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dimanche 8 décembre 2013

30 septembre 1965 : un massacre occulté un article publié par le Grand Soir le 7.12.2013


Un massacre sans précédent en Indonésie. Souvenons-nous.

30 septembre 1965 : un massacre occulté

30 septembre 1965. Cette date ne vous dit sans doute rien. C’était un jeudi. Un jeudi noir ou commença, en Indonésie, un des plus grand massacre de masse du XXe siècle. De 1 à 3 millions de personnes exécutées. Sans compter les emprisonnés par millions, les déportées, les torturées et les viols de masse ainsi que tout ceux qui jusqu’à maintenant encore seront privés de leurs droits.
Qui ici en France en a entendu parler ? Quels médias en parlent ? Personne.
Pourtant, au mois d’octobre 1965 la presse occidentale – presse dite libre - en parle. Jugez plutôt :
Time Magasine : « The West’s best new for years in Asia » » La meilleure nouvelle pour le camp occidental depuis des années ».
US News & World Report : « Indonésie : de l’Espoir, là où il n’y en avait plus »
New York Times cette fois : « With 500000 to a million communist sympathisers knocked off…I think it’s safe to assume a reorientation has taken place. » et Harold Holt premier ministre australien. « avec 500 000 à 1 million de communistes au tapis… je pense que l’on peut sans se tromper affirmer qu’une réorientation a eu lieu ».
Car oui ce massacre dont on ne parle jamais en France ni dans aucun pays occidental, c’est le massacre de 1 à 3 millions de communistes ou supposés tels en Indonésie à l’automne 1965, et ce avec l’assentiment et le soutien de l’Ouest.
Pas une ligne dans nos programmes scolaires qui s’intéressent pourtant au 20e siècle, comme siècle des totalitarismes. Pas un mot sur ce quasi génocide et la dictature sanglante de l’Ordre Nouveau qui a suivie.
Dans les années 1960, l’Indonésie de Soekarno après avoir été le pays chef de file des non-alignés (organisateur de la conférence de Bandung) se rapproche du bloc socialiste.
Le parti communiste indonésien (PKI) est alors le troisième parti communiste du monde. Fort de plusieurs millions d’adhérents et sympathisants, participant direct au combat pour l’indépendance du pays, le PKI est alors un des piliers de la République d’Indonésie dirigée par Soekarno. PNI et PKI constitue une force puissante lui permettant de contrebalancer celles des réactionnaires (islam politique ainsi qu’une bonne partie de l’armée) et de s’affranchir ainsi de plus en plus à la prédation des capitalistes occidentaux.
Le camp de l’Ouest subi à ce moment là défaites sur défaites. Notamment au Vietnam ou l’armée étasunienne s’enlise, écrasant les Vietnamiens sous des tonnes de napalm et d’agent orange. Dès 1963, inquiète de la force croissante du PKI, de l’évolution vers la gauche du PNI (parti de Soekarno) et du rapprochement vers le camp socialiste de l’Indonésie, Washington commence à constituer des listes de communistes indonésiens via son ambassade de Jakarta. (La tradition de fichage révélée à nouveau par Snowden n’est donc pas nouvelle et nous verrons que nous devons réellement nous en inquiéter)
Dans la nuit du 30 septembre 1965, un curieux mouvement dit du 30 septembre tente un coup d’État. Les événements demeurent assez mal connus, 40 ans de dictature ayant forgé une version officielle très éloignée des faits.
Ce coup d’état militaire conduit par un colonel de la garde présidentielle prétend contrecarrer la confiscation d’un "comité de généraux" et rétablir le pouvoir de Soekarno. Une partie du haut commandement de l’armée est exécutée (6 généraux) dans la nuit du 30 septembre.
Soekarno est conduit en fin de nuit par la garde présidentielle a à la base aérienne d’Halim, base de l’armée de l’air réputée proche du PKI. Soekarno déclare prendre personnellement le contrôle de l’armée et nomme un proche le général Yani Chef d’État major.
Aidit leader du PKI y est également amené par les conjurés au prétexte qu’il est menacé par un complot de la CIA. Aidit réaffirme alors son soutien à Soekarno. Dès le 1er octobre, Aidit rejoint Jogjakarta (centre est du pays) où il participe à désamorcer le coup d’État. Dans la nuit du 1er au 2 octobre, le principal quotidien du PKI condamne fermement toute tentative de coup d’État dans un éditorial reflétant le manifeste manque d’information dont il dispose :...
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