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jeudi 12 février 2026

L'ECLAIREUR : - Des origines de la fortune de Jeffrey Epstein...Jeudi 12 février 2026

 

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Des origines de la fortune de Jeffrey Epstein

La fortune d'Epstein ? Quarante ans de criminalité financière et d'opérations dans la finance off-shore et le "shadow banking", grâce à des exemptions aux règles des marchés financiers américains.

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L’origine de la fortune de Jeffrey Epstein est donc parfaitement connue. Recruté en 1978 par Alan Greenberg qui dirigeait la banque d’investissement Bear Stearns, historiquement l’une des plus douteuses de Wall Street, il s’est élevé sans aucun diplôme au rang d’associé-gérant en trois ans, en charge des “produits spéciaux”. Et dans les faits, il n’a jamais “quitté” Bear Stearns, au sens où depuis 1978 jusqu’à sa mort en 2019, il a continué à travailler avec voire pour cette banque d’investissement rachetée après sa faillite en 2008 par JP Morgan

L’affaire Epstein? La monumentale enquête en deux volumes de Withney Webb, “One Nation Under Blackmail”, en a parfaitement dégagé le fond dès 2022. On s’approprie son travail. Elle est aujourd’hui plagiée par ceux-là mêmes qui n’ont cessé de la traiter d’illuminée depuis la parution de son premier tome.

Quand un journaliste français se décrit comme journaliste d’investigation, dans la majorité des cas, il n’enquête pas. Il ne fait que reprendre à son compte le travail accompli préalablement par d’autres au moment où la sauce médiatique commence à prendre. Il n’est qu’une caisse de résonance qui prétend jouer de l’instrument.

Ceux qui aujourd’hui en France sautent comme des cabris et passent au crible les documents rendus publics par le Département de la justice pour faire la chasse au pédophile et à la corruption ne font pas œuvre de journalisme. Ils se moquent du public en monétisant ce qui a été déjà établi depuis longtemps. Et on sait d’ores et déjà qu’il n’y aura aucune suite judiciaire, ni aux USA, ni en France, ni ailleurs.

Faison fi du sensationnalisme. La publication d’une partie des documents détenus par le Département de la justice dans l’affaire Epstein n’est pas un séisme. Plutôt une simple péripétie qui vient mettre à nu un système déjà obsolète, puisque l’ensemble de ceux qui y ont participé sont des boomers - on peine à y trouver un acteur ayant moins de 65 ans. Le système maître lui s’est déjà adapté et il est actionné par une génération plus jeune. Il a déjà changé de forme, notamment avec les très mal nommées crypto-monnaies, qui ont en fait des actifs.

Avant de plonger aux origines de la fortune d’Epstein, il importe de bien planter le décor, à peine de ne rien y comprendre et donc de tomber dans le piège que tendent ceux qui ont intérêt à ce qu’on n’y comprenne rien.


On voudrait nous faire croire que l’on vient de découvrir l’aspect criminel et mafieux de la finance internationale. Nous pouffons, aurait dit Pierre Desporges. C’est aussi vieux que les banques et les incessants scandales financiers qui émaillent l’histoire du capitalisme.

François Ier dépendait des banquiers italiens. Les Rothschild ont financé les guerres napoléoniennes et toutes celles qui suivirent. Ce sont les créditeurs de l’Italie après la Première Guerre mondiale, Etats et banques, qui ont porté Mussolini au pouvoir afin de s’assurer que les Italiens paient leurs dettes. Ce sont ces mêmes créditeurs qui ont favorisé la montée du nazisme en Allemagne, pour les mêmes raisons.

L’historienne de la collaboration économique durant l’Occupation Annie Lacroix-Riz nous le relatait avec une précision chirurgicale en 2024.

Quand les Etats ne sont pas autonomes financièrement, ils dépendent de ceux qui les financent. Se créent alors des structures de pouvoir occultes qui viennent subordonner les intérêts nationaux à des intérêts privés, puisque la dette est levée sur la promesse de richesses nationales futures dont l’Etat dispose du droit irréfragable de ponctionner. L’espace ainsi créé voit se mélanger une petite camarilla de responsables étatiques et de grands, donc peu nombreux, intérêts privé. Cet échappe aux règles communes, à la loi et à la justice. Et puisque le seul intérêt des créditeurs est d’être remboursé avec intérêts, s’assurer de la servilité de ceux qui dirigent les Etats, donc de les sélectionner, est impératif.

Ces structures de pouvoir occultes produisent des systèmes de spoliation auxquels ne peuvent participer que leurs membres. Comme par exemple les fermiers généraux sous l’ancien régime, ces percepteurs privés auxquels le roi affermait - louait - la collecte des impôts indirects (l’impôt sur le revenu n’existait pas) et qui se payaient au décuple sur le dos de la bête.

