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mardi 6 novembre 2012

“Une chance unique” : pour qui ? ( l 'édito d'informations ouvrières)


“Une chance unique” : pour qui ?

L'éditorial d'Informations Ouvrières
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
5 novembre, veille du séminaire gouvernemental sur la compétitivité : c’est le jour choisi par le FMI pour rendre publiques les conclusions de sa « mission de la consultation de 2012 sur la France », des conclusions qui, depuis Washington, dessinent la feuille de route du gouvernement Hollande-Ayrault.
Celui-ci reçoit les félicitations du FMI pour sa « forte détermination en matière budgétaire », « pour avoir inscrit dans le droit français le pacte budgétaire européen », et pour avoir engagé « l’acte III de la décentralisation ». Mais le FMI exige davantage : « Une réduction des dépenses publiques plus ambitieuse (…) à tous les niveaux (Etat, collectivités locales et administrations de Sécurité sociale) », avec une mention particulière pour « une limite stricte de l’augmentation des dépenses maladie (Ondam) », et la perspective d’une nouvelle « révision du régime des retraites (par) une augmentation de l’âge de départ ». Le FMI exige aussi que soient levées « les rigidités du marché du travail (…) au cœur du problème de compétitivité » afin de faciliter les licenciements et « d’adapter les dispositions salariales et d’ajustement du temps de travail au niveau des entreprises ». Le FMI recommande également « l’allégement des cotisations patronales » et d’en « transférer le coût (…) vers la TVA ». Autant de mesures qu’on retrouve dans les annonces de Jean-Marc Ayrault ce 6 novembre.
Mais comment faire passer un tel programme de destruction anti-ouvrier ? Réponse du FMI : « Le dialogue social que le gouvernement a lancé sur ce sujet avec la participation active des partenaires sociaux (…) constitue une chance unique qui ne doit pas être ratée de parvenir à une masse critique de réformes » baptisées « réformes structurelles de grande ampleur ».
Formule que reprend le rapport Gallois sous le vocable de « pacte social ». Pour le FMI, le gouvernement et l’ensemble des institutions du capital financier, tout ramène donc à cet enjeu crucial.
Dans ce contexte, l’appel de la Confédération européenne des syndicats (CES) à manifester le 14 novembre en soutien aux « politiques d’assainissement budgétaire » équivaut à un appel à forger le pacte exigé par le Fonds monétaire international.
Tout militant ouvrier comprend que, s’ajoutant aux mesures précédentes d’austérité, le plan Ayrault-2 est appelé à se traduire dans une somme de mesures visant à détruire à tous les niveaux les conquêtes de la classe ouvrière, et, pour ce faire, à intégrer ses organisations (1).
Que la classe capitaliste ne voit pas d’autres moyens de rétablir ses marges de profit et d’assurer scrupuleusement le service de la dette (devenue premier budget de l’Etat), c’est dans l’ordre des choses. Mais le mouvement ouvrier, lui, n’a aucune raison d’offrir à la classe des exploiteurs cette « chance unique » qu’ils réclament. C’est au contraire l’indépendance préservée des organisations qui permettra aux travailleurs de s’en saisir, de réaliser leur unité sur les revendications, et, ainsi, de faire en sorte que cette « chance unique » tant espérée par le FMI et le gouvernement soit définitivement « ratée », comme ils disent ! Non au pacte social ! Non à l’austérité Hollande-Ayrault ! Dehors le FMI et toute la troïka !
(1) Le rapport Gallois fixe explicitement l’objectif d’effacer l’ensemble des conquêtes arrachées par la lutte de classe en 1945-1946.

L’ancien ministre des Finances confirme que la France a envisagé sa sortie de la zone euro


Un article lu sur le site 

http:www.wsws.org

L'ancien ministre des Finances confirme que la France a envisagé sa sortie de la zone euro

