| | | | par Jean-Marie Harribey C’est toujours après coup que l’on prend la mesure du danger qui était annoncé et qui finit par nous submerger. Mais c’est trop tard. Est-il alors encore temps d’interrompre le cours des choses, celui qui va de l’indifférence et de l’inaction vis-à-vis de la dégradation sociale et écologique engendrée par le capitalisme à l’impuissance sinon la compromission face aux guerres qui, de l’Ukraine à Gaza, sèment la mort, visent la déshumanisation des populations et la destruction des territoires ? | | |
| | | | Dossier : Basculement économique, monétaire et financier |
par Ludovic Desmedt Depuis quelques années, l’univers des paiements connaît des transformations considérables. Alors que dans la seconde moitié du XXe siècle, un partage des tâches s’était mis en place autour des banques centrales, des banques « secondaires » privées puis des firmes de paiement par carte (Visa, Master et American Express principalement), la crise de 2008 n’en finit pas de produire ses effets. | | |
par François Morin Depuis l’apparition du Bitcoin en 2009, les cryptomonnaies n’ont cessé de susciter curiosité, engouement et débats. Pour certains, elles représentent une révolution comparable à l’invention d’Internet : un système monétaire libre, ouvert et indépendant des banques et des États. Pour d’autres, elles ne sont qu’une bulle spéculative, trop instable pour devenir un véritable moyen de paiement. | | |
par Robert Guttmann La diffusion de jetons monétaires basés sur Internet est un vecteur socio-technologique potentiellement décisif dans la création d’un nouveau régime monétaire adapté à la numérisation progressive des économies capitalistes (R. Guttmann, 2003 ; T. Adrian et T. Mancini-Griffoli, 2021 ; E. Prasad, 2022). Une grande partie du monde, Chine et Union européenne en tête, se prépare à l’émission de pièces numériques (CBDC) par les différentes banques centrales. Mais les États-Unis ont choisi une autre voie. | | |
par Jean-Marie Harribey Deux livres ont été publiés à la fin du printemps dernier qui méritent d’être lus de façon complémentaire. L’un et l’autre se situent dans un même contexte, celui des transformations du capitalisme mondial, sous le double effet de la crise que celui-ci traverse et des avancées et risques de la révolution technique apportée par la dénommée intelligence artificielle (IA). Le premier de ces livres est de Dominique Plihon, Les capitalismes contemporains (Paris, La Découverte, Repères, 2025). Le second, dans la collection des « Partis pris de la Fondation Copernic », est de Nils Enderlin, Pierre Khalfa, Christiane Marty, Hugo Pompougnac, Linda Sehili, avec la contribution de Claude Serfati, Que faire de l’IA ? Entre risque et opportunité pour la transformation sociale et écologique (Vulaines-sur-Seine, Éd. du Croquant, 2025). | | |
par Patrice Grevet La rédaction de cette note est partie de la lecture très suggestive du livre publié en février 2025 par Cédric Durand Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ? (collections de l’Institut La Boétie, éditions Amsterdam). Elle est partie aussi de la lecture antérieure ou postérieure d’auteurs qui apparaissent comme des références dans celui de C. Durand : Alexandre Bogdanov au début du XXe siècle, Otto Neurath entre les deux guerres mondiales, Paul Cockshott et Allin Cottrell fin du XXe-début du XXIe siècle. D’une citation plus ou moins partielle par Cédric Durand d’un des quatre auteurs précédents, on ne peut pas tirer la conclusion d’un accord général. | | |
par Païkan Marcaggi Les deuxièmes rencontres inter-Atécopol se sont tenues à Toulouse du 1er au 3 juillet 2025 sous la forme d’une conférence ouverte au public intitulée « Réparer le futur – Réflexions et expériences depuis l’écologie politique ». À cette occasion, nous avons organisé une table ronde intitulée « Interroger l’écologie politique avec Marx » animée par Dominique Ami et Jean-Marie Harribey (économistes), Capucine Mouroux (doctorante en sociologie) et moi-même. Je suis neurobiologiste de formation et je mène en parallèle des recherches en économie marxiste et l’enseigne à l’université Aix-Marseille. | | |