C’est là la principale cause de la révolution française, qui n’a pas commencé à Paris avec la prise de la Bastille mais en juin 1788 dans notre bonne ville de Grenoble, quand la noblesse, le clergé et le tiers état se réunirent en États généraux du Dauphiné après que le Roi eut exilé le Parlement du Dauphiné (la cour de justice) qui avait refusé d’enregistrer les édits royaux afférents à une réforme fiscale visant à renflouer les caisses d’un royaume en faillite.

Toute ressemblance avec la situation actuelle n’est pas fortuite. Vous comprendrez donc la sainte terreur qui a saisi la classe dirigeante française, qui depuis cinquante ans a ruiné le pays tout en faisant bombance.

La censure des réseaux sociaux? Ne cherchez pas plus loin. Ce n’est pas tant le discours qu’ils cherchent à censurer que de contrôler ces moyens d’organisation de la population dont l’efficacité insurrectionnelle a été démontrée par les printemps arabes et les gilets Jaunes. Thierry Breton, alors commissaire européen, n’a-t-il pas déclaré en 2023 que les contenus incitant à la révolte seraient supprimés?

La liberté d’expression est certes une condition sine qua non de la démocratie. On oublie trop souvent que libre consentement à l’impôt est d’un ordre bien plus sensible puisqu’il touche non seulement à légitimité de l’Etat, mais à son existence même.

Aujourd’hui, la dette des Etats est émise par des banques d’investissement sur les marchés financiers. Au sein de l’Union européenne, les Etats ne disposent pas du droit de faire appel directement, comme par le passé, à l’épargne des citoyens pour se financer. Les obligations d’Etat - les bons du trésor - sont le fondement de la finance mondiale puisque, dans un système de monnaie fiduciaire à change flottant, sans étalon or ou argent, rien n’est plus sûr que la signature d’un Etat.


La théorie économique nous dit que les marchés font se rencontrer efficacement l’offre et la demande et permettent ainsi une allocation des ressources autorisant une création de richesse optimale. Ca, c’est pour ceux qui jouent selon les règles. Pour vraiment s’enrichir, il faut passer outre les mécanismes de marché.

Glenn Loury, dans l’article ci-dessous, démonte les mécanismes économiques qui produisent la fortune de gens comme Jeffrey Epstein, loin d’être un cas unique. Nous en avons traduit ci-après un extrait.

Glenn Loury
Economic theory has always been more comfortable analyzing markets than the people who make markets possible. Textbook exchange is clean, synchronous, and explicit: a buyer meets a seller, a price clears supply and demand, and the transaction is complete. Yet much of real economic life proceeds otherwise. Buyers and sellers often do not meet directly. I…
2 days ago · 36 likes · 3 comments · Glenn Loury

Les mêmes outils théoriques qui rassurent tant les économistes éclairent aussi des réalités beaucoup moins confortables. Car lorsque les transactions deviennent informelles, opaques ou moralement douteuses, les intermédiaires ne se contentent plus de réduire les coûts de mise en adéquation de l’offre et de la demande. Ils réduisent surtout les coûts moraux. Autrement dit, ils rendent l’inacceptable plus facile à avaler.

Kaushik Basu l’a montré avec force dans ses travaux sur les normes, la corruption et les échanges informels : bien des pratiques perdurent non parce que leurs acteurs seraient naïfs ou inconscients de leur caractère douteux, mais parce que l’intermédiation dilue la responsabilité, banalise la déviance et transforme la transgression en routine administrative. Le courtier offre à chacun un alibi confortable : il n’a pas vraiment choisi, il n’a fait que suivre les usages. Ce n’est pas lui, c’est le système.

Une fois ce dispositif installé, il se met à tourner sur lui-même. Pris isolément, chaque participant peut juger parfaitement rationnel de passer par l’intermédiaire. Pris collectivement, le résultat est souvent délétère. L’intermédiaire devient indispensable précisément parce qu’il occupe le nœud du réseau : au croisement de relations multiples, fragmentées, aveugles les unes aux autres. Personne ne voit l’ensemble. Personne n’a intérêt à lever le rideau.

Aucun acteur, seul, ne dispose à la fois de l’information et de l’incitation nécessaires pour faire sauter la machine. La science économique appelle cela un équilibre fondé sur les normes : stable, persistant, remarquablement résistant à la réforme — même lorsque tout le monde sait, ou soupçonne fortement, que quelque chose pourrit au cœur du système.

En clair : ce n’est pas l’ignorance qui maintient ces arrangements, mais une organisation collective de la mauvaise foi.

C’est sur cet arrière-plan théorique que le scandale Epstein prend toute sa portée. Pris au sens étroit, il s’agit d’une histoire d’abus sexuels atroces et d’un échec criminel retentissant. Mais regardé analytiquement, c’est aussi — et surtout — un cas d’école d’intermédiation relationnelle extrême.