Par Alex Lantier
6 novembre 2012
L’ancien ministre des Finances français François Baroin a confirmé que pendant la dernière crise financière européenne qui fit tomber les gouvernements grec et italien, les responsables français ont tiré des plans en vue d’une sortie de la Grèce, de l’Italie et de la France elle-même de la zone euro. A l’époque, les responsables européens avaient nié toute discussion sur une sortie de la zone euro de la part d’un quelconque pays européen.
On peut lire ces révélations dans des critiques du livre de Baroin Journal de crise précédant sa parution, et où celui-ci traite de la période allant de 2010 à 2012 où il était ministre du Budget, puis des Finances dans le gouvernement du président conservateur Nicolas Sarkozy. Son récit révèle comment les principales puissances impérialistes ont sans ménagement et de façon non démocratique, fait tomber des gouvernements pour imposer des coupes sociales impopulaires et il décrit les énormes tensions internationales se développant en Europe.
Baroin raconte la réunion tendue du G20, le 3 novembre 2011 à Cannes, en France. A l’époque, le premier ministre grec George Papandreou venait d’appeler en Grèce à un referendum sur de nouvelles mesures d’austérité dictées par l’UE (Union européenne). Le président américain Barak Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et Sarkozy ont exigé alors de Papandréou qu’il « s’explique ».
Baroin écrit, « Commence alors un bras de fer avec Papandréou, assisté de son ministre des Finances. Sarkozy lance au Premier ministre grec : "On te le dit clairement, si tu fais ce référendum, il n'y aura pas de plan de sauvetage." Papandréou fait mine de ne pas comprendre. Avec un regard d'acier, Merkel lui redit la même chose de façon très ferme…. [Papandréou] transpire de plus en plus, vacille dans ses propos, puis s'effondre. Acculé, il n'a pas d'autre choix que de se prononcer en faveur ou non de l'euro. Il comprend qu'il ne pourra pas échapper à cette question en la soumettant à son peuple. J'assiste à sa mort politique en direct. »
Washington, Berlin, et Paris sont intervenus et ont insisté pour que Papandréou ne puisse même pas avoir la feuille de vigne d’un referendum pour justifier ses mesures d’austérité impopulaires. Si le referendum avait lieu, avec le risque d’un rejet populaire de la politique économique de la bourgeoisie européenne, l’UE et le FMI s’en mêleraient. Ils couperaient l’accès au crédit de la Grèce, forçant Athènes soit à accepter une banqueroute d’Etat soit à commencer à imprimer sa propre monnaie pour se financer, sortant ainsi de l’Euro.
De plus, peu de temps avant cette réunion, Papandréou avait licencié l’ensemble de la direction des forces armées grecques. Ce qui entraîna le soupçon, largement partagé, que l’armée grecque dont les liens avec les agences de renseignement américaines remontent à la guerre civile grecque de 1946-1949 et à la junte militaire soutenue par la CIA en 1967, avait envisagé de faire un coup d ‘Etat après l’annonce du referendum. (Voir : Obama et l’OTAN complotent-ils un coup d’Etat militaire en Grèce?) Une semaine plus tard, Papandréou était remplacé par un nouveau premier ministre, Lucas Papademos.
Le meeting se préoccupa ensuite d’obtenir le départ du premier ministre italien Silvio Berlusconi. L’Italie était trop importante pour qu’on la traite comme la Grèce: la menacer de faillite étatique risquait de faire sombrer le système financier sous le poids des créances irrécouvrables. Baroin note à ce propos: « Si l'Italie plonge, tout le monde plonge. L'Italie, c'est vraiment trop gros. C'est la huitième économie du monde. L'euro n'y résisterait pas. »

