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| La Catalogne sur la voie de l'indépendance ? |
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| Resteront-ils amarrés à l'Espagne ou se laisseront-ils tenter par le goût du large ? Dimanche, conformément au souhait d'Artur Mas, le président de la Généralité (gouvernement catalan), les électeurs de Catalogne seront appelés aux urnes à l'occasion d'un vote régional qui s'apparente à un référendum de facto sur la sécession de cette communauté autonome, l'une des plus riches du pays (elle représentait 20 % du PIB national en 2014). Au fil des mois, le mouvement indépendantiste, qui accuse Madrid d'avoir rogné ses droits culturels, a gagné du terrain, observe The Independent. Les derniers sondages lui prédisent même une courte victoire dans deux jours, hypothèse qui rebattrait le jeu institutionnel. Luis Maria Linde, gouverneur de la Banque centrale d'Espagne, a insisté sur le fait qu'une victoire du "oui" à l'indépendance placerait la Catalogne et ses 7,5 millions d'habitants hors de la zone euro et de l'UE, relate le Daily Telegraph. Elle serait également exclue de l'OTAN, a averti Javier Solana, l'ex-secrétaire général de l'Alliance atlantique (ABC.es). Les chefs d'entreprise implantés dans la région ont, eux aussi, adressé un avertissement clair aux autorités, expliquant qu'ils investiraient ailleurs. Pour le gouvernement espagnol (conservateur) de Mariano Rajoy, arc-bouté sur le maintien de l'unité nationale, le casse-tête juridique est de taille. Car, souligne El Pais, si la loi protège la nationalité, elle ne prévoit rien en cas de sécession... Dans une tribune commune au quotidien de centre gauche, deux enseignants affirment qu'"il est temps de défendre la nation constitutionnelle". Auteur d'Espagne et Catalogne, l'histoire d'une passion, l'historien britannique Henry Kamen déplore, dans El Mundo, les divisions au sein même de la société catalane ; fractures nées de "l'alliance entre bourgeoise et démagogues" qui, estime-t-il, a entraîné "la destruction de la Catalogne et du génie de son peuple". |
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