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dimanche 5 octobre 2025

Rue89 avec L'OBS - Allons-nous tous finir en Bretagne ? - Dimanche 5 octobre 2025

 



Dimanche 5 octobre 2025

Allons-nous tous finir en Bretagne ? C’est la question que je me suis posée la semaine dernière, à la lecture des résultats d’un sondage publié par la radio Ici (ex-France Bleu). On y apprend que près de 3 Français sur 10 se disent prêts à déménager dans les années à venir pour habiter dans une commune moins exposée aux risques climatiques.

Cela m’a rappelé ce couple proche de la retraite, rencontré dans le Lot-et-Garonne, à l’été 2022. Ils venaient de vendre leur propriété, pourtant sublime, pour s’installer en Bretagne, exténués par la chaleur qui s’abat désormais sur leur village du Sud-Ouest. Un départ dicté par la recherche de davantage de confort, mais aussi par la crainte qu’une canicule ne finisse par les emporter.

Les Français ayant répondu au sondage plébiscitent eux aussi la péninsule bretonne, qui est de très loin la première destination envisagée. Sans grande surprise, c’est en Ile-de-France et dans les régions du Sud que l’on trouve le plus de candidats au déménagement… et c’est justement en Bretagne qu’on en trouve le moins. Preuve que les Bretons ont pleinement conscience de vivre dans un territoire « refuge ».

Cette croyance très ancrée mériterait pourtant d’être nuancée. Oui, les températures y sont plus fraîches qu’ailleurs, et les canicules plus rares. Sauf que la Bretagne compte en réalité parmi les régions les plus vulnérables au changement climatique, « avec un nombre élevé de communes pour lesquelles au moins trois risques sont identifiés »selon le Haut Conseil pour le Climat (HCC).

Mais qu’importe... Les résultats de ce sondage m’ont d’abord rassuré. Ils montrent que, malgré le matraquage anti-écolo actuel, le climatoscepticisme demeure résiduel. Le fait que le changement climatique aura des conséquences sérieuses est entré dans les têtes : seuls 4 % des Français interrogés pensent que son impact « restera acceptable et supportable ».

La suite de l’enquête m’a davantage refroidi. On y lit que le fatalisme gagne les Français : plus d’un tiers des interrogés pensent qu’il est déjà trop tard, un sentiment en forte progression. D’où, sans doute, ce désir de fuite vers une région en apparence plus clémente (c’est en Bretagne que la proportion de « fatalistes » est d’ailleurs déjà la plus forte).

Déménager pour échapper aux canicules ? Je n’y songe pas encore. Mais comment ne pas se reconnaître dans ces Français gagnés par un sentiment de résignation ?

Vous envisagez de déménager pour échapper aux canicules ou aux incendies ? Écrivez-moi : sbillard@nouvelobs.com

Sébastien Billard

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