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mercredi 11 février 2026

L'ECLAIREUR - Le mirage énergétique français - Mercredi 11 février 2026

 

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Le mirage énergétique français

Dernière alerte en date sur l'impasse d'un recours massif aux énergies renouvelables intermittentes : l'Allemagne bascule vers le gaz. La France, elle, poursuit vers l'abîme avec la PPE 3.

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Les Etats membres de l'Union européenne mobilisent différentes énergies pour couvrir leurs besoins

Le premier qui voit clair dans l’épais brouillard énergétique dans lequel baigne la France est prié de se faire connaitre urgemment auprès des services du premier ministre.

Alors que les études, les rapports, les analyses et les alertes s’accumulent (dans un placard ?), comment comprendre la volonté affichée du gouvernement et du premier ministre Sébastien Lecornu, de faire passer en force, par décret et surtout hors toute considération rationnelle, s’appuyant sur des bases scientifiques et techniques - pas politiques, électorales ou idéologiques - une feuille de route qui semble bien partie pour nous mener au grand délestage?

Comment comprendre cette injonction ministérielle à “relancer la production électrique pour décarboner” (les mots sont de Sébastien Lecornu) alors que le surplus de production, que n’absorbe pas la consommation, menace de déstabiliser le réseau (sans parler des épisodes de prix négatifs) ?

Comment comprendre cette volonté affirmée de relancer massivement le nucléaire (six nouveaux réacteurs sont en construction, huit potentiels) et les énergies renouvelables (le premier ministre a exclu tout moratoire comme l’envisageait un des deux scénarios de RTE) alors que le nœud du problème, la question du stockage de l’électricité produite par les énergies intermittentes reste entière, question que la Commission européenne espère résoudre en densifiant les interconnexions transfrontalières, donc en augmentant de manière géométrique la vulnérabilité des réseaux ?

Comment ne pas mettre dans la balance un rapport interne d’EDF, laissé opportunément dans les placards à l’approche du décret instituant la 3e programmation pluri-annuelle de l’énergie – la feuille de route énergétique de la France pour les dix ans à venir – qui montre que ce mix énergétique plomberait un peu plus l’énergéticien public français ? La modulation du nucléaire, conséquence de la priorité donnée à l’éolien et au solaire sur le réseau et résultante de la logique de marché ¹, coûtera 4 milliards d’euros par an à EDF.

Comment ne pas voir que rien ne va dans cette équation où le nucléaire qui, toujours majoritaire, dans le mix énergétique français devrait se voir grignoté par des énergies renouvelables pas pilotables, pas stockables à ce jour et dépendantes de pays tiers qui peuvent à loisir couper le robinet des matériaux critiques comme l’a une nouvelle fois souligné la cour des comptes européenne dans un récent rapport. Rapport qu’il serait bon de faire transmettre au premier ministre pour qu’il le lise, interrogation écrite à la clé.

“La vraie bataille, c’est sortir du carbone et réduire notre dépendance aux importations”, dixit Sébastien Lecornu.

Ni la France ni aucun pays membre de l’UE n’est capable de produire en quantités suffisantes à brève échéance ces matières premières qui entrent dans la fabrication des panneaux solaires et des éoliennes, mais recycler les ces matériaux est toujours une insurmontable gageure. Substituer d’autres matériaux ? Itou. Il n’y a rien à faire; techniquement, cela ne passe pas.

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Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

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