Nous avons la preuve que les lobbys de l’agrochimie ont mené une vaste opération d’influence à Bruxelles pour faire aboutir leurs deux grands projets…
… démanteler les règles qui encadrent la vente de pesticides et faire passer en douce un cadre extrêmement permissif pour toutes les nouvelles biotechnologies.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : rien qu’en 2025, le lobby des fabricants de pesticides CropLife a rencontré à 18 reprises les cabinets de différents commissaires européens — plus que le total des cinq années précédentes. De son côté, le géant de l’agrochimie Bayer-Monsanto a obtenu 34 rendez-vous en une seule année (9) !
L’avalanche de reculs que l'on retrouve dans le texte de la Commission européenne montre à quel point les lobbys n’ont laissé aucune chance au Vivant.
Les mesures les plus scandaleuses sont soigneusement dissimulées derrière un jargon technique totalement opaque, chaque article étant méticuleusement écrit pour servir les intérêts mortifères de l’agrochimie :
>> Des pesticides reconnus comme hautement toxiques – cancérigènes ou perturbateurs endocriniens avérés – pourront continuer à être commercialisés dès lors qu’aucun produit équivalent n’est disponible immédiatement au même prix (10)…
… comme si l’agriculture biologique ne se passait pas déjà de ces poisons depuis des décennies !
Le raisonnement est brutal, assumé, glaçant : tout est sacrifié sur l’autel du profit – les pollinisateurs, les rivières, les sols, la biodiversité, notre santé à tous…Un comble pour un texte porté par un commissaire européen censé être en charge de la Santé et du Bien-être animal (11) !
>> Des pesticides dont l’usage a été autorisé de manière très limitée par un État membre – pour un usage sur de toutes petites parcelles (utilisation mineure), pourront être autorisés automatiquement dans tous les autres États membres et dans n’importe quelles conditions (utilisation majeure). Le texte fait purement et simplement disparaître la notion d'intérêt public jusque-là centrale dans le mécanisme d’extension de l’autorisation (12).
Et ce n’est pas tout !
Profitant de l’examen en procédure accélérée, les industriels de l’agrochimie font preuve d’un cynisme sidérant en tentant d’imposer un sujet sans rapport, le “biocontrôle”, désormais promu comme la nouvelle mascotte de l’agro-industrie.
Cette nouvelle catégorie, que l’agrochimie tente d’assimiler abusivement à des produits « à faible risque », engloberait en réalité toute une série de procédés high-tech sur lesquels nous n’avons strictement aucun recul scientifique.
Derrière ce mot rassurant se cache une manœuvre redoutable. Un tel classement permettrait aux nouveaux produits développés par les industriels d’échapper totalement aux évaluations – déjà largement insuffisantes – auxquelles ils devraient normalement être soumis.
Les industriels pourraient commencer à vendre leurs pesticides biotech avant l’autorisation officielle de la molécule active – transformant les procédures d’évaluation européennes en formalités complètement vides de sens.
L’agrochimie fait du détournement du langage une arme politique. La lutte biologique, pratique ancestrale et pilier de l’agroécologie, a été sciemment récupérée, vidée de sa substance et fondue par l’industrie dans la notion de “biocontrôle”…
… un mot destiné à infiltrer les institutions européennes et à déguiser les nouveaux produits des fabricants de pesticides en outils au service de la transition agroécologique.
Derrière ce vernis vert, la manœuvre est limpide : imposer une définition volontairement fourre-tout du biocontrôle tout en exigeant une dérégulation massive. À la clé, des produits pouvant être épandus sans traçabilité ni contrôle, échappant aux registres officiels et rendant toute enquête impossible en cas de pollution environnementale ou de scandale sanitaire. Une stratégie d’opacité organisée, au mépris de l’environnement et de la santé publique (13).
Ce texte est une menace directe pour les abeilles, les pollinisateurs, notre santé. Il ne doit pas passer !
Notre petite équipe, engagée à 200%, a besoin de votre soutien pour tenir face à cette offensive massive des lobbys et pour organiser la riposte sur les prochaines semaines !
Il n’y a pas de temps à perdre.
S’il vous plaît, soutenez-nous pour empêcher le détricotage de plusieurs décennies de mesures durement acquises pour protéger les abeilles et les pollinisateurs. |
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