par ses alliés au sein des groupes salafistes. L’objectif est de faire qu'il soit plus facile aux Etats-Unis et aux puissances européennes de soutenir son coup de force. L’assemblée a donc voté de maintenir la charia, ou loi islamique, en tant que « principale source de la législation » – comme c’était le cas sous le régime déchu d’Hosni Moubarak.
Cependant, la constitution n’inclut pas les appels du Parti al-Nour pour que l'on remplace la référence aux « principes » de la loi de la charia par le terme de « règles. » Elle stipule aussi que la chrétienté et le judaïsme seront la « principale source de la législation » pour les chrétiens et les juifs égyptiens. L’article 219 donne la définition de la loi islamique en termes de jurisprudence musulmane sunnite et qui est ancrée dans l’autorité de la mosquée Al-Azhar et de l’université.
La déclaration de Morsi de la semaine passée a établi qu’il n’y aurait pas de recours contre les décrets constitutionnels lancés depuis son arrivée au pouvoir et qu’il pourrait prendre toute mesure nécessaire pour « protéger la révolution » ou pour sauvegarder la sécurité nationale. Face à l’opposition croissante de centaines de milliers, Morsi a promis d’abandonner ses pouvoirs dès qu’une nouvelle constitution serait instaurée. Il a rassuré les magistrats de haut rang, dont la plupart ont des liens avec l’ancien régime, que les décrets ne s’appliqueraient qu’aux « questions de souveraineté » visant à protéger les institutions en leur permettant ainsi de dormir sur leurs deux oreilles dans leur lit fort confortable. Les magistrats ont toutefois appelé, fait sans précédent, à une grève.
La nouvelle constitution montre très clairement que les Frères n’ont nullement l’intention de céder les pouvoirs qu’ils revendiquent. L’assemblée constituante a voté un article accordant au Conseil de la Shura le pouvoir de promulguer des lois jusqu’à ce qu’une nouvelle chambre basse du parlement soit élue. Ainsi, les pouvoirs accumulés par Morsi ont tout simplement été transférés à une organisation dominée par les Islamistes.
Les Frères méprisent ouvertement leurs adversaires bourgeois. Onze des membres libéraux de l’Assemblée constituante qui se sont retirés pour protester contre le précédent décret de Morsi, en même temps que des représentants des trois principales églises d’Egypte, ont tout simplement été remplacés. Un tel mépris est attisé par la compréhension que le souci majeur des partis d’opposition est de garantir que l’hostilité à l’égard de Morsi et des Frères soit contenue dans des limites qui ne menacent pas les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie égyptienne et de ses partisans impérialistes.
L’une des onze personnes exclues du panel, en l’occurrence l’ancien ministre des Affaires étrangères de Moubarak et candidat présidentiel malheureux, Amr Mousa, s’est discrètement plaint à Reuters en disant, « C’est aberrant et c'est une démarche qui ne devrait pas être faite compte tenu du contexte de colère et de ressentiment existant au sein de l’actuelle assemblée constitutionnelle. »
Mohammad Abdel-Alim Dawoud du Parti Wafd qui s’est également retiré, a lancé le même avertissement, « Si les Frères continuent dans cette voie, cela aggravera davantage les choses parce qu’il n’y aucune intention de parvenir à un consensus. »
Morsi fonde ses calculs sur le feu vert qu’il a reçu des puissances occidentales. Washington et ses alliés considèrent les Frères comme étant avant tout une force importante pour maintenir l’ordre au Moyen-Orient, comme l’a prouvé le rôle qu’ils ont joué dans l’établissement de régimes pro-occidentaux en Tunisie et en Libye, au sein du mouvement d’opposition en Syrie et dans les récents efforts de Morsi pour garantir un cessez-le-feu après le bombardement de Gaza par Israël. Ils cherchent également à faire collaborer les Frères avec l’armée pour réprimer l’opposition grandissante aux mesures d’austérité exigées par le Fonds monétaire international et qui ont déjà été à l’origine d’une vague de grèves.
Mercredi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr, a dit aux journalistes lors de sa participation à une réunion à Berlin avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, que les troubles politiques n’affecteraient pas les négociations égyptiennes avec le FMI sur un accord de prêt de 4,8 milliards de dollars. Le même jour, le cabinet ministériel a dévoilé son plan de réformes économiques promettant de faire passer, par voie de coupes brutales, le déficit budgétaire de 11 pour cent pour l’exercice financier 2011/2012 à moins de 5 pour cent d’ici 2016/17.
Une manifestation de masse contre Morsi a lieu aujourd’hui, et qui a été appelée par ses adversaires officiels. Mais, avec la menace grandissante d’une répression militaire, tout dépend à présent de l'éventualité d'une rupture de la masse des travailleurs et des fermiers pauvres d'avec ces forces bourgeoises dans le but d'engager une lutte pour l’établissement d’organisations indépendantes pour la prise du pouvoir et la mise en place d’un gouvernement ouvrier.
(Article original paru le 30 novembre 2012)

Florange : le gouvernement a écarté la nationalisation temporaire


Florange : le gouvernement a écarté la nationalisation temporaire

s'informerLe Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé hier soir un accord avec le financier Lakshmi Mittal, propriétaire du site ArcelorMittal de Florange (Moselle). Il a ainsi clôturé le suspense qui planait autour d’une possible nationalisation temporaire du site, si Mittal n’acceptait pas d’en céder la totalité à un repreneur  annoncé par le ministre Montebourg.
Selon Jean-Marc Ayrault, Arcelor-Mittal s’engage à investir 180 millions d’euros sur cinq ans dans les laminoirs – qu’il entendait garder –,  à maintenir en état de fonctionnement les hauts fourneaux qu’il entendait fermer et qu’il maintient à l’arrêt, cela dans la perspective du projet ULCOS (captage de CO2), suspendu à un complément de financement de l’Union européenne. Les réductions d’effectifs qui affecteront les 629 salariés des hauts-fourneaux se feraient sans licenciements secs.
La déception est grande chez les sidérurgistes et chez les syndicats, qui avaient apporté leur soutien au projet denationalisation temporaire. Certains s’estiment « trahis » par le gouvernement qu’ils accusent d’avoir « menti tout au long ».  « Si le patron n’était pas Mittal, on aurait crié victoire »,  a dit Édouard Martin (CFDT), mais Lakhsmi Mittal   « n’a jamais respecté les engagements qu’il a pris » ajoute-t-il.
Le ministre du Travail, Michel Sapin dit comprendre le « scepticisme » mais explique que cette fois il y a investissement de Mittal et accord écrit, et que le gouvernement veillera à son respect.  Arnaud Montebourg ne s’est pas encore exprimé. Il devrait le faire dans le journal télévisé de TF1 ce soir.