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dimanche 1 décembre 2019

Retraites. "Pour nous, mamans de 3 enfants et plus, la perte sera d’une ampleur exceptionnelle" - le 27.11.2019

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                                         Révolution Permanente

Retraites. "Pour nous, mamans de 3 enfants et plus, la perte sera d’une ampleur exceptionnelle"


Sibeth N'Diaye ose dire publiquement que cette réforme des retraites découle de la crise des gilets jaunes. Hier, on apprend que la réforme serait une bénédiction pour les femmes alors qu'il n'en est rien. De plus en plus de sorties foireuses du gouvernement qui par lâcheté devant la grève s'annonçant suivie et soutenue, essaie tout les mensonges possibles.
mercredi 27 novembre

Dans une note parue mardi 26 novembre, l’Institut de la Protection sociale (IPS), qui se présente comme un « laboratoire d’idées » composé d’experts-comptables, d’assureurs, d’avocats, ou encore de banquiers, affirme notamment que les mères de familles seront lourdement pénalisées par la réforme. D’importantes baisses de pension seraient ainsi à prévoir pour les familles avec enfants, et particulièrement les femmes.
Actuellement, pour compenser la réduction de la durée de cotisation des femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever des enfants, les salariées du privé bénéficient d’une majoration de 8 trimestres par enfant. A cela s’ajoute une compensation supplémentaire de 10 % pour les deux parents à partir du 3e enfant.
Pour nous mamans de 3 enfants et plus, « la perte des droits est d’une ampleur exceptionnelle », prévient par ailleurs l’IPS. Nous subirons une « double peine », puisque nous cumulerons perte de la majoration de durée d’assurance et perte de la majoration à partir du 3e enfant, qui disparaît. A cela s’ajoute une décote de 10 % si on envisage de partir à la retraite à 62 ans, avant l’âge pivot prévu par la réforme qui est de 64 ans.

Donc si l’on se réfère à ce tableau de l’IPS pour une mère de 3 enfants avec un salaire annuel de 25000 euros ayant cotisé 152 trimestres (38 ans) elle perdrait 4892 euros. C’est juste ignoble, dégueulasse à l’image de ce qu’est ce gouvernement, on doit déjà se battre pour élever nos enfants sans compter quand on le fait seule, et on nous vole notre retraite pour financer les leurs (des retraites à vie pour quelques mois dans un fauteuil douillet à l’assemblée ou à Matignon). Partout le gouvernement parle d’une réforme "juste et équitable", pourquoi n’a t’on pas les barèmes de leurs retraites pour que l’on puisse juger de l’équité ? Ah oui, ils ne rentrent pas dans le même régime que nous tous, ils ont juste pour les élites technocratiques un régime spécial et l’on vient nous parler d’équité. De réforme qui répond à la crise des gilets jaunes et qui serait avantageuse pour les femmes. Avantageuse pour les Schiappa et compagnie mais certainement pas pour nous.
Le gouvernement met en avant « les 25 % de femmes “obligées de travailler jusqu’à l’âge du taux plein” », il « passe sous silence toutes les autres. Et majoritairement celles qui allaient liquider leur retraite à l’âge de 62 ans, sans décote grâce notamment aux majorations de durée d’assurance, et qui vont devoir attendre 64 ans pour atteindre le taux d’équilibre ».
Plus que jamais nous devons faire bloc à cette réforme injuste et suintant le mensonge de ce gouvernement, personne n’est dupe et c’est pour cela que cette grève sera suivie et soutenue, il nous faut être ensemble, déterminé dès le 5 décembre à exiger le retrait total de cette réforme.
Crédits photo : O Phil des Constrastes

Grève du 5 décembre : la RATP et la SNCF vont mobiliser des cadres pour conduire les rames - le 29.10.2019

La réaction s'organise ! Pour contrer les briseurs de grève macronistes constituons partout nos comités de grève élus par les AG . Mettons en place nos piquets de grève . Une urgence vitale pour tous les travailleurs !  faire céder ce pouvoir scélérat de l'oligarchie ! Plus que jamais unité et résistance jusqu’à la victoire ! (BV)

https://www.francebleu.fr

Économie – Social
Dossier : Grève du 5 décembre contre la réforme des retraites

Grève du 5 décembre : la RATP et la SNCF vont mobiliser des cadres pour conduire les rames


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Par France BleuFrance Bleu Paris

