En nommant la ministre du budget Amélie de Montchalin première présidente de la Cour des comptes, Emmanuel Macron ne pouvait pas nuire davantage à la réputation de l’institution censée contrôler le bon usage des deniers publics. La nomination de cette très fidèle macroniste fait peser des doutes évidents de conflit d’intérêts et de partialité sur les futures productions de la Cour des comptes, institution pourtant connue pour son regard critique de l’action de l’exécutif en place. À sa tête, la mission principale d’Amélie de Montchalin sera de contrôler les budgets 2025 et 2026, qu’elle a elle-même portés à bout de bras. C’est donc peu dire qu’elle sera juge et partie dans cette affaire.  Ce cas de figure, où un locataire de Bercy est nommé manu militari à la tête de l’institution censée contrôler son action n’avait du reste jamais été vu depuis... 1807. François Barbé-Marbois, alors ministre du trésor public avait été nommé premier président de la Cour des comptes par Napoléon. Mais comme nous l’a expliqué sous couvert d’anonymat un magistrat membre de l’institution, à l’époque l’institution était une sorte d’annexe du ministère des finances. Rien à voir avec l’indépendance de ton et le regard critique dont elle fait preuve ces dernières années à l’égard des politiques menées par l’exécutif. Hélas, la nomination à la tête de la Cour est prévue dans la loi comme le seul fait du prince : celui du président de la République. C’est lui seul qui décide, s’asseyant allègrement sur la charte déontologique de l’institution. Dernière précision : Amélie de Montchalin est désormais inamovible. Si elle le souhaite, elle pourra rester en poste rue Cambon jusqu’à sa retraite. De quoi garantir une paix royale à la politique de l’offre qu’elle soutient bec et ongles depuis le début de son engagement politique auprès d’Emmanuel Macron. |
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