On a bien cru, un instant, que les vacances de février et le soleil printanier de ce samedi auraient pu entacher la détermination des gilets jaunes turripinois à battre le pavé. Mais non. Ils sont arrivés par petits groupes, en début d’après-midi, sur le Champ-de-Mars. Et ce sont 300 personnes qui ont finalement pris part à l’acte XIV d’une mobilisation qui a débuté le 17 novembre dernier.
Symboliser le métier de chacun
Trois mois de lutte pour faire entendre leur indignation. Et une marque de fabrique locale : insuffler une pointe d’originalité dans ce mouvement de contestation. Après avoir fait défiler un cheval en tête de cortège, le 19 janvier dernier, les gilets jaunes étaient, cette fois, invités à venir déguisés, pour symboliser le métier de chacun. « On entend trop souvent le pouvoir dire que nous sommes des abrutis, que nous ne travaillons pas et que nous n’avons que cela à faire, de prendre d’assaut les ronds-points depuis toutes ces semaines. Il est temps que chacun comprenne que nous avons des familles, que nous venons de toutes les catégories socioprofessionnelles. Et que les difficultés à vivre décemment touchent l’ensemble de la société », soutient Damien.
« Le Grand Débat, c’est du bla-bla »
Même si, et c’est un autre trait saillant de la contestation à La Tour-du-Pin, la manifestation s’est déroulée dans le calme et dans une atmosphère bon enfant, çà et là émergent néanmoins des discours plus incisifs. Comme cet homme, qui a finalement quitté le cortège avant la fin : « Je rentre chez moi. Vous croyez vraiment que ça sert à quelque chose, ce qu’on fait là ? Tous les soirs, on est sur le rond-point. Le samedi, on est dans la rue. Pour faire quoi, au fond ? En 1968, la France s’est révoltée. Tant qu’on n’en arrivera pas là, on ne sera pas entendus. » Et le Grand Débat national, alors ? « Du bla-bla ! Il n’en sortira rien. Ou si peu. Et pas pour nous ! Ils se donnent bonne conscience, voilà tout. »
Difficile, au final, de dire ce qu’il adviendra de ce mouvement. Car il déjoue toutes les prédictions. La veille du 17 novembre, personne n’y croyait. Trois mois après, certains n’y croient plus. Mais une chose est sûre : la colère est toujours là.
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