Pour limiter l'impact de la grève qui débute de 5 décembre et tenter de faire rouler quelques trains, métros et RER, la RATP et la SNCF mobilisent des cadres habilités à conduire des rames. Les deux entreprises veulent tenter d'assurer un minimum de trafic, en Île-de-France et en région.
Les cadres pourraient bien remplacer les conducteurs dans les cabines des trains pendant la grève.
Les cadres pourraient bien remplacer les conducteurs dans les cabines des trains pendant la grève. © Maxppp - Alain Delpey
La SNCF et la RATP aimeraient limiter l'impact de la grève qui débute le 5 décembre contre la réforme des retraites, qui s'annonce très suivie. Pour tenter de faire rouler quelques rames aux heures de pointe, les deux entreprises vont mobiliser leurs cadres de réserve pour conduire des métros, RER et trains, en Île-de-France et en région, révèle franceinfo ce vendredi. La SNCF et la RATP ont donc mis en préalerte leurs cadres de réserve habilités à conduire des rames.
Ces cadres sont des anciens conducteurs qui roulent quelques fois dans l'année, mais aussi, selon une source syndicale, des cadres qui ont eu une formation plus courte que les conducteurs, afin d'obtenir une habilitation à conduire. La SNCF et la RATP ont refusé de préciser à franceinfo combien de personnels étaient concernés. 

RATP et SNCF veulent maintenir un trafic minimum aux heures de pointe

Grâce à ces cadres qui seront dans les cabines de pilotage, les deux entreprises espèrent maintenir un trafic minimum aux heures de pointe les jeudi 5 et vendredi 6 décembre. Mais les entreprises veulent surtout préparer les jours suivants, car si la grève risque d'être massivement suivie, elle pourrait également être longue. 

Un trafic quasi nul le week-end des 7 et 8 décembre ? 

D'après franceinfo, lors du week-end des 7 et 8 décembre, les cadres seraient préservés et le trafic quasi nul. Les cadres seraient plutôt mobilisés le lundi 9 décembre, jour de reprise du travail et donc jour plus fréquenté dans les transports. Le 9 décembre marquerait également l'entrée symbolique dans une deuxième semaine de grève, alors que certains syndicats évoquent un mouvement jusqu'à Noël. 

Une technique utilisée en septembre à la RATP 

Lors de la grève du 13 septembre à la RATP, cette solution avait permis d'assurer environ 40% du trafic aux heures de pointe sur les RER A et B, alors que 95% des conducteurs étaient en grève. Mais ces renforts supplémentaires ne suffiront pas en cas de grève vraiment massive, admet-on à demi-mot aussi bien à la SNCF qu'à la RATP.

Italie : l'âge de départ à la retraite abaissé de 67 à 62 ans - le 21.02.2019


                            

https://www.francetvinfo.fr

Italie : l'âge de départ à la retraite abaissé de 67 à 62 ans

France 3
L'Italie a adopté le retour du départ à la retraite à 62 ans au lieu de 67 à partir du mois d'avril.
Danilo Faccenna, 62 ans, pourra-t-il partir à la retraite de manière anticipée ? Il travaille dans une société privée de téléphonie. Jusqu'alors en Italie, la grande majorité des salariés devait cotiser jusqu'à 67 ans. Mais la loi vient de changer. La nouvelle règle, c'est celle du quota 100. En clair, on additionne l'âge et les années d'ancienneté professionnelle, et si le total dépasse 100, la retraite est accessible, l'âge minimal requis étant de 62 ans.

Le financement inquiète

Cette mesure est une promesse majeure du Mouvement 5 étoiles et de son chef Luigi Di Maio. Objectif : baisser l'âge moyen de la retraite et laisser ainsi plus de place aux jeunes dans les entreprises. En un mois, 43 000 personnes ont déjà déposé un dossier, des hommes à 80% avec une surreprésentation des fonctionnaires. La mesure fait débat chez les Italiens, car le problème est celui des finances de l'État, déjà endetté à 130% de son PIB alors que la mesure va coûter sept milliards d'euros par an. Danilo Faccenna ne va partir à la retraite, car il va gagner davantage en continuant à travailler. La mesure est expérimentée trois ans, le temps pour le gouvernement d'en mesurer les effets sur le marché du travail et sur les finances publiques.

Le JT
Les autres sujets du JT

Pourquoi y a-t-il eu autant de morts à la chasse cette année ? le 27.11.2019



https://www.20minutes.fr

Pourquoi y a-t-il eu autant de morts à la chasse cette année ?

