Translate

vendredi 31 décembre 2021

SCIENCES Puce dans la peau : Apocalypse now ? le 31.12.2021

 




31 DÉCEMBRE 2021 - N° 1471

SCIENCES

Puce dans la peau : Apocalypse now ?

L’homme augmenté n’est pas pour demain puisque celui-ci ne date pas d’hier : depuis longtemps, on connaît les implants, qu’ils soient dentaires, capillaires, cardiaques, cochléaires, contraceptifs, fessiers, intraoculaires, mammaires, zygomatiques et j’en passe ! Nul ne trouve à redire aux lunettes, béquilles, prothèses et autres stents. Si d’ailleurs certains domaines de la médecine patinent – comme l’allergologie –, d’autres carburent – comme la traumatologie. On voit l’homme se faire réparer comme un garagiste le fait avec les pièces détachées d’une voiture.

Partout, les composants sont de plus en plus légers et solides, les processeurs de plus en plus petits et puissants, et les moyens de communication de plus en plus rapides et efficaces. Dans ce contexte ultra-porteur, l’implant sous-cutané ne relève pas de la science-fiction mais de l’évolution normale des choses.

Normale ? Certains y voient un signe des temps, une marque du diable et l’accomplissement d’une prophétie du dernier livre de la Bible, l’Apocalypse : « Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. » Le Covid relance les spéculations à ce sujet, d'autant qu'une société suédoise spécialisée dans les implants à micro-puces vient de mettre au point un passe sanitaire à porter sous la peau.

DSruptive Subdermals, c’est son nom.

De la taille d’un grain de riz, on l’implante par seringue intradermique. « J'ai programmé la puce de façon à ce que mon passe sanitaire soit sur la puce, explique à l’AFP Hannes Sjoblad. « La raison, c'est que je veux toujours l'avoir à portée de main et quand je lis ma puce, je fais simplement glisser mon téléphone sur la puce, puis, ajoute l'entrepreneur, je le déverrouille et elle s'ouvre ». Quoi de plus simple, de plus indolore, de plus imparable ? Plusieurs milliers de Suédois portent déjà un implant électronique inséré sous la peau pour remplacer clés, cartes de visite, billets de train et pour certains désormais leur passe vaccinal.

Comme toujours, l’innovation se pare d’un discours sur l’aspect pratique des objets qu'elle produit, ainsi que l’écrit l’Usine digitale : « Petit à petit, l’idée infuse dans la société. Se faire implanter une puce NFC ou RFID sous la peau présente, selon les premiers adeptes, de très nombreux avantages au quotidien. (…) Cette intrigante technologie convainc les particuliers… mais aussi certaines entreprises, qui lancent des campagnes pour équiper leurs salariés ».

Surveillance terrifiante ou solution pratique face au Covid-19 ? Cette question, les adeptes de la puce ne la posent pas. Il ne s’agit pas selon eux de surveiller mais de protéger ses données : « Je pense que cela fait tout à fait partie de mon intégrité d'être "pucée", de garder mes informations personnelles avec moi », explique une Stockholmoise à l'AFP. L’intégrité est d’autant plus respectée que ces implants, souligne Hannes Sjoblad, « n'ont pas de batterie, ne peuvent pas transmettre de signal par eux même. Ils sont donc endormis, ne peuvent pas dire où vous vous trouvez, et ne sont activés que lorsqu'on les touche avec un smartphone ».

Le prix et la durée de vie sont imbattables « Une micro-puce implantée coûte une centaine d'euros pour les versions les plus avancées, et si on le compare aux bracelets connectés qui coûtent en général le double du prix, un implant peut se conserver 30 ou 40 ans. Alors qu'un bracelet se conserve 3 ou 4 ans », plaide l'entrepreneur.

Bien sûr, tous les utilisateurs sont volontaires, mais si quelqu'un rendait les implants obligatoires pour des personnes détenues ou âgées, « vous me trouveriez sur les barricades pour me battre contre ça », s'insurge Hannes Sjoblad. Cette protestation n'a pas beaucoup de valeur. La question de l’obligation, en réalité, ne se pose pas. On le voit avec le passe vaccinal : celui-ci ne sera pas obligatoire mais nul ne devra pouvoir s'en dispenser. Du reste, la technique n’oblige à rien en soi. Il suffit qu'elle s’impose pour que l'homme s’y adapte. L'éthique ne vise pas à empêcher cette adaptation mais à l'organiser au mieux.

La puce n’est pas si minuscule qu’elle en a l’air ; elle correspond à un énorme désir : voir l’industrie de pointe se mettre toujours plus à notre service, afin d’augmenter notre performance. De l’aspirateur Roborock au robot émotif Pepper, un environnement familier se met en place – qui fait de l’homme un être vivant parmi d’autres objets animés, souvent plus efficaces que lui. L’industrie du sport formate une image du héros invincible, dopée par nos rêves d’immortalité. Nos footings, nouvelles processions urbaines, trahissent une volonté de ne pas accepter les insuffisances de la mécanique humaine. Quant au smartphone, il nous colle déjà à la peau, comme s’il prolongeait nos organes vitaux.

Bref, les mentalités sont prêtes à recevoir la puce. Même si elle gratte un peu. Malgré l'Apocalypse.

