Lu dans le DL du 21.02.2019
Gilles DEBERNARDI
Au bonheur
des SS belges
Le regain d’antisémitisme remet au goût du jour la citation
de Brecht : « Il est encore fécond le ventre qui engendra la
bête immonde ».
De fait, le IIIe
Reich a la vie dure.
On le
croyait définitivement englouti dans les ruines de Berlin
bombardé, mais non.
La nouvelle a de quoi étourdir : 27
Belges touchent toujours la prime pour « loyauté au régime
nazi » qu’Hitler instaura en 1941. Ils étaient 38 000 bénéficiaires à l’origine, avant que la mort n’éclaircisse le rang des
troupes vieillissantes.
Aux derniers survivants, la fidèle Allemagne s’obstine à verser l’ahurissante pension - entre 425 et
1 200 euros par mois, net d’impôt.
Avec un petit supplément
pour ceux qui servirent à Auschwitz ?
Va savoir, au train où
vont les choses.
Depuis des décennies, les anciens WaffenSS du plat pays continuent ainsi d’arrondir leur retraite.
Le
très équitable système prend aussi en compte les années
vécues en prison, après-guerre, pour cause de « collaboration ». L’administration germanique, dont chacun loue
l’austère rigueur, n’a jamais manqué le moindre virement.
Le salaire de la honte, coûte que coûte, sera réglé rubis sur
l’ongle jusqu’à l’ultime échéance.
Échapper à l’épuration,
passe encore, mais en sortir promu !
Ce n’est pas chez nous
qu’on verrait des choses pareilles.
Quoi que.
L’affreux René
Bousquet, dans les années 70, dînait encore à la table de
François Mitterrand.
Maurice Papon, légion d’honneur à la
boutonnière, a fini ministre sous Giscard.
Et combien
d’autres ?
On voit qu’en toute circonstance, surtout les
pires, des marioles voués à l’infamie continuent de prospérer.
Aujourd’hui comme hier, et bien moins que demain.
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