table
Le tableau ci-dessus montre le niveau d’exposition des banques d’un certain nombre de pays à la dette en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie (n.d.t.)
En conséquence de quoi, la classe dirigeante chercha à installer un nouveau gouvernement plus étroitement aligné sur les exigences des marchés internationaux. Baroin écrit « Berlusconi non plus ne semble pas vouloir comprendre ni admettre que le problème de l'Italie, c'est lui. Sans le dire aussi explicitement, le message est extrêmement clair - tous les protagonistes le laissent entendre. On obtient de Berlusconi que le FMI puisse effectuer une forme de contrôle sur les comptes publics. L’Italie est fière. Nous savions parfaitement qu’une fois de retour chez lui, Berlusconi ne pouvait pas tenir longtemps. »>
Cinq jours plus tard, Berlusconi annonçait qu’il démissionnerait après avoir fait passer un dernier train de coupes sociales par le parlement italien. Il installa un soi-disant « gouvernement technocratique » en Italie qui a imposé vague après vague de coupes sociales.
Baroin préparait également un groupe d’Etudes secret afin d’organiser la préparation de « l’Hypothèse la plus sombre de notre histoire économique moderne » – une sortie potentielle de l’euro par la France. A l’époque, écrit-il « L’Union européenne [était] dans une cyclone, l’euro attaqué de toutes parts … Le pire [était] la sortie de la Grèce de l’euro, un effet de contamination, une théorie des dominos qui entraînerait de facto la sortie de la France. »
Le récit de Baroin souligne la banqueroute du capitalisme européen alors que l’acrobatie politique et financière au moyen de laquelle il exécute des mesures d’austérité dévastatrices pour la population sape plus encore les fondations institutionnelles chancelantes de l’Europe bourgeoise.
Ces tensions sont apparues au grand jour au printemps de 2010, à la suite de fortes divisions entre Berlin et Paris à propos de l’opposition de l’Allemagne à un premier train de mesures de renflouement destiné à rembourser les banques détenant de la dette grecque. Le directeur alors de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-claude Trichet, fit le commentaire que la politique européenne était confrontée à ses tensions les plus graves depuis la deuxième Guerre mondiale. (Voir : Le retour du spectre de la catastrophe)
Comme on l’a noté à l’époque, la préservation de l’Euro est pour l’impérialisme européen non seulement une question financière mais aussi une question de la régulation des conflits internationaux potentiellement explosifs au sein de l’Europe, conflits qui ont deux fois au cours du XXe siècle conduit à une guerre mondiale.
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung a avancé le scénario suivant pour un effondrement de l’euro : « L’union européenne s’effondre, alors que sa fixation la plus importante, la monnaie commune, se désintègre. Vingt-sept Etats nations sont à nouveau en lutte pour les marchés. L’Allemagne, en tant que pays le plus important et possédant une structure industrielle saine, se fait des ennemis, et se voit éventuellement boycottée : le spectre de la ’puissance hégémonique ‘ reprend vie. »
Ces deux dernières années le marasme économique et les luttes pour les marchés au sein de l’Europe n’ont fait que s’aggraver et l’euro ne s’est maintenu que grâce à des injections d’argent par billions de la part de la BCE et destinées à calmer des paniques financières récurrentes. Les commentaires de Baroin indiquent que la bourgeoisie de chaque pays européen prépare les mesures les plus extrêmes et les plus brutales pour étendre sa richesse aux dépens de la classe ouvrière et de ses rivaux au plan international.
(Article original publié le 1er novembre 2012)



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Le Parti communiste chinois a tout fait pour verrouiller son congrès


Le Parti communiste chinois a tout fait pour verrouiller son congrès

le congres du PCC
s'informerLe Parti communiste chinois (PCC), a bien préparé son congrès, qui doit s’ouvrir jeudi prochain. Dimanche, à l’issue du plénum du comité central, selon l’agence Chine nouvelle, le dirigeant Bo Xilai a été exclu en application de la décision du Bureau politique fin septembre.
Bo Xilai, est accusé de corruption « massive » et doit répondre devant la justice, pour avoir voulu couvrir son épouse Gu Kaili accusée de meurtre. Liu Zhijun ancien ministre des Chemins de fer, est également exclu pour corruption.
Une enquête du New York Times parue en octobre révèle que les proches du Premier ministre Wen Jiabao ont amassé une fortune. Et selon l’agence financière Bloomberg les proches de Xi Jinping possèdent des millions de dollars.
Cependant, de nombreuses grèves ont éclaté en Chine ces dernières années. Dans The Economist (janvier 2012) on lit : « un rapport publié ce mois–ci par l’Académie chinoise des sciences sociales établit que les grèves de 2011, par comparaison à celles de 2010 sont mieux organisées, plus agressives et susceptibles de servir de modèle à des actions similaires ».
La sécurité à Pékin pendant le congrès sera renforcée par 1,4 million de personnes. Pour empêcher la distribution de tracts, il faudra fermer les vitres des autobus et des taxis. Ceux-ci doivent éviter les passagers munis de gros sacs ou ont reçu l’ordre d’exiger un document signé de ceux qui veulent se rendre du côté de la place Tiananmen. (Le Figaro, hier).
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Le comité « Droits ouvriers en Chine » a été  créé en 2009  pour :
– faire connaître par tous les moyens disponibles les informations sur les actions ouvrières en Chine ;
– répondre à tout appel des ouvriers chinois à la solidarité internationale ;
– appuyer toute initiative allant dans le sens de l’aide pratique au mouvement ouvrier chinois qui cherche sa voie.
EN 2012, le comité « Droits ouvriers en Chine » en est à son 26e communiqué et dossier d’information s’appuyant sur les documents en provenance de Chine sur les grèves et l’action pour le droit des travailleurs à l’organisation et à la libre négociation.
Pour lire son communiqué n°26 : cliquer ici 
Pour soutenir l’activité du comité « Droits ouvriers en Chine »,
souscrivez des “actions” Chine : « Cette action n’est pas cotée, elle ne vaut rien dans les Bourses à travers le monde. Elle n’ouvre aucun droit à dividende.
Elle a un rendement certain : la solidarité internationale des travailleurs pour la défense des droits ouvriers, dont en Chine comme dans le monde entier,
des millions d’ouvriers chinois ont besoin pour protéger leurs intérêts vitaux par la libre d’organisation, le droit de grève, la libre négociation. »
Des actions à 50 euros ont été éditées pour aider à cette campagne de solidarité.
Chèque à l’ordre de « Commission Enquête Chine ».
Adresser à “Comité droits ouvriers en Chine”, 25 rue Ledion, 75014 Paris (France) <droitsouvriersenchine@hotmail.fr