PLOMBS Comme dans tout sport, les chasseurs doivent pourtant respecter des règles strictes de sécurité
Lucie Bras
   
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Un chasseur en train de viser, à Vouvray (Indre-et-Loire). — GUILLAUME SOUVANT / AFP
  • Huit personnes ont été tuées dans des accidents de chasse depuis le début de la saison en septembre : c’est plus que l’an dernier durant toute la saison 2018-2019.
  • La secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a envoyé un courrier aux représentants de la chasse, demandant « une réaction déterminée du monde cynégétique ».
  • « Les règles de sécurité mises en place sont assez bonnes, mais pas assez respectées », regrette Dominique Py, référente chasse chez France nature environnement.
Qu’a cela ne tienne pour les chasseurs : l’année 2017-2018 avait pourtant tenu ses promesses, battant des records de sécurité avec un nombre d’accidents en forte baisse. Mais depuis l’an dernier, les chiffres repartent à la hausse : déjà huit morts depuis le début de la saison en septembre, à trois mois de la fermeture en février prochain. Une hécatombe qui est remontée jusqu’au ministère de la Transition écologique. Dans une lettre, la secrétaire d’Etat à l’écologie Emmanuelle Wargon, a sommé mardi la Fédération nationale des chasseurs (FNC) d’opter pour une « réaction déterminée ».
Le renforcement de la sécurité à la chasse est une des priorités de la loi du 24 juillet dernier.
À la suite des récents accidents, j’ai interpellé le Président de la Fédération Nationale des Chasseurs pour que ces mesures soient pleinement mises en œuvre sur tout le territoire.
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« Trop, c’est trop », reconnaît Nicolas Rivet, directeur général de la FNC. « On se rend bien compte que dans au mois sept cas cette année, c’est le non-respect des règles de sécurité qui a occasionné ces décès », explique-t-il. « Le problème, c’est que vous avez beau mettre des règles, on a beau les rabâcher, la bêtise des gens fait que ça continue. Comme en voiture, où les gens appellent et envoient des SMS au volant, malgré le danger pour les autres usagers », regrette-t-il.

Un alcootest avant la chasse

Face à ces huit décès, la Fédération a envoyé une lettre ouverte à tous ses chasseurs sur Facebook, et a rappelé aux fédérations les règles élémentaires. Car, comme dans tout sport, et particulièrement les sports dangereux, les chasseurs doivent respecter des règles strictes de sécurité. « Bien souvent le matin avant de partir, on fait "le rond", une réunion qui explique comment va se passer la journée et les mesures de sécurité », raconte Nicolas Rivet.
« Pour une battue au sanglier, il faut garder un certain angle de tir 30 degrés pour éviter de tirer sur le voisin, tirer seulement quand on a identifié le gibier », complète Dominique Py, référente chasse pour l’ONG France nature environnement (FNE). Il faut aussi penser à décharger son arme quand on franchit un obstacle car « très souvent les accidents viennent de là », ajoute la référente chasse. « Les règles de sécurité mises en place sont assez bonnes, mais pas assez respectées. La plupart des accidents, ce sont les chasseurs entre eux », abonde Dominique Py.
Pour elle, il manque une mesure dissuasive qui pourrait éviter des accidents : « On réclame depuis longtemps un alcootest », rappelle-t-elle, filant elle aussi la métaphore automobile. « On le fait pour les automobilistes, qui ne sont pas censés boire avant de prendre le volant. Si on le fait pour eux, en considérant qu’il y a un danger, c’est la même chose pour quelqu’un qui a une arme. »

Une population « vieillissante »

Elle pointe aussi le risque lié à « une population de chasseurs âgée et vieillissante ». « Les nouveaux chasseurs sont mieux formés lorsqu’ils demandent leur permis, mais il reste des anciens chasseurs qui n’ont pas acquis les bons réflexes car ils ont eu leur permis avant la mise en place de la réglementation au début des années 2000 », accuse-t-elle. « Et ils ne font pas l’objet de contrôles réguliers de santé. Il faudrait que ça se mette en place. »

