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mercredi 25 mars 2020

Après avoir'' bradé'' l’hôpital public à grands coups de restrictions budgétaires, à présent on le'' sponsorise''........



Après avoir « bradé » l’hôpital public à grands coups de restrictions budgétaires, à présent on le « sponsorise » en faisant passer ces « généreux mécènes » pour des bienfaiteurs de l’humanité.
LVMH, Pernod Riccard, Gucci, Yves Saint-Laurent…. SANOFI, ils sont venus ils sont tous là dès qu’ils ont entendu le cri...
Les JT saluent leur geste tel le messie et le gouvernement ne jure que par elles, faute d’avoir eu le courage de réquisitionner des entreprises pour produire ce matériel.
Qu’on ne se méprenne pas : bien sûr que ce matériel sera utile de manière immédiate pour protéger nos soignants et tous ceux qui sont sur le front de la lutte contre le coronavirus. Mais on ne peut s’empêcher de penser immédiatement aux milliards d’euros que ces entreprises ont fait perdre à l’Etat en pratiquant l’évasion fiscale, autant d’argent que les soignants n’ont cessé de réclamer pour les hôpitaux publics ces derniers mois. En vain.
Derrière les schémas complexes d’ « optimisation fiscale » (fraude fiscale légalisée) des grandes boites, les enjeux sont pourtant simples et concrets : le financement de nos services publics. Une question qui prend tout son sens en ce moment. A chaque million d’euro évadé, c’est un million qui manque pour embaucher des infirmier.e.s ou des médecins, acheter des masques ou des respirateurs.
Alors ne nous y trompons pas : toutes ces boîtes qui annoncent en grandes pompes leur généreux don sont en train de nous donner d’une main ce qu’elles nous avaient pris de l’autre. Et encore, les deux mains sont loin d’avoir la même taille. Les 10 millions de masques offerts par LVMH, valent 5 millions d’euros. Ses 9 filiales belges hébergées dans un immeuble fantôme en Belgique ont permis d’y transférer plus de 5 milliards d’euros en fonds propres, exemptés en grande partie d’impôts. Kering, la maison mère de Gucci et Yves Saint Laurent, devrait donner 4 à 5 millions de masques à travers ses différentes marques. C’est aussi la plus grosse affaire d’évasion fiscale jamais révélée pour une entreprise française : plus de 2,5 milliards d’euros soustraits à la France… et l’Italie. Terrible ironie. Au passage, ces manœuvres contribuent aux fortunes de Bernard Arnault, propriétaire de LVMH et 1ère fortune de France, et Henri Pinault, cinquième fortune et propriétaire de Kering. Tous deux passés rois dans l’art de dissimuler leurs fortunes dans des paradis fiscaux et régulièrement épinglés dans des scandales d’évasion fiscale.
Sanofi bénéficie au titre du CIR d’un crédit d’impôt annuel de 150 millions d’€. Ce qui sur 10 ans représente un manque à gagner de 1,5 milliard pour l’État. Au CIR s’ajoute le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) qui de 13 millions en 2013 est passé à 24 millions en 2018.
En une seule année, les salariés du groupe Sanofi ont subi deux cessions d’activités et de salariés dans la recherche anti-infectieuse et antibiotique (Zentiva), une fermeture de site (Marly la Ville), deux plans de suppressions d’emplois (promotion et support), deux externalisations d’activités (informatique et services support).
En 10 ans les effectifs de R&D de Sanofi en France sont passés de 6300 à 3800, on enregistre une baisse de 12,5% pour le groupe entre 2014 et 2017. Et cela continue, la Direction vient d’annoncer 300 suppressions d’emplois en R&D en France auxquelles s’ajoutent 166 en Allemagne.
Bernard Arnault et Henri Pinault applaudissent-ils aussi nos soignants qu’ils ont contribué à dépouiller ?
Alors à tous ces braqueurs soudainement extrêmement généreux, les « sauveurs de la nation » ne serait-il pas temps de restituer votre butin ? Je crois que l’hôpital public en particulier et les Services Publics en général n’en ont jamais eu autant besoin.
Inspiré du post de Manon Aubry
(Image d'ATTAC)

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