lundi 5 novembre 2012

Rapport Gallois : pour Mailly, « il n’y a pas de problème de coût du travail »


Rapport Gallois : pour Mailly, « il n’y a pas de problème de coût du travail »

Propos recueillis par C.G. | Publié le 05.11.2012, 06h58
PARIS, VENDREDI. Jean-Claude Mailly, patron de l’organisation syndicale FO, demande au gouvernement d’avoir une position claire.

PARIS, VENDREDI. Jean-Claude Mailly, patron de l’organisation syndicale FO, demande au gouvernement d’avoir une position claire.
(LP/ARNAUD DUMONTIER.)

Zoom
Alors que le commissaire à l'investissement Louis Gallois remet ce lundi matin son rapport à Jean-Marc Ayrault, le patron de FO refuse que le débat sur la compétitivité s’engage sur la question du coût du travail. Il met en garde le.

Qu’attendez-vous du rapport Gallois?
JEAN-CLAUDE MAILLY. 
Qu’il mette l’accent sur la compétitivité dite « hors coût ». Autrement dit, sur tout ce qui touche à l’innovation, à l’investissement, à la recherche, à la stratégie industrielle, au rôle des banques vis-à-vis des entreprises. Les difficultés de l’économie française et d’une partie de l’industrie viennent de là. Or je crains que l’objectif principal de ce rapport soit un nouveau plaidoyer en faveur d’un transfert massif des cotisations sociales des employeurs vers les Français. Alors qu’il n’y a pas de problème de coût du travail.

Le  et un certain nombre d’économistes affirment pourtant le contraire… 
Cette logique est inacceptable. Concrètement, ça veut dire quoi? Qu’il faut rogner systématiquement sur le système de protection sociale et sur le niveau des salaires pour être compétitif. Ceux qui prônent ça, c’est-à-dire une partie du patronat, la Commission européenne et l’OCDE, nous ont déjà envoyés dans le mur de la crise. C’est faire une erreur de diagnostic économique. Le coût du travail dans l’industrie, en France et en Allemagne, est quasiment le même. Ce qui fait la différence, ce sont les gammes de produits, le tissu industriel, la stratégie, l’accès au financement. Voilà pourquoi ils sont meilleurs que nous.

Qu’attendez-vous du gouvernement? 
Qu’il ait une position claire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. C’est à François Hollande et à son gouvernement de faire un choix. Demain, on aura les premiers éléments. Ça va être l’heure de vérité. S’ils se contentent d’être « les gestionnaires honnêtes et loyaux des affaires du capitalisme », comme disait Léon Blum, il y aura un fort désaccord. Et, s’il faut mobiliser, on n’hésitera pas!

François Hollande a déjà recadré le débat en parlant de « pacte » de compétitivité et non plus de choc. Ça va dans le bon sens? 

