| | HADRIEN MATHOUX RÉDACTEUR EN CHEF POLITIQUE CHAMBOULE-TOUT
Un bon vieux cliché du journalisme sportif énonce que « tout va très vite dans le football » ; on pourrait également le dire en politique, tant les grands équilibres qu'on croyait immuables peuvent s'écrouler tel un château de cartes. Cette campagne des européennes, encore balbutiante, en offre l'illustration.
Prenez le libre-échange : il était acquis, jusqu'à assez récemment, qu'une majorité de formations politiques plus ou moins proches du centre — l'auto proclamé « cercle de la raison » — défendaient mordicus l'anéantissement des barrières douanières, au nom du doux commerce. Cette certitude a volé en éclats au Sénat ce jeudi 22 mars. Malgré le branle-bas de combat des lobbyistes et l'obstruction macroniste, le Ceta, accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, a été rejeté par les communistes, les socialistes… mais aussi la droite !
Autre axiome aujourd'hui explosé : le rôle majeur joué par cette même droite dans le paysage politique français. Longtemps hégémonique, quand elle n'était pas la première force d'opposition, la famille héritière du gaullisme traverse aujourd'hui une crise existentielle. Conséquence, son champion pour ces européennes, le bon chic bon genre François-Xavier Bellamy, se voit obligé de forcer sa nature et de courir les plateaux télés, jusqu'à celui de Cyril Hanouna…
Signe que les temps ont vraiment changé, une nouvelle famille politique espère bien profiter de ces européennes pour se faire sa place au soleil : le Parti animaliste, qui avait réussi à dépasser des listes souverainistes et même à talonner le PCF à grands coups de chiens mignons sur ses affiches. Les animalistes peuvent-ils envoyer carrément des élus au Parlement européen cette fois-ci ? Tout va très vite dans la politique. Twitter @hadrienmathoux
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