Laboratoire d'idées « libéral, progressiste et européen », la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique) a enquêté sur ce que pensent les Français de l'euthanasie et du suicide assisté. Les résultats ont de quoi faire réfléchir les députés de la commission des Affaires sociales qui ont adopté le 5 février en deuxième lecture la proposition de loi créant un « droit à l'aide à mourir ». Olivier Falorni désire être à l'euthanasie ce que Simone Veil fut à l'avortement. Pour entrer dans l'histoire, le député Modem n'hésite pas à forcer le destin. Dans son exposé des motifs, il parle d'une loi – la sienne – « qu'attend une très grande majorité de nos concitoyens ». Cette rhétorique de la demande relève de la manipulation, le travail de la Fondapol montrant que « les Français n'approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie et le suicide assisté ». Cette enquête OpinionWay réalisée en octobre sur un échantillon de 3021 personnes répond au sondage quelque peu frelaté commandé à l'Ifop en 2024 par l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Les questions y étaient formulées de telle sorte que 90 % des répondants en moyenne s'étaient prononcés en faveur de la mort administrée ! Tout simplement parce qu'aucune autre solution n'était proposée... Ce résultat extravagant sur un sujet si grave aurait dû susciter des contrefeux médiatiques forts, afin que le débat ne fût pas escamoté. Avec l'enquête de la Fondapol – quelque 80 pages – les parlementaires peuvent se documenter sérieusement et ne pas craindre de prendre un risque politique en s'opposant à une réforme sociétale. D'autant qu'à l'exception de l'UDR d'Éric Ciotti, les partis s'abstiennent de prendre position, laissant la liberté de vote à chacun de leurs députés. N'émanant ni d'une famille politique, ni d'une majorité parlementaire, ni du pays et de sa population, l'élu de la nation devrait pouvoir légiférer plus sereinement. Le fera-t-il ? C'est toute la question. Cette enquête contient une série d'enseignements variés dont chacun témoigne de la complexité du sujet. Tout commence par une priorité clairement affichée : « Pour 50 % des Français, il faut d'abord proposer des soins palliatifs sur tout le territoire et ensuite seulement envisager l'introduction d'un ''droit à l'aide… Louis Daufresne |
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