Ça veut dire quoi, un pacte? Qu’on va être tous d’accord? Sur la question de la compétitivité, il y a eu débat il y a trois ans entre le patronat et les syndicats. Mon organisation a refusé de signer le document justement parce qu’il y avait la question du coût du travail. Il y a des divergences. Et je ne vois pas comment on peut y arriver.

Quelles mesures emporteraient le soutien de FO? 
Des réponses sur les relations des donneurs d’ordre avec leurs sous-traitants ou sur la stratégie industrielle de l’Etat. Quand on demande aux petites entreprises quel est leur principal souci aujourd’hui, elles répondent : la relation avec leur banquier. C’est ça la réalité de tous les jours. François Hollande avait aussi annoncé un impôt sur les bénéfices des sociétés, modulé selon qu’elles les réinvestissent ou les redistribuent à leurs actionnaires. Voilà des pistes à creuser si l’on veut améliorer sur le fond la compétitivité des entreprises françaises.

Faire appel à Louis Gallois, était-ce une erreur de casting? 
Ne l’oublions pas, il a été lui-même employeur. Chez EADS, il avait mis en place un plan baptisé Power Eight, qui avait généré quelques mouvements sociaux.


Le Parisien

Gallois confirme qu’il veut taxer la masse salariale de 30 milliards au nom de la compétitivité


Gallois confirme qu’il veut taxer la masse salariale de 30 milliards au nom de la compétitivité

s'informerLe commissaire à l’Investissement Louis Gallois a remis ce matin au Premier ministre Jean-Marc Ayrault son « rapport sur la compétitivité française ». La plus importante des mesures préconisées est une baisse de la masse salariale globale, qu’il nomme parfois « coût du travail ».
Cette baisse passerait par un allègement des « charges sociales », selon son expression, c’est-à-dire une baisse des cotisations sociales calculées sur les salaires, une partie étant versée aux organismes de protection sociale par l’intermédiaire de l’entreprise, une autre directement par le salarié. Cette baisse atteindrait trente milliards, qui seraient transférés à l’impôt, par une augmentation de la CSG et de la TVA.
Les baisses de cotisation seraient concentrées en deux ans au maximum et ne se limiteraient pas aux bas salaires mais s’appliqueraient jusqu’au montant de 3,5 SMIC, soit près de 4 990 bruts mensuels.
Le rapport recommande également une « réduction de la dépense publique » et diverses mesures, qui atteignent le nombre de 22, dans un document de 74 pages.
« Nous avons besoin que se noue une sorte de pacte social entre tous les partenaires, pacte social qui est le véritable socle du pacte pour la compétitivité de la France », a déclaré M. Gallois. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a renchéri en avertissant que « des efforts doivent être faits par tout le monde, et par le patronat et par les organisations syndicales ».
Demain, le gouvernement annoncera les premières mesures. Le président François Hollande a affirmé que des « décisions fortes » seront prises.

Le féroce aigle à tête fourchue ! -- Guillermo Almeyra

Un article lu sur le Grand Soir

Le féroce aigle à tête fourchue ! -- Guillermo Almeyra



Le féroce aigle à tête fourchue !

