Chien qui s’étire, salutation au soleil, pranayama… Cela fait dix ans que je pratique le yoga tous les mardis soir dans un cours de quartier, avec le même petit groupe d’élèves. Notre prof nous a réunis dans une boucle WhatsApp pendant le Covid et, aujourd’hui encore, elle y poste régulièrement des actus sur cette discipline vieille de plus de deux mille ans. Il y a quelques semaines, elle y a partagé un post Instagram d’une prof qui, confrontée à une baisse de son chiffre d’affaires en 2025, en concluait que le yoga n’était plus tendance.
Peut-être est-ce le cas… On le sait, le sport n’échappe pas aux effets de mode. Il y a une quinzaine d’années, le yoga a déferlé sur la France, suscitant un engouement inédit. La promesse de mieux-être était séduisante. En s’allongeant sur un tapis, les nouveaux yogis pouvaient espérer améliorer leur souplesse, évacuer leur stress, renforcer leur équilibre. Le phénomène a enflé, enflé, donnant lieu à des variantes de plus en plus fantaisistes avec le temps. C’est ainsi qu’on a vu fleurir des cours de yoga du rire, de « yogasm », pour booster sa libido, de « cat yoga » – en présence de chats… Au risque d’oublier l’essentiel : que le yoga n’est pas une mode, mais une approche de la vie et une pratique dont les bienfaits physiques et mentaux sont d’autant plus perceptibles qu’on se couche régulièrement sur son tapis. Il faut du temps, beaucoup de temps, pour en savourer vraiment les effets. Cette dimension est-elle compatible avec la notion de « mode » propre à l’Occident ? Je n’en suis pas sûre.
Ce que je sais, en revanche, c’est que je me sens toujours mieux après mon cours. J’ai le moral dans les chaussettes quand j’arrive ? Je suis bien plus positive quand je repars. Je me sens fatiguée en début de pratique ? Je pète le feu à la fin. Au point de ne pas réussir à m’endormir le soir, tellement le cours m’a requinquée – ça, c’est un autre sujet. Mais il m’a fallu de nombreuses années pour éprouver ce réel bien-être. Le yoga, pour moi, est une école de la patience. Pas un sport qu’on teste pendant un an avant de se tourner vers la nouvelle discipline dans le vent. Sauf à passer complètement à côté.
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