par Jacques Perrat Les démarches de recherche-action que nous poursuivons avec les syndicalistes de la métallurgie visent à identifier la façon dont les entreprises se positionnent dans le vaste rebattage en cours des cartes de la concurrence, que ce soit en termes de stratégie productive ou en termes de gestion des « ressources humaines ». En 2004, la mise en œuvre de la nouvelle convention collective, analysée par les syndicalistes comme opérant une rupture dans le système de classification, nous a amenés à chercher à comprendre en quoi elle s’inscrivait dans l’ensemble des transformations étudiées. Nous avons donc tenté d’apprécier l’ampleur et la portée des changements ainsi opérés mais aussi d’en préciser le rôle dans l’adaptation de la variable travail aux impératifs de la profitabilité. | | |
par André Grimaldi La maladie chronique de notre système de santé se manifeste par la crise de l’hôpital public, particulièrement des Urgences, et par le développement des déserts médicaux. Les déserts médicaux sont le résultat programmé de quatre facteurs : la diminution drastique du nombre de médecins formés depuis le début des années 1970 jusqu’à la fin des années 1990, la liberté totale du choix du lieu d’installation des médecins libéraux, leur refus de délégation de tâches aux paramédicaux, la désertification plus générale de certains territoires ruraux et périurbains où les services publics ont été supprimés et où les commerces ferment. | | |
par Daniel Hofnung La biomasse forestière est-elle vraiment une solution à la transition énergétique ? L’exemple de la centrale biomasse de Gardanne (Bouches du Rhône) pose question. À l’origine, il s’agissait d’une centrale thermique de production d’électricité. Mise en service dans les années 1950 par les Charbonnages de France, elle a brûlé du charbon issu du bassin minier local jusque dans les années 1990. En 1981, des extensions, les tranches 4 et 5 ont été mises en service. Charbonnages de France s’est réorganisé en 1995 et c’est la Société nationale d’électricité et de thermique (SNET) qui a exploité la centrale en important du charbon jusqu’en 2008. Entre 2008 et 2019, un nouvel exploitant, le groupe allemand EON avec sa filiale UNIPER a assuré la production d’électricité à partir de lignite, puis a entrepris la conversion de la tranche 4 de l’usine à la biomasse. | | |
par Alain Accardo Mon ami Anatole Bergeret, qui est de la même génération que moi et semble avoir lui aussi mis le cap sur ses centièmes gémissants, m’a écrit récemment pour me tenir des propos étranges, un peu pince-sans-rire m’a-t-il semblé, dans un texte que j’ai trouvé intéressant de livrer, sans plus de commentaire, à qui voudrait en prendre connaissance. | | |
| | | | Débats : Proche-Orient, Gaza, un drame sans fin ... |
par Robert Hirsch Pour certains, notamment à droite, mais pas seulement, ces deux termes n’en font qu’un : l’antisionisme serait la nouvelle formulation de l’antisémitisme. Ce positionnement est rejeté dans la gauche radicale. Qu’en est-il ? Les drames vécus en Israël et Palestine depuis le 7 octobre 2023, l’explosion d’antisémitisme de ces derniers mois amènent à s’interroger à nouveau sur cette question, qui divise la gauche. Afin d’apprécier l’éventuelle relation entre antisionisme et antisémitisme, il convient d’abord d’exposer ce que fut le sionisme des origines avant de présenter les divers antisionismes pour tenter de conclure. | | |
