| À DÉCOUVERT • «Le cas du juge est une illustration de notre vulnérabilité.» Aurore Lalucq, la présidente de la commission des Affaires économiques et monétaires au Parlement européen parle de la situation de Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale (CPI), qui a été, comme 8 de ses collègues, placé sous sanctions américaines. Ces 9 magistrats ne sont pas seulement interdits du territoire américain, leur vie quotidienne aussi a changé. Leurs comptes d’entreprises américaines ont été fermés, leurs moyens de paiement bloqués. Cela revient à être «interdit bancaire sur une bonne partie de la planète», a résumé Guillou dans le Monde. Depuis qu’elle est allée le rencontrer à la CPI à La Haye aux Pays-Bas le 9 décembre, l'eurodéputée Place publique enchaîne les rendez-vous. Objectif : «débloquer la situation personnelle du juge» et «accélérer sur l’indépendance de nos systèmes de paiement». À Bruxelles, avec plusieurs commissaires européens, à Paris avec le ministre de l’Économie Roland Lescure, le gouverneur de la Banque de France, ou encore à l’Élysée le 22 janvier, elle insiste sur le fait que la situation du juge Guillou pourrait arriver à tout le monde, en raison de la dépendance européenne sur les infrastructures de numériques et de paiement. Elle veut provoquer une «prise de conscience chez les décideurs du niveau de vulnérabilité dans ce domaine». Convaincue qu’il y a «un moment à saisir face à Trump», elle déplore le «silence d’une partie du business». Cela passe, selon elle, par le soutien financier à des entreprises européennes dans le cadre d’un «projet important d’intérêt européen commun», par la préférence de systèmes nationaux existants comme Carte bancaire ou encore par le développement de l’euro numérique. A.-S.L. | | Aurore Lalerte. Photo Xose Bouzas. Hans Lucas via AFP (2025) | DÉSIR D'UNION • À Amiens, ville de François Ruffin, on pourrait presque monter une équipe de foot avec les têtes de liste aux municipales. Mais l'équipe serait quand même assez déséquilibrée avec 7 joueurs entassés dans le couloir droit et 3 à peine à gauche. Face au maire sortant, Hubert De Jenlis, la gauche aligne sur le terrain, pour l'instant, trois formations : une socialiste tirée par Frédéric Fauvet et soutenue par les écolos ; une communiste menée par Léon Deffontaines soutenue par Debout de Ruffin ; et une insoumise portée par Samy Olivier, avec le soutien de Génération.s. Mais devant l'éparpillement de la droite et de l'extrême droite, la gauche se dit quand même que, ah tiens, il y a «un coup à jouer», dixit un partisan du rassemblement, pour faire basculer la ville détenue par le centre droit depuis 2014. Selon nos informations, la liste coco «Amiens en mieux» discute depuis une semaine avec les roses et les verts pour tenter de bâtir une liste commune. «Ils se bouffent à droite. Il y a une vraie opportunité de victoire avec un retentissement national puisque c'est la ville d'Emmanuel Macron», veut croire un artisan de cette liste qui insiste : «Si on fusionne, on peut l'emporter.» D'autant plus qu'aux législatives 2024, la gauche a empoché la mise dans les deux circos de la ville. Dans le deal en cours de négociation, les communistes seraient prêts à lâcher la tête de liste aux socialistes en échange de la présidence de la métropole. La répartition proposée sur les places éligibles serait «équitable» : ⅓ pour la liste Deffontaines, ⅓ pour les socialistes et ⅓ pour les écolos. Mais, comme souvent, l'union est un combat. Les verts la bloquent pour l'instant mais doivent se prononcer sur le sujet demain, en AG, pour décider ou non de poursuivre sur le chemin du rassemblement. «Les clés sont dans leurs mains», martèle notre source qui compte bien mettre un peu de pression sur les ouailles de Marine Tondelier. S.T. | INDICE 50 • Combien de 20h a fait Olivier Faure ces dernières semaines ? 2 ? 3 ? 4 ? 5 ? Même les socialistes ont perdu le fil tant le Premier secrétaire du PS est désormais un habitué de la grand-messe cathodique. À chaque évolution du débat budgétaire, le chef des roses s’est invité dans l’écran des Français. Parfois même sans annonce. «Ce qui est certain, c’est que l’ensemble de la séquence l’aura mis au centre du jeu politique et médiatique», se réjouit un de ses proches. Pour autant, le député de Seine-et-Marne qui songe à la présidentielle (même s’il a cessé de se raser) ne bouge pas d’un iota dans des sondages, qui lui promettent, pour l’heure, un score famélique. De quoi inspirer une formule à un parlementaire de son camp : «Faure, c’est le seul gars qui, même irradié de lumière, ne bronze pas.» S.N. | |
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire