Comment juger de la réussite ou de l’échec d’une COP ? A Bélem, ce samedi 22 novembre, nombre d’experts des négociations climatiques onusiennes ont acté l’échec relatif du sommet brésilien. Le volontarisme de Lula et de sa ministre de l’Environnement et du Climat, Marina Silva, les vraies-fausses menaces de chaise vide de l’Union européenne, le retour sur scène de la jeunesse activiste, le strapontin accordé aux peuples autochtones, la touffeur de l’Amazonie comme décor et antichambre de la fournaise planétaire à venir, n’ont pas suffi à faire advenir un miracle : l’esquisse d’une feuille de route sur la sortie du charbon, du gaz et du pétrole.
En lieu et place, les pays ont accouché d’un texte «assez plat», pour reprendre les mots de la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, qui semblait résumer le sentiment général. Le dixième anniversaire de l’accord historique de Paris, sans lequel la hausse du thermomètre mondial aurait été plus folle encore, semble bel et bien gâché. Est-ce à dire que le multilatéralisme onusien, cette vieille notion née dans les décombres de l’après-guerre, est dépassée ? Les mêmes qui se désolent de la vacuité de la copie brésilienne répondent que non, à l’instar du secrétaire d’Etat britannique à l’Energie.
Ce ne sont pas les COP qui ont changé depuis le grand bond en avant de Paris il y a dix ans. Celles-ci ne sont qu’un miroir de l’état du rapport de forces géopolitiques et du recul de l’idéal démocratique. Donald Trump le climatosceptique a fait oublier l’allant affiché par l’administration démocrate au temps d’Al Gore. La Chine a beau se couvrir de panneaux solaires et d’éoliennes géantes, et en vendre dans le monde entier, elle paraît surtout désireuse de maintenir son avance dans la course à la décarbonation, le meilleur de ses avantages compétitifs. Et même l’Union européenne a perdu de la crédibilité : les Vingt-Sept n’ont pas soutenu d’une seule voix la coalition de pays poussant à trouver un chemin vers la fin des combustibles fossiles. Ce ne sont pas les COP qui ont changé. C’est le monde. Et le multilatéralisme, même imparfait, même partiellement impuissant, reste l’unique moyen de fabriquer du (bien) commun à une époque où les empires renaissent des cendres du XIXe siècle. 
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