par Jean-Marie Harribey L’écrivaine Brigitte Stora, de formation sociologique et psychanalytique, a publié l’essai L’antisémitisme, un meurtre intime (Bordeaux, Le Bord de l’eau, 2024). Il est issu de sa thèse de doctorat en psychanalyse « L’antisémitisme : un meurtre du sujet et un barrage à l’émancipation ? ». En un mot, l’antisémitisme est le nom du refus de l’Autre : refus de l’altérité, refus de la dette envers lui et refus de l’altérité en soi-même. Telle est la thèse de l’autrice défendue dans ce livre qui se déploie en trois parties. | | |
par Raymond Blet La Seconde Guerre mondiale, avec son cortège de massacres de masse, allant jusqu’à l’extermination quasi industrielle et planifiée de populations (notamment juives et tziganes) a amené en réaction (le « plus jamais ça »), à définir et codifier un ordre international, basé sur des traités auxquels adhèrent la presque totalité des États du monde. | | |
par Mona Chollet À la douleur, l’horreur, l’impuissance, la colère que l’on éprouve en regardant se dérouler à distance, depuis vingt-et-un mois maintenant, le génocide des Palestinien·nes, il s’ajoute, pour celles et ceux qui vivent en Occident, un profond malaise. Ce malaise est dû au fait de vivre dans des pays qui ont toujours considéré Israël comme étant le bon, la victime – civilisé, éclairé, rationnel, humaniste, de bonne volonté, vulnérable –, et les Palestinien·nes comme les méchants – barbares, obscurantistes, menaçant·es, agressif·ves, haineux·ses, dangereux·ses. | | |
par Bertrand Badie Dès les lendemains du 7 octobre 2023 et des massacres de Sderot, Gaza est sous les bombes. Le nombre de victimes rejoint à présent des sommets effrayants : ayant officiellement dépassé les 60 000, en août 2025, le total est de toute manière beaucoup plus élevé, car les statistiques ne peuvent pas intégrer celles et ceux qui sont toujours enfouis sous les décombres, ou tout simplement morts d’épuisement ou de maladie, et que la guerre empêche de soigner. | | |
par Gilbert Achcar En défendant et en armant Israël ces deux dernières années, les gouvernements occidentaux ont démontré la vacuité du droit international. Le génocide restera dans les mémoires comme un moment décisif de l’effondrement du libéralisme. Dans cet entretien réalisé par Elias Feroz, d’abord publié par Jacobin, l’auteur revient sur la radicalisation politique de la société israélienne, sur ce qu’il considère comme les erreurs de calcul stratégique du Hamas et sur la complicité assumée des États occidentaux dans le génocide en cours à Gaza. Selon lui, la guerre a levé le voile sur le prétendu ordre libéral international et a accéléré la montée en puissance des forces néofascistes à l’échelle mondiale. | | |
par Pierre Khalfa, Catherine Samary La revue Les Possibles a décidé de consacrer une partie de ce numéro à un débat sur la situation au Moyen-Orient dans le contexte post-7 octobre 2023. Ce débat doit pour nous ici se situer dans le cadre de l’altermondialisme, c’est-à-dire d’un internationalisme renouvelé. Il relève de plusieurs thèmes qui ont une relative autonomie les uns par rapport aux autres. Outre les débats de longue date sur le rôle et les effets de la violence – que nous abordons plus loin – deux de ces thèmes concernent les analyses du sionisme politique, de la nature de l’État d’Israël, compte tenu du processus qui a amené à sa création et du contexte palestinien. Un troisième thème faisant débat porte sur l’appréciation des transformations récentes (constitutionnelles) de l’État et de la société en Israël avec ses mouvements protestataires face au gouvernement Netanyahou et à ses alliés, avant le 7 octobre. | | |
par Sophie Bessis Il est une énigme dans la guerre menée par Israël à Gaza depuis près de deux ans, et qui semble ne pas devoir finir, c’est le soutien quasi inconditionnel de l’Europe à la conquête israélienne de ce qui reste de la Palestine, Gaza bien sûr, mais également la Cisjordanie. On n’abordera pas ici la position des États-Unis qui a au moins le mérite de la clarté : seules quelques nuances y séparent en effet les démocrates des républicains au point que l’on peut aujourd’hui se demander si Israël est toujours le bras armé de Washington dans un Moyen-Orient en feu, ou si Donald Trump a décidé de faire de la première puissance mondiale le supplétif de l’extrême droite israélienne. | | |