Les capitalistes des États-Unis, qui se sentent « élus », par un Dieu, qu’ils ont créé à leur image et ressemblance, considèrent qu’ils doivent dévorer le reste de monde. C’est un establishment unique, un oiseau rapace à deux têtes. Leurs divergences internes se bornent à savoir si la planète doit être mangée en mi-crue ou lentement bouillie et avec l’assaisonnement collant de la rhétorique démocratique. Nous, les participants au festin mais en qualité d’aliments potentiels, n’avons pas beaucoup de motifs pour d’opter pour une des deux méthodes ni pour leurs cuisiniers cannibales …
Par exemple, le Prix Nobel de la Paix, Barack Obama – qui partage ce Prix avec d’autres bijoux, comme Theodore Roosevelt (celui de la guerre de Cuba et des Philippines), Chamberlain (celui de Munich), Kissinger (celui du coup de Etat à Pinochet parmi tant de méfaits), Begin, Rabin et Shimon Peres (assassins de palestiniens), et l’Union Européenne, (participante à la destruction de la Yougoslavie et aux massacres en Libye) – continue de bombarder quotidiennement des cibles civiles au Pakistan et en Afghanistan sans que ne bouge même un cheveux. Pour sa part le gouverneur Mitt Romney, petit-fils d’un mormon émigré au Mexique avec toutes ses femmes à cause de la persécution religieuse, propose sans gêne une politique de rejet plus active des immigrants, un fondamentalisme religieux de croisé et une politique internationale encore plus agressive.
Les deux ailes du capitalisme étasunien coïncident totalement sur la partie stratégique bien qu’elles aient des différences tactiques. Celle du Parti Démocrate, qui défend le grand capital financier mais essaie, en même temps, de maintenir grâce à quelques allocations le marché interne, s’affronte à l’autre, celle du Parti Républicainqui nie jusqu’à l’évolution des espèces bien qu’elle soit darwiniste sur le social mais les deux défendent à mort le système capitaliste et l’impérialisme étasunien, son fer de lance.
C’est pourquoi dans le débat (pour le nommer ainsi) entre les candidats des deux partis, les deux ont seulement parlé « de la classe moyenne » (euphémisme avec celui qu’ils se réfèrent à un système qu’ils supposent qu’il soit seulement composé de chats gris où les chats obscurs d’égout – les travailleurs – ne s’opposeraient même pas en rêves aux chats blancs et fins d’angora – les grands capitalistes). C’est pourquoi ils n’ont pas parlé, non plus, de comment en finir avec le chômage, ils n’ont pas dit ce qui pourrait être fait pour les prisons remplies presque exclusivement de noirs et, dans une proportion moindre, de Latinos, ils n’ont dit mot sur les contenus réactionnaires de l’éducation, ni sur l’alimentation, dans un pays d’obèses et de diabétiques à cause d’une mauvaise nutrition et d’un niveau de culture limité, ni sur la vente libre d’armes de guerre et le commerce de la drogue le plus vastes du monde, historiquement financé par la CIA, comme en Asie, en Sicile, lors de la guerre au Nicaragua. Aucun d’eux n’a non plus mentionné les centaines de milliers de morts provoqués par les guerres impérialistes, comme celles de l’Irak, de la Yougoslavie, de l’Afghanistan. Aucun de deux ne s’est référé à la crise mondiale provoquée par le système capitaliste, mais que paient des centaines de millions de travailleurs, ni aux banques et aux grandes entreprises qui se sont fait soutenir avec l’argent des contribuables, ni ils ont offert de plan pour alléger le chômage et la pauvreté qui affectent gravement des millions de citoyens aux États-Unis.
A l’échelle mondiale n’ont pas manqué les âmes candides qui, quand Obama fut choisi, ont cru qu’il diminuerait le racisme et que les États-Unis seraient plus démocratiques au niveau interne et qu’ils se retireraient de leurs aventures externes, où ils ont été battu. Ils sont oubliés que le Gouvernement des États-Unis, ainsi que les deux partis qui se relaient à la Maison Blanche et pour contrôler le Parlement, sont dirigés par de grands groupes capitalistes ayant des intérêts à l’échelle mondiale et qui partagent la même vision et mission impérialiste. En effet, le prix Nobel de la Paix Theodore Roosevelt a envahi le Maroc ou Cuba quand il en a eu l’envie, tandis que son descendant, le « Démocrate », Franklin Delanoë Roosevelt, a permis que les japonais coulent la flotte du Pacifique à Pearl Harbour pour obliger les citoyens à participer à une guerre mondiale dont il espérait tirer un profit impérialiste et avec laquelle il espérait transformer son pays en première puissance économique mondiale grâce à une « pax américana » obtenu avec des morts européens et asiatiques et aussi le « Démocrate », Harry Truman, a balayé sans hésiter par des bombes nucléaires toute la population d’Hiroshima et Nagasaki et a établi ainsi les bases de l’« Ordre » de l’après-guerre que nous connaissons et dont nous souffrons.
Nous, les victimes de l’aigle à deux têtes avons, par conséquent, non seulement intérêt d’éviter les illusions stupides de certains sur Obama ou l’espoir de ce qu’aux élections des Etats-Unis triomphe un supposé moindre mal parce que, si le président est réélu, la situation économico-sociale et les efforts pour soutenir le régime capitaliste en crise pourraient le mener à recourir aux méthodes extrêmes que son adversaire propose et, vice-versa, si celui-ci gagnait, il devrait prendre en compte ce qu’il se passera dans la société des Etats-Unis et, par conséquent, partiellement modifier sa politique.
Les élections en Yanquiland sont en réalité encore une preuve que la concentration de la richesse a éliminé les bases même de la démocratie formelle dans le monde et surtout dans un pays où depuis plus d’un siècle il n’y a pas de gauche anticapitaliste importante. Par conséquent, il est fondamental d’essayer d’aider par tous les moyens les travailleurs et les opprimés des États-Unis pour qu’ils en finissent avec leurs illusions sur le capitalisme et assument une position politique indépendante en donnant une forme politique au rejet des indignés et de toutes les victimes du système. Notre lutte contre les magnats de Wall Street, n’est pas seulement fondamentale, pour notre libération, mais elle est aussi indispensable, pour cette tâche, qui pourrait changer le rapport de forces social, dans le monde.
Guillermo Almeyra
http://www.elcorreo.eu.org/Le-feroce-aigle-de-tete-fourchue
Traduit de de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi.
El Correo. Paris, le 23 octobre 2012
URL de cet article 18124

