ABEL FERRY
1881-1918
C’était un soldat au gouvernement. Il a en effet vécu la guerre en haut et en bas, membre du gouvernement et officier dans les tranchées.
Après sa réélection de député dans la deuxième circonscription d’Epinal, ce neveu de Jules Ferry entre le 14 juin 1914 comme sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement de René Viviani.
La Grande Guerre éclate. Abel Ferry fait casser la décision de réforme le concernant à cause de sa tuberculose contractée en 1903 et part pour le front le 03 août 1914. Il rejoint le 166ème régiment d’infanterie de ligne à Verdun. A cet effet, il démissionne du gouvernement. Démission refusée ! Mais il reste dans son régiment et monte au front.
Il participe aux combats en Woëvre, sur la crête des Eparges, en Argonne. Il reçoit deux citations en novembre 1914 et en avril 1916. Mais, chose incroyable, il participe toujours aux travaux gouvernementaux et parlementaires.
On se doit de l’écouter. Les balles l’ont frôlé. Il raconte les « obus bruyants et monotones…Les témoins de ce formidable duel attendent passifs et impuissants que le hasard décide ». Il raconte aussi les tranchées bâties sur des cadavres, Allemands et Français mélangés…
Fin juin 1916, il est désigné commissaire aux armées. Dès lors, il parcourt inlassablement le front et entreprend un véritable travail de harcèlement au Parlement pour améliorer le sort des combattants.
Abel Ferry dénonce haut et fort le gaspillage terrifiant qui est fait des vies humaines, et déclare « Egoïstes vieillards, les généraux s’offrent des holocaustes » et d’ajouter « Le grand quartier général est trop loin et trop tyrannique à la fois ». Il n’hésite pas à épingler l’intouchable Joseph Joffre, le plus étoilé de ces bureaucrates, et se montre sévère avec ses pairs politiques, tétanisés « Dans la tranchée, des morts inutiles, à Paris, pas de gouvernement. »
Chapeau !
Son credo : l’expérience d’en bas doit être entendue en haut !
Il obtiendra le 10 juin 1918 la destitution du général Duchêne après la débâcle du chemin des Dames. Duchêne avait refusé à ses troupes, submergées par le surnombre des troupes d’assaut allemandes, le repli sur une forte ligne de résistance. Du coup, malgré l’héroïsme désespéré de la défense française, l’affaire se solda par une catastrophe.
Vint le 06 septembre 1918, la victoire alliée est proche. Abel Ferry écrit ses mots prémonitoires «On ne respire sa joie qu’avec précaution, on a peur qu’elle ne vous brise la poitrine ».
Deux jours plus tard, alors qu’il étudiait le fonctionnement d’une nouvelle arme dans les premières lignes dans l’Aisne, avec un député, Gaston Dumesnil, et un lieutenant, un obus faucha la délégation. Le député et le lieutenant sont tués. Gravement blessé, Ferry est évacué. Clemenceau en personne vint lui remettre la Légion d’honneur ainsi qu’une citation comportant la croix de guerre avec palme.
Abel Ferry meurt peu après, le 15 septembre 1918 à Jaulzy dans l’Oise.
Sa fille, prénommée Fresnette, est née le 22 juin 1918. Son prénom est un hommage au village de Fresnes-en-Woëvre, une des batailles auxquelles Ferry a participé en 1915 avec son régiment où combattait également l’écrivain Louis Pergaud.
Puissent nos députés et gens de gouvernance se comporter ainsi…
Ci-dessous : Tombe d'Abel Ferry à Saint-Dié-des-Vosges.
1881-1918
C’était un soldat au gouvernement. Il a en effet vécu la guerre en haut et en bas, membre du gouvernement et officier dans les tranchées.
Après sa réélection de député dans la deuxième circonscription d’Epinal, ce neveu de Jules Ferry entre le 14 juin 1914 comme sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans le premier gouvernement de René Viviani.
La Grande Guerre éclate. Abel Ferry fait casser la décision de réforme le concernant à cause de sa tuberculose contractée en 1903 et part pour le front le 03 août 1914. Il rejoint le 166ème régiment d’infanterie de ligne à Verdun. A cet effet, il démissionne du gouvernement. Démission refusée ! Mais il reste dans son régiment et monte au front.
Il participe aux combats en Woëvre, sur la crête des Eparges, en Argonne. Il reçoit deux citations en novembre 1914 et en avril 1916. Mais, chose incroyable, il participe toujours aux travaux gouvernementaux et parlementaires.
On se doit de l’écouter. Les balles l’ont frôlé. Il raconte les « obus bruyants et monotones…Les témoins de ce formidable duel attendent passifs et impuissants que le hasard décide ». Il raconte aussi les tranchées bâties sur des cadavres, Allemands et Français mélangés…
Fin juin 1916, il est désigné commissaire aux armées. Dès lors, il parcourt inlassablement le front et entreprend un véritable travail de harcèlement au Parlement pour améliorer le sort des combattants.
Abel Ferry dénonce haut et fort le gaspillage terrifiant qui est fait des vies humaines, et déclare « Egoïstes vieillards, les généraux s’offrent des holocaustes » et d’ajouter « Le grand quartier général est trop loin et trop tyrannique à la fois ». Il n’hésite pas à épingler l’intouchable Joseph Joffre, le plus étoilé de ces bureaucrates, et se montre sévère avec ses pairs politiques, tétanisés « Dans la tranchée, des morts inutiles, à Paris, pas de gouvernement. »
Chapeau !
Son credo : l’expérience d’en bas doit être entendue en haut !
Il obtiendra le 10 juin 1918 la destitution du général Duchêne après la débâcle du chemin des Dames. Duchêne avait refusé à ses troupes, submergées par le surnombre des troupes d’assaut allemandes, le repli sur une forte ligne de résistance. Du coup, malgré l’héroïsme désespéré de la défense française, l’affaire se solda par une catastrophe.
Vint le 06 septembre 1918, la victoire alliée est proche. Abel Ferry écrit ses mots prémonitoires «On ne respire sa joie qu’avec précaution, on a peur qu’elle ne vous brise la poitrine ».
Deux jours plus tard, alors qu’il étudiait le fonctionnement d’une nouvelle arme dans les premières lignes dans l’Aisne, avec un député, Gaston Dumesnil, et un lieutenant, un obus faucha la délégation. Le député et le lieutenant sont tués. Gravement blessé, Ferry est évacué. Clemenceau en personne vint lui remettre la Légion d’honneur ainsi qu’une citation comportant la croix de guerre avec palme.
Abel Ferry meurt peu après, le 15 septembre 1918 à Jaulzy dans l’Oise.
Sa fille, prénommée Fresnette, est née le 22 juin 1918. Son prénom est un hommage au village de Fresnes-en-Woëvre, une des batailles auxquelles Ferry a participé en 1915 avec son régiment où combattait également l’écrivain Louis Pergaud.
Puissent nos députés et gens de gouvernance se comporter ainsi…
Ci-dessous : Tombe d'Abel Ferry à Saint-Dié-des-Vosges.


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