| | ON NOUS PREND POUR DES COMPTES • Parmi les traits qui caractérisent la macronie, on peut citer la prime aux perdants et le recasage doré. Nouvel exemple avec la nomination par Emmanuel Macron d'Amélie de Montchalin, défaite aux législatives 2024 (par le député PS Jérôme Guedj), à la tête de la Cour des comptes. Celle qui aura été ministre du Budget de Bayrou puis de Lecornu y succédera à Pierre Moscovici. Mais avant même son officialisation en conseil des ministres demain, cette nomination fait tiquer à gauche. Président insoumis de la commission des Finances de l'Assemblée, Éric Coquerel demande au Président «de revenir» sur cette nomination. «Ce n’est pas la qualité de la personne qui est en jeu», dit-il, s'interrogeant : «Comment la ministre actuelle pourrait aussi donner un avis crédible sur le prochain Budget qu’elle a elle-même préparé ?» «Incontestablement, elle est passionnée et compétente en matière de finances publiques», approuve Guedj le Parisien. Et de poursuivre : «Mais là, elle va vite juger des comptes et évaluer des politiques publiques dont elle a été directement responsable comme ministre.» Un avis partagé par le RN Sébastien Chenu. Et le rose Philippe Brun de s'interroger aussi : «En raison de la règle d’inamovibilité, elle peut rester jusqu’à ses 68 ans à ce poste, donc pendant 28 ans ! Normalement, on nomme des gens de 60 ans pour qu’il y ait un turnover [...] Elle va être indéboulonnable.» | | Pardon, c'est bien par là le recasage ? Photo Quentin de Groeve. Hans Lucas via AFP (2025) | CECI N'EST PAS DE LA POLITIQUE • Sébastien Lecornu l'a confirmé ce week-end : Gérald Darmanin pourra évidemment rester au gouvernement même s'il transgresse allègrement la règle, fixée par le Premier ministre lui-même, selon laquelle les ministres doivent se désintéresser de la présidentielle. Ministre d'exception à la règle, le garde des Sceaux peut ainsi tranquillement continuer à demander une primaire du «bloc central» ou évoquer sa propre implication dans la campagne, qu'il imagine potentiellement «décisive». Sur France info ce matin, Darmanin répète qu'il n'est «plus adhérent d'aucun parti politique» et qu'il «ne fai[t] plus de réunions partisanes», mais que cela ne l'«empêche évidemment pas de faire de la politique». Car en parlant de primaire de son camp, avec Édouard Philippe et Gabriel Attal, il «plaide pour la survie de [son] pays». Tout simplement. Rien de partisan là-dedans ? «Ah non, je ne crois pas non», rétorque-t-il sèchement avant de développer, sans craindre de se contredire : «Nous avons un risque, nous qui représentons la droite et le centre, de n'être ni dans la majorité, ni dans l'opposition, puisque l'opposition [au RN dont il anticipe l'élection, ndlr] sera alors LFI. Je pense que c'est particulièrement dramatique, notre désorganisation, la multiplication des candidats, notre mauvaise conception de ce que doit être un programme présidentiel.» Absolument rien de «partisan» ici, comme vous le voyez. Il y a donc urgence à «s'organiser», selon Darmanin, car «nous nous rapprochons de la date où ça ne sera plus possible». Et «ce n'est pas de la politique que de le dire», estime-t-il encore une fois contre toute évidence. | LA RÈGLE QUI CONFIRME LES EXCEPTIONS • Et puisqu'il peut tout à fait faire de la politique sans que ce soit de la politique ou quoi que ce soit de partisan, le ministre de la Justice en profite pour confirmer une évidence : «Je serai candidat aux municipales à Tourcoing, en n°2 de la liste portée par Doriane Bécue, qui est une excellente maire, qui était mon adjointe et qui m'a remplacé. Et je serai 1er adjoint si les Tourquennois me font confiance.» Contrairement à Dati que Lecornu pousse à démissionner rapidement pour se consacrer à sa campagne à Paris, Darmanin rejoindra donc ses deux autres collègues qui auront le droit de rester ministres tout en étant candidats aux municipales : Marina Ferrari (Sports) et Michel Fournier (Ruralité). Sans oublier, évidemment, Lecornu lui-même, candidat chez lui à Vernon, dont il a été brièvement maire entre 2014 et 2015. | | Gérald Darmanintouchable. Photo Thibaud Moritz. AFP (2026) | RÉPUBLIQUE X-EMPLAIRE • Le 20 janvier 2025, Cyrielle Chatelain tweetait, pour la dernière fois : «Jour J : #JeQuitteX.» Aujourd'hui, la patronne des députés écolos voudrait que Macron suive le même chemin et que les comptes du Président et de l'Élysée deviennent muets. La verte a écrit hier à Macron pour le lui demander, espérant qu'il entraîne avec lui d'autres départs. «La fermeté ne peut souffrir d'aucune ambiguïté. Vous ne pouvez dénoncer la dangerosité des plateformes et utiliser X comme principal levier de communication pour l'Élysée et pour vous-même», écrit Chatelain dans un courrier consulté par l'AFP, rappelant les récentes perquisitions menées par la justice française dans les locaux de X. «Le fait que votre compte et celui de l'Élysée y restent actifs, perpétue l'idée que cette plateforme est indispensable et inoffensive», écrit ainsi Chatelain. «En quittant X, vous impulserez un acte politique fort, adressé à la fois aux responsables politiques, aux médias et à la direction de la plateforme», poursuit-elle alors que Macron s'était lancé dans une tournée de la PQR pour débattre de la démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. | |
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