Le rôle économique de Jeffrey Epstein n’a jamais été clairement définissable, et ce flou n’avait rien d’accidentel. Il n’était ni un financier au sens classique, ni un simple mondain. Sa valeur apparente résidait ailleurs : dans sa capacité à relier des sphères qui, en temps normal, se tiennent soigneusement à distance les unes des autres — la finance, la philanthropie, le monde universitaire, la politique, et la vie privée. Epstein n’investissait pas tant de l’argent qu’il n’était que courtier d’accès.

Il présentait. Il introduisait. Il recevait. Il facilitait. Et surtout, il rendait ordinaires des rencontres dont la finalité restait volontairement floue. Tout se passait comme si l’essentiel n’était jamais dit, parce qu’il n’avait pas besoin de l’être. La présence de l’intermédiaire suffisait à suspendre les questions, à anesthésier les scrupules, à transformer l’exception en habitude mondaine.

Ce n’était pas seulement un réseau. C’était une machine sociale conçue pour dissoudre la responsabilité individuelle dans un brouillard de relations, d’invitations et de faveurs mutuelles — un dispositif où chacun pouvait prétendre ne faire que passer, pendant que l’inacceptable devenait, rencontre après recontre, parfaitement normal.

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The Source of Jeffrey Epstein's wealth

Epstein's fortune? Four decades of relentless financial criminality and shadowy offshore maneuvers, all propped up by exemptions from core U.S. financial market regulations dating from the 1980's.

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The origins of Jeffrey Epstein’s fortune are not some impenetrable mystery—they are documented, yet deliberately obscured by layers of media complicity and institutional inertia.

Recruited in 1976 by Alan “Ace” Greenberg, the CEO of Bear Stearns, one of Wall Street’s most notoriously aggressive and rule-bending firms, Epstein rocketed from a college dropout and former Dalton School teacher to limited partner in under five years. Greenberg, who prized “poor, smart, and desperate to get rich” hires over pedigreed Ivy Leaguers, handed Epstein a golden ticket into options trading and “special products.”

Amidst red flags—including résumé lies, questionable personal loans, and an SEC probe into potential insider trading—Epstein was suspended, fined, and left in 1981 under a cloud.

Yet the ties never truly severed.

Epstein remained a Bear Stearns client until its 2008 collapse and fire sale to JPMorgan Chase. Even after his 2008 Florida plea deal, major banks like JPMorgan and Deutsche Bank processed billions in his transactions, often overriding compliance warnings. This wasn’t casual banking; it was sustained, lucrative facilitation that spanned decades and survived his conviction.

The core of the Epstein operation—far beyond mere finance—emerges clearly in Whitney Webb’s exhaustive 2022 work, One Nation Under Blackmail. In two meticulously sourced volumes, Webb traces the fusion of intelligence agencies, organized crime syndicates, and sexual blackmail networks dating back to World War II.

Epstein’s empire wasn’t an aberration; it was a modern iteration of long-standing tactics where state actors and criminal elements collude for leverage, protection, and control. Webb’s research, initially dismissed or smeared by mainstream outlets as fringe, has since been quietly mined and repackaged by the very journalists who once ridiculed it. This is not journalism; it is parasitic echo-chamberry—reheating others’ investigative labor once the story becomes safely profitable.

French “investigative” reporters jumping on the latest DOJ document dumps exemplify the syndrome. The recent releases—over 3 million pages under the Epstein Files Transparency Act in early 2026—contain photos, emails, transaction records, and more, yet they will spark no new prosecutions. DOJ officials have explicitly stated there is no “client list,” no credible blackmail evidence warranting charges against third parties, and nothing to predicate fresh investigations.

Victims’ identities have been mishandled in redactions, prompting takedowns, but the powerful walk free. This is not revelation; it is controlled disclosure theater—enough to titillate, too little to threaten the system.

Forget the sensationalism. Epstein’s world was run by aging boomers now in their 70s and 80s; the machinery has already evolved. Cryptocurrencies—misbranded as decentralized liberation—are in reality programmable, traceable assets ripe for the same elite capture and shadow financing that Epstein mastered through offshore vehicles and lax regulation.

The international finance nexus is ancient: François I of France leaned on Italian bankers; the Rothschilds bankrolled Napoleonic wars and beyond; post-WWI creditors propped up Mussolini to enforce Italian debt repayment; the same financial interests greased Hitler’s rise for Germany’s economic stabilization after over a decade of hyperinflation and political strife akin to civil war.

French historian Annie Lacroix-Riz has documented this with surgical detail, particularly the economic collaboration under Vichy and the Occupation—where French elites and banks aligned with Nazi occupiers to preserve capital.