Suicide d’un postier sur son lieu de travail : la pression pour la productivité mise en cause


Suicide d’un postier sur son lieu de travail : la pression pour la productivité mise en cause

s'informerUn postier s’est suicidé mercredi dernier dans son bureau, à La Fère (Aisne). Dans un mail d’adieu, il avait écrit être victime d’un « manque de reconnaissance ». Europe 1 a rapporté qu’il était en conflit avec sa hiérarchie, qui lui reprochait de ne pas être assez productif, trop lent et trop pointilleux. Une sanction disciplinaire était envisagée, il serait devenu un agent volant effectuant des remplacements dans les différents bureaux du département.
C’est le quatrième suicide d’un salarié de la Poste sur son lieu de travail, en un peu plus d’un an.
« Ce nouveau drame détruit la communication des dirigeants de l’entreprise qui affirment à qui veut l’entendre qu’ils auraient pris conscience du malaise des postiers et postières et que tout aurait changé à La Poste » dénonce un syndicat.
« Une politique basée sur les suppressions d’emplois » et « la recherche de la productivité à tout prix », analyse un autre syndicaliste dans les colonnes de l’Humanité. « Comme si, proteste-t-il, nous n’étions pas différents d’un service marchand, comme si notre mission n’était pas d’abord le service rendu au public ! On ne peut pas non plus tolérer le silence radio de notre ministère de tutelle : cela fait six mois qu’un nouveau cycle politique a été ouvert dans le pays, et le gouvernement reste sourd et muet, alors que l’Etat actionnaire ne manque pas de moyens pour intervenir ! »
La Poste en France s’est transformée le 23 mars 2010 en Société Anonyme, au nom de la concurrence libre et non faussée imposée par les traités l’Union Européenne.

Arrestation d'Aurore Martin : la LDH proteste et condamne

Communiqué Ligue des droits de l'HommeParis, le 2 novembre 2012

Arrestation d'Aurore Martin : la LDH proteste et condamne

La militante basque française Aurore Martin a été interpellée le 1er novembre au matin, plus d'un an après une première tentative avortée à Bayonne, ont annoncé la gendarmerie et le parquet.

Aurore Martin, membre de Batasuna, a été arrêtée à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) en exécution d'un mandat d'arrêt européen délivré par la justice espagnole, après un premier rejet récent pour insuffisance de motif d'une demande identique. Cette arrestation atteste d'un acharnement relayé par les autorités françaises.

La Ligue française des droits de l'Homme condamne avec force à la fois le recours à une procédure aussi violente vis-à-vis des droits de la défense et des libertés individuelles et l'aveuglement qui la sous-tend. Rappelons que les juridictions espagnoles qui viennent d'obtenir la remise d' Aurore Martin sont des juridictions d'exception, ont été dénoncées par la Cour d'appel de Pau comme ayant cautionné des actes de torture, et, pour cette raison, se sont vues refusées les demandes d'extradition formulées.

La décision du gouvernement français n'en est que plus incompréhensible et condamnable. Elle s'inscrit davantage dans la volonté d'une criminalisation des opposants politiques à l'initiative des gouvernements des deux pays que d'une lutte efficace contre le terrorisme.