lu dans le DL du 2.03.2018
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
On achève bien
les chômeurs
Chez Casto, y’a tout ce qu’il faut, et même du cynisme à revendre !
L’enseigne bien connue des bricoleurs, désormais sous pavillon britannique,
supprime 446 postes dans l’Hexagone.
Face à la concurrence
grandissante, et faute d’avoir anticipé le commerce en ligne, le groupe
veut se restructurer.
Après mûre réflexion, il délocalise donc une partie de
ses emplois à Cracovie.
Le malheur des uns, mondialisation oblige, fera
le bonheur des autres.
Rien que du tristement classique, a priori.
Ainsi va
la logique ultra-libérale et tant pis pour les malchanceux qui restent sur le
carreau.
À quelques-uns, remarquez, on propose un reclassement.
Pourvu que les comptables s’improvisent vendeurs et que les analystes
deviennent caissières, au prix d’un long déménagement. Mais la
Direction va plus loin, elle demande aux futurs chômeurs « de rester
professionnel jusqu’au bout ».
C’est-à-dire de bien vouloir gentiment
former les ouvriers polonais appelés à prendre leur boulot !
Il faut oser.
Chez Tupperware, simultanément, se déroule un scénario presque
identique.
On propose aux virés de France d’aller expliquer le travail aux
salariés grecs et portugais qui fabriqueront désormais les fameuses
boîtes.
Ici, comme chez Castorama, avec la bénédiction des DRH ?
Il est
vrai que ceux-ci manquent parfois d’humanité, mais jamais de ressources.
Encore un effort, néanmoins, pour se hisser au niveau de l’économie
des Chinois.
L’esprit de rentabilité, chez eux, méprise totalement les
considérations sentimentales.
En la matière, l’Empire ignore le juste
milieu.
Là-bas, on fait ainsi payer à sa famille la balle qui tuera le
condamné à mort.
C’est la même logique, mais en plus raffinée.
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