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mercredi 23 septembre 2015

HISTOIRE et MEMOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER : Passions militantes et rigueur historienne......

HISTOIRE et MEMOIRE DU MOUVEMENT OUVRIER

 Un entretien trés intéressant d'un ancien dirigeant de l'OCI- PCI qui fût le secrétaire national de L'AJS  ( Alliance des Jeunes pour le Socialisme ). Personnellement j'ai été délégué au 1 er congrès constitutif de L'A.J.S ...  BV



                Passions militantes et rigueur historienne

                                              de Karim Landais

                                       Entretien avec Jacques Kirsner, ex-Charles Berg

                                           (entretien réalisé à Paris en mars 2004)

 Mes parents étaient des militants du Bund le parti socialiste juif, et j'étais donc Faucon Rouge. Dès mon plus jeune âge, j'ai fréquenté le patronage du Bund. Un lieu d'éducation magnifique.

 Vous étiez en France ?

Mes parents étaient émigrés de Pologne, et je suis né en France. On était une famille d'artisans pauvres. Une de mes sœurs, Rachel, a été fusillée pendant la guerre. Parmi les trois autres sœurs, une était militante, et j'ai milité depuis tout petit. Léo Scheer me rappelait l'autre jour qu'on était ensemble aux Faucons Rouges et que j'étais élu responsable à chaque fois contre lui. Ça prouve qu'on était au moins deux candidats. Je devais avoir dix ans. Je suis entré au PSU parce qu'on a été virés de la SFIO.

Pour quelle raison ?

 L'Algérie. On a suivi les «grands». Nos moniteurs. On avait la double affiliation : Parti socialiste juif et SFIO. Donc je me suis retrouvé au PSU. Au PSU il y avait peu de jeunes salariés et je me suis donc rapidement retrouvé dirigeant des Jeunesses socialistes unifiées.

 . Vous aviez quel âge ?

Douze ans. Deux ans plus tard, je siégeais au comité politique national, car les Jeunesses socialistes unifiées avaient un représentant d'office à la direction nationale, par ailleurs je connaissais Edouard Depreux depuis la SFIO.

 C'était en quelle année ? Quelle année ?


 1961. La fin de la guerre d'Algérie. A l'époque, j'ai été viré de mon bahut, le lycée Turgot, pour avoir organisé une mobilisation contre la guerre d'Algérie : j'ai donc commencé à travailler en poursuivant mes études par correspondance. Au CNEP, l'ancêtre de la BNP, où j'ai été recruté par des trotskystes. Des trotskystes - Bleibtreu, Marcel Pennetier, etc.- ou des ex, j'en connaissais au PSU. Garabuau qui est resté un bon copain. II est au Parti des travailleurs et dirigeant syndical de la Sécurité sociale. Jean était en fraction, avec d'autres mecs comme Petit Louis mais ils ne s'en cachaient pas. Ils me faisaient la cour, bien sûr : j'étais très jeune, plutôt doué, etc. Pierre Naville me mettait en garde : «Ouh là là ! fais attention à ces gens-là.» De fait, j'hésitais entre eux et les pablistes1 . Finalement, la vie a tranché, je me suis auto-recruté quand j'ai vu diffuser un type, qui est toujours vivant et qui dirige le CERMTRI : Louis Eemans dit Petit Louis. Vous pouvez lui poser la question, il vous confirmera. II diffusait un tract sur la révolution hongroise2 devant le siège de la Banque, il y a eu une bousculade organisée par les staliniens et je suis intervenu pour l'aider. Je travaillais à la cave, aux archives: je l'ai appelé le lendemain sur son poste en demandant «Qui c'est le type qui diffusait seul un tract sur l'anniversaire de la Révolution hongroise ?» On m'a dit : «Mais c'est Louis Eemans ! Un trotskyste.» Donc je l'ai appelé. Je pense que j'ai été le type qu'il a recruté le plus aisément de sa vie. Petit Louis était un militant érudit, placide, sérieux. Après deux GER, j'ai été intégré au groupe La Vérité....

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