Louis Daufresne

Partagez l'info avec vos amis
Partagez avec Facebook Partagez avec Twitter Partagez avec WhatsApp Partagez par Email Partager en copiant le lien de l'article

Pour aller plus loin :

Des Suédois se font implanter leur pass sanitaire sous la peau

>>> Lire sur Soir mag

Vous êtes abonné à LSDJ

Les dons à LSDJ bénéficient d’un reçu fiscal qui vous permet une défiscalisation IR à 66%

Suivez-nous :

Covid-19 : "Les semaines à venir seront difficiles" et "nombre de nos activités seront désorganisées", affirme Emmanuel Macron dans ses voeux aux Français..le 31.12.2021

 

Logo Francetv info20H08
ALERTE INFO
Covid-19 : "Les semaines à venir seront difficiles" et "nombre de nos activités seront désorganisées", affirme Emmanuel Macron dans ses voeux aux Français
Cliquez ici pour plus d'informations
ÉGALEMENT DANS L'ACTUALITÉ
SUIVEZ-NOUS
    

Les vœux de Mediapart, par des jeunes filles en colère, et ceux de Macron… Au sommaire de Mediapart, ce 31 décembre 2021.

 

La lettre quotidienne
vendredi 31 décembre 2021

À la une de Mediapart

Chaque nouvel an, Mediapart propose à un·e citoyen·ne (ou plusieurs) d’être président·e de la République d’un soir afin de rappeler que celle-ci nous appartient à toutes et tous. Pour 2022, nous avons demandé à trois représentantes de la génération #MeToo de porter nos causes communes.

Emmanuel Macron a présenté les derniers vœux du quinquennat en dressant un bilan rapide et embelli de son action politique. Malgré la pandémie, il a tenté de dessiner un paysage d’« optimisme » et de « tolérance » qui tranche avec celui qu’il propose depuis cinq ans.

Par Lorenzo Buzzoni, Nico Schmidt avec Laure Brillaud et Leila Minano (Investigate Europe)

S’il est achevé un jour, ce sera le plus long tunnel ferroviaire au monde. À cheval entre Allemagne, Autriche et Italie, le chantier du tunnel du Brenner accumule les retards et les surcoûts. Il est pourtant au cœur de la stratégie de développement du fret ferroviaire en Europe.

Par Carlos Pérez Ricart (Noria Research) et Jack Pannell (Noria Research)

À l’époque où le cartel mexicain de Guadalajara était censé exister, presque personne ne le désignait par ce nom. Cependant, le concept s’est imposé au fil des années. Comment un réseau criminel plutôt amorphe et sans leadership clair s’est progressivement transformé en une fiction très utile pour le discours punitif sur lequel repose l’actuelle guerre contre la drogue ? Une analyse de notre partenaire Noria Research.

Dans son ouvrage « S’adresser à tous. Théâtre et industrie culturelle », la chercheuse Diane Scott cherche à saisir comment le théâtre s’est vidé de son sens politique et de sa visée populaire. Et à quelles conditions il pourrait s’en remettre.

Gérald Darmanin l’affirmait en septembre : la situation au square Forceval, à Paris, ne pouvait « durer que quelques jours ». Trois mois plus tard, les consommateurs de crack sont toujours là, abandonnés par un État sans solution à proposer et soutenus par des associations.

Par La rédaction de Mediapart (avec AFP)

Élie Domota, leader du collectif LKP, a été remis en liberté après avoir été interpellé et placé en garde à vue jeudi à la suite d’une manifestation contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale en Guadeloupe.

Dans le Studio


Dans le Club  Les lecteurs prennent la parole

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart.

Parce que même en ces temps de fêtes, même au cœur de l'hiver, dans le froid, dans le gel, sur une mer tourmentée et au milieu des montagnes blanchies par la neige, au moment même où j'écris ces lignes, des femmes, des hommes et des enfants sont en exil. Ils fuient un pays qui s'enflamme. Ils risquent la mort pour oser la vie. Ils méritent au moins de ne pas être oubliés.

 
Par 

Les conséquences des conflits sans fin, des guerres à répétition, de l'explosion du 4 août, de la corruption, sont terribles pour le Liban qui voit ses cerveaux fuir à l'étranger à la recherche de stabilité et de sécurité. Sera-t-il possible pour le Liban de se reconstruire alors que tout son peuple cherche à émigrer ?

 

À Mayotte, le plus souvent, les familles délogées par l'autorité n’ont d’autre choix que d’aller déboiser un autre bout de forêt pour s’y installer, encore plus loin. Une décision de justice coupe le préfet dans son élan d'évacuation et de démolition d’un quartier.

 

Il paraît que c'était mieux avant ? La preuve par l'image, des photographies prises sur le vif au tout début des années 1980, il y a près de 40 ans. Elles vous sont offertes en guise de vœux pour l'année 2022.

 

Si tu crois que la classe ouvrière et tous les petits salariés sont le sel de la terre, et une force capable de faire bouger les montagnes, si tu vois en tout être humain un autre toi-même quelle que soit la couleur de sa peau et quel que soit son sexe ou sa manière de vivre...

1€ seulement
Redécouvrez Mediapart !
Découvrez de nouveau Mediapart pendant 15 jours pour 1€ seulement et profitez de la richesse d’un média 100% indépendant (sans publicités sur le site, sans actionnaires, sans subventions).
Je découvre