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17 NOVEMBRE
Entre exaspération et instrumentalisation
lundi, 29 octobre 2018
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux
comme les grands médias se font l’écho d’un appel à « bloquer
» le pays pour condamner la hausse du prix des carburants.
Si la colère peut s’entendre car le prix des
produits pétroliers devient exorbitant et intenable, il est
nécessaire de regarder de près les contours de cette initiative.
Il faut examiner, aussi, avec attention les
enjeux réels liés au pouvoir d’achat des Français, en lien avec
les dispositifs et autres prélèvements assurant notre modèle
social et la solidarité nationale.
L’appel lancé un samedi, sans réelle
ambition de bloquer l’économie, s’appuie sur une colère
légitime mais dont les ressorts sont obscurs et les solutions
préconisées pour sortir de cet engrenage sur le long terme
demeurent floues, voire dangereuses pour le monde du travail.
Plusieurs partis d’extrême droite semblent
être à la manœuvre.
Ils se font le relais d’une action qui,au
final, encouragera à mettre taxes, impôts et peut-être demain
cotisations sociales dans une même logique, alors que chaque
dispositif joue un rôle différent et déterminant dans le cadre de
notre modèle social et républicain.
Nous sommes clairement dans une
instrumentalisation de l’exaspération !
Effectivement, depuis un an, les prix à la
pompe ont grimpé de 23 % pour le diesel et de 14 % pour l’essence,
dépassant dans les deux cas 1,50 euro le litre ; des taxes qui, à
l’image de la TVA, sont les impôts les plus injustes, frappant,
sans discernement, nos concitoyens comme les travailleurs de ce pays.
Le patronat des sociétés de transport, pourtant exonéré de
certaines taxes,
joue un rôle sournois, espérant à terme de
nouvelles concessions profitant aux lobbies routiers.
Il est évident que le gouvernement veut
trouver une manne financière importante après plusieurs mois de
cadeaux fiscaux aux plus fortunés, faisant suite à de nombreux
allégements et autres aides au patronat qui ne donnent, par
ailleurs, aucun résultat économique
Le gouvernement cherche donc plus à boucler
son budget qu’à répondre à l’urgence de transition énergétique
face aux enjeux environnementaux.
Le gouvernement met en difficulté des millions
de Français qui, pendant des années, ont été encouragés à
investir dans des véhicules diesel.
Il semble plus guidé par la volonté de
ponctionner
que de préparer la transition écologique, il
va empocher d’ailleurs plus de 23 milliards d’euros de taxes sur
les énergies fossiles, alors qu’il va consacrer seulement 3
milliards d’investissement aux énergies renouvelables.
Nous le savons, les salariés, les retraités,
les privés d’emploi aux revenus les plus faibles sont les
premières victimes aujourd’hui des stratégies géopolitiques des
pays riches, des spéculations sur les produits pétroliers.
Et, il nous faut apporter des réponses
précises – avec des financements
adéquats – aux questions énergétiques et
de transport mettant à contribution les entreprises, en créant un
pôle public de l’énergie, notamment pour piloter les ressources
et les matières premières en vue de répondre aux besoins humains
et au respect de l’environnement.
Dans le même temps, il faut impérativement
ouvrir partout des négociations salariales, gagner l’augmentation
des pensions, des minimas sociaux, en se mobilisant massivement dans
les entreprises et établissements et relever le smic à 1800 euros.
Des ambitions peut-être moins tapageuses mais
plus à même de répondre durablement aux besoins des travailleurs !
Montreuil, le 29 octobre 2018
http://cgt.fr/Entre-exasperation-et-instrumentalisation.htm
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