Lu dans le DL du vendredi 2 novembre 2018
LE BILLET
PAR FRÉDÉRIC AÏLI
Quatre Français sur dix
Il y a des sondages sur tout, sur rien.
Comme s’il y avait une nécessité à
radiographier en permanence notre société, ses espoirs comme ses tourments.
Des sondages surtout pour rien mais dans le lot parfois, quelques-uns qui nous
étonnent.
Quatre Français sur dix seraient prêts à confier la direction du pays à un
« pouvoir politique autoritaire » pour le réformer en profondeur, selon une étude
Ifop pour Ouest-France.
Une info dévoilée mercredi entre les masques d’Halloween et les chrysanthèmes.
Il ne manquerait plus qu’il pleuve…
On ne va pas se le cacher, il y a quand
même de quoi se gratter la tête à l’heure où le monde succombe un peu partout à
la tentation des extrêmes.
Et où la France, par la voix de son Président, fustige le
péril nationaliste. Comparant même notre époque aux années 30.
Quatre Français sur dix favorables à un pouvoir autoritaire.
Ben voyons…
« Savez-vous seulement ce qu’est une dictature Dolorès ? »
La réplique d’OSS
117, incarné par Jean Dujardin, aurait donc de beaux jours devant elle.
Même si la
réponse qu’il donne dans le film est un peu datée : « Une dictature c’est quand les
gens sont communistes, déjà, qu’ils ont froid, avec des chapeaux gris et des
chaussures à fermeture éclair. »
Reste maintenant à savoir comment les hommes
et femmes politiques français eux-mêmes vont accueillir ce résultat.
Pour se rassurer, on peut se dire que six de nos compatriotes sur dix y sont
encore opposés.
Que l’on est en France, le pays des Lumières et des manifs.
Alors… On peut aussi s’interroger sur ce que nous apprend ce sondage sur la
relation des Français avec le pouvoir politique. Compliquée, ambiguë, contradictoire.
Entre désir de réformes et conservatisme.
En élisant Macron, ils avaient
retourné la table.
Et aujourd’hui, voilà déjà l’ancien monde qui revient au galop.
De
qui parle-t-on quand Macron se repose à Honfleur ?
De Royal et Sarkozy de
nouveau à la Une, après la tournée en fanfare de Hollande.
Car si les États-Unis ne
pardonnent pas l’échec, en France, un politique peut toujours croire à d’autres
lendemains pour promettre des mondes meilleurs.
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