Vendredi 23 janvier – #93 : Suivez Maurice Lévy!
BONJOUR ET BONNE ANNEE CHERS XOOMERS ! Mais qu’est-ce qui le fait encore courir ? Pour une prochaine interview dans le magazine O2 de l’Opinion, j’ai eu la chance de m’entretenir pendant plus d’une heure avec Maurice Lévy, dans son petit bureau avec vue imprenable sur l’Arc de triomphe. A 83 ans, lui-même triomphe national, le mythique président de Publicis, icône de la publicité mondiale, n’a rien perdu de sa superbe. A vrai dire, je n’ai jamais évoqué son âge, sans cesser pour autant de penser qu’il incarnait le « xoomers » dans toute sa splendeur.
Exigence. Pas d’ambiguïté lorsqu’on lui demande ce qui l’anime encore. « Le goût du succès », lâche-t-il sans réfléchir. Compétiteur un jour, compétiteur toujours. A vrai dire, ©ML – car oui, c’est une marque – ne voit pas pourquoi les ans devraient le transformer. On ne change pas une formule (un) qui gagne. Son entourage vous dira qu’il a gardé le même niveau d’exigence. Un « c’est pas mal » vaut chaudes félicitations. De ses jeunes années d’informaticiens, il a conservé la « rigueur du raisonnement » parce que « la rigueur permet la créativité ».
Attitude. Passer de la direction du numéro un mondial de la pub à la gestion d’un portefeuille familial où se côtoient SoLocal, Vivatech et ArtMajeur ? Maurice Lévy relativise la transition vers ce troisième acte de son incroyable carrière. Il investit désormais ses propres fonds, mais relativise. « J’ai toujours dirigé Publicis comme s’il s’agissait de ma propre entreprise. Je l’ai chérie, fait prospérer, protéger... » Pour le reste , il n’a rien modifié de son logiciel interne. Ni l’engagement, ni le mode de pensée, ni l’attitude.
Ambition. Ah oui, un autre invariant : il faut croître, toujours. Je l’interroge sur cette phrase, signée de lui : la taille ne vous disqualifie pas pour vivre, mais peut vous disqualifier pour grandir. Dans sa réponse, il surjoue l'évidence : « Bah oui ! ». Publicis était devenu trop grand à l'échelle de la France, mais restait trop petit pour conquérir le marché américain. Sa stratégie, raconte Maurice Lévy, il l’a construite à partir du placard d’un commerçant américain des années 1950 que ses concurrents accusaient d'être trop puissant : « Nul n’est petit volontairement ». ©ML rit aux éclats. Puis, plus sérieux, critique cet esprit français qui veut que tout ce qui est petit est mignon.
Réussite. Maurice Lévy a une notion très saine de la réussite. Certes, elle oblige, mais elle n’a pas de raison d'être dénigrée. Il dit : « Depuis la révolution française, on veut couper la tête aux riches. Et il est bien difficile de ne pas susciter la jalousie dans la réussite. » Encore faut-il lui donner un sens. Le publicitaire constate que le discret Zidane est admiré et aimé alors que Mbappé, touché par ses histoires d’argent, n’est qu’admiré. La marque ©ML est à l’abris du bad buzz. Et ce n’est pas un hasard : « Mon nom est un héritage. Et comme tout héritage, il faut le transmettre en meilleur état, être à la hauteur de ses ancêtres, c’est une exigence morale... » Et si c'était ça, le vrai moteur du xoomer Lévy ?
GénXO. GénXO, c’est un X comme eXpérience et un O comme Opportunité, pour les actifs suractifs de plus de 55 ans. Et puisque on appelle désormais les membres de la Génération Z les zoomers, je propose de baptiser notre communauté les xoomers. Partagez X’O, suivez-nous sur LinkedIn ! Et encore : très bonne année cher zoomers !
Rémi Godeau, rédacteur en chef de l’Opinion
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