La chasse au grand gibier (cerf, sangliers, chevreuils) est la plus accidentogène, selon les chiffres de l’office national de la chasse et de la faune sauvage, avec en moyenne 54 % des accidents. La chasse au petit gibier à plumes totalise 30 % des accidents, suivie par le petit gibier à poils (15 %). « La chasse au grand gibier est plus dangereuse parce qu’on tire à la carabine, une arme au pouvoir de létalité plus important et de portée supérieure », explique Nicolas Rivet.
« Dans la quasi-totalité des cas », la Fédération se porte partie civile contre le chasseur responsable d’un accident. « Il y a un impact négatif sur l’image de la chasse. Donc on demande des dommages et intérêts au chasseur. Chez nous, les gens travaillent pour instaurer un dialogue, et l’action d’un seul rejaillit sur tout le monde. » La Fédération nationale des chasseurs va ainsi mettre en place une formation obligatoire pour les chasseurs, à suivre tous les dix ans. Elle entrera en vigueur l’été prochain, accompagnée d’une campagne de sensibilisation « choc »… sur le modèle de la Sécurité routière.

Soldats morts au Mali. Encore une fois, que fait la France au Sahel ? - jeudi 28 novembre 2019


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                                             Révolution Permanente

OPÉRATION BARKHANE

Soldats morts au Mali. Encore une fois, que fait la France au Sahel ?

La lutte contre le terrorisme est le meilleur prétexte pour légitimer les opérations militaires visant à protéger les intérêts économiques des multinationales françaises.
jeudi 28 novembre


Lundi soir, treize soldats français sont morts dans le crash de deux hélicoptères au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane. Emmanuel Macron a ainsi rendu ses hommages en saluant l’intervention des troupes françaises au Sahel engagées dans un supposé « combat contre des terroristes ». Pourtant, loin des discours sur la « lutte contre le terrorisme », la présence des troupes françaises dans le Nord du pays a pour objectif principal de protéger les intérêts économiques des entreprises françaises et de maintenir domination impérialiste de la France dans la région.
Evidemment, Macron et son gouvernement tenteront de tirer profit de cet accident et de rallier derrière un discours « d’unité nationale » l’ensemble de la population française, en mémoire de ces soldats morts soi-disant pour « nous protéger ». Mais loin d’être utile à la lutte contre le terrorisme, Barkhane est un élément clé de l’impérialisme français en Afrique et en particulier au Sahel, lui permettant de garder une influence dans la région, et d’assurer le maintien de gisements d’uranium utiles à son industrie nucléaire.
L’opération Barkhane a en effet pris la suite de l’opération Serval lancée en janvier 2013 par François Hollande. A l’époque, face à la poussée d’une rébellion des populations touarègues au Nord du Mali, le gouvernement français a profité pour, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, déclencher un plan d’intervention militaire qui en fin de compte visait à installer des bases militaires française permanentes dans cette région stratégique. Par la suite, les groupes djihadistes ont profité de l’affaiblissement des groupes militaires touareg.
Aujourd’hui Barkhane est l’intervention militaire extérieure française la plus importante, déployant 4500 militaires dans la région, concentrés autour des bases de Gao au Mali, Niamey au Niger ainsi que N’Djamena au Tchad. Alors que l’opération avait été célébrée par toute la presse, par l’ensemble des partis politiques français et leurs clients africains, ainsi que par une partie de la population malienne du sud, tout le monde tablait sur une victoire rapide. Or, cela ne semble pas être le cas actuellement où l’on parle plutôt d’un bourbier.
Mais nous pouvons aussi nous poser la question si l’armée française se trouve dans un vrai bourbier ou si la nature même de l’opération lui donne cet aspect. En effet, comme dit plus haut, l’intervention française au Sahel vise des intérêts économiques et géopolitiques à long terme pour l’impérialisme français, donc elle revêt un caractère « permanent ». C’est en ce sens que vont les déclarations du chef des Etats-majors (CEMA), François Lecointre : « Si je pensais cette mission impossible il y a longtemps que j’aurais changé de métier. Je crois que nous n’atteindrons jamais une victoire définitive, il sera toujours très compliqué de voir le moment où la guerre est enfin gagnée. Et contrairement à ce qu’on imaginait dans les grands conflits du XXe siècle, jamais les armées françaises n’iront défiler en vainqueur en passant sous l’arc de Triomphe ».
François Lecointre, chef d'État-major des armées : “Je crois que nous n’atteindrons jamais une victoire définitive, jamais les armées françaises ne défileront en vainqueur sous l’Arc de Triomphe”
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Autrement dit, l’intervention militaire française dans le Sahel s’achèvera quand les stratèges français l’auront décrété car les objectifs publics de l’opération sont suffisamment flous pour justifier une présence militaire éternelle dans la région. A moins qu’un mouvement d’ampleur des travailleurs, de la jeunesse et des différents secteurs exploités de la société française, alliés aux populations locales forcent le départ prématuré des militaires français de la région.

