Alors que le monde avait les yeux rivés sur l'Iran, les forces gouvernementales syriennes aidées de milices islamistes ont mené une offensive contre les Kurdes pendant deux semaines en janvier. Le but : soumettre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) qui étaient le bras armé des Kurdes pour construire une Syrie fédérale. Un fragile cessez-le-feu a été conclu le 21 janvier. Le rêve des Kurdes syriens a pris forme dès 2012, au début de la guerre civile. Marginalisés pendant des décennies, ils ont alors auto-proclamé l'autonomie de leurs territoires longeant la frontière avec la Turquie. Et c'est surtout leur lutte acharnée contre l'État islamique qui leur a gagné l'estime des Occidentaux qui leur ont fourni une aide militaire et financière. Après la défense victorieuse de leurs bastions face aux terroristes, ils sont passés à l'offensive prenant le contrôle d'une région de la taille du Liban : l'Administration autonome du Nord et de l'Est de la Syrie. Les Kurdes ont gouverné pendant une décennie ce territoire allant des frontières avec l'Irak et la Turquie jusqu'à l'Euphrate et sur lequel se situent les puits de pétrole syriens. Ils ont aussi été les gardiens des camps de prisonniers pleins de combattants de l'État islamique ainsi que nombre de leurs femmes et enfants. En 2024, ils ont maintenu leur emprise malgré l'offensive éclair du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), des islamistes menés par Ahmed al-Sharaa qui allaient renverser le pouvoir de Bachar el-Assad. Le nouvel homme fort de Damas est désormais soutenu par les Occidentaux qui espèrent qu'il saura stabiliser la Syrie ensanglantée par une terrible guerre civile de 14 ans. Fort de cet appui, il a entrepris de reprendre le contrôle du pays en visant les Kurdes, abandonnés par leurs anciens alliés. Pendant deux semaines en janvier, une coalition mêlant forces gouvernementales et milices islamistes ont repoussé les forces kurdes jusque dans leurs bastions historiques proches de la frontière turque. Dans le même temps, Ahmed al-Sharaa a mené un jeu trouble en concluant plusieurs cessez-le-feu avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes – des pauses qui ont couvert l'avancée des milices et repoussé combattants des FDS et civils kurdes vers leurs refuges. Ce faisant, les camps de détention ont été abandonnés … Ludovic Lavaucelle |
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