Le général Kim Yong-chol, bras droit de Kim Jong-un, a rencontré, mercredi 30 mai à New York, le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, dans la perspective du sommet entre le dirigeant nord-coréen et le président des Etats-Unis, Donald Trump, le 12 juin à Singapour. " Bon dîner de travail avec Kim Yong-chol à New York ce soir. Steak, maïs et fromage au menu ", a tweeté le chef de la diplomatie américaine. Tous deux devaient se retrouver jeudi.
L'objectif des discussions est de déterminer si les Etats-Unis et la Corée du Nord peuvent fixer un ordre du jour partagé pour ce sommet une semaine après la lettre de Donald Trump à Kim Jong-un, dans laquelle il annulait leur tête-à-tête inédit en critiquant
" l'hostilité " de Pyongyang. A ce revirement a succédé un spectaculaire regain d'optimisme ces derniers jours, au point que Washington affirme s'attendre à ce que le sommet ait lieu comme prévu.
Négociateur coriaceFigure de la vieille garde, le général Kim Yong-chol, 72 ans, a servi son père, Kim Jong-il, après avoir commencé sa carrière sous son grand-père, Kim Il-sung. Militaire de carrière, il est vice-président du comité central du Parti du travail, membre du bureau politique et de la commission militaire centrale. Figurant dans les principales instances dirigeantes, dont la direction du département du front uni chargé des relations avec la Corée du Sud, il est une des personnalités les plus influentes du régime.
Homme de l'ombre, membre de la garde rapprochée de Kim Il-sung dans les années 1960, il a occupé pendant de plus trente ans des fonctions dans l'appareil de sécurité de l'Etat et il orchestra leur réorganisation en 2009. Il dirigea jusqu'en 2016 le Bureau général de renseignement, chargé de surveiller les activités militaires au Sud. En 2010, il avait été tenu responsable du naufrage de la frégate
Cheonan coulée, selon Séoul, par une torpille nord-coréenne. Tout l'équipage périt. Cinq mois plus tard, Kim Yong-chol était placé sur la liste noire du Trésor américain pour son implication dans le développement nucléaire.
M. Kim, qui a accompagné Kim Jong-un dans ses entretiens avec le président sud-coréen, Moon Jae-in, a rencontré le nouveau secrétaire d'Etat américain lors de ses deux visites à Pyongyang. Ayant participé à la plupart des pourparlers avec la Corée du Sud, il a la réputation d'être un négociateur coriace, faisant souvent preuve d'une ironie acerbe.
C'est la plus haute personnalité du régime à se rendre aux Etats-Unis après le vice-maréchal Jo Myong-rok, chef d'état-major, invité par Bill Clinton en 2000. Sa visite suivit celle de la secrétaire d'Etat Madeleine Albright à Pyongyang en vue d'un sommet entre Kim Jong-il et M. Clinton. En fin de mandat, ce dernier finit par y renoncer. Autre signe d'une intensification des activités diplomatiques, les médias nord-coréens ont annoncé, jeudi, l'arrivée du chef de la diplomatie russe, Sergueï -Lavrov, à Pyongyang. Il s'agit de la première visite en Corée du Nord de M. Lavrov depuis 2009.
Philippe Pons
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