Un entretien trés intéressant d'un ancien dirigeant de l'OCI- PCI qui fût le secrétaire national de L'AJS ( Alliance des Jeunes pour le Socialisme ). Personnellement j'ai été délégué au 1 er congrès constitutif de L'A.J.S ... BV
Passions militantes et
rigueur historienne
de
Karim Landais
Entretien avec
Jacques Kirsner, ex-Charles Berg
(entretien réalisé à Paris en mars 2004)
Mes parents étaient
des militants du Bund le parti socialiste juif, et j'étais donc Faucon Rouge.
Dès mon plus jeune âge, j'ai fréquenté le patronage du Bund. Un lieu
d'éducation magnifique.
Vous étiez en France
?
Mes parents étaient émigrés de Pologne, et je suis né en
France. On était une famille d'artisans pauvres. Une de mes sœurs, Rachel, a
été fusillée pendant la guerre. Parmi les trois autres sœurs, une était
militante, et j'ai milité depuis tout petit. Léo Scheer me rappelait l'autre
jour qu'on était ensemble aux Faucons Rouges et que j'étais élu responsable à
chaque fois contre lui. Ça prouve qu'on était au moins deux candidats. Je
devais avoir dix ans. Je suis entré au PSU parce qu'on a été virés de la SFIO.
Pour quelle raison ?
L'Algérie. On a suivi
les «grands». Nos moniteurs. On avait la double affiliation : Parti socialiste
juif et SFIO. Donc je me suis retrouvé au PSU. Au PSU il y avait peu de jeunes
salariés et je me suis donc rapidement retrouvé dirigeant des Jeunesses
socialistes unifiées.
. Vous aviez quel âge
?
Douze ans. Deux ans plus tard, je siégeais au comité
politique national, car les Jeunesses socialistes unifiées avaient un
représentant d'office à la direction nationale, par ailleurs je connaissais
Edouard Depreux depuis la SFIO.
C'était en quelle
année ? Quelle année ?
1961. La fin de la
guerre d'Algérie. A l'époque, j'ai été viré de mon bahut, le lycée Turgot, pour
avoir organisé une mobilisation contre la guerre d'Algérie : j'ai donc commencé
à travailler en poursuivant mes études par correspondance. Au CNEP, l'ancêtre
de la BNP, où j'ai été recruté par des trotskystes. Des trotskystes -
Bleibtreu, Marcel Pennetier, etc.- ou des ex, j'en connaissais au PSU. Garabuau
qui est resté un bon copain. II est au Parti des travailleurs et dirigeant
syndical de la Sécurité sociale. Jean était en fraction, avec d'autres mecs
comme Petit Louis mais ils ne s'en cachaient pas. Ils me faisaient la cour,
bien sûr : j'étais très jeune, plutôt doué, etc. Pierre Naville me mettait en
garde : «Ouh là là ! fais attention à ces gens-là.» De fait, j'hésitais entre
eux et les pablistes1 . Finalement, la vie a tranché, je me suis auto-recruté
quand j'ai vu diffuser un type, qui est toujours vivant et qui dirige le
CERMTRI : Louis Eemans dit Petit Louis. Vous pouvez lui poser la question, il
vous confirmera. II diffusait un tract sur la révolution hongroise2 devant le
siège de la Banque, il y a eu une bousculade organisée par les staliniens et je
suis intervenu pour l'aider. Je travaillais à la cave, aux archives: je l'ai
appelé le lendemain sur son poste en demandant «Qui c'est le type qui diffusait
seul un tract sur l'anniversaire de la Révolution hongroise ?» On m'a dit :
«Mais c'est Louis Eemans ! Un trotskyste.» Donc je l'ai appelé. Je pense que
j'ai été le type qu'il a recruté le plus aisément de sa vie. Petit Louis était un
militant érudit, placide, sérieux. Après deux GER, j'ai été intégré au groupe
La Vérité....
La suite ici --->http://www.luttedeclasse.org/construction/klberg.pdf
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