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Défense Laïque n° 55
Ci-joint l'éditorial du Défense Laïque n° 55, ainsi que le PDF du numéro
entier en libre téléchargement.
« Avec le pluralisme qu’institue la loi Debré, et des écoles privées qui remplissent une
fonction de service public, bénéficient de fonds publics, mais conservent leur caractère
propre, on est aux antipodes du juridisme laïque des fondateurs de l’école républicaine.»,
écrit Antoine Prost, ancien responsable du SGEN-CFTC dans son livre « Éducation,société
et politiques – 1992 ». Bien écrit, effectivement la loi Debré adoptée le 23 décembre 1959
par le parlement croupion de la V°République naissante et publiée le 31 décembre 1959 est
la plus grave attaque portée contre la loi de séparation, elle est à la base de toutes les lois
anti-laïques adoptées depuis par tous les gouvernements de droite comme de gauche.
C’est contre cette attaque à la loi de 1905 qui inscrit dans son article II : «La République ne
reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.» que le CNAL (Comité National
d’Action Laïque) répliqua par une campagne de pétitions et un rassemblement le 19 juin
1960 à Vincennes où 350 000 citoyens jureurs adoptèrent le serment suivant : « Nous,
délégués des pétitionnaires des communes de France représentant 10 813 697 Françaises
et Français de toutes origines et de toutes opinions, ayant signé la protestation solennelle
contre la loi scolaire de division du 31 décembre 1959, faisons le serment solennel, de
manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette
loi contraire à l’évolution historique de la Nation ; de lutter sans trêve et sans défaillance
jusqu’à son abrogation ; et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement
réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »
La loi Debré avait pour objectif de sauver financièrement un enseignement privé qui avait
perdu beaucoup d’influence depuis les largesses de Vichy. Elle remplit totalement son rôle,
10 milliards sur le plan national et pour prendre l’exemple d’un département :
Sommes versées aux établissements scolaires sous contrat d’association pour le
département de l’Hérault
Lycées (12) : en 2014 par la région Languedoc Roussillon
Part matériel : 1 645 934 euros – Part personnel : 1 111 362 euros :
Total : 2 757 296 euros
Collèges : en 2015 par le Conseil Général de l’Hérault
4 171 500 euros + 160 000 euros (collèges hors département) :
Total : 4 331 500 euros
Ecoles : 61 dans 33 communes
En 2014/2015 : 11 778 élèves scolarisés soit 11,10 % des élèves scolarisés dans le
1°degré de l’Hérault. (Chiffres de l’IA)
Agde (2) 785,90 euros par élève – 262 490,60 euros Béziers (8) 448,55 euros par élève
– 878 260,90 euros Frontignan 120 150 euros OGEC
Lunel 258 euros par élève – 99 846 euros
Montpellier (16) 515 euros par enfant
1348 élèves Maternelle : 694 220 euros
2218 élèves élémentaire : 1 142 270 euros
Total : 1 836 490 euros
Sète (4) 654,50 euros par élève – 407 753,50 euros
Au total pour 46 écoles sur 61 : 4 009 515, 40 euros.( Il manque les écoles de Baillargues,
Bédarieux, Canet, Cazilhac, Clermont l’Hérault, Fabrègues, Ganges, Marsillargues,
Pézenas(2), Pignan, St André de Sangonis, St Jean de Fos, St Pons de Thomières et
Villeveyrac.)
Somme détournée de l’enseignement public au profit des lycées, collèges et
écoles privées sous contrat d’association du département de l’Hérault :
10 610 851,40 euros.
Fidèle au serment de Vincennes, l’ACDL affirme : les fonds publics doivent être
réservés à la seule école publique, l’école laïque et pour ce faire abrogation de la
loi Debré ! L’ACDL soutient l’appel à manifester le 5 décembre lancé par la Libre Pensée.
Jean-Paul Cros, le 13 septembre 2015
Défense Laïque n° 55 en PDF
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