Epstein fits seamlessly into this lineage: a financier whose wealth derived not from genius but from protected access, intelligence-adjacent networks, and the perennial blind eye turned toward elite predation. The “discovery” of his criminality is laughable. What we witness is not awakening, but the system’s periodic safety valve—releasing just enough to vent pressure without dismantling the machine. The real scandal is not what was hidden; it’s how brazenly it was tolerated, and how swiftly the next iteration adapts.

When governments forfeit financial sovereignty, they become puppets of their creditors—enslaved to private agendas that eclipse national priorities. Debt isn’t just borrowing; it’s a Faustian bargain, collateralized against future public wealth that states can plunder at will through taxation. This breeds shadowy cabals: a tight-knit elite of bureaucrats and bankers, operating in a lawless void beyond oversight, accountability, or justice.

Creditors’ sole mantra? Repayment with interest. Thus, they rig the game—handpicking pliable leaders to ensure perpetual servitude.

These hidden empires spawn exclusive looting machines, accessible only to insiders. Think of France’s ancien régimes fermiers généraux: rapacious private tax farmers having leased to the the king the power to levy taxes, gorging themselves tenfold on the backs of the peasantry. This was engineered predation.

That very rot ignited the French Revolution—not with the Bastille’s theatrical storming in Paris, but earlier, in June 1788, amid Grenoble’s gritty unrest. There, nobility, clergy, and third estate defied royal exile of the Dauphiné Parliament, which had balked at registering edicts for a desperate tax overhaul to bail out a bankrupt monarchy.

Sound familiar? The parallels to today’s French fiscal deadend aren’t coincidental. No wonder France’s ruling clique—after half a century of plundering the nation while indulging in excess—quivers in fear.

Social media crackdowns? Spare us the free-speech facade. The real target isn’t “hate speech”; it’s quashing platforms that empower mass mobilization, as proven by the Arab Spring uprisings and the 2018 Yellow Vests’ protests. Recall Thierry Breton, the EU’s digital enforcer in 2023, brazenly vowing to purge any content “inciting revolt”? Preemptive suppression of dissent.

Sure, free expression underpins democracy. But we conveniently ignore a far thornier pillar: voluntary consent to taxation. It strikes at the state’s core legitimacy—and its survival.

In our era, sovereign debt isn’t crowdfunded from citizens’ pockets anymore; it’s hawked by investment banks on global markets. EU rules bar direct appeals to public savings, funneling everything through the financial markets’ casino.

Government bonds? They’re the bedrock of modern finance in our fiat-fueled, floating-rate econom. No gold or silver anchors? A state’s IOU is the ultimate “safe” bet.

Textbook economics peddles the myth: markets align supply and demand for peak efficiency and wealth creation. Fine print? That’s for suckers who follow the rules. True fortunes demand cheating the system—sidestepping transparency for insider edges.

Glenn Loury’s razor-sharp dissection in his 2024 Substack essay, “Jeffrey Epstein as Middleman: An Economic Analysis” hits bulleyes.

Glenn Loury
Economic theory has always been more comfortable analyzing markets than the people who make markets possible. Textbook exchange is clean, synchronous, and explicit: a buyer meets a seller, a price clears supply and demand, and the transaction is complete. Yet much of real economic life proceeds otherwise. Buyers and sellers often do not meet directly. I…
2 days ago · 36 likes · 3 comments · Glenn Loury

Far from an outlier, Epstein exemplifies how elite brokers amass empires by exploiting “relational intermediation”—a fancy term for weaponizing connections in the shadows of power.

Loury dismantles the mechanics: Epstein wasn’t a standard financier peddling stocks or bonds; he was a human switchboard, bridging “structural holes” in elite networks across finance, philanthropy, academia, politics, and sordid private spheres. His “product”? Access—curated introductions, hosted galas, vague facilitations that reduced “search frictions” for the powerful, all while extracting tolls through accumulated favors and obligations.

Glenn Loury
Economic theory has always been more comfortable analyzing markets than the people who make markets possible. Textbook exchange is clean, synchronous, and explicit: a buyer meets a seller, a price clears supply and demand, and the transaction is complete. Yet much of real economic life proceeds otherwise. Buyers and sellers often do not meet directly. I…
2 days ago · 36 likes · 3 comments · Glenn Loury

Loury’s verdict? Epstein’s fortune stemmed from mastering asynchronous, trust-based exchanges outside market norms—blurring facilitation into corruption, predation into prestige. This isn’t aberration; it’s the blueprint for how global power really flows: not through efficient markets, but via unaccountable middlemen who rig the game for the few, at the expense of the many. Wake up: the Epsteins of the world aren’t anomalies; they’re the system’s inevitable offspring.

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