Le déni. C’est sans doute le déni qui pousse le groupe hôtelier Raulic et la mairie de Saint-Malo, en Ille-et-Vilaine, à ignorer le fait qu’il n’est plus très pertinent, en 2025, de vouloir à tout prix construire un imposant complexe thalasso en bord de mer. Le projet relève de «l’illusion», alors que la ville bretonne «se protège déjà derrière un système d’endiguement pour faire face aux assauts de la mer» et que «son avenir est menacé par des risques de submersion marine et d’érosion côtière liées au changement climatique», résume Françoise Guilloret, présidente de l’association Dinard Côte d’Emeraude Environnement, interrogée par notre reporter Anaïs Moran dans l’enquête fouillée qu’elle consacre au sujet. Un cas d’école, symbole de l’obstination de beaucoup d’élus ou d’entreprises à «raisonner comme autrefois alors que la donne a changé», alors que le niveau de la mer devrait s'élever d'un mètre d’ici 2100 dans l'Hexagone.
Déni et obstination d’autant plus incroyables que tous les clignotants sont au rouge vif. Chaque jour tombent des nouvelles terrifiantes, montrant que le bouleversement climatique est déjà bien enclenché. Il a par exemple fait bondir la mortalité des arbres des forêts françaises de 125% en seulement dix ans. Pire : rien n’est fait, ou si peu, au niveau mondial, pour tenter de stopper la machine infernale. De sorte que les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont battu tous les records en 2024, celles de dioxyde de carbone ayant même connu leur plus forte hausse depuis 1957. Heureusement, bien sûr, l’aveuglement n’est pas généralisé. Certains imaginent même comment réduire au maximum leur empreinte carbone en imaginant un drôle d’appartement «low-tech» du futur, comme le rapporte Marie-Eve Lacasse. On y lave ses vêtements au moyen d’un rameur lave-linge et on y cultive des champignons sous la douche. Histoire de se muscler et de se décrasser utile. 
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