par Eric Toussaint Les BRICS+ sont une coalition hétéroclite rassemblant 10 pays (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud les 5 pays auxquels se sont ajoutés en 2024 l’Égypte, les Émirats Arabes Unis, l’Éthiopie, l’Indonésie et l’Iran). Les BRICS+ maintiennent et renforcent leurs échanges avec le régime néofasciste de Netanyahou en lui fournissant des combustibles, des aliments et en lui achetant des armes. Il faut dénoncer les principaux responsables de la poursuite du génocide que sont le gouvernement des États-Unis, la Commission européenne, le gouvernement britannique et les autres États d’Europe occidentale. Mais il est important de critiquer sans concession l’attitude des BRICS+ car ils laissent les autorités israéliennes mener leur politique criminelle sans prendre la moindre sanction économique. | | |
par Dominique Vidal Parfois, une photographie est plus parlante que de longs discours. C’est le cas ce celle-ci : elle représente Benyamin Netayahou s’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies – en l’occurrence face à l’écrasante majorité de sièges qui se vidèrent à l’annonce son intervention. On ne saurait mieux symboliser la solitude du Premier ministre israélien en pleine guerre de Gaza, dont il espérait qu’elle le sauverait. | | |
| | | | | | | | Adresse Attac, 5 villa de la Tourelle, 93100 Montreuil Directeur de la publication Jean-Marie Harribey Secrétariat de la rédaction Isabelle Bourboulon, Edgard Deffaud, Serge Gardien, Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Éric Le Gall, Christiane Marty, Pascal Paquin, Dominique Plihon, Ophélie Gath Responsables techniques Edgard Deffaud, Serge Gardien, Éric Le Gall, Pascal Paquin, Rémi Sergé Comité éditorial Sylvie Agard, Christophe Aguiton, Paul Ariès, Geneviève Azam, Daniel Bachet, Adda Bekkouche, Catherine Bloch-London, Martine Boudet, Saïd Bouamama, Isabelle Bourboulon, Thierry Brugvin, Thierry Brun, Alain Caillé, Claude Calame, Christian Celdran, Francoise Clement, Pierre Concialdi, Jacques Cossart, Annick Coupé, Thomas Coutrot, Christian Delarue, Vincent Drezet, Cédric Durand, Guillaume Duval, Mireille Fanon-Mendès-France, Daniel Faugeron, David Flacher, Fabrice Flipo, Pascal Franchet, Bernard Friot, Jean Gadrey, Susan George, Jérôme Gleizes, Gérard Gourguechon, André Grimaldi, Janette Habel, Nicolas Haeringer, Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Pierre Khalfa, Serge Le Quéau, Frédéric Lemaire, Christiane Marty, Gus Massiah, Antoine Math, Dominique Méda, Georges Menahem, Kako Nubukpo, Pascal Paquin, René Passet, Évelyne Perrin, Dominique Plihon, Thierry Pouch, Daniel Rallet, Jean-Claude Salomon, Catherine Samary, Serigne Sarr, Denis Sieffert, Vicky Skoumbi, Jean-Louis Sounes, Daniel Tanuro, Bruno Tinel, Michel Thomas, Éric Toussaint, Aminata Traoré, Stéphanie Treillet, Aurélie Trouvé, Patrick Viveret Le Comité éditorial rend hommage à ses membres disparus : Jacques Berthelot, Suzanne de Brunhoff, François Chesnais, Michel Husson, Isaac Johsua, François Lille, Pierre Salama, Jean Tosti. Contact avec la revue et soumission d’articles Les propositions d’articles nouveaux ainsi que les contributions répondant à des textes publiés dans les numéros précédents de la revue doivent être adressées au secrétariat de la revue : revue-cs-secretariat@list.attac.org La revue a noué un partenariat avec Mediapart à travers une « édition » créée sur son site. À chaque parution trimestrielle de la revue, un des articles est mis en ligne sur Mediapart. |
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