La France demande de l’aide à l’UE pour protéger ses intérêts

La région a été particulièrement déstabilisée par les opérations catastrophiques en Libye en 2011. La décomposition de la Lybie de Kadhafi, suite à l’intervention armée occidentale sous prétexte « humanitaire », a notamment permis à des groupes armés de récupérer du matériel militaire assurant leur progression dans la région, à l’image de Boko Haram. D’où la nécessité pour la France de réaffirmer d’une part son contrôle dans la région face aux velléités des groupes islamistes, mais aussi, de maintenir l’assujettissement des gouvernements et armées du G5 Sahel engagées dans la lutte contre le terrorisme (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad).
Barkhane permet en effet de donner corps à l’emprise fusionnelle de l’armée française sur celle du Tchad, où la situation sociale est explosive, mais où le dictateur Idriss Déby, installé par la France en 1991 après deux décennies de guerre, dispose du principal appareil militaire de la région et constitue un appui de choix pour le contrôle de la Centrafrique. En ce qui concerne le Mali, le pays connaît une situation instable : si l’élection d’Ibrahim Boubakar Keita a permis de faire taire la contestation sociale qui s’était développée tout au long de l’année 2012 dans le Sud, au Nord, les populations sont prises en tenailles entre les groupes djihadistes et l’armée française et ses alliés, qui se livrent aussi à des exactions contre les civils. A cela s’ajoute les rébellions Touareg au Niger en lien avec le Nord-Mali, le principal fournisseur d’uranium du nucléaire français.
Cette situation est en train de rendre plus compliquée l’intervention de l’armée française et de ses alliés et de plus en plus les populations locales voient avec hostilité la présence de l’impérialisme dans la région. C’est dans ce cadre que la France entend faire pression pour que les pays de l’UE s’engagent plus dans le conflit. Dans une interview récente au Financial Times, la ministre de la Défense, Florence Parly, a déclaré que les pays européens devraient plus s’investir dans le Sahel car après le défaite de Daesh en Syrie il fallait empêcher que cette région devienne un refuge pour les terroristes qui menacent l’Europe.

Protéger les entreprises françaises

En réalité la France essaye d’embarquer d’autres puissances impérialistes dans une intervention qui sert principalement ses propres intérêts. En effet, présent au Niger depuis un demi-siècle, le groupe Orano (anciennement Areva) tire un tiers de sa production totale de l’uranium nigérien. Le groupe y exploite deux sites miniers dans l’Arlit, au Nord-Ouest du pays, Somair et Cominak, ainsi qu’un troisième à Imouraren, mais dont le chantier est à l’arrêt depuis 2015.
La France dispose également de nombreuses entreprises au Mali, telles que BNP Paribas, présente depuis une dizaine d’années dans le pays au travers de la filiale BICIM. Orange est par ailleurs le premier opérateur sur le marché malien, avec 60% de la part du marché de la téléphonie. L’entreprise avait vu une partie de son matériel endommagé par les affrontements des groupes armés dans le Nord du pays.
Avec Barkhane, avec la dette – qui siphonne les budgets des pays africains et sert de levier pour leur imposer des politiques promues par les impérialistes – et les millions des aides au « développement », Macron entend donc jouer un rôle dans la reconstruction d’un Sahel allié de la France, en consolidant ses régimes et l’implantation française dans la zone, et se doter ainsi d’une carte de poids dans les concurrences entre grandes puissances européennes et au-delà.
C’est en ce sens que malgré certaines critiques tactiques par-ci ou par-là, notamment après la mort de soldats français (on entend beaucoup moins ces critiques quand les morts ce sont les civils maliens), au fond aucun parti du régime, ni les grands médias, ne remettent en cause l’importance stratégique des interventions militaires françaises en Afrique et dans cette région en particulier. Le discours sur « l’intérêt national » et la « lutte contre le terrorisme » ne sont que des mensonges qui ne servent qu’à masquer les vrais intérêts qui se cachent derrière le militarisme de l’impérialisme français. Aucun ouvrier, aucun jeune en France, aucun travailleur, aucun paysan ou jeune au Mali et dans toute la région n’a intérêt à soutenir l’intervention l’armée française. Cela ne peut signifier que le renforcement des capitalistes français et son militarisme principal soutien des dictatures militaires africaines.