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dimanche 4 décembre 2016

Donald Trump, si peu diplomatique

                              Le Dauphiné Libéré
LE BILLET


Donald Trump, si peu diplomatique

Au magasin des porcelaines diplomatiques, Donald Trump déboule comme un éléphant fou. Il exprime ainsi sa sympathie à Rodrigo Duterte, le très brutal président des Philippines qui tient Obama et le pape François pour « des fils de pute ». Dans la foulée, il loue « le fantastique succès » de Nazarbaïev, dictateur kazakh peu recommandable. Entre gentlemen, on se comprend.
Le milliardaire couvre également d’éloges le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif : « Un type super, effectuant un travail extraordinaire et qui conduit le plus intelligent des peuples ». Que vous êtes joli, que vous me semblez beau ! Pendant sa campagne, le candidat républicain voyait pourtant les choses d’un autre œil. Islamabad, alors, lui paraissait une capitale « ennemie », un nid de faux-culs complices du djihad. Il n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser les « trahisons » du Pakistan, sa duplicité vis-à-vis des États-Unis. Comprenne qui pourra.
Le futur patron de la Maison Blanche réussit maintenant à fâcher la Chine tout rouge. Il va se flatter, sur Twitter, d’une longue et fructueuse conversation avec Tsai Ing-Wen. Soit la dirigeante de Taïwan - pays avec lequel Washington, pour complaire à Pékin, a officiellement coupé les ponts en 1979. « Ça ne nous a pas empêchés, depuis, de lui vendre des armes pour plusieurs milliards de dollars ! » riposte l’homme d’affaires adoubé par l’électeur américain.
S’agissant des relations internationales, on redoutait l’inexpérience de M. Trump, son inculture et le caractère imprévisible de ses réactions. S’il y ajoute, en plus, un manque total d’hypocrisie, le monde doit s’attendre à des